Centre d'études psycho-bataves


Mardi 5 avril 2005 2 05 /04 /2005 00:00

     Ecrire comme un pédé progressif exige un entraînement quotidien tant sur le plan stylistique que sur celui de la méthode. Nous dissocierons, peut-être artificiellement, ces deux aspects le temps d’exposer les principes d’une telle écriture, dont le lecteur vérifiera la validité en se reportant au premier texte sur Buddy Holly. Nous terminerons par une série d’exercices à la difficulté croissante. Notez enfin que nous évoquons le style pédé progressif, et pas la musique pédé progressif, qui dans de nombreux cas reste ignorée des principaux intéressés.

 

1. Valeurs et références/Rapport aux autorités

 

            Un premier élément est la nécessaire dévotion au revival pop en Angleterre, incarné par le groupe the smiths. Comme the smiths ploie tout entier sous la personnalité morbide de leur chanteur morrissey, leurs admirateurs sont bien souvent aveugles à l’indigence sonore de leurs disques, passée l’année 1983. Mais au lieu de discuter la qualité musicale de the smiths, je préfère attirer l’attention sur les conséquences psychologiques de cette adhésion sans réserves. Le thuriféraire de morissey se forge bien rapidement une idée non-musicale, dogmatique, de la pop music. Pour lui, celle-ci doit être claire, littéraire, mélodieuse et surtout pathétique. D’où son goût pour les baladins tristes, tels michel stipe ou nic drake, et même Ian curtis. Evidemment toute joie connote l’abrutissement. Cependant, le pédé progressif, obnubilé par la ville de Manchester, avoue un penchant pour la musique disco de the new order et the happy mondays : il la justifie invariablement par la « mélancolie » qui émanerait de leur variété prolétaire. Ainsi the pet shop boys et the pulp se trouvent aussi rachetés. Bientôt il devient urgent de célébrer les pères, qui appartiennent aux années 1960 et qui seraient pour la plupart « méconnus ». De grands groupes comme The Kinks ou The Left Banke ont été honorés, en raison de leur munificence mélodique et orchestrale. En revanche, des mensonges tels que the velvet underground ou nic drake ont été colportés : les pédés progressifs louent chez eux des qualités morales, des poses esthétiques, mais pas la musique. L’autre repère pour les années 1960 est constitué par The Beach Boys. Encore doit-on limiter The Beach Boys à l’album « Pet Sounds », et élargir pour les plus dogmatiques pédés progressifs à « Smiley Smile », qui fait naître de laborieuses dissertations sur le thème de l’infinitude. Pourquoi ? « Pet Sounds » a été réalisé presque sans le concours des autres membres du groupe, qui tournaient au Japon, patrie de The Spiders. C’est donc l’œuvre d’un génie solitaire, en phase de repli, qui souhaite faire oublier la prétendue frivolité de ses précédents disques. Pour un pédé progressif, Dennis Wilson n’existe tout simplement pas. Le mythe « Pet Sounds » relève également de la mystique de l’en-soi et du pour-soi, telle que la pratique le pédé progressif, qui apprécie qu’un disque douloureux soit enregistré par un groupe apparemment niais. De même, le cinéaste Jacques Demy qui œuvre dans le plus sentimental des genres, la comédie musicale. Tout pédé progressif est fier de pouvoir déceler dans ce que d’aucuns jugent mièvre, une profondeur insoupçonnée. Ah ! Ah ! le dispensable andré gide l’écrivait à propos de La Bruyère : « Si claire est l’eau de ses bassins qu’il faut se pencher longtemps au-dessus pour en comprendre la profondeur ». Tout à fait pédé progressif comme analyse : pas de complexité affichée, pas de simplicité affichée, mais une complexité tapie dans la simplicité.

En vieillissant, le pédé progressif diversifie son approche ; son dogmatisme, qui est, malgré tout, ce qu’il a de meilleur, s’effrite. Soucieux de ne rien perdre du monde qui l’entoure, notre ami se fourvoie dans le piège new-wave/chanson française/musique électronique islandaise/trip-hop viennois/néo-folk WASP. Dans son irrésistible ascension vers la Culture, le pédé progressif ne nourrit plus aucune exigence et c’est là qu’il cesse de nous intéresser. En proie en doute, il revisite l’Histoire mais, hélas, tout le porte à ne privilégier que les très grandes gloires de la radio : il se demande ainsi sérieusement si the carpenters est un excellent groupe (« si claire est l’eau de ses bassins… »), pensant que la question présente un intérêt alors qu’elle n’en a absolument aucun ; il se trouve malin lorsqu’il souligne les mérites irréels de aba et de the 10sissi ; il résume la soul-music à une rivalité Stax/Motown. Laissons-le barboter dans son ironie et son inculture, et avançons dans la connaissance du style pédé progressif.

