Jeudi 12 juillet 2007

Diddley Beat

Ahhhh, Sred Sweign, Poire, Mermouch, le crew au complet... ça le fait grave les garçons.

Phrase de la semaine : "Bo Diddley rhythm, c'est ça ?" (Sred Sweign)

The Monterays "Bo-did-it"

Buddy Holly "Love's made a fool of you"

The Insect "Be good and go"

M. Lucky & The Gamblers "Take a look at me"

The Piece Kor "All I want is my baby back"

The Talismen "Castin' my spell"

The Treytones "Nonymous"

The Fabulous Blue Jays "I'll make you cry too"

Adrian Lloyd "Lorna"

The Easybeats "I'm just tryin"

The Night Riders "Pretty plaid skirt"

The Descendants "Lela"

The Yankee Rebels "I wanna know why"

The Troggs "Meet Jacqueline"

Dale Gregory & The Shouters "Did ya need to know"

Jerry & The Others "Don't cry to me"

The Colony "Pseudo psycho intuition (politician)"

Limey & The Yanks "Guaranteed love"

The Soul "Have it all your way"

Paul Revere & The Raiders "The great airplane strike"

Lawson & 4 More "If you want me you can find me"

The Impac "Rat-a-tat"

The Ugly Ducklings "She ain't no use to me"

Uder Mermouch a attribué à l'Oklahoma un indice de 5.1 sur l'échelle Psycho-Batave


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Lundi 2 juillet 2007

Sitar vs harpsichord

Poire de retour ! Certes amoindri mais encore en verve. Et il en fallait de la verve pour animer cette émission au bord du hippie, preuve une fois de plus que le Psycho-Batave se déplace dans les ans. Yeah.

Phrase de la semaine : "Le sybaritisme inquiet lui va à merveille" (Jeanpop2)

Andre Williams "The Stroke"

Darius "I feel the need to carry on"

Marcus "Grains of sand"

Soul Inc "60 miles high"

The Second Helping "Floating downstream on an inflatable rubber raft"

Chris & Craig "Isha"

The Misty Wizards "It's love"

Lee Dorsey "What you want is what you get"

The Chocolate Watch Band "Gone and passes by"

The Virgin Sleep "Love"

The Remains "Time of day"

The Twilights "The way they play"

The Nu-Dimensions "Another side"

David Ruffin "Each day is a lifetime"

The Supremes "Love is here and now you're gone"

The Impressions "Love's Happening"

Ronnie Mc Nair "Isn't she a pretty girl"

Billy Nichols "London social degree"

Johnson, Hawkins, Tatum & Durr "A world without you"

Ronnie Bird "Sad soul"

Phil Ochs "Cross my heart"

Uder Mermouch a attribué à l'Ohio un indice de 5.7 sur l'échelle Psycho-Batave


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Vendredi 29 juin 2007

Ville de New York, Manhattan, quartier du Bowery, milieu des années 1970, un soir d'été.

L'atmosphère est étouffante, il fait chaud et l'air est si fortement chargé d'humidité qu'à chaque inspiration on a l'impression d'avoir le visage coincé dans un inhalateur qui serait fixé à un brumisateur tiède et sale. Il se fait tard, la circulation reste intense mais fluide. Les trottoirs sont parcourus par l'habituelle faune de cette heure dégueulasse. Petites frappes en jeans moulants, maillots de corps blancs maculés de sueur, chaînes arborées sur des pectoraux ostentatoires, ils traînent sur les perrons de pierre, la mine agressive. Des nanas passent, vulgaires, remontées et tendues comme des crotales prêts à attaquer, elles allument vicieusement la feinte passivité de prédateur des michetons, ils se retrouveront. Ailleurs, des teenagers surlookés, pompes de sports et vestes étroites, les cheveux en bataille s'attardent. Cà et là, quelques noirs en groupes compacts échangent bruyamment, parlent avec force gesticulations, se vannant savamment les uns les autres. La rumeur de la métropole est impressionnante, il n'est pas encore assez tard pour qu'elle baisse jusqu'à devenir tolérable. Nous sommes dans ce coin de Manhattan situé juste au nord de Little Italy, à l'ouest du East Village et à l'est de Washington Square déjà infréquentable à cette heure-ci. Ce n'est pas downtown, pas midtown non plus, nous sommes dans l'estomac de Manhattan. On entend parler partout un anglais rapide, truffé de tournures argotiques, extrêmement imagé et codé du côté des noirs, plus cinglant et direct du côté des italo-américains qui reluquent depuis les perrons tout ce qui passe. Les 'th' sont prononcés 'd' ou au mieux 't', tous les 'r' disparaissent. Toute cette salade humaine, bouge, vibre, d'une manière souple, comme bridée, car on sent chez la plupart de ces jeunes hommes, ils ont entre 15 et 25 ans, un cocktail de potentialités explosives qui à tout moment pourrait s'exprimer autrement que par l'idiome saccadé de New York. La rue est d'une couleur marronasse plombée, les trottoirs sont dégueulasses, la chaussée très inégale est couverte des cicatrices de travaux s'étant succédés sur des décennies, c'est pourquoi les voitures roulent lentement, dans chaque angle c'est le carnaval des ordures. Ici naviguent à vue tous les désoeuvrés qui sortent enfin après l'insupportable journée passée enfermés chez leurs parents – dans des 'tenements' bruyants de cris, de pleurs, de rires d'enfants, de récriminations féminines dans un italien marqué du mezzogiorno – tous prêts à se remonter à bloc. Ils ont déjà fait passer quelques anxyolitiques ultra costauds avec du whisky bon marché allongé de bière. Les noirs tirent nerveusement sur des cigarettes roulées très odoriférantes. Les inclassables teenagers ont des regards pleins de paranoïa, les pilules sans doute.

Nous remontons un peu la rue vers Houston Street puis Broadway, dans ce coin qui est un tout petit peu moins orthogonal que le reste de Manhattan. Houston Street marque le début de la zone orthonormée de Manhattan où les rues et les avenues sont numérotées, les avenues courant du sud vers le nord, les rues les croisant implacablement à angle droit. Nous débouchons sur Houston, artère importante où l'activité est maladivement fébrile à cette heure. Nous ne nous laissons pas étourdir et cheminons sur le trottoir sud au milieu d'ombres en mouvement, croisant dans toutes les encoignures de portes des statues aux poses dégingandées, certaines autres plus sculpturales contre des poteaux d'indication. En fait nous allons vers la station Broadway-Lafayette où passent de très nombreuses lignes de métro en provenance et à destination surtout de Brooklyn, du Bronx et de Harlem. Nous savons que nous y trouverons les deux individus que nous cherchons, chacun provenant de son 'borough' respectif par le métro. Ils se sont donnés rendez-vous là, à la sortie de la bouche sur Lafayette. De Brooklyn on peut venir ici directement par les lignes de l'IND: K, F, D et B, du Bronx par les lignes de l'IRT: 4, 5 et 6. La nuit est tombée assez vite, nous ne sommes qu'à 40° de latitude nord et maintenant cette fausse obscurité typiquement urbaine nous entoure. La nuit doit être somptueusement étoilée plus loin sur Long Island car le ciel est dégagé mais il ne nous présente ici, au fond des perspectives que nous croisons, qu'un ocre pâle des plus douteux. L'éclairage créé un archipel de macadam et de pierres sur lequel on n'arrête pas d'avancer, un peu effrayé par sa vulgarité, son ampleur, on saute de bloc en bloc. Quand on regarde bien ces couloirs, ces corridors que sont ces avenues et ces rues, on se sent pris comme une souris parcourant le fond d'une gouttière ou un réseau tels que ces dédales de laboratoire pour cobayes et l'on ressent très nettement, si on se laisse un peu trop aller un à la constatation, une onde d'angoisse sourdre de la nuque et nous parcourir. Sentiment ou sensation commune ici, on sait ce que c'est, on n'est finalement pas plus inquiet que ça, on va retrouver dans quelques minutes au croisement avec Broadway, Alan Vega et Martin Rev.