 

                   biorc allant chercher des provisions, surprise par des papparazzi

 

2. L’écriture : L’emploi des références/Procédés et progression

 

            N’oubliez pas de convoquer les références sus-mentionnées chaque fois que l’occasion se présente. Faire miroiter son savoir, si exigu soit-il, permet d’en dissimuler le caractère lacunaire. Alors n’hésitez pas et gardez à l’esprit que pour un pédé progressif, les équations suivantes prévalent : -velvet underground : groupe mature pour initiés

-         The Kinks : groupe pittoresque d’Angleterre, maître en mélodies

-         The Left Banke : groupe américain intelligent et raffiné

-         Scott Walker : comte Dracula

-         nic drake : poète élégiaque

-         Love : précurseurs de The Pale fountains

Cela devrait suffire pour commencer. Il est possible d’exceller dans le style pédé progressif avec un ensemble de dix références sixties, simplement. Le reste est jeté dans la fondrière du garage-rock, qui comme chaque pédé progressif vous le dira, prépare le mouvement punk londonien de 1977, lui-même annoncé par the new york dolls, le groupe préféré de morrissey –tout se tient. En revanche, et là votre auteur confesse qu’il en sait bien peu sur le sujet, soyez experts dans la new wave, le label 4ad et les disques sarah records : le pédé progressif, au meilleur de sa forme, se souvient de the feelies, the sad lovers and giants et the bradford. N’allez pas jusqu’à les réhabiliter, car ce serait méconnaître la nature essentiellement conservatrice du pédé progressif, qui ne réhabilite que les Grands. Par les temps qui courent, nous vous conseillons de miser sur the cure, groupe du « trauma adolescent ». Quelles seront vos références pour les années 1990 et 2000 ? Sans trop rentrer dans les détails (pour la période 1990/1995, engouement pour le rien acoustique redneck, emblématisé par vic chessnut), vous pouvez tout citer pourvu que ce soit électronique, pensif, invertébré, anti-Bush, modeste, authentique, feutré et comme parfois, il est nécessaire de passer pour un mondain aisé et pas coincé, ouvert d’esprit, montrez que vous aimez la musique de club « hédoniste » (c’est bien le mot) et les beats « acérés et lubriques » du hip-hop… anglais. Voici pour conclure sur ce point 4 noms intouchables : biorc, the rem, the radiohead, bec.

 

tom york de the radiohed 

 

            Quelques procédés d’écriture s’imposent maintenant. Je ferai vite, en me contentant d’indiquer ce qu’il convient de faire, sans le justifier. En ce qui concerne la structure qu’il vous faut adopter, il existe deux règles : déployer en introduction une toile de fond culturelle/ terminer par un trait d’humour ou de poésie. Si vous respectez ces deux règles, vous pouvez alors librement concevoir le reste de votre article. Ne perdez cependant pas de vue qu’un bon disque de pédé progressif est fondé sur un contraste entre l’être et le paraître. Aussi vous devrez à un moment ou un autre articuler une opposition, voire un paradoxe, par exemple opposer la douceur des mélodies à la cruauté des paroles. Ce genre de mélange est prisé par le pédé progressif. Servez-vous de métaphores et de comparaisons, afin de laisser sentir votre bagage littéraire : un tel sera un « cancre », parce qu’il n’enregistre pas ses disques avec les mêmes moyens que fil collins, un autre sera un « savant fou » parce qu’il a brisé l’uniformité d’un rythme… Ensuite, ne mesurez plus votre ardeur et multipliez les hyperboles ironiques : « à l’écoute de pareilles merveilles, on réclame illico la reformation de the velvet underground avec le bassiste de belle et sébastien à la composition ». Vous pouvez aussi, comme dans le premier article sur Buddy Holly, employer dans une même phrase le pronom personnel indéfini, qui donnera une allure de vérité générale à ce que vous écrivez, et le futur de l’indicatif, qui grave dans le marbre votre réaction ou votre jugement : l’effet est typiquement « pédé progressif ». Pour finir, vous devez suggérer que tel album est si riche qu’on n’en finira jamais de l’explorer, que celui-ci ouvre des pistes pour les dix années à venir, bref que ce n’est pas une mince affaire. Voilà tout ce dont vous avez besoin : les travaux pratiques vous attendent.

 

 

3. Travaux pratiques 

 

 

Exercice 1.

 

Parmi ces phrases, laquelle sort de la plume d’un pédé progressif. Justifiez.

a) ce disque marque l’apogée du style doo-wop

b) c’est ainsi et pas autrement

c) le spleen prend d’assaut le dance-floor

d) c’est Marshall à fond

 

Exercice 2

 

Complétez la proposition suivante par une référence de pédé progressif.

 

Depuis …, jamais le songwriting n’avait été poussé si loin dans l’exposition des blessures et des fêlures.

 

Exercice 3

 

Inventez une opposition pour défendre un album solo de guy chadwique ; trouvez un poncif biblique pour encenser le dernier disque de nic cave ; mettez en rapport la musique de the radiohead et leur engagement politique : dites qu’il s’agit d’un « rock politique », et citez des précédents.

 

Exercice 4

 

Donnez 4 qualités pédé progressif de the kills. Imaginez l’ordre dans lequel vous les présenteriez.

 

 

Exercice 5

 

Ecrivez votre article pédé progressif sur le groupe de votre choix (prix pour le meilleur). Bon courage !

 

 

POSTEZ NOUS EN COMMENTAIRE LE RESULTAT DES EXERCICES, EN PARTICULIER L’EXERCICE 5. PROCHAINEMENT, POUR LES PLUS JEUNES, LE STYLE VIEUX LOUP.


Par JEANPOP2 CREW - Publié dans : Centre d'études psycho-bataves - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Lundi 4 avril 2005 1 04 /04 /2005 00:00

Yeah. Nombreux sont les lecteurs qui nous écrivent pour demander de plus amples informations sur les catégories psychologiques révélées par notre test de personnalité. Les définitions alors proposées n’ayant pas étanché votre curiosité, nous donnons à lire les jugements pédé progressif, vieux loup, italo-américain et psycho-batave sur le grand Buddy Holly, chanteur assez fameux pour être connu de nos quatre protagonistes. Nous espérons qu’une parole vive, davantage qu’une abstraction analytique, témoigne de la psychologie de ses locuteurs.

 

Buddy Holly et le pédé progressif

 

            « Buddy Holly, c’est l’Amérique fifties en technicolor, qui pense dans sa majorité que le rock est la musique du diable. Ses chansons évoquent les Buick et les bals de promotion, tout un univers de prospérité et d’innocence dont il faudra attendre David Lynch pour qu’il laisse percer son inquiétante étrangeté. Parce que depuis Blue Velvet, plus moyen de regarder ce monde sans en flairer la pourriture masquée. On sera ainsi saisi de terreur à l’écoute de l’apparemment anodin Everyday, qu’on imagine chanté à tue-tête par un Dennis Hopper fou à lier. Mais Buddy Holly est surtout l’un des inventeurs de la pop, et dans son personnage de frêle escogriffe à montures carrées, on devine l’éclosion future de jonathan richman et de ron sexsmith. Chez lui, comme chez ses héritiers, la tendresse n’est jamais éloignée de la fêlure. Derrière ces mélodies acidulées, ces paroles naïves (lou reed est encore étudiant), les peines de cœur affluent, les drames forment un horizon secret que l’on n’a pas fini de sonder. »

 

Buddy Holly et le vieux loup

 

            « Buddy est un bon gratteux, même s’il n’est pas de la trempe de Link ou de Bo. En revanche, ses chansons sont construites très finement et son interprétation assimile de façon personnelle le style rockabilly. Pourtant Buddy est un cœur tendre et c’est ça, justement, son côté romantique, qui le rend si particulier. Ses ballades vous accompagnent dans les moments difficiles, Buddy est penché sur votre épaule lorsque votre girlfriend s’est barrée, c’est lui qui vous console. Ce mec, que la mort a fauché dans un avion avec Ritchie et comme Otis, plus tard, ce mec en savait long sur la vie. Et puis c’est pas pour rien que Lennon lui a volé son look, que Bobby Fuller lui a emprunté son jeu de guitare : Buddy est un putain de mythe pour les vrais tombeurs. »

 

"Mickael Jackson is a model citizen" Buddy Holly

 

Buddy Holly et l’italo-américain

 