Arrivé au croisement on repère tout de suite Alan Vega qui, sorti de la station, arpente d'une manière si considérable un espace si réduit. On le repère non pas à cause de sa taille qui est modeste mais parce qu'il fume comme un sapeur et qu'à travers le nuage de fumée qui l'entoure il émane de son visage une sorte de furie. Son visage est assez rond, il a les pommettes larges, un nez busqué et de grands yeux sombres en amande. Un visage qui nous évoque à la fois les rives méditerranéennes du moyen-orient et quelque chose d'ibérique. Son ascendance est juive ashkénaze, des confins de l'Ukraine avec la Pologne et un peu séfarade, de le péninsule ibérique. Il émane quelque chose de peu rassurant de son regard et de ses gestes. Il a les traits marqués, tirés et son teint mat clair est terreux, gris, ce qui fait ressortir d'autant plus l'iris noir des ses yeux, qu'il darde un peu partout et dans lesquels on perd les pupilles. Il déambule à tort et à travers mais quasiment sur place, il trépigne, portant frénétiquement à ses lèvres épaisses une cigarette filtre sur laquelle il tire lourdement. Nous tombons vraiment en arrêt face à ce personnage car il s'agit bien d'un 'character' comme le dit l'anglais, associant en un mot limpide les caractéristiques à la fois physiques et " morales " d'une personne. Nous le connaissons un peu déjà, pour l'avoir vu lors d'une de ses nombreuses prestations dans un des centres indépendants d'artistes plasticiens qu'il fréquente, flanqué de Martin Rev depuis 1971. Martin Rev vient d'ailleurs d'apparaître. D'aspect opposé à celui d'Alan Vega, il est très grand, possède un visage longiligne encadré d'une chevelure bouclée hirsute et est habillé comme un teenager vaguement junky. Il paraît comme à son habitude complètement ailleurs, isolé dans une nonchalance qui, on est porté à le croire, cache une grande concentration au contraire de Vega qui à tous points de vue, possède une fâcheuse tendance à se diperser tous azimuts avec une énergie très mal dirigée. Il se sont vus et c'est bien sûr Vega qui se précipite vers son binôme et le salue. Très rapidement ils se mettent à échanger intensément tout en se dirigeant d'un train soutenu et quelque peu déséquilibré, vers le Bowery que nous venons de quitter.

Les deux sont en contraste autant à la vie qu'à la scène. Lors des quelques prestations fugaces auxquelles nous avons assisté, l'un était retiré derrière ses machines tandis que l'autre gesticulait aux marges du public, littéralement à sa face. Il nous faut parler un peu de ces sortes de performances qui ont commencé en 1971. Vega vient du vaste monde des arts plastiques, car il est originellement sculpteur. Il y occupait une place qui visiblement ne satisfaisait pas pleinement ses ambitions ou bien plus simplement ne convenait plus à ses visions. Ce monde était à cette époque un vaste marécage à la faune très complète. Comme dans le monde de la musique, les strates de cet écosystème présentent aussi bien de la boue que des hauteurs quasi célestes. Alan Vega semblait croupir quelque part dans ce milieu depuis trop longtemps à son goût. Il avait vécu un temps plus ou moins à la rue et cohabitait avec d'authentiques squatters dans les nombreux immeubles en état de déliquescence plus ou moins avancée qu'offrait la ville de New York. Il avait par ailleurs fondé une sorte de galerie, qu'il gérait, appelée The Project of Living Artists dans laquelle il semblait vivre maintenant.

Cette vie socialement en marge allait de pair avec une partie non négligeable de l'activité des arts plastiques de la ville, qu'on peut qualifier à juste titre d'underground. Alan Vega en faisait résolument partie et vivait donc dans un refus assez radical de ce qu'une majorité de ses concitoyens, vivait comme l'american way of life, vue à travers toute la planète comme le rêve américain. Alan Vega était foncièrement en incompatibilité avec cette vision très normative de la vie, le faisait savoir à qui voulait bien l'entendre et en conséquence vivait assez mal. Si Martin Rev vivait moins radicalement du fait de son tempérament peu enclin à la lutte ouverte, il n'en partageait pas moins le même dégoût de ce qu'offrait cette époque en terme de standardisation de modèle de vie. N'étant pas plasticien il ne bénéficiait pas des mêmes entrées que Vega dans certains des égouts de l'underground. Il vivotait assez tranquillement, dans son non moins délabré Bronx natal, prêtant ses qualités de musicien, compositeur et interprète lors d'un tas de prestations alimentaires, s'occupant obsessionnellement de ses claviers et de ses boîtes à rythmes. Il jouait notamment du piano électrique pour le groupe Reverend B. qui fréquentait avec les New York Dolls, Blondie ou encore Television la galerie de Vega. Il faut ajouter que Martin Rev apaisait quelque peu son être beaucoup moins simple qu'il le laissait paraître en faisant un usage assez peu modéré de sédatifs opiaciés, Vega se référait parfois à lui en l'appelant malicieusement 'Tree of weed' que l'on traduira librement « arbre à came ». Il faut ajouter à cela qu'Alan Vega absorbait quant à lui des quantités non négligeables d'alcool qui ne faisaient qu'exacerber sa colère.

Les deux se retrouvaient pourtant sur les mêmes scènes à jouer un spectacle sonore déroutant et pour le moins nouveau. Certains en étaient immédiatement dégoûtés et le faisaient savoir, d'autres fascinés et intrigués regardaient et écoutaient. Ils voyaient, médusés, un Alan Vega furibard, hurler des propos néo-beat tour à tour obscènes et enjôleurs, comme des slogans d'une nouvelle ère, alors qu'ils entendaient, quelque part derrière lui, provenir des claviers et boîtes à rythmes de Martin Rev, absolument statique et concentré, un quasi mur sonore. Ils jouaient rarement plus d'une vingtaine de minutes, le temps que certaines personnes plus excédées que les autres commencent à répondre physiquement aux provocations d'Alan, en lui envoyant tout ce qui se trouvait à leur portée, à quoi il répondait, tandis que Martin continuait inlassablement à frapper ses rythmes industriels et nourrir son mur sonore jusqu'à ce qu'Alan vienne le sortir de son hypnose en lui disant qu'il allait falloir arrêter là. Alan Vega avait bel et bien commencé à filer un coton qui pourrait satisfaire à de nombreux chefs ses vues artistiques. Aussi bien dans son rapport au monde, qu'esthétiquement, il y avait là quelque chose d'inédit dans sa radicalité. De rares spectateurs l'avaient compris, il courait des bruits qui commençaient largement à déborder le milieu des squats pseudo artistiques et des galeries plus ou moins informelles pour se répandre dans d'autres sphères, celles du non moins marécageux milieu de la musique pré-punk de ces années là. Un milieu qui caressait l'espoir de transgresser certains canons voire de transmuter le genre.