            « Parce qu’elle véhicule une bonne image de la vie, je peux laisser ma femme et mes enfants écouter la musique de Buddy Holly. La clarté et la discipline de ses chansons me rappellent que l’Amérique abritait jadis de formidables ateliers d’écriture, que des jeunes hommes très convenables, aux cheveux courts, aux costumes soignés, s’y trouvaient réunis, animés par un commun professionnalisme et une égale passion pour l’art. Certes Buddy Holly n’a pas triomphé comme Elvis Presley, et son art n’a jamais revêtu les dimensions pharaonesques des chansons de Roy Orbison, le seul connaisseur du cœur humain. Néanmoins, une chanson comme Valley Of Tears, la plus grande jamais chantée par Buddy Holly, condense tout ce qui fait le génie lyrique, en ce que la détresse qu’elle exprime conserve sa dignité. On mesure ce qui sépare l’éducation de Buddy Holly de la nullité crasse  de jeferson airplane. »

 

 

Buddy Holly et le psycho-batave

 

            Buddy Holly a écrit, joué et chanté des chansons courtes, rapides, rythmées par la guitare, peu mais exactement arrangées, habitées par le souffle mélodique, portées par le jeu net et lumineux des instruments, parfois renforcées de chœurs virils, traitant sans ironie de thèmes universels, principalement l’amour. Buddy Holly est un prince.

 

 

 

Yeah. Si les nuances n’apparaissent qu’au prix de grands efforts, nous procèderons avec plaisir à une étude de texte. Pour cela, écrivez-nous afin de nous indiquer les passages problématiques.


Par JEANPOP2 CREW - Publié dans : Centre d'études psycho-bataves - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Mardi 8 mars 2005 2 08 /03 /2005 00:00

Jeanpop2 et le salut psycho-batave

 

Ce troisième et dernier volet de la table ronde consacrée aux oeuvres saintes de Jean Pop 2 promet d'en livrer la clef puisqu'il portera essentiellement sur le noyau dur de cette doctrine, à savoir le salut par la musique. Au vu des implications sérieuses de la question, le plateau se devait d'être plus relevé en matière de poètes et d'analystes. Aussi, les présences désormais coupables de L. et de C. étant proscrites, François Becquerel réfugié dans un ashram de San Bernardino, seuls M. Poire et le discret mais fulgurant Sred Sweign (Landive assumera le rôle de liant et de relanceur, ce qui est conforme à ses réelles dispositions) alimenteront la controverse.

 Sred Sweign : contre l'idée d'une famille génétique, la famille d'élection musicale, c'est, je pense, là le salut, pour peu qu'il y soit.

Jean-Pierre Paul-Poire : plutôt que famille, j'avancerais le concept d'armée, mais pas du tout tel que le sens commun l'appréhende. Quand Jean Pop 2 évoque ses soldats Kenny And The Kasuals, il n'entend pas renverser un régime politique ou contester l'ordre social, pas plus qu'il ne souhaite éradiquer les guerres. Il est bien question de conquête, voire de croisade et ce, dans les termes spirituels les plus purs, ou bien défrichage et préservation d'un imaginaire accru, expansif, dédié à la beauté. Les foules rejettent cet idéal, simplement parce qu'elles n'en sont pas dignes.

Landive : ne soyez pas élitiste, Poire.

S.S. : j'aime, Poire, lorsque vous mettez en péril les conceptions d'autrui. Permettez-moi seulement de mieux défendre ma thèse, d'après laquelle la sanctification musicale s'accorde avec le thème de la famille d'élection. Ainsi, nos fils et les fils de Jean Pop 2 sont les groupes qu'il met en lumière, sont à une cause mondiale qui les dépasse, des sacrifiés iridescents. Voyez The Underdogs, que la perte de leur contrat précipita dans les crevasses de l'Histoire là où se forgent les armures immarcescibles de Jean Pop 2.

P. : Vous qualifiez là ce que certain philosophe nomme la Ruse de la Raison. J'ajouterai que si les lieutenants sont les fils, l'affection qu'on leur doit repose non pas sur de très hypothétiques liens héréditaires, même choisis, mais sur la bravoure de leurs actes, dans la mesure où ceux-ci ont atteint la majesté psycho-batave. Nous effleurons depuis le début cette notion centrale qui explique et motive le sacrifice et en somme offre le salut. J'aimerais, M. Sweign, que nous dirigions notre réflexion dans ce sens.

S. S. : La famille-armée de confession psycho-batave, nous tenons enfin le nom générique pour désigner ceux qui seront sauvés. Alors Sonny Flaherty, Wayne Proctor, James Knight, parce qu'ils sont turgides d'une même sève symbolique, ont pourchassé en régiments épars et aveugles les grâces souveraines du psycho-batave.

L. : (...)

P. : nous posons la question. Que faut-il pour jouer psycho-batave, si c'est là la condition pour entrer dans les rangs d'une famille-armée et ainsi obtenir le salut ? Je propose un premier élément de réponse qui serait le tamburine-beat insatiable, forme achevée de la pulsation du désir.

S.S. : du désir délivré d'assouvissement.

P. : un deuxième élément consisterait en la joie harmonique mesurée, telle que l'a portée à sa perfection The Easybeats, initiée par Roy Orbison, qu'on pourrait par ailleurs rapprocher, sans les confondre, de la délivrance harmonique replète de The Beach Boys, formation italo-américaine, et non psycho-batave. J'avance enfin un troisième élément qui est l'indépassable concision, où frémit le sentiment en même temps que la ferveur mélodique s'y fait jour.

S.S. : ce sont là pierres de touche d'un bâtiment merveilleux que l'esprit ne saurait embrasser dans son entier mais que vous et moi, Poire, pouvons décrire intuitivement, au moins en partie. Le psycho-batave comporte de si nombreux aspects que nous en donnons seulement les plus saillants. A nous d'en identifier le plus possible, afin de dresser un jour les Tables faramineuses du Psycho-batave.

L. : vous avez parlé de Pierre de Touche, ça m'a tout l'air d'être un sacré pédé progressif, celui-là.


Par Sa Majesté JEANPOP II - Publié dans : Centre d'études psycho-bataves - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire

Samedi 12 février 2005 6 12 /02 /2005 00:00

 

 

1)      Afin d’asseoir votre réputation d’esprit libre, vous devez jeter un disque par la fenêtre. Lequel choisissez-vous ?

  1. a.   un disque de Nick Drake
  2. b.      un disque de The Velvet Underground
  3. c.   un disque de The Joy Division
  4. d.   un disque de The Smiths

      2)      Laquelle de ces années a vu naître le plus de disques émouvants :

    a. 1964

    b. 1966

    c. 1967

    d. 1969

 

3) Quel est le centre musical des Etats-Unis ?

   a. Le Midwest

   b. La côte Pacifique

   c. Le Sud

   d. La Nouvelle-Angleterre

 

4) Lequel de ces acteurs possède la démarche la plus élégante?

         a.  Marlon Brando

         b.  George Sanders

         c.  Cary Grant

         d.  John Wayne

 

5) Qu'attendez-vous du cinéma?

  1. a.  La découverte de nouvelles cultures
  2. b.  Un bon scénario
  3. c.  Un casting de prestige autour d'un grand director
  4. d.  La présence d'Emilio Fernandez

 6) Quel est le dernier western?

  1. a.  La prisonnière du désert
  2. b.  Django
  3. c.  Les affameurs
  4. d.  Paris Texas
  5. 7) Quel poète ou romancier désuet vous inspire le plus de sympathie 
  6. a.   Paul Bourget
  7. b.   Catulle Mendès
  8. c.   Pierre Loti
  9. d.   Sully Prudhomme

 8) De qui faites-vous vraiment peu de cas ?

    a. Paul Valéry

    b. Alain Robbe-Grillet

    c. André Gide

    d. André Malraux

 

9)  Choisissez parmi ces titres de la Comédie Humaine :

  1. a.  La Messe de l’athée
  2. b.  Un Drame au bord de la mer
  3. c.  Le Député d’Arcis
  4. d.  Modeste Mignon

      10)  Vous croisez Frank Couderc avec un disque sous le bras :

  1. a.  vous lui proposez de prendre un verre
  2. b.  vous riez ostensiblement
  3. c.  vous lui faites des remontrances
  4. d.  vous le félicitez pour son achat

 11)  Vous voulez vous attirer les bonnes grâces de Jean-Pierre Paul-Poire :

  1. a.  vous le prenez en photo
  2. b.  vous le complimentez sur ses excellentes manières
  3. c.  vous vantez son pouvoir auprès des jeunes
  4. d.  vous risquez une main sur son épaule

 12)  Quel cadeau feriez-vous à Jean Pop 2 ?

  1. a.  votre âme
  2. b.  votre intelligence
  3. c.  votre vertu
  4. d.  votre dignité

 13)  Qui est le plus beau des Greeks ?

  1. a.  Blaizopoulos
  2. b.  Jeangopoulos
  3. c.  Prozakis
  4. d.  Sorakis

 Et maintenant, additionnez vos points de la manière suivante :

1)      4/3/1/2 (soit 4 si vous avez répondu a., 3 si vous avez répondu b., 1 si vous avez répondu c., etc.)