Nous ne nous y étions pas trompés, ce que nous avions vu et entendu était bel et bien inédit et perfectible. Il était tout à fait possible que ces deux là offrent enfin une réponse musicale à la putréfaction généralisée des sphères aussi bien créatives que civiles. L'association stupéfiante du ton rockabilly de Vega à la musique parfaitement mécanique et hypnotique de Rev, donnait un ensemble rigoureusement conceptuel et transgressif au plus haut point. Beaucoup n'y comprenaient rien, ou ne voulaient rien y voir d'autre que foutoir sonore et défoulement psycho-pathologique de Vega. Au fil du temps Vega et Rev sortirent un peu de l'ornière des obscures performances 'arty' pour donner des prestations sur des scènes plus ouvertes de Manhattan. Les réactions n'étaient guère différentes, mais la part des gens interloqués qui faisaient l'effort de s'interroger croissait. C'était une époque résolument post hippie, l'époque du nouveau Max's Kansas City près d'Union Square, du CBGB, situé sur le Bowery, quartier que nous avons traversé tout à l'heure. La plupart des gens fréquentant ces lieux auraient déclenché chez un citoyen lambda d'âge mûr une sensation réflexe très animale, mélange de peur et de violence physique, un réflexe d'autodéfense. Il n'était pas rare dans ces lieux d'avoir à enjamber des corps en pleine salle, mais cette faune ne déparaillait pas dans le coin. Pour une bonne part on rencontrait pas mal de véritables loques et déchets humains à travers toute l'Amérique schizoïde d'alors. Seulement là, se jouait ce que la gestation musicale de cette ville inséminée par ces temps allait accoucher de plus pertinent. Parmi la cacophonie du moment on pouvait discerner ce qui allait devenir un punk new-yorkais autrement solide que son parodique et minable célébrissime pendant londonien et surtout des mouvements ou 'vagues' réellement indépendants (qui allaient générer de nouvelles chapelles), embryons de la future new wave et de la symptomatique no wave subtilement déstructurée et noisy. On pourrait évoquer les Ramones, les Fleshtones, des pesonnalités telles que Richard Hell ou Lydia Lunch etc. Pour ceux qui étaient trop fatigués, vaincus ou désabusés, l'époque était ouvertement à la souillure. Aucune ère n'avait jamais offert autant d'opportunités et New York était LA ville réceptacle de tout ce que l'Amérique comptait de branques, loufoques, démagos et mégalos. Dès lors, la déperdition au coeur de toute cette humanité obnubilée en marche donnait un spectacle qui n'était pas beau à voir. Mais la ville possédait un pouvoir autrement positif et indubitable, celui de catalyser. De sorte que le printemps d'une frange de tous ces corps et esprits en lutte réglée avec leur temps allait fleurir. Alan Vega et Martin Rev, en étant assez frappés pour ne pas disparaître corps et âmes au milieu de la cohue, allaient faire l'expérience jusqu'à son terme regénérant. Si eux mêmes allaient être marqués par certains précipices sur lesquels ils s'étaient penchés, leur musique allaient émerger, définitivement différente, de cette décennie prolixe en rébellions sonores, comme un manifeste syncrétique.

Leur association avait pris le nom de Suicide, ce que nous considérerons comme une marque ironique d'espoir en ces temps si lugubres. « Suicide a toujours eu à voir avec la vie. Mais nous ne pouvions vraiment pas appeler le groupe Life. Alors nous l'avons appelé Suicide justement parce que nous voulions revendiquer la vie. » (Alan Vega, 1985).

Suicide faisait vraiment peur, y compris aux Punks. C'était trop pour eux, trop conceptuel, trop minimaliste, trop loin de cet immédiat besoin de satisfaction propre aux toxicomanes, trop plein de ce bruit électrique bizarrement modulé par un Rev pas du tout démonstratif, trop riche de toutes ces références qui pointaient dans les propos de Vega. Bref, ils nous jouaient des pièces sonores terroristes qui n'épargnaient personne. Ce 'primal duo' comme ils aimaient se qualifier eux-mêmes avait malgré tout suffisamment éclairé de sa lumière électrique la vision de certains producteurs qui allaient fonder le label Redstar. Martin Thau et Craig Leon allaient les produire et éditer leur premier LP éponyme à la fin de l'année 1977 puis, les manager.

Cet album de sept titres, inaugurant le label, présentait les morceaux suivants: Ghost Rider, Rocket U.S.A., Cheree, Johnny, Girl, Frankie Teardrop, Che, fruits d'une élaboration mûrie depuis 1971. Tous ces titres sont devenus des classiques d'une sorte d'avant-garde rare, celle qui ne se vivait pas comme telle. Alan Vega précisera qu'il n'avait jamais été question pour lui d'avant garde mais d'un travail littéral de génération du son de New York. Aujourd'hui encore l'écoute de l'album Suicide reste un choc, constitué des arides mélodies de Rev, essence réminiscente de la fin de l'ère industrielle occidentale associée à l'épiphanie incantatoire rockabilly de Vega. Ce genre de choc que l'on peut vivre en découvrant une personne qu'on côtoyait depuis longtemps sans l'avoir remarquée et qu'on dinstigue un beau jour comme un être extrêmement intéressant auquel on sait que l'on va s'attacher dangereusement, un retour introspectif dans son être et sa temporalité.

Cet opus connu, à sa sortie, un unanime succès d'estime mais dût attendre la fin des années 1990 et une réédition en Grande-Bretagne pour connaître un véritable succès commercial. Or cet album dès sa parution en décembre 1977 allait sortir le 'primal duo' des trop précieux marasmes du rock New Yorkais en l'électrocutant. Cet album allait être le manifeste choc, la déclaration péremptoire, la thérapie lourde d'un ensemble de genres aux cousinages incestueux croulant sous les posture égotistes et la mauvaise foi. Il représentait une ouverture, un destin, des frontières à redessiner afin d'être dépassées à nouveau. Une sorte d'épiphanie de ces temps dépourvus d'humour et d'espérance. C'est pourquoi il allait présenter même durant la décennie de cire suivante cette surprenante vitalité, cette nouveauté saisissante qui perdure jusqu'à nos jours. Il allait être l'une des oeuvres les plus nobles de l'histoire du rock, l'une des pierres angulaires de sa rééidification.

 

 

UDER MERMOUCH, 6 juin 2007


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Mardi 26 juin 2007

Vision

Emission solo pour Jeanpop2, qui s'acquita de sa tâche avec un brio nervalien.

Phrase de la semaine : too many to list.

Just Two Guys "Eyes"

Invasion "Do you like what you see ?"

The Eyes "You're too much"

Tracers "Watch me"

Great Scots "The light hurts my eyes"

Eyes Zooms "She's gone"

Facts Of Life "I've seen darker nights"

The Astronauts "Can't you see I do"

The Amoebas "Look at the moon"

The Chants R&B "Come see me"

The Vagrants "Oh those eyes"

The Young Aristocracy "Look and see !"

Paul Revere & The Raiders "Take a look at yourself"

Edge "Seen through the eyes"

The 1910 Fruitgum Co "Reflections from a looking glass"

Those Guys "Lookin' at you behind the glasses"

Stephen Hartley "Have you seen her"

The Fifth Generation "If I see her"

One Way Streets "I see the light"

Guy Kraines Trio "Come see the way"

The Birdwatchers "It's to you I belong"

The Easybeats "See line woman"

The Byrds "I see you"

The Dovers "The third eye"

Those Rogues "Wish I could see you again"

The Bundles "Watch me girl"

The Lollipops "Look at this boy"

The Bobcats "Can't see for looking"

The Black Diamonds "See the way"

Eyes Of Dawn "Time to be going"

Brave New World "I see"

Disciples "Junior saw it happen"


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Jeudi 21 juin 2007

L’Ohio ne laisse pas indifférent au sein de la rédaction. Certains le honnissent comme l’état qui représenterait le moyen, le lac d’eau tiède, « le ventre mou du Psycho-batave » pour reprendre l’expression de Demetrius Jackson. D’autres confessent la fascination que leur inspire ce lieu privé de faciès, écrasé de grisaille. Il s’agira pour nous, comme le juré devant la plaidoirie, de comprendre, davantage que de réagir.

Nous laisserons à notre collaborateur Uder Mermouch le soin de dresser la psycho-géographie de l’Ohio ; nous nous chargeons pour le moment de révéler cet inédit de Randall Webb, composé durant l’hiver 1970.

 

            « J’ai posé les pieds à Akron, puis j’ai traversé Cleveland en voiture dimanche après-midi. L’air était humide et la chaussée semblait se tasser sous les roues. Je me suis souvenu de la violence, pendant les années où il y avait de la musique, avec laquelle Demetrius et moi rejetions en pavé les productions émanant de l’Ohio, la superbe un peu vaine avec laquelle nous contournions la fausse bonne humeur de The Outsiders ou The Choir, l’amateurisme trop peu bouleversant de The Alarm Clocks ou The Rats, la maigreur d’inspiration de The Human Beinz, dont la carrière exclusivement constellée de reprises était loin de nous inspirer autant de fauverie écumante que celle des lanciers The Chants R&B.

Toutes ces formations incapables de fraîcheur étaient cause que Demetrius avait baptisé l’état « le ventre mou du Psycho-Batave ». Aujourd’hui, je peux revenir sur cette proclamation sans appel, pour défendre la production musicale de l’Ohio non pour sa grandeur, mais pour la radicalité de son salissement, qui me semble maintenant la marque non d’un « milieu », mais d’une flaccidité unique et, somme toute, troublante.

Je dois dire que cette révision me fut d’abord inspirée par l’écoute du « I’ll leave you cryin’ » du Us Too Group, il y a quelques mois. Datant de février 1967, cet enregistrement pourrait presque autant provenir de la létale 1969, tant il porte sur lui la chapelure de poussière de ces années tardives et poussives. D’une tristesse insondable, cette chanson n’en est pas pour autant émouvante. Elle insuffle une morosité lente, donne l’impression de passer une nuit dans une gare, découpé par les néons.

C’en était bien assez en tout cas pour relancer mon intérêt pour cet état longtemps laissé à la porte. Ma première constatation fut qu’on n’applique aucun visage à l’Ohio. Lorsqu’on évoque les formations du cru, nulle particularité, même vestimentaire ou d’attitude, encore moins ethnique, ne vient titiller le devant ou l’arrière des yeux. Aucune vision de lascivité lagunaire ou de hipsterisme de bitume californien ; absente, la mise impeccable des Underdogs de Detroit, lorgnants vers le lamé Motown ; hors des mémoires, le colossal guitariste Texan de The Bad Seeds, ainsi que la mâchoire ferme de leurs voisins Sparkles. Même des scènes moins documentées mais tout aussi primordiales convoquent des images dont reste privé l’Ohio : il suffit de penser à la chemise de lin blanc des Arizoniens The Grodes, qui illuminèrent d’insectes inquiets le désert lourd.

Pas d’image, peu d’innocence et une absence troublante d’originalité : voilà ce qu’inspire l’Ohio, cette anti-chambre de l’Illinois. Pas de culture, ni d’intelligence, peu d’humour également, et ce des deux côtés du spectre : On ne sera pas étonné qu’un des morceaux les plus brutaux et littéraux du rock garage (« I know » de Shepherd’s Heard) provienne de Mansfield OH. Ce morceau sans génie, débauche d’énergie malsaine, ne suggère pas une fascination d’ordre intellectuel telle que peuvent en développer des compagnons de cauchemar comme le doublé ultime d’Adrian Lloyd ou le « Hey freak » de The Swamp Rats. En face, du côté tendre du spectre, c’est le même manque de références, de perspective, de profondeur ; témoin le « She » de The Fortels, au titre si peu éloquent, sommet inversé de Psycho-Batave Lavette, mais surtout sa face B, « Merry-go-round » où l’effondrement ne semble plus contextualiser la chanson, mais en être le cœur même. Que dire alors du « Georgiana » de The Bare Facts (nom d’une réalité glaçante, geôlier mutique prévenant toute tentative d’évasion), soufflé d’un timbre millénaire par un chanteur certainement adolescent ? C’est un fait : la musique de l’Ohio provoque l’ennui, mais non pas le bâillement distingué émis du balcon ; non, elle distille l’humiliation diurne, le désir d’oubli du sommeil, bercé de murmures toxiques, et c’est certainement à ce rideau de fer mental qu’aspirent les faussaires de It’s Them, dont le vol onomastique fait écho à la torsion qu’ils infligent à « Gloria » avec leur plombé « Baby I still want your loving ».

Voilà ce que m’inspire cet état pourrissant, qui ne semble attendre que le moment où il sera ruine assumée. Et comme les histoires les plus morbides possèdent leur part d’astre, il est une exception qui se dégage miraculeusement de cette envoûtante boue : c’est le « Land beyond the moon » de The Motions, hymne ravageur à la sagesse que je veux joué à mon enterrement. Loin de toutes ces Clevelands bâties sur le modèle de la souffrance.

Us Too Group - I'll leave you crying

Bare Facts - Geogiana

Fortels - Merry-go-round

It's Them - Baby I still want your loving

The Motions - Land beyond the moon

 


Par Jeanpop2 - Publié dans : Randall Webb Sixties - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Dimanche 17 juin 2007

Vieillesse

Emission marquée du sceau du crépuscule, elle fut conduite sur un rythme de deguello par Jeanpop2 et Uder Mermouch, toujours privés de l'absence de M. Poire, retenu prisonnier par les Lavillièristes, qui ont contraint Jeanpop2 à consacrer l'émission suivante à M. Bernard Lavilliers. Ce sera chose faîte.