2)      3/4/2/1

3)      2/1/4/3

4)      1/3/4/2

5)      1/2/3/4

6)      3/4/2/1

7)      3/1/4/2

8)      4/3/2/1

9)      1/3/2/4

10)  3/4/2/1

11)  4/2/1/3

12)  2/3/1/4

13)  3/2/1/4

 

  De 13 à 22 points : Vous êtes un Pédé Progressif. Forcément anti-américain, vous trouvez des vertus à tout ce qui transpire la prétention comme le jazz, le théâtre et les cimetières. Vous aimez vous habiller en noir pour mieux lancer des mines mélancoliques. Déjà adolescent, vous preniez à cœur le fait d’être athée et vous intéressiez, pour la parade, aux déviances et perversions. En grandissant, vous vous êtes découvert une passion pour l’abstract hip-hop, tribut que vous estimez suffisant pour la musique noire que vous n’aimez d’ailleurs pas tellement mais dont vous reconnaissez de manière académique l’ascendant. Féru de Tolkien et de Radiohead, dont vous admirez l’intégrité et le sérieux, vous ne cachez pas une certaine sympathie pour les musiques du monde, à l’image de Damon Albarn, cet homme exemplaire qui a beaucoup mûri ces derniers temps.

 

De 23 à 32 points : vous êtes un Vieux Loup. Avant tout soucieux de préserver la flamme de votre jeunesse, vous n’avez rien renié de ce que vous écoutiez lorsque vous aviez 15 ans. Excellent choix, qui vous permettra d’être toujours en phase pendant les périodes de réhabilitation ! Ainsi vous pouvez être amené à défendre les grands classiques avec pour seul argument que là, l’histoire du rock s’est faite, les Stouge et les Stone, le Five et le Zep, putain c’était grand, et dans un élan charitable, vous portez haut le flambeau de votre musique en soutenant unanimement tous les jeunes groupes qui donnent tout sur scène, parce que, comme vous aimez à le répéter, le punk, c’est avant tout un état d’esprit.

 

De 33 à 42 points : vous êtes un Italo-Américain. Amateur de musique suave, de bonne compagnie et de drames sentimentaux, vous ne croyez qu’en l’éternité du bon goût et refusez de comprendre que la beauté ne puisse pas soulever tous les cœurs. Peu porté sur les querelles d’idées, méfiant à l’égard des théories, vous abhorrez l’excitation et l’énergie, et prisez le luxe et l’élégance. Dans vos mauvais jours, l’aspect réactionnaire de votre personnalité fait surface et vous empêche de communiquer avec vos semblables. On peut vous reprocher un manque d’allant, une tendance à la pose, mais vous n’en avez cure tant tout ce qui importe à vos yeux est la parfaite réalisation de soi-même sur le plan de l’art.

 

De 43 à 52 points : vous êtes un Psycho-Batave. De tempérament pythique, vous jugez et annoncez d’après des critères absolus que vous seul maîtrisez. L’originalité de votre vision indigne ou surprend : elle ne reçoit jamais d’accueil maussade. Vous pouvez lier par la force de votre esprit quantité de phénomènes que d’aucuns jugent étrangers les uns aux autres. Vous suscitez le désir chez les femmes de tout âge et de tous les âges. Vous alliez le Rythme, la Mélodie et l’Harmonie. Cet excès d’invention paralyse parfois le geste et c’est à grand peine que vous pouvez formuler ce que les Dieux vous ont dévoilé. Inapte à toute sociabilité, qui vous affaiblirait de toute façon, vous nourrissez un goût particulier pour le Pouvoir.


Par JEANPOP II JEANPOP II - Publié dans : Centre d'études psycho-bataves - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Vendredi 17 décembre 2004 5 17 /12 /2004 00:00

Jeanpop2 et les relations entre sexes

 

Dans ce deuxième volet, la doctrine sexuelle, sentimentale et domestique de Jean Pop 2 fut abordée et discutée dans ses plus secrets replis. Comme précédemment, la tentation est grande de rabaisser cette doctrine à un traditionnalisme moribond, mais il apparaît très vite que ses dimensions et enjeux sont multiples, et réclament une classification ferme.

 

L. : Couderc me suggérait que Jean Pop 2, s'il était au fait des méthodes contraceptives et des maladies vénériennes, n'en perpétuait pas moins une pensée du sexe idéaliste et irresponsable.