Phrase de la semaine : "La sagesse, ce n'est pas un temple où on rentre en silence." (Jeanpop2)

Mike Mathis "My old woman"

The Bush "To die alone"

Svensk "Getting old"

The Kinks "Lazy old sun"

The Twilights "Once upon a twilight"

Bari & Breakaways "Old man mose"

Ruins "The end"

Londons "Old man"

Betty Wright "Paralysed"

The Ovations "Rockin' chair"

James & Bobby Purify "Just like old times"

Spencer Wiggins "He's too old"

Love "Old man"

The Easybeats "Where old men go"

The Byrds "Old John Robbertson"

Them "Dirty old man at the age of 16"

Names And Faces "You're an old leaf"

Steve & The Board "Now I'm older"

The Bold "Gotta get some"

The M.H. Royals "Old town"

Joy And Dave "Let's go see gran'ma"

We The People "The day she dies"

Uder Mermouch a attribué au Nouveau-Mexique un indice de 4.9 sur l'échelle Psycho-Batave


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Lundi 11 juin 2007

         Hallo Freunde. Now’s the time to prove yourself the purest champion of the Psycho-Batave Graal, and the deal is easy.

 

            You gotta create three band names, related to a special period and musical genre of Psycho-Batave. For each of these names, pick the ideal single, a-side and b-side. At last, you’ll also name the label on which these sides were released.

 

            Only one cover will be authorized. No homonymous for the band’s name. No justification to be brought with what you suggest : let the jury decide for the right interpretation. Year and genre cannot be replaced. They are :

 

1. Deep Soul, 1964

 

                  2. Teen Trauma, 1966

 

                  3. Psych-Prog, 1970

 

            Jury consists in : Jean Pop 2, Jean-Pierre Paul-Poire, Peter Bogdanovitch and Emile Maugelmann. No member of the jury will participate.

 

            Prizes consist mainly in Respect, Honour and Devotion. But we might as well imagine something more substantial. Like some patch of skin detached from the Holy body of Jean Pop 2. The Contest will last a full month.

 

            Look at these following propositions meant to inspire you in this difficult task. Note that the variation on Sred Sweign’s name is purely an amusement, and not a rule.

 

Deep Soul, 1964 : Sred S. Sweign Jr. “What Do I Get (In Return)” b/w “Soul Bear” (Peak Records)

 

Teen Trauma, 1966 : Little Sred & The Sweigns “I’ve Been Working Hard” b/w “Full Time Weeper” (Timber Records)

 

Psych-Prog, 1970 : The Sred Sweign Plastik Machine “In The Wake Of Artemis” b/w “Children Of Hope” (Albert Camus Records).

GOOD LUCK !!!

 

 


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Lundi 4 juin 2007

Les capitales d’Etat ne réunissent sans doute pas les populations les plus nombreuses mais comme l’indiquent indubitablement les notices les concernant, elles abritent toujours des édifices dignes d’intérêt. Cet Ohio qui nous occupe, nous divise et nous interloque, a pour capitale Colombus, où le programmateur Bill Moss, paisible sage à l’écoute des luxuriances sonores, fonda le label Capsoul. Capsoul, ou bien la Capsule, petit réceptacle à poison et à magie, qu’il n’est pas rare de rencontrer comme métaphore de l’œuvre d’art. Un complexe de temps et d’espace, des relations qui s’y établissent et des vies qui s’y développent, tout cela ressuscité à loisir dès l’ouverture de la capsule, voilà qui est bien connu. Alors Colombus, même s’il faut la placer derrière Cleveland et Cincinnati, n’est cependant pas la morne bourgade redoutée. Il s’agit d’ailleurs de la troisième ville de l’Etat, avec approximativement 1,8 millions d’âmes. Est-ce la prolifération d’administrations, telle que nous pouvons l’attendre d’une Capitale, qui cède à deux autres villes le privilège des industries, est-ce ce caractère nécessairement plus policé, ou bien le génie d’un seul homme, toujours est-il que la musique de Bill Moss, la musique de Colombus, Ohio, dément avec insistance celle de Cleveland. Elle n’en a pas l’allure traînante, les manières frustes, le désespoir renfrogné. Elle est tout éclat et appelle la comparaison avec le principal centre de fabrication de la soul music dans ces années 1970/1974 : Philadelphie.

              

            Si Philadelphie continue de signifier la déréliction du genre, cette agonie prévisible dans une perspective Italo-Américaine de rentabilité et de séduction agressive du public, il est juste de noter que d’autres productions, de notre point de vue meilleures, sont tout autant symptomatiques du déclin. Dans le Tennessee, Hi Records élabore des enregistrements remarquables, fascinants de suavité et de systématisme, mais si l’on peut estimer que cette sévère diète à laquelle sont contraints tous les disques d’Al Green ne fait que perpétuer une tradition très sudiste, celle de Goldwax, dans un habillage sonore certes différent, une tradition de jeûne, d’économie instrumentale et de paroxysme émotionnel, on peut également considérer que l’entreprise Hi Records participe de l’amolissement général, de cette si caractéristique passion des seventies pour le confort et la cool attitude. Il y a deux manières, donc, d’envisager Hi Records. Le confort qualifie les productions de Bill Moss. Et toutefois jamais le moindre de ses enregistrements ne s’enfonce dans un lit de cordes ou ne s’avachit dans la tenue d’un rythme égal aux batteries saillantes. Ce confort est l’habitus de l’imagination sensorielle la plus étendue. Et nous songeons que les arrangements exceptionnels des disques Capsoul rivalisent de beauté avec l’écriture mélodique et rythmique parfaite d’Allen Toussaint.

            Le label Capsoul rachète ainsi la faute de Philadelphie, c’est là ce que son inscription dans le temps : 1970/1974 exige de lui, qu’il se confronte avec le modèle dominant, qu’il le combatte ou bien en sauve ce qui doit l’être. « Row My Boat » par The Four Mints compte parmi ces productions très moelleuses,  travaillées par le fantasme philadelphien. Or que se passe-t-il ? Un refrain en canon discret et court, précédé d’un menu tourbillon, et suivi d’une délicate phrase de vibraphone. Trois joliesses, trois mignardises qui sont à la soul de Philadelphie ce qu’un Cupidon du XVIIIème siècle est à l’art pompier du siècle suivant. Dans un registre proche, « I Want To Be Ready » de Kool Blues mêle orgue et wah-wah et atteint à une radieuse somnolence, de celles qui promettent un abandon non pas aux puissances du sommeil mais à la contemplation quiète de l’aurore. Le chant y est cru, physique au moment du refrain, brève ascension, puisque Kool Blues sent que la capture est imminente. Alors il redevient l’homme aux aguets, celui qui « veut être prêt quand la douleur se présentera à lui ». Le même Kool Blues interprète avec ardeur l’érotique « Can We Try Love Again » ; il s’agit encore du versant philadelphien de Capsoul, un groove très agrippant et pourtant mesuré, comme sanglé dans un costume qu’il ne faut pas froisser, exigeant une danse réduite, limitée à quelques soubresauts du buste et à de fins moulinets du poing, le genre de pantomime qu’Uder Mermouch pouvait exécuter dans un dancing stambouliote en 1979, à l’âge de 40 ans.

            La théorie de la prison panoptique est chose malgré tout captivante. Pas pour cette sensation d’omniscience invisible qui doit accompagner le détenu, mais pour ce gardien dont le regard peut plonger dans chaque cellule. Elle répond à ce fantasme très enfantin de pouvoir soulever les toits des maisons. Bill Moss fut ce gardien, qui de sa tour de Colombus, Ohio, jugea de ce qui se déroulait dans certaines cellules de la soul music. La plus contemporaine, d’abord : Philadelphie. Mais aussi Motown et son émanation Invictus, plus spécifiquement The Four Tops, avec « You’re All I Need To Make It » de Johnson, Hawkins, Tatum & Durr (ah, ce discours très 1971 sur l’odieux précepte du Nom qui ose subsumer des individualités riches, qu’on doit au contraire laisser s’épancher, comme les Californiens que vous savez), heureuse célébration de l’amour à violons, puis la charge athlétique de The Chairmen Of The Board, mimée à la fois par Kool Blues dans « I’m Gonna Keep On Loving You » et par The Four Mints dans « Too Far Gone ». Dans ce dernier cas, le modèle est exténué dans une prouesse mélodique, du type cascade d’accords, soutenu par d’inventifs chœurs. Motown, enfin, et le David Ruffin de 1968, celui du Clavecin, dans le référencé « A World Without You » par Johnson, Hawkins, Tatum & Durr. Nous parlons là d’une outrance gréco-italienne, pas un Temple, plutôt un poème tragique. Toujours, Capsoul signera des productions étoffées et toujours, ces productions iront dans le sens non pas d’une surcharge monumentale et grave mais dans celui du maniérisme, avec ce que ce que le maniérisme comporte d’irréel et de factice. La brillance de Capsoul ne renvoie pas à une signification au-delà de ce que le label propose immédiatement : des trésors d’arrangements et de mélodies ; c’est une beauté toute de surface, à moins que l’on se fie au paradoxe qui fait d’une surface un discours sur la vanité de la profondeur. Nous avons dit ailleurs combien tout cela régale le Pédé Progressif.

                                           

            Les dernières cellules sont occupées par la Deep Soul et le Boogaloo, baby, Boogaloo. Oui, il paraît incongru, à la suite du dernier paragraphe, de mentionner la Deep Soul. Son aura religieuse et terrible ne la préserve cependant pas des amateurs de forme et de leur convoitise. Au contraire, l’épreuve de la Deep Soul est celle des conventions : en elles-mêmes, ces conventions recèlent une beauté, je veux dire que leur objet n’est pas seulement de contraindre la Voix à davantage de pureté ou d’intensité (ainsi dans la tragédie de Racine), l’intérêt d’une convention peut être la convention elle-même. Prenons l’usage de la transparence chez Hitchcock, et comment cet usage perdure jusqu’aux derniers films. Beaucoup de critiques tiennent à racheter ce procédé désuet, embarrassant chez celui qui a personnifié la modernité cinématographique. L’argument est le suivant : la transparence dit ou bien le régime fictionnel des images que l’on voit, ou bien l’asservissement des personnages à leurs représentations. On peut se demander plus banalement si Hitchcock n’y voyait pas un moyen d’éviter de se déplacer lorsque son film ne l’emballait plus (c’est arrivé parfois). Mais l’argument a ceci de superbe qu’il force le critique à louer une convention parmi les plus obsolètes. Il se trouve que Bill Moss envisage la Deep Soul d’une manière similaire, en se concentrant chaque fois sur une convention précise. C’est l’orgue immense de « Without Love » par Ronnie Taylor, utilisé tout du long de la chanson comme une propulsion. C’est le lamento du chant et des chœurs dans le triste et quotidien « Go On Fool », récit d’un homme rejeté par sa compagne, par les enfants de sa compagne qu’il a élevés « comme s’ils étaient les siens ».

            Quant au Boogaloo, l’excellent Boogaloo de « Hot Grits !!! » par Elijah & The Ebonies et de « Sock It To’Em Soul Brother » par Bill Moss, nous pouvons affirmer que Capsoul était également soucieux de plaire aux enfants et aux Français.

            Terminons avec la seule création inqualifiable, belle néanmoins, de Bill Moss, qu’il interprète en personne, naturellement : « Number One ». Le Haut-bois, des parties de violon Nashvilliennes et des arpèges de guitare folk font la couleur sonore inédite de ce chef-d’œuvre agreste et paternel. La chanson porte la toge, celle du poète Hésiode, qui parle aux fleuves, et à l’Eternel en eux. C’est un curieux contre-point au foncier maniérisme de son auteur, et toutefois, l’originalité des arrangements ne nous étonne guère.

            Ainsi fut l’éclat spectaculaire de Colombus, Ohio.

Johnson, Hawkins, Tatum & Durr - A world without you

Ronnie Taylor - Without love

Kool Blues - I want to be ready

 


Par M. Poire - Publié dans : Essais épars - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Samedi 2 juin 2007

Adolescence

Pour parler de cette cîme jamais vraiment atteinte, l'adolescence, personne de spécial ce soir, si ce n'est Jeanpop2 et Mermouch. Voilà.

Phrase de la semaine : "Une machine pour faire guincher la drôlesse" (Jeanpop2)

The Gamblers "Teen machine"

The Teenagers "You don't love me"

Velveteens "Ching bam bah"

The Guilloteens "I don't believe"

Little Willie & The Adolescents "Looking for love"

American Teens "A brand new love"

Nashville Teens "Forbidden fruit"

L.A. Teens "You'll come running back"

? & The Mysterians "8 teen"

Everly Bros "Wake up little Susie"

Michael Cox "Teenage love"

The Riot Squad "Gotta be a first time"

Bobby Fuller "Nancy Jean"

The Beach Boys "I'm so young"

The Out Cast "Let's go on the beach"

The Dovers "What am I going to do"

Grandma's Tonic "Lost girl"

Missing Lynx "Hang around"

N.P. Williams & The Inner Prism "Bad seed"

Chocolate Watch Band "I'm not like evrybody else "

The Twiliters "Rollerland"

 Uder Mermouch a attribué à New-York un indice de 7.7 sur l'échelle Psycho-Batave


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Jeudi 31 mai 2007

La ville de Minneapolis forme avec sa voisine St. Paul une entité urbaine communément appelée "Twin Cities". Seule aire urbaine d'envergure nationale de l'Etat du Minnesota, situé en marge du 49e parallèle nord, frontière historique entre le Canada et les Etats-Unis d'Amérique. L'Etat est situé à l'ouest de la région des grands lacs, les températures y sont extrêmement rigoureuses, glaciales pendant la majeure partie de l'année, moites durant un rapide été. Minneapolis-St. Paul la cité double se trouve dans un recoin d'une Amérique agricole et sauvage à l'horizon géométrique dans sa partie sud, barrée de montagnes noires d'arbres sévères au nord. Des espaces placés sous le signe trouble de l'eau qui macule son relief d'innombrables lacs d'un bleu rigide. Des espaces peuplés et cultivés par de tenaces et taciturnes luthériens d'ascendance germanique ou scandinave.