B. : Le sexe ne constitue qu'une faible part de cette pensée, et je souhaiterais qu'au préalable, nous en présentions les axes principaux.

P. : Pour m'être longtemps penché sur le problème, j'en distingue trois dont l'importance s'avère égale dans le système entier. Le premier axe, qui inscrit Jean Pop 2 à la fois dans une filiation sensible de type Samuel Richardson et dans une filiation romantique doublement représentée par Maturin et André Breton, est l'axe du sentiment. Emerveillement pudique, aux frontières de la magie.

B. : C'est, je crois, dans ce cadre que d'une part, The Dovers, et d'autre part, The Music Machine, jouent un rôle de référent. Il n'est pas rare d'entendre Jean Pop 2 louer la beauté d'une femme en la comparant à une chanson de The Dovers. Que veut-il dire par là ?

C. : Jean Pop 2 dissimule mal sa tendance au satyrianisme.

P. : Au-delà d'une technique de séduction, il faut saisir la qualité solaire, hölderlinienne, de cet amour. De là une constellation comprenant Marvin Gaye, Dennis Wilson et Roy Orbison. Comme la musique, la beauté d'une femme est immatérielle ; la blancheur d'un sentiment pur s'y reflète et ressort grandie, finalement et de manière paradoxale -car je vous rappelle que la beauté n'existe pas- de son propre pouvoir d'auto-exaltation. D'où l'ivresse et le pathétique de cet amour, lorsqu'il s'aperçoit qu'il est issu de lui-même.

C. : Vous êtes en train de nous expliquer que cet amour pourrait naître d'un tas de fumier, pourvu que l'esprit s'y concentre suffisamment.

B. : C'est évidemment une lacune, mais j'y vois le terrible lot d'inconscience propre à chaque amour. En revanche, je comprends fort peu ce qui rattache cette conception romantique du sentiment à l'austérité des principes domestiques de Jean Pop 2.

MM.Poire et Lesec

P. : Si vous m'autorisez à développer ce qui est le deuxième axe, c'est-à-dire la conjugalité, je m'empresserais de préciser que toute la pensée de Jean Pop 2, visant à l'équilibre, cherche à compenser ses aspects déréglés par une rigueur quelque peu maniaque dans d'autres domaines. Gardez à l'esprit que Jean Pop 2 ne soucie pas de s'élever au dessus de l'humanité, mais qu'au contraire, il en exprime le suc. Alors, son approche quasi piétiste de la conjugalité s'explique.

L. : Piétiste ? Qui est Pié ? Cela m'évoque un chef cambodgien...

B. : ...

P. : La dévotion de Jean Pop 2 pour Slim Whitman ou James Stewart a créé chez lui un attachement pour les valeurs pérennes de fidélité, d'éducation, de modestie et de propreté. Deux êtres, que Dieu a réunis, doivent ensemble aller au bout de la route, et il n'est nulle maladie, nul conflit, nulle dispute susceptibles de défaire le lien divin. Comme l'écrit Jean Pop 2, le foyer sera le gardien de ton âme. Les media gauchistes, fémino-homoïstes ont durement reproché à Jean Pop 2 de laisser libre cours à la tyrannie domestique. C'est oublier que Jean Pop 2 compte parmi ses chansons favorites "Stand By Your Man" et qu'il serait le premier à fusiller les maris qui battent leur femme.

B. : Ne pas penser que la vie du foyer nuise à l'épanouissement personnel. C'est une vision naïve, qu'il serait facile de démonter.

C. : Le foyer, c'est également là qu'on s'accouple, non ?

P. : Tout à fait, c'est le troisième axe. Le sexe.

L. : Oui ?

P. : Là encore, plutôt que souscrire au discours dominant qui veut faire du sexe une fête permanente et décontractée, sans non plus reconnaître la vision froide et avilissante des Décadents, Jean Pop 2 poursuit dans une voie originale. La référence aux Jay-Jays est ici fondamentale puisqu'à elle seule, la chanson "I Keep Tryin'" a permis à JeanPop 2 d'envisager une praxis inédite du sexe, qu'il a baptisée le Jeu de l'Ombre et de la Proie, ou l'Art de la Traque Psycho-Batave.

C. : Est-il besoin d'entourer le sexe de concepts si fantomatiques ? Jean Pop 2 copule comme vous et moi, j'imagine. Il a donc une idée de ce qu'est une décharge d'énergie sexuelle !

P. : Ses pratiques restent un mystère. Il est néanmoins admis que la doctrine sexuelle de Jean Pop 2 relève plus ou moins de la mystique, d'un niveau de conscience accrue. Peut-être est-il malaisé d'en parler en termes discursifs.