 

Nous y sommes loin, très loin des vibrations cacophoniques de la côte est, loin de celles plus proches mais plus erratiques de celles de villes du midwest telles que Chicago ou Detroit, très loin également de l'univoque sérénité des grandes plaines, très loin aussi de la torpeur du vieux sud, en aval du Mississippi qui coule pourtant en ces lieux. Ce fleuve qui traverse les deux villes, y est déjà très puissant. Le glauque de ses eaux glacées, opère un constant et tranchant rappel de l'écrasante hostilité minérale de ces terres aux citoyens de Minneapolis-St. Paul qui le traversent ou le longent au volant de leurs véhicules de métal, puissants et bridés. Cette évocation est sans appel en tout temps de l'année et les habitants de ces lieux ne s'y trompent pas, ils se sont résignés à l'ignorer, ils regardent en eux ou se perdent dans des perspectives fuyantes. Minneapolis dont l'étymologie est formée de la même racine indienne Dakota 'mni' (eau) qui a donné son nom à l'Etat et de celle grecque de 'polis' (ville), renvoie encore à la puissance de ces eaux.

 

Ces habitants sont enveloppés par le vaste organisme qu'est cette ville-double. Un organisme qui, sans le caractère implacable des terres où il est situé, s'il n'est pas tout à fait hostile est hiératiquement indifférent. Un organisme constitué d'organes de pierres, d'acier, de béton, séparés par des voies tirées au cordeau que les citoyens parcourent enfermés dans l'habitacle de leurs automobiles parce qu'il fait définitivement trop froid dehors et que le chemin à parcourir pour atteindre la zone industrielle, le bureau ou le rare et contraint lieux de loisirs est toujours trop long. La neutralité des édifices ne perturbe pas le trajet des citoyens de l'unique métropole de cet isolé septentrion maintenant conquis et parcimonieusement habité. Les limites administratives mêmes collent à la raisonnable géométrie adoptée pour mieux cerner et domestiquer le globe. Parallèles et méridiens, cercles vus par les hommes comme de parfaites droites. Les diagonales sont ignorées, tout peut être vu comme parallèle ou au mieux tangent. Sur tout cela règne un ciel qui peut être dégagé, bleu, vierge, simple rappel de l'immensité du vide qui nous sépare de cette apparente voûte qui ne retient ici aucune chaleur et par lequel arrivent trop souvent d'interminables précipitations.

 

La ville-double ne siffle ni ne vrombit, elle bat, lentement et lourdement d'un pouls solide et industriel. Un pouls à l'origine artificiel mais maintenant ineffable pour les êtres qui vivent à son rythme. Les hommes oeuvrent d'un labeur d'insectes au sein de tentaculesques usines ou perchés dans les alvéoles des tours d'affaires des deux downtowns, ils vont et viennent, flux et reflux à heures fixes de ces organes actifs vers les vastes étendues indifférenciées d'habitations standards qui composent l'essentiel du corps étalé de cette entité urbaine. Un très vaste tissu, fait de cellules labiles, qui présenterait à un oeil aérien une exemplaire hyperplasie. Un nombre non négligeable de ces citadins s'arrêtent en chemin et pénètrent dans des débits de boissons où ils s'adonneront jusqu'à la fermeture à la substance éthylique qui les réchauffera, les divertira de ce décor ostensiblement indifférent, ils pourront faire tourner quelques disques dans le juke-box et ils pourront prendre le temps de porter un regard sur leurs congénères chez qui ils rencontreront comme un reflet...

 

Quelque part en ces lieux, à la fin des années 1960 se trouve un jeune homme discret d'à peine vingt ans, dont on ne sait quasiment rien. Nous savons cependant ce qu'il fit de son sens de la musique qu'il voulut partager avec les hommes. Ce jeune homme s'appelle Michael Yonkers, il est natif de Minneapolis-St. Paul, nous ne savons duquel des deux pôles qu'on ne saurait dissocier. Il joue de plusieurs instruments à cordes, frappées et pincées. Il écrit des chansons, les compose et les interprète en compagnie de son jeune frère et d'un ami. Il a des connaissances suffisamment poussées en électronique pour en user dans la genèse et le jeu de son expression musicale. Il suit des cours à l'Université et passe ses loisirs à jouer ou à bricoler ses instruments dans la cave de la demeure familiale qu'il a d'ailleurs transformée très humblement en un honorable studio d'enregistrement et de mixage.

 

Ce jeune homme est d'une taille moyenne pour un américain de souche anglo-saxonne, il a le visage grave et les traits fins, son corps est d'une robustesse pondérée, ses cheveux raides qu'il porte longs sont blonds. Souffrant d'une myopie moyenne il porte une paire de lunettes à verres concaves, assez épais, optique de l'époque oblige, afin de corriger sa dioptrie trop convergente; de sorte que derrière ces verres ses yeux sont un peu lointains, ils portent un regard qu'il a calme, pénétrant et comme retiré de manière avertie dans certaines profondeurs.

 

Sa musique nous est parvenue dernièrement. Elle nous est venue de cette Amérique dolente, de cette cité double, des années 1968 et 1969, sous la forme d'un album de treize titres, intitulé Microminiature Love. La substance de cet album est le fruit du travail de Yonkers durant la seconde moitié des années 1960, travail qu'il avait compilé et préparé en vue de la sortie d'un album de sept titres à l'automne 1968 sur le label local Sire. Un ensemble de compositions qu'il jouait un peu partout depuis quelques années sur diverses petites scènes à travers sa ville double. Cet album initial n'a jamais vu le jour car pour une raison indéterminée, l'entente a été rompue avec ce label et l'album fut remisé au placard. L'ensemble, qui comprend les sept titres initiaux et six autres enregistrés lors d'une unique session dans le home studio de Yonkers au printemps suivant de 1969, a finalement été exhumé par le label Destijl et a paru au début des années 2000 sous le même titre Microminiature Love. C'est sous cette forme que son travail nous a atteints et éblouit. Sans aucune information sur l'homme, nous nous sommes étourdis à l'écouter nous parler, de si loin et nous atteindre de si près. Traversant les trente-huit ans nous séparant, son travail, s'est adressé directement à nos coeurs et à nos âmes. De la première écoute jusqu'à ces instants ou nous écrivons ces lignes, l'oeuvre portant le nom de Microminiature Love, signée Michael Yonkers a imprimé de sa marque nos coeurs et nos âmes, s'installant profondément en nous tel un double attentif. Parmi tous ces morceaux aucun ne déroge à l'étrangeté contenue caractéristique du travail de Yonkers, cette rigoureuse économie dans le rapport fond/forme, armature inébranlable sur laquelle vient s'exprimer la chair expressive des sons. Nous entendons toujours la voix de tête de Yonkers si lointaine et si finement modulée accompagner puissamment un jeu à la sobriété tordue frictionnant la rugosité de l'accompagnement. Il nous fait don d'un univers sonore d'une richesse et d'une profondeur précieuses portées par une concentration audacieuse sur ses graves propos. Nous avons trouvé aussi loin que nous ayons eu le loisir de parcourir cette dense matière ressuscitée, une même singulière identité s'exprimant, se déployant, se renouvelant sous des arguments différents dans chaque titre. Nous avons trouvé de ces choses rares, que le temps n'érode pas, les éléments irréductibles de cette matière qui compose les métaux précieux.

 

Uder Mermouch, mai 2007

Michael Yonkers - Boy in the sandbox

Michael Yonkers - Returning

Michael Yonkers - Puppeting


Par Uder Mermouch - Publié dans : Uder Mermouch - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Mardi 29 mai 2007

Enfance

Merci Sred Sweign, pour votre présence, votre sourire en étendard et votre flow chargé de diamants.

Phrase de la semaine : "Plastic flower, oui les fleurs en plastique, ce qui succède les fleurs absolues..." (L'inénarrable Sred Sweign)

The Kidds "Children in love"

The Stolen Children "I need you"

Kidds "Straighten up and fly right"

Billy & The Kids "When I see you"

The Best Things "Chicks are for kids"

Don & The Goodtimes "You were a child"

Scrugg "I wish I was five"

J.K. & Co "Little children"

Plastic Flowers "Rich kids"

The Ramrods "Merry-go-round"

The Merry-Go-Round "You're a very lovely woman"

Fortels "Merry-go-round"

The Dearly Beloved "Merry-go-round"

The Strangeloves "I want candy"

The Rotten Kids "Let's stomp"

The 9th Street Market "I'm a baby"

Half Pint & The Fifths "Orphan boy"

Buffalo Springfield "I am a child"

The Shades Of Blue "Penny Arcade"

East Side Kids "Listen to the wise man"

The Children Of Stone "Mary Can't you see"

Mysterious Clown "Mysterious clown"

Living Children "Now it's over"

Uder Mermouch a attribué au New Jersey un indice de 7.3 sur l'échelle Psycho-Batave


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Mardi 22 mai 2007

Stadium Rock

Jeanpop2 seul ce soir pour cette émission malgré tout glorieuse, accueillit in extremis son grand pote King Of The Lose dont la bonne humeur fit tache d'huile sur l'armée Psycho-Batave assoupie dans la nuit quiète.

Phrase de la semaine : "Chuck Woods, au son duquel vous baisez des mineurs sur la Riviera" (Jeanpop2)

The Human Beinz "Nobody but me"

The Sons Of Adam "Baby show the world"

The Young Rascals "What is the reason"

The K-Otics "Double shot"

The Perishers "How does it feel"

The Valentines "Peculiar hole in the sky"

The Fun & Games Commission "It must have been the wind"

The Heard "Laugh with the wind"

The Vagrants "And when it's over"

Eddie Cave & The Fyx "Fresh out of tears"

Major Lance "You don't want me no more"

Tangeers "Let my heart and soul be free"

Chairmen Of The Board "Pay to the piper"

The Guess Who "One day"

The Energy Package "This is the twelth night"

Oncomers "You let me down"

Jacks Wild "What do you expect"

Los Bravos "Going nowhere"

Mourning Reign "Satisfaction guaranted"

Little Phil & The Nightshadows "So much"

The Willing Mind "Decide"

James & Bobby Purify "The Weeper"

Chuck Woods "7 days too long"

Jackie Wilson "Soul galore"

Sly & The Family Stone "Chicken"

The Groove "Play the song"

The Impalas "Come on up"

Motor City Bonnevilles "Make up your mind"

Wailers "I don't want to follow you"

Pas de Mermouch cette semaine, pas d'état, pas d'indice, pas d'espoir


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Mercredi 16 mai 2007

Education

Nos Pat masters, encore accompagnés d'un Patrick Lloyd Junior décidemment désoeuvré, dévoilèrent au grand jour leur propension inaltérable à parler divinement des sujets les plus cruciaux. Merci pour tout, Jeanpop2.

Phrase de la semaine : "Vous savez tous très bien que je ne suis pas funky." (Mermouch)

The Players "Memories of a high school bride"

Bobby James & The Vibrants "I've learned"

The Wheelmen "School is a gas"

Buddy Holly "Learning the game"

The Kama-Del-Sutra "She taught me love"

Rufus Thomas "Do the funky penguin"

Chuck Carbo "Take care of your home work"

Gene Bowlegs Miller "Frankenstein walk"

Professor Longhair "Big chief"

The Twilights "Time & motion study man"

The Painted Faces "Girl you're growing up"

Dave Berry "And I have learned to dream"

The Juniors "Lost friend"

The Attaras "You got a lot to learn"

The Chosen Few from St Michaels "Get it on life"

The Outsiders "Teach me to forget"

Dean Carter "School boy"

Lloyd Williams & The Hilights "Kangaroo dance"

Charles Spurling

Bill Moss

The Beach Boys "Never learn not to love"

The Master's Apprentices "Dancing girl"

Group $oall "Will you teach me how to love"

The Insects "Let this be a lesson"

Uder Mermouch a attribué au New-Hampshire un indice de 3.1 sur l'échelle Psycho-Batave


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Mardi 15 mai 2007

It's Florida Time !!!

Cliquez ici pour télécharger le mix !!!

The Outsiders "She's coming on stronger"

Larry & The Loafers "Let's go to the beach"

The Saxons "The way of the down"

Clefs Of Lavender Hill "Stop ! Get a ticket"

The Maundy Quintet "2's better than 3"

The Burgundy Blues "I'll get you back again"

The Nightcrawlers "A basket of flowers"

Journey Men "She's sorry"

The Cavemen "It's trash"

Little Willie & The Adolescents "Get out of my life"

The Rare Breed "I talk to the sun"

The Rockin' Roadrunners "Down"

The Twelth Night "Grim Reaper"

Painted Faces "And now she knows"

Evil "I know I'll die"

We The People "Saint John's shop"

The Ravens "Reaching for the sun"

The Illusions "I know"

Plant Life "Flower girl"

The Tiffany System "Let's get together"

YEAHHHHH !!!


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Jeudi 3 mai 2007

Obéissance/soumission

Pour cette émission encore une fois à la pointe du Top-notch et de la tuerie conjugués, Uder s'est montré sous un jour des plus guillerets, Poire toujours aussi pénétrant et Jeanpop2 divin.

Phrase de la semaine : "C'est dégoulinant, explosant..." (Mermouch)

Billy Bo & His Arrows "Voodoo shuffle"

The Mishaps "Under my thumb"

The Barons "Now you're mine"

The Slaves "Slave time"

Threshold Of Sound "She's mine"

The Crystals "He hit me (it felt like a kiss)"

Lee Jones "This heart is haunted"

Mighty Sam "When she touches me"

Irma Thomas "Ruler of my heart"

The Bachs "You're mine"

Michael Yonkers Band "Puppeting"

The Mad Hatters "I'll come running"

The Del Prixs "She'll be mine"

James & Bobby Purify "I'm your puppet"

The Impressions "I can't stay away from you"

Donald Lee Richardson "You got me in the palm of your hand"

Johnny Davis "You've got to crawl to me"

The Poets "I love her still"

The Mystrys "Witch girl"

The Rainmakers "You're the only one"

The Chants "Hypnotized"

The Missing Links "You hypnotize me"

The Beatles "You like me too much"

Uder Mermouch a attribué au Nevada un indice de 3.1 sur l'échelle Psycho-Batave


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