L. : C'est une affaire privée, c'est entendu, mais ça doit quand même être du joli.


Par collectif - Publié dans : Centre d'études psycho-bataves - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

Lundi 13 décembre 2004 1 13 /12 /2004 00:00

Jeanpop2 et les peuples du monde

Ont participé à ce colloque:

     - M. Poire, consiliere de Jeanpop2

     - M. Couderc, historien de la vie privée

     - M. Lesec, biographe de M. Couderc

     - M. Becquerel, spécialiste des écrits intimes

L'enjeu de cette première discussion est de définir le rapport de Jeanpop2 aux civilisations terrestres : s'agit-il d'un humanitarisme, d'un néo-colonialisme ou d'une attitude nouvelle offrant des perspectives heureuses pour l'humanité de demain?

MM. Poire et Couderc

P. : L'intérêt de Jean Pop 2 pour les cultures indigènes est déjà ancien et ne s'est jamais démenti au cours des années. Je peux même ajouter qu'il s'est raffiné au contact d'autres visions et de ses nombreuses amitiés dans la famille des chercheurs. La curiosité de ses jeunes années a mué non pas en un encyclopédisme essoufflé mais en un enthousiasme critique, toujours prêt à combattre ses propres certitudes.

 

C. : Certitudes ? Quelles sont-elles au juste ? Je ne parviens pas à mettre la main sur un concept viable, sur une théorie, qui émergerait de la logorrhée de Jean Pop 2. L'amour lointain pour les indigènes ne sufit pas à constituer une pensée et trop souvent, le discours de Jean Pop 2 rappelle celui des philanthropes bourgeois du siècle passé.

 

L. : Couderc ne se trompe pas lorsqu'il affirme que la doctrine de Jean Pop 2 peine à trouver une formulation nette.

 

P. : Il serait pourtant aisé de ramasser en un tout cohérent les idées éparses de Jean Pop 2. Mais le faut-il ? Demande-t-on à Kafka d'achever ses romans ? La fragmentation du discours de Jean Pop 2 répond à une nécéssité interne d'infinitude. C'est le contraire d'un système oppressif. Revenons, je vous prie, à la question de départ.

 

C. : Feriez-vous un lien entre cette pratique du discontinu et la vocation planétaire de Jean Pop 2 ? Si tel est le cas, l'idée de monde semble exclue et l'humanité vue par Jean Pop 2 se résume à un patchwork pittoresque, où, au lieu de creuser notre sillon commun, il s'agirait de favoriser nos écarts et nos petites manies nationales.

 

L. : C'est précisément là que le bât blesse.

 

MM. Poire et Becquerel

B. : J'ai été ému par l'attachement de Jean Pop 2 au peuple turc, au moment où celui-ci traverse une douloureuse phase d'intégration au processus européen. Ce genre de solidarité, esthétique et au-delà, est très peu ressenti par nos contemporains. Diffuser The Mogollar ou encore Erkin Koray, c'est non seulement être au coeur du charme oriental mais aussi prôner une réconciliation inter-culturelle.

 

P. : Le cas turc n'est pas isolé dans l'entreprise intellectuelle de Jean Pop 2. Je vous remercie, Becquerel, de l'avoir mentionné. En fait, la Grèce, l'Uruguay et Singapour ont été l'objet de minutieuses recherches de la part de Jean Pop 2, et il apparaît que ces trois pays que je viens de citer affichent une santé morale et économique radieuse. Le passage radiophonique a donc bien été salutaire dans les trois cas. Jean Pop 2, Medicine-Man ?

 

C. : Oui, sans doute, mais ses interventions, si décisives soient-elles, restent spontanées et non soutenues par un système. Si le coup de coeur prévaut, des peuples esthétiquement disgracieux resteront ignorés de cette action bénéfique.

 

L. : Hélas.

 

B. : "Il faut mériter, par sa musique et son style vestimentaire, d'être distingué par la main de Dieu" Saint-Just. 

 

P. : Oui, l'action de Jean Pop 2 ne se réalise que sous certaines conditions. Mais le temps, fertile en résurrections, permettra peut-être une extension de cette action, et nous disposerons alors d'une doctrine complète, que je sais d'avance novatrice et singulière. C'est néanmoins le fragment et sa résonnance moderne que je vous demande pour l'heure de méditer.

*****


Par JEAN POP II - Publié dans : Centre d'études psycho-bataves - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

VYSITORS

Rechercher

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés