Lundi 3 mars 2008

Feel

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The Beach Boys "Feel flows"
Neighborhood Children "Feeling zero"
Yesterday's Children " Feelings"
Excentrics "Hold me tight"
Vejtables "Feel the music"
The Rationals "Feelin lost"
Greg Anderson "I feel good"
Derek's Accent "Ain't got no feeling"
The Bristol Boxkite "I'm feeling good"
Sam & Bill "I feel like cryin"
Little Hank
Joe Hicks "Don't it make you feel funky"
Nooky Boy
Good Feelins "Shattered"
King James & The Royal Jesters "I get a feeling"
Dean Ford & the Gaylords "That lonely feeling"
The Jaggers "Feel so good"
The Poor "Feelin' down"
Mark Eric "Sad is the way that I feel"
The Cryin' Shames "Feels like loving"
One Of Hours "Feel the pain"
Jackie Wilson
Felice Taylor "I can feel your love"
The Bush "Feeling sad & lonely"
Alligators "I feel like crying"
Vikings "Cherish the love you feel"



Think

The Meters "Thinking"
Front Page News "Thoughts"
Harbinger complex "I think I'm down"
The Dan-Dees "Think about it"
The Noblemen "She still thinks that I love her"
The Young Entreprise "Think I'm gonna make it"
Free Thinkers "You were born for me"
Paul Bearer & The Hearsemen "I've been thinking"
The Checkmates International "Thinking about you"
George Wallace Junior "Think"
The Thoughts "All night stand"
The Smoke "Gold is the colour of thought"
New Colony Six "Don't you think it's time you stop your cryin"
Jake Holmes "Think I'm being had"
Bobby Fuller Four "Think it over"
The Byrds "Thoughts and words"
Buffalo Springfield "Sit down I think I love you"
The Chosen Few "I think it's time"
Mr Clean & The Cleansers "Think !"
Chelsea Sidecar "Thinking of you"
Pleasure Seekers "Never thought you'd leave me"
Ugly Ducklings "That's just the thought that I had in my mind"
Bubble Puppy "Thinking about thinking" 


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Vendredi 22 février 2008

            Maîtres et Petits-Maîtres, la dualité, malgré ce qu’elle suggère, ne souffre aucun déséquilibre, mais indique à la fois une différence dans le rayonnement, et une différence dans les buts poursuivis. Ceux que nous appelons Maîtres jouissent d’une invention massive et ininterrompue, se dotent d’un langage inouï, qui est davantage qu’une signature, et lèguent des formules telles qu’elles bâtissent des empires. Au contraire, les Petits Maîtres oeuvrent dans la discontinuité ou bien frappent dans l’instant, créent un langage diffus, à la confluence de beaucoup d’autres, quoique singulier, et n’engendrent aucune postérité, du moins pas chez les créateurs. De fait, le culte d’initiés, celui qui n’oublie jamais de se défier des cultes plus attendus, ce culte-là n’est voué qu’aux seuls Petits-Maîtres. Quant aux fins recherchées par Maîtres et Petits-Maîtres, elles sont, pour les premiers, d’une nature artistique, c’est-à-dire combinant l’esthétique et l’industriel, en ce sens qu’une passion particulière conduit certains tempéraments à multiplier, systématiser, faire proliférer leur invention : le délire romanesque de Balzac, qui édifie la Comédie Humaine/le délire mélodique de Smokey Robinson, qui  génère Motown. Ces mêmes fins, pour les seconds, revêtent un caractère plus égoïste, romantique dirait-on. Chaque Petit-Maître a toujours traversé les époques en livrant des extraits de sa classe, quand bien même le Petit-Maître se serait promptement effacé. On les voit surgir, jamais affiliés et pourtant jamais étrangers non plus, capables de coups stylistiques et d’opportunismes, d’un éclectisme docte et mesuré, d’une singularité idéale, de celles qui ne passent pas pour de la bouffonnerie. Et néanmoins, on ne sait au juste comment les qualifier. Don Covay et Bobby Womack comptent parmi les Petits-Maîtres les plus emblématiques de la musique américaine. Tous deux se distinguent de leurs homologues par leur raffinement mélodique, la richesse de leur interprétation, l’intérêt qu’ils portent aux arrangements, et cela suffit à nous faire considérer l’attribution des mérites. Mais tous deux ont également suivi l’inclination de leur cœur, comme ils le rappellent très justement dans certaines de leurs chansons. On ne doit pas rire de semblables protestations : loin d’être naïves, elles nous font entendre la voix du Petit-Maître, et l’énoncé de sa vocation, celle d’une individualité farouche et inquiète, à la différence du Maître, dédié à l’universel. Toutefois, dans son long et versatile parcours, le Petit-Maître réalise la promesse du Célibataire, qui a fait de son absence de liens la condition d’un langage libéré, quelque chose de suavement unique et inspiré. Ainsi, on en vient à reprendre les hymnes des Petits-Maîtres, parce que rien n’y signale avec autorité l’appartenance à telle école musicale, et parce que l’individualité avance en toute séduction. Nos lecteurs sont ici tenus en assez haute estime pour qu’on les dispense de se laisser rappeler les noms des contributions historiques de Bobby Womack et de Don Covay aux répertoires des Rolling Stones et des Remains. Précisons que dans les deux cas, le rhythm’n’blues y est délicatement parcouru d’influences qui ne le rendent ni orthodoxe ni méconnaissable : l’alchimie vaporeuse du Petit-Maître.

            Different Strokes For Different Folks (1971) reste bien entendu une formule opportuniste, pleine d'un bon sens rassis et rural, mais elle offre néanmoins une description claire et simple du programme de cet album, et ce, de deux manières : chaque titre diffère en style et en émotion du précédent, chaque titre relève toujours d'une mythologie sudiste campagnarde assez diffuse.

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1. L'Ordonnnateur

            Dans la sémillante Californie où il a fait ses armes, Bobby Womack a été le jouet des courants fantastiques qui ont balayé cet Etat pendant des décennies. Cette furieuse disponibilité qui caractérise notre homme s'augmente du fait que la soul californienne a toujours été sous-exposée, impossible à qualifier, et avare de grands labels conquérants. L'Etat compte bien son lot de personnalités intéressantes, mais rien qui les rassemble en un front uni et dominateur comme ce fut le cas dans le Tennessee et dans le Michigan. Un problème d'authenticité s'ensuit, dans un lieu où l'invention est si manifeste et si permanente qu'elle interdit les vieux empires et favorise les tyrannies intenses. C'est l'anti-tradition et la nature si originale de l'industrie californienne qu'elle ne préserve que ses structures et renouvelle toujours son contenu. Ce qui demeure inentamé ne consiste pas en une forme musicale spécifique, mais en un pouvoir de régénération. De fait, il n'y a rien de mineur ou de bâclé en Californie, mais une confiance et une lumière qui font le soin et la tranquillité de ses productions. Au milieu d'elles, cependant : des individus instables.

            Bobby Womack a respiré l'air californien et l'ether l'a convaincu de s'adonner à tous les genres, avec, chaque fois, cette fameuse prédilection pour le moelleux. Il a été un philadelphien subtil (« That's The Way I Feel About Cha », « Harry Hippie »), un prédicateur érotique (« Somebody Special »), un Isaac Hayes raffiné (« Close To You »), un ami des Blancs songwriters (« Fire & Rain »), un sonneur de charges Northern Soul (« What Is This ? ») et, s'il s'agissait de se réaliser à travers tant d'incarnations, un artificier de proto-disco suave (« I Can Understand It »).

           C'est parce qu'il respirait un air autre, que le théâtre des opérations se trouvait dans un territoire à traditions, un terroir autrement dit, que Don Covay n'est jamais devenu Bobby Womack. Tous deux sont toutefois les Images d'une même Idée, celle du Petit-Maître, du Spectre entièrement couvert et de l'Individualité fusant en toutes directions. Alors Don Covay s'est illustré dans les moods exemplaires de ce Sud nourricier, et pas dans ses manières proprement dites, puisque tout, dans Different Strokes For Different Folks, relève après tout de la soul de 1971. Mais l'inspiration, elle, qui caractérise d'après nous le groupe et le coeur que celui-ci met à l'ouvrage, l'inspiration est typiquement sudiste : rudesse, franchise, poids des passions, moiteur et religiosité contrariée. Egalement, l'intraduisible Gritty, qui apparaît dans le titre « Standing In The Grits Line », alors que le gritty absolu, c'est « Bad Luck » qui le cerne au plus près. Un rythme vicieux, une guimbarde, et le chant qui est ici modèle de morgue, d'animosité et de stupre définissent au mieux le Gritty du Sud. De facture moins rogue, mais tout aussi méchant, « Why Did You Put Your Shoes Under My Bed » fait alterner couplets de l'impatience et refrains aux cuivres pugnaces : la chanson laisse imaginer la danse  du boxeur, prêt à bondir sur votre gorge, c'est une figuration du ring, du pugilat, tout cela afin de souligner une crise conjugale. « Sweet Thang » et « Hitching A Ride » n'existent, elles, que par la liesse qui les porte, chansons endurantes, jouées avec enthousiasme, et relèvent quelque part d'une grosse soul, au sens où l'on parle d'un gros rock seventies, d'infatigables machines à fédérer et à faire se lever les poings. Dans le même ordre, c'est-à-dire la genèse du gros, Don Covay compose des ballades au pathos colossal : « Daddy, Please Don't Go Out Tonight » en sus de planter avec réalisme un décor social d'immédiat après-guerre, donne voix à l'enfant qui est le personnage central du pathétique moderne, « In The Sweet Bye & Bye » est un gospel sophistiqué, chanté avec virtuosité, étiré mystérieusement et culminant dans l'incongruité d'une guitare heavy-metal. Il y a du Marshall à fond chez Don Covay. Enfin, le joyau « Stop By » crée sa propre langueur, épaisse, insistante, avec sa suite d'accords européens, la bienheureuse suspension où Don murmure « Come here » et la floraison étourdissante des voix, technique reprise par Marvin Gaye dans l'album Let's Get It On, figure  évidente du désir qui, si on le brime là où il apparaît d'abord, ressurgit aussitôt en un autre endroit, puis multiplie ses apparitions, submergeant et finalement omniprésent. « Standing In The Grits Line », « Ain't Nothing A Young Girl Can Do » et « If There's A Will, There's A Way » forment une trinité McWellback : la subtilité, le savoir-faire rythmique et mélodique de leur auteur, sa capacité, surtout dans le cas des deux dernières, à écrire des airs mémorables et exactement construits s'y vérifie mieux qu'ailleurs. Lenteur du pas, groove âgé, parfum rustique (pour « Ain't Nothing... »), Don Covay sait mesurer son excitation. Nous retenons spécialement pour ce qu'elle présente de très womackien le ravageur « If There's A Will, There's A Way ». Quelque chose de sinistre et de ricaneur conclue l'album, « What's In The Headlines », sombre petite complainte dans laquelle Don Covay envisage avec humour l'obscurité de son propre trépas ; plus de batterie, mais un banjo ou ce qui ressemble à un banjo, un kazou, des rires de femmes. Cette plaisanterie funèbre ne laisse pas d'intriguer, surtout ainsi placée en bout d'album. Ce qui nous séduit est que l'air renoue avec une sensibilité très ancienne, fataliste et débonnaire à la fois, qui fut celle des bluesmen du Delta dans les années 1920/30.


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  1. Le Marais

             Ah, ah, ah, ah, ah. Le CEPB s'entiche de blues, pour n'en rien dire de très neuf d'ailleurs. Le Sud de Don Covay appartient aux hommes forts et dessalés qui ont joué le blues, mon pote. Un Sud plus essentiel que celui de Stax ou d'Allen Toussaint. Mais nous nous étonnons de constater que les albums soul inspirés du blues soient somme toute peu nombreux, et encore, le tribut n'étant jamais musical, nous limiterons cette inspiration à une certaine imagerie, composée de motifs louches et dangereux, chantés jusqu'à nos jours par les vieilles carnes de Fat Possum. Et à une certaine attitude des musiciens : un jeu puissant et sans ambages, éloigné de la précision, de la finesse et de la suavité de la soul music. Malgré ce qui a été dit plus haut , on ne peut s'empêcher de penser que, regardant les choses par un autre angle, Don Covay trahit tout aussi bien qu'il les honore, les principales lignes de force de la soul sudiste : sa saveur agreste, sa religiosité, et l'éventuelle excentricité, chez Allen Toussaint, par exemple, cette excentricité tempérée par le code du gentilhomme. Il existe dans l'ombre de l'Ordonnateur, un Mécréant. En Don Covay persiste un mauvais sujet, qui, comme il le chante dans « Bad Luck », a joué et perdu sa femme lors d'une partie de dés, ou bien de cartes. L'album, certes, atteste d'une vie urbaine et séculaire, et néanmoins, on devine la cabane aux débauches, l'établissement aux liqueurs, toute une compagnie d'individus féroces, des forêts ou des marais, ceux dont la geste a été rapportée dans les livres de William Faulkner. Dans un récit, il y avait Oncle Buck et Oncle Buddy, de la famille McCaslin, et l'un d'eux, les deux peut-être, absents de la maison et de la civilisation, jouaient leurs esclaves aux cartes, au coeur des marais. Cette violence nourrit dans nos rêves le dédain misogyne de « Why Don't You Put Your Shoes Under My Bed », le portrait du Père volage et déserteur de « Daddy, Please Don't Go Out Tonight », la claudication lente et éméchée du turpide « Standing In The Grits Line », et bien sûr, le presque trop éloquent « Bad Luck ».

            Laissons-là cet exercice de pesée d'un Inconscient et de son Imaginaire, ou plutôt invitons le voyant Sweign à le poursuivre. Car Don Covay l'affirme : peu de gens lisent les « small prints » (« What's In The Headlines »).


Don Covay - Bad Luck

Don Covay - Stop by

Don Covay - Why did you put your shoes under my bed

Don Covay - What's in the headlines


Par Abdul Brut-Al-Moummouth - Publié dans : Essais épars - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Mardi 12 février 2008

No future l_127ba98f8befe6dbced697e51ed89a01.jpg



De grandes vérités restent à être dites. C'est tout le poid de l'espoir qu'il reste au CEPB. Et inversement.


Buddy Holly "It's too late"
The Cords "Too late to kiss you now"
Galaboochees "It will never work out"
End "Bad night"
Living Ends "Self-centered girl"
We The People "Beginning of the end"
The Pedestrians "It's too late"
The Hydraulic Raisins "The end"
The Scavengers "It's over"
The Epics "Too late"
Living End "Brigitta"
The Endd "Out of my hands"
Evil "I know I'll die"
The Living Children "Now it's over"
Ben E. King "It's all over"
Betty Harris "I can't last much longer"
Jimmy Fraser "Of hopes & dreams & tombstones"
Art Neville "Too late"
Bert Sommer "And when it's over"
MG & the Escorts "It's too late"
West Coast Pop Art Experimental Band "Endless night"
Bergen White "It's over now"
The Other Side Of Time "This is the end"
Six Deep "Girl it's over"
The Brimstones "It's all over now but the crying"
The Dearly Beloved "It's all over"
The Music Machine "Point of no return"

Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Mardi 12 février 2008

Pacific Ocean Red

Download it here !!!

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Dennis Wilson Speaks

Darius - Dawn

Chris Lucey - Girl from Vernon Mountain

Goldebriars - Haïku

The Byrds - Everybody's been burned

Now - Deja Vu

The Millenium - Karmic Dream Sequence

Ashes - Dark on you

Jackie De Shannon - Come and stay with me

Eighth Day - Building with a steeple

Something Else - Let me say now love

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Novas - Whenever you're ready

Madhatters - You may see me cry

Journey Men - Short and sweet

Chessmen - Running wild

The Moon - Life is a season

Yankee Dollar - Live and let live

Horses - Birdie in a cage

The Poor - Come back baby

Mark Eric - Move with the dawn

Stone Country - Everywhere I turn

Saturday's Photograph - Summer never go away

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Par Jeanpop2 - Publié dans : Mixes - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

Lundi 4 février 2008

 

Optimisme
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Pour cette nouvelle émission proche d'une idée Mazdéenne de la perfection, Sred Sweign déploya son sourire et son éloquence nonchalamment byzantine comme jamais, et nous l'en remercions.

The Pharaohs "Heads up, high hopes over you"
Jaguars "It's gonna be alright"
The Sons Of Adam "Tomorrow's gonna be another day"
Sound Track "I see the light"
Harbinger Complex "Tomorrow's soul sound"
Hardtimes "There'll be a time"
Tommy Jay "Springtime's coming"
The Off-Set "A change is gonna come"
Paul Revere & The Raiders "There's always tomorrow"
Marvin Gaye "Seek and you shall find"
Melvin Davis "Save it (never too late)"
The Autographs "I can do it"
The Soulville All-Stars "I'm gonna get to you"
The Ghools "It will be fine"
The Riots "I can go on"
Four Of Us "You're gonna be mine"
Kenny & The Kasuals "I'm gonna make it"
The Blueberries "It's gonna work out fine"
Shel Naylor "One fine day"
The Syndicats "On the horizon"
New Hopes "I found a love"
The Aerovons "Everything's alright"
Hope "Green house"
Fargo "Promises of love"
Freddie Allen "We've only just begun"
Bob Dylan & The Band "I shall be released"

 


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Mardi 29 janvier 2008

Par cet ignoble individu :
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Pendons-le par l'appareil génital

En écoutant The Talismen

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The Talismen - I know a girl


Par Youssouf Sweign - Publié dans : playlists - Voir les 5 commentaires - Ecrire un commentaire

Vendredi 25 janvier 2008
Il est dressé procès-verbal des délibérations eu égard à l’attribution du titre
de membre honoraire de la liste du PAT par le Conseil Psycho-Batave. 
La loi Psycho-batave en fixe le contenu minimal. Par le biais de son règlement
d'ordre intime, le Conseil peut prévoir un contenu plus large. 
Le procès-verbal reprend dans le désordre :
 
tous les objets mis en discussion; 
la liste non exhaustive de l’attribution de membres honoraires du PAT 
la suite réservée à tous les points pour lesquels le Conseil n’a pas pris de
décision. 
Il doit reproduire clairement et de manière funky, toutes les décisions mais il
ne doit pas retranscrire les discussions dans leur intégralité.  
La rédaction du procès-verbal incombe au Secrétaire communal Psycho-batave (art.
108) 
Il est normalement donné lecture en chanson du procès-verbal de la séance
précédente à l'ouverture de chaque séance (art. 89), sauf stipulation contraire
du règlement d'ordre intime.
 
Le procès-verbal de la réunion précédente du Conseil communal est mis à la
disposition des Conseillers communaux 7 jours francs au moins avant le jour de
la séance (art. 89). Durant toute la réunion suivant celle à laquelle le PV se
rapporte, les Conseillers communaux peuvent formuler des observations quant à sa
rédaction, mais également chevaucher en charmante compagnie. Ces observations
doivent faire l'objet d'un vote; si elles sont adoptées, le Secrétaire communal
PB présente séance tenante ou, au plus tard lors de la prochaine réunion,
éventuellement dans la quinzaine si l’oubli est le fait de quelque plante
psychotrope, un nouveau texte conforme à la décision du Conseil PB. Si cette
réunion se déroule sans observations ni hématomes, le procès-verbal est
considéré comme approuvé.
 
Chaque fois que le Conseil PB le juge convenable, le procès-verbal est rédigé
séance tenante, en tout ou en partie, et signé par les Conseillers communaux
présents, en présence d’un groupe de bal perruqué et postiché interprétant
bruyamment le répertoire de Byrds période 1965-1966 (art. 89).
 
Après son approbation, le procès-verbal des réunions du Conseil PB est transcrit
à la plume dans un registre par le Secrétaire communal. Le procès-verbal
transcrit des réunions du Conseil PB est signé par le Bourgmestre et par le
Secrétaire communal; cette signature doit intervenir dans le mois qui suit la
réunion du Conseil communal à l'issue de laquelle le PV a été considéré comme
approuvé.
EXTRAIT :  
-       Attendu que, suite à la séance plénière du Conseil PB 2007, la liste
soit communiquée de manière non exhaustive 
-       Attendu que, la rédaction de la susdite liste fut sujette à des houleux
débats au sein du conseil PB  
-       Attendu que, d’autre part, l’apparition de contrefaçon du PAT fut
clairement établie et démontrée par Me Blaizard, dans notamment le show-business
et la restauration de type pizzeria 
-       Attendu que, finalement le Conseil PB n’a pas excédé ses prérogatives
dans l’attribution de la fumante liste
  
Par ces motifs, la liste est telle que :
 
1/ Paul Hogan, Australian actor 
2/ Jean Casimir-Périer, French Président 
3/ Vernon Dalhart, American Vocalist
4/ Serge Falconi, Corsican Fireman
Se voient attribuée la qualité de détenteur du PAT © à vie.

Par Jean Gopoulos - Publié dans : Centre d'études psycho-bataves - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire

Lundi 21 janvier 2008

Aquarelle
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Superbe émission où tous motifs s'enlacèrent à l'infini comme dans une marine de Turner, avant de tout ramener sur terre la semaine prochaine. Oui, le courage ne se consomme pas, il s'épuise.

Noforonin-Dratsiambakaina, Hirain-Drazaivelo & Christine Zanany "Miverena Rahavana"
Bobby Fuller "Don't ever let me know"
Jackie De Shannon "Come and stay with me"
The Band "You don't come through"
Joe & Bing "Daydream"
Gaunga Dyns "Clouds don't shine"
Tresa Leigh "Until then"
Sounds Of Night "Sorrow"
The Noblemen 4 "I can hear raindrops"
Marvin L. Sims "Danger"
The Rubaiyats "Tomorrow"
Van Dykes "No man is an island"
Curtis Mayfield "To be invisible"
Hard Times "Take a look around"
The Pretty Things "Can't stand the pain"
The Dynamics "I'll be standing there"
The Unknowns "The modern era"
The Instincts "No no no"
St Petersbourg Paradox "Where she's gone"
The Rising Storm "Mr Wind"
I Kings "La bussola"
The Renegades "Tell me what to say"
The Poets "I'll cry with the moon"
The Flamingos "I only have eyes for you"
Dennis Wilson "Lady"


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Mardi 15 janvier 2008

Histoire

Culture, élégance, lyrisme, grandeur d'âme. Malgré le retard éhonté d'un Sweign assoupi, YEAH.

The Lincoln's "We got some"

Paul Revere & The Raiders "Get it on"

The Yankee Dollar "Reflections of a shattered man"

The Five Americans "Western Union"

The Search "Mr Custer"

October Country "Cowboys and indians"

Kiria Crucible "The Salem witch trial"

P-Nut Butter "Conquistador"

July Four "Frightened little girl"

George Jackson "Don't use me"

Gino Washington "Rat race"

Roosevelt Grier "C'mon cupid"

Clarence Carter "I'd rather go blind"

The Band "The night they drove old dixie down"

Tim Hardin "Shiloh town"

Marvin Gaye "Abraham, Martin & John"

Centurys "So the prophets say"

We The People "Declaration of independence"

The Kinks "M. Churchill says"

The Troggs "Night of the long grass"

The Lincoln's "You can't come round anymore"

Jim Carter & Senators "Society"

John Brown's Bodies "Out my mind"

Disraeli "Say you love me" 


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Samedi 12 janvier 2008

Par Jeanpop2 - Publié dans : Mixes - Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire

Jeudi 10 janvier 2008

Propos recueillis et traduits par Uder Mermouch

Michael Yonkers, né en 1947 à Minneapolis-MN, vit et travaille à Saint Paul-MN.

Uder Mermouch: Vous étiez un jeune adolescent au début des années 60, que pouvez-vous nous dire de cette époque?

Michael Yonkers: C’était une époque où les «vents du changement soufflaient très fort». C’était aussi une époque de grands espoirs. Je me souviens du sentiment que j’avais d’être convaincu qu’à l’époque si les gens rencontraient des problèmes, ils cherchaient à les comprendre et ça suffisait à les résoudre... maintenant, quarante ans après... tout me semble à peu près pareil, mais en bien pire. Au delà des évidences, ce qui me frappe le plus c’est combien se déplacer est devenu difficile. Que ce soit en voiture, en avion etc., tout peut aller plus vite... mais il me semble que ça prend toujours plus de temps. Autre chose, à l’époque si je voulais emporter de la musique à l’extérieur, je n’avais qu’à emporter une lourde boîte de la taille d’une valise et quelques vinyles, à l’intérieur de cette boîte se trouvait une platine portative, le son sortait par une corne directement reliée par le bras à la tête de lecture.

Vous intéressiez-vous déjà à la musique? Pouvez-vous nous dire quand et comment vous y êtes vous intéressé, vos premiers enthousiasmes?

Ma mère m’a raconté que dès ma plus tendre enfance elle se souvient m’avoir vu enthousiasmé par la musique. Mon premier vrai «appel» ou mon premier «réveil» s’est produit lorsque j’ai entendu les premiers morceaux dits «rock» sur une station FM. Mon père écoutait beaucoup de country, il n’y avait pas vraiment de stations «rock», cette musique commençait à peine à être reconnue et diffusée et là où nous vivions on ne pouvait justement en entendre que sur les stations country. C’est quand j’ai entendu Buddy Holly que je me suis dit «je veux faire ça». Avec l’argent que je reçus pour mon premier petit boulot, je m’achetai un des premiers transistors, une vraie nouveauté à l’époque. Je pouvais le mettre sous mon oreiller et écouter une antenne locale en douce toute la nuit.

Après le lycée, aviez-vous une idée de ce que vous feriez, ou simplement de ce que vous vouliez faire?

J’ai réussi tout juste à avoir mes examens de fin d’études secondaires. Je ne savais pas du tout ce que j’allais faire, même si l’idée de devenir garde forestier m’avait paru assez séduisante. A cause de mes résultats scolaires passables, j’ai dû obtenir une dérogation pour entrer dans un college1. J’y ai suivi une grande variété de cours sans réelle orientation. Lors de ma troisième année j’ai trouvé un boulot dans un magasin de fournitures de musique. La nuit, le patron bossait à des travaux personnels: il s’agissait par exemple de concevoir de gigantesques (pour l’époque) amplis et enceintes.

Il me proposa de l’aider. Ainsi, j’abandonnai plus ou moins les cours pour le suivre dans ses projets. Il m’est difficile de dire combien j’ai appris sur les équipements sonores, le matos en général de cette manière là, ça a été une expérience pivot.

A quoi ressemblait la scène à Minneapolis-Saint Paul au milieu des années 60, y étiez-vous impliqué?

La scène des «Twin cities» était très vivante, vraiment «hot», elle l’est toujours. Mais à l’époque comme aujourd’hui, tu dois «aller» vers cette scène, tu dois être aiguillé par quelque chose pour trouver quoi que ce soit d’intéressant. J’ai joué pour la première fois en public en 1962, donc on peut dire que je faisais partie de cette scène musicale. En 1965 j’avais mon propre groupe Michael Yonkers & the Mumbles qui comprenait quatre membres. Nous étions les seuls à pouvoir jouer nos propres compositions pendant un set de 45 minutes. Fin 1966 un des membre est parti à l’armée, c’est à ce moment là que le groupe est devenu le Michael Yonkers Band. Nous avons composé ce qui allait devenir Microminiature Love. Toute l’année 1967 nous avons joué et répété ces morceaux, puis début 68, nous les avons enregistrés d’une traite en une heure. A cette époque la plupart des spectacles avaient lieu dans des gymnases scolaires. Il n’y avait pas de «premières parties», normalement il n’y avait qu’un groupe par concert qui jouait trois ou quatre sets de 45 minutes, il n’y avait rien entre les sets. Les spectacles les plus importants appelés «top gigs» avaient lieu dans des salles polyvalentes gigantesques, ces endroits étaient vraiment de taille colossale. L’une des grandes différences entre alors et aujourd’hui est que presque tout le monde dansait, tu vois ça d’ici!

Vous êtes célèbre pour votre passion qui consiste à trafiquer, bidouiller, transformer vos instruments et votre équipement, vous avez même été jusqu’à construire un studio qui force le respect dans la cave de vos parents. Quelle vie meniez-vous pendant ces années 1967/69? Fréquentiez-vous encore l’université? C’était une période d’effervescence pour le Michael Yonkers Band, non?

Revenons à l’époque où je commençais à jouer. Il n’y avait ni pédales ni boîtiers d’effets. Tout ce qui existait pour le musicien rock moyen c’était la réverb et le trémolo qu’il y avait sur les amplis. Si tu avais de l’argent, tu pouvais ajouter un magnéto à bandes qui lui aussi possédait un effet d’écho, mais c’était tout. Mon intérêt pour la distorsion est venu de l’écoute de vieux disques de blues dans lesquels le son était complètement modifié par les tous premiers amplis que les types utilisaient. J’ai alors essayé d’obtenir quelque chose de similaire en tailladant au rasoir de vieilles enceintes. Je passais le son sur ces baffles pour certains morceaux. J’ai continué à expérimenter dans ce style jusqu’à ce que j’ai mes premiers équipements électroniques. En 1966 j’arrivais à employer beaucoup de distorsions et autres effets inqualifiables dont je n’étais pas peu fier. J’en étais arrivé à mystifier les autres guitaristes.

J’ai fréquenté l’Université du Minnesota2 de 1965 à 1968 et encore un peu courant 69. Je n’avais vraiment rien en vue... Je laissais venir... Comme je continue à faire. J’avais la chance d’avoir mon propre studio dans la cave, chez mes parents, je pense que pour eux c’était un bon moyen de «garder un oeil sur moi».

Cette période aurait pu être couronnée par la sortie sur le label Sire de Micromiature Love dont l’enregistrement était déjà fait. Ce projet tomba à l’eau, pouvez-vous nous éclairer sur cet échec, comment l’avez-vous vécu?

Il y a pas mal de choses qui ont été dites et écrites là-dessus, je ne peux pas répondre avec certitude. J’étais alors impliqué dans les activités du studio Candy Floss-Dove, Peter Steinberg en était le directeur. Lui et moi nous entendions très bien. Après que j’eu terminé l’enregistrement de Microminiature Love, Peter l’emporta à New York et en Californie, il l’envoya également à de nombreux labels parmi les plus importants et à quelques autres moins connus. Le seul label à être intéressé fut Sire. Les gens de Sire vinrent aux studios Dove pour voir les choses de plus près. Ils offrirent un contrat. Je n’eus pas de contacts directs avec eux, mais quand le contrat arriva sous mes yeux, je le refilai à un avocat pour qu’il y jette un oeil. C’est à partir de là que l’histoire se corse. L’avocat a pris contact avec quelqu’un (au label Sire, aux studios Dove?) et il me rapporta que Sire voulait que je largue le groupe, que j’abandonne l’enregistrement que nous avions fait et que je recommence tout à New York avec des musiciens de studio. Je ne sais toujours pas qui a voulu ça, tout ce que je sais c’est que je ne larguai pas le groupe et que je ne ré-enregistrai pas l’album avec d’autres musiciens. Je ne signai donc pas de contrat et les choses en restèrent là. Si ça c’était passé aujourd’hui, j’aurais personnellement contacté Sire pour demander des éclaircissements.

Après cet échec, qu’est devenu le Michael Yonkers Band? Etes-vous resté seul, avez-vous continué à vous produire en public, qu’avez-vous fait au juste?

Le groupe s’est dissous, ce fut en grande partie dû au fait que l’armée cherchait à m’enrôler pour partir au Vietnam, pendant une année et demie «dans les limbes» j’attendis de voir comment allait tourner cette situation. En raison de cafouillages administratifs, je fus successivement appelé, puis non, puis de nouveau appelé pour finalement ne pas l’être. De toutes façons, durant cette période, je commençais à me produire en solo dans des cabarets, la première partie de mon show était entièrement acoustique et vocale, la deuxième, amplifiée et vocale, la troisième était uniquement constituée de kazoo accompagné de sons électroniques. C’est à cette époque que j’ai rencontré Milo et me suis retrouvé en complète accointance avec lui. Milo est l’un des protagonistes parmi les plus actifs du free jazz, mouvement qui m’attirait beaucoup. Je l’ai beaucoup accompagné dans ses prestations en tant qu’invité, ça a beaucoup contribué à aiguiser mon jeu.

Quelques années plus tard vous avez été victime d’un grave accident dont vous subissez encore les conséquences. A cette époque les traitements pouvaient s’avérer aussi traumatisants que l’accident en lui même, certains examens exploratoires chirurgicaux ont abîmé votre moelle épinière de manière irréversible et vous ont infligé des douleurs dont vous souffrez encore. S’agit-il d’un tournant? Les trente années suivantes de votre vie sont assez intrigantes. Pouvez-vous nous parler de ces décennies 1970/80/90? Comment avez-vous surmonté cet événement? Pouviez-vous jouer sur scène ou ne serait-ce que travailler? Cet événement catastrophique vous aurait-il poussé dans vos retranchements, vous obligeant à mener une vie plus excentrique qu’elle ne l’était?

Je me suis brisé le dos lors d’un accident qui est survenu dans un entrepôt industriel. Plus de 500 kg de ferraille me sont tombés dessus, ma colonne vertébrale a été fracturée en deux endroits. Ca marqua l’arrêt fracassant de tout ce dont j’ai parlé en rapport à la musique. Il est difficile de parler des suites car peu de gens ont entendu parler de l’affection dégénérative «adhesive arachnoiditis» causée par le «pantopaque», un agent contrastant injecté dans l’espace sous arachnoïdien du canal rachidien après qu’une ponction lombaire ait été effectuée, lors d’un examen exploratoire appelé myélographie. J’ai subi deux myélographies au «pantopaque»... et depuis, je n’ai plus jamais été le même. Le «pantopaque» contient un agent chimique si puissant qu’il peut dissoudre le caoutchouc. Il était utilisé dans le but d’obtenir des radiographies lisibles (il n’existait pas encore d’IRM). Les conséquences ont été catastrophiques pour des millions de gens, la douleur est terrible et ne s’arrête pas... Et ce n’est que le début des problèmes. Il me paraissait acquis que je ne jouerai plus jamais en public... à moins qu’un miracle se produise. L’adage selon lequel la solution réside dans le coeur même du problème a gouverné ma vie.

J’en viens maintenant à parler de mes vieilles vidéos, celles, plus d’une centaine, que j’ai mises en ligne sur YouTube3. Elles ne sont en rien «professionnelles». Il s’agit plutôt d’archives documentaires, au fil du temps j’en mettrai d’autres en ligne et au final cela constituera une véritable vidéothèque d’archives sur ma vie pendant ces décennies 1970, 1980 et 1990. Je ne pense pas avoir assez de place ici pour parler en détail de toutes ces années qui ont été très compliquées pour moi. Je préfère en effet laisser parler ces vidéos pour moi. Mais pour faire bref, dans les grandes lignes: 

- années 70: travail en usine et un peu plus tard dans des centres commerciaux,

- années 80: j’ai mon propre magasin (Loonland), j’apprends et pratique la danse (un grand nombre de styles, en particulier la danse moderne et le ballet), je fais aussi le figurant,

- années 90: j’étudie plus précisément la danse moyen-orientale, je travaille aussi dans un élevage d’ovinés,

- ce que j’ai fait invariablement pendant ces trente années: danse moderne et expérimentations sonores.

Etes-vous resté tout ce temps dans votre ville natale? Vous sentez-vous spécialement attaché à Minneapolis-Saint Paul?

J’ai passé du temps dans chacun des Etats de l’Union ainsi qu’en Europe, au Canada et en Australie. Je peux dire honnêtement que je ne me suis jamais retrouvé dans un endroit qui m’ait réellement déplu. Mais je dois dire également que je ne me suis jamais senti poussé à quitter le Minnesota, je m’y sens bien. Le temps est intéressant ici, il y a une amplitude annuelle de température de près de 50°C. J’ai lu quelque part que Minneapolis-Saint Paul a l’un des climat les plus rude de la planète (pour une agglomération de cette taille).Peut-être que je reste ici parce que j’aime souffrir.

Votre investissement sur la scène a dû changer durant cette réclusion. Vous êtes-vous impliqué dans quelques projets d’importance durant ce long chapitre de votre vie?

La musique devint quelque chose d’essentiellement intime. Quelque chose que je faisais aussi totalement seul. J’avais eu cette idée de me filmer le plus possible, je me félicite d’avoir fait ça, d’avoir eu cette approche. De temps à autres je jouais en public... mais c’était plutôt rare. J’ai eu à passer tellement de temps à me soigner pendant toutes ces années, que la musique est passée au second plan. Et je dois dire que c’est toujours un peu comme ça.

La sortie de deux morceaux, Microminiature Love et Killing the Ennemy sur la compilation Unreleased Dove Studio Cuts 1964-69, par le label de Pittsburgh Get Hip en 1997, ainsi que, suite au regain d’intérêt pour votre musique, la sortie en 2002 de l’album Microminiature Love (enrichi de six titres contemporains à l’enregistrement originel) par le label DeStijl ont fait beaucoup de bruit et vous ont fait sortir de votre silence. Qu’avez vous pensé de ce complet retournement de situation après tant de temps?

Quand cette compilation de Get Hip est sortie, j’étais heureux comme un gamin dans un magasin de sucreries, Get Hip fini d’ailleurs par sortir un 45 tours de ces deux titres. Je fus (et suis toujours) extrêmement excité par ces parutions.

Après la sortie par DeStijl de l’album lui-même en vinyle (avec les photos d’époque)... je me suis senti comme si j’étais entré au paradis.

Après la sortie en CD sur SubPop... ce fut l’extase.

Cela pouvait-il aller mieux? J’ai vraiment pensé que je devais en profiter pleinement parce que je me disais que ça ferait long-feu, sachant que de nos jours il y a quasiment une saturation constante de l’actualité musicale. Et voilà, maintenant, cinq ans après il y a toujours tout cet enthousiasme, ça m’épate.

Vous avez été décrit comme le «plus extraverti des reclus de la planète», comment vous présenteriez-vous aujourd’hui? Merci. 

Je me vois comme quelqu’un qui aime beaucoup les autres tout en aimant être pleinement moi-même. Je sais que ça va paraître étrange, mais je ne suis pas du tout fasciné par moi-même, je me vois seulement comme la personne qui est le plus susceptible d’être comme je devrais être.

Au fur-et-à-mesure que les séquelles de l’accident révélaient leur gravité, je devais me reclure de plus en plus. J’ai eu à passer tellement de temps à me soigner (et à prendre du repos suite aux thérapies) qu’il ne me restait plus que quelques heures à peu près décemment utilisables par jour.

En sorte que j’ai dû me poser la question de savoir comment je voulais passer le peu de temps qui me restait.

Donc, en ce qui concerne ma vie de tous les jours, je préfère passer le peu de temps qui m’est imparti à faire de la musique ou tout autre chose qui me plaît... plutôt que de sortir en société.

Je prends toujours plaisir à aller voir des concerts et à jouer en public dès que je peux. A soixante ans, je veux passer plus de temps à regarder ce que j’ai accompli.

J’ai beaucoup de matière, vidéo et photo à regarder, à explorer. J’aime dire «mon futur est mon passé». Ca me va, parce que la plupart des gens à qui je parle sont plus intéressés par ce passé que par ce que je fais maintenant. Mais après toutes ces années, je réalise que «le présent est le passé de demain».

1. College: établissement local public d’enseignement supérieur ne proposant que des cycles courts à vocation professionnelle.

2. University of Minnesota: une des deux universités du système public dont dispose chaque Etat. Plus prestigieuses que les simples «colleges», elles offrent des cursus généraux longs et diversifiés qui aboutissent aux célèbres masters.

3. Pour visionner les vidéos de Michael Yonkers: entrez Bonusmouse sur YouTube.

 

 

 

 


Par Uder Mermouch - Publié dans : People - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire

Samedi 5 janvier 2008

                La particularité du Haunter, au sein de son groupe d’élection : le Moody track, est son absence de sentimentalité. Ce qui le sépare du registre psychédélique/planant/stoner est la modicité de son orchestration, sa durée brève, et la couleur unique qui le commande : l’étrangeté. Le sentiment d’étrangeté doit être distingué de celui de l’extravagance d’une part, de celui du morbide d’autre part. Le sentiment d’étrangeté, au contraire des deux autres, ne procède pas d’un choix de comportement ou d’humeur, qui fait d’eux des fantaisies subjectives. L’étrangeté naît d’une marche imparfaite des choses et ne dépend pas d’un dessein. Elle est provoquée par un cours anormal des événements mais qui ne se laisse pas saisir immédiatement. Très souvent, l’étrangeté peine à être caractérisée dans ses parties, quoiqu’elle marque toujours et du premier coup celui qui la relève. Que les choses ne se déroulent pas selon le rythme ou l’intensité qui leur conviendrait, et l’Orgue du Fantôme anime les tuyaux de notre esprit. Il n’est pas nécessaire de décrire les moyens, très variés, très complexes, à l’œuvre dans tel Haunter, mais chaque fois, l’effet est identique : pouls ralenti, évanouissement des accords, interzone de l’atone et de l’horrible. On ne comprend pas ce qui relie l’atone et l’horrible. Ce type de disjonction criante ne satisfait bien sûr pas au tranchant logique du Psycho-Batave. Il ne s’agit pas d’Imminence. Nous ne savons pas qu’un danger nous guette, aussi nous ne devinons pas une force, une forme plus pleine et puissante que toute forme existante. L’Horrible ne constitue pas cet événement désiré, dans l’Imminence. L’Horrible est davantage l’intuition d’un oubli, d’une dissolution et d’un tombeau. Il ne se laisse pas définir en tant que Malheur, qui en ferait à nouveau quelque chose d’actif. Et seul l’Atone, par son renoncement aux affections du corps et de l’esprit, permet d’approcher l’Horrible. Or chaque Haunter ne laisse pas d’être un vecteur généreux d’images, et il a été établi ailleurs que ces images, pour la plupart, participent du fond de frayeurs, réunies par l’expérience coloniale britannique. Alors ce qui pourra signaler un véritable Haunter ne peut être que la résurrection involontaire de ce Passé impérial, et non le seul goût de l’exotisme. Il ne suffit plus d’arborer le turban et la barbe du maharadjah : c’est tel individu, jamais tenté par le déguisement, visité par les Colonies mystérieuses, qui sera le créateur d’un Haunter. Comment parler d’Atone, tandis que l’on affirme encore la richesse de l’imaginaire dans l’Orgue du Fantôme ? Et pourquoi parler d’Horrible, lorsque nous voulons le qualifier négativement, comme le contraire d’un Malheur ? C’est que l’imaginaire, dont nous avons rappelé l’origine, ne forme qu’un substrat, et qu’il n’est décelable que par l’analyse. En empruntant une terminologie célèbre, nous pouvons ici parler d’un contenu manifeste et d’un contenu latent. A ceci près que dans l’Orgue du Fantôme, c’est le contenu latent qui est figuratif, que l’on doit extraire, et c’est le contenu manifeste  qui consiste en postures, pulsions, mouvements de l’esprit. Le Haunter est avare d’événements et d’émotions, comme nous l’avons déjà indiqué ;  il n’est pas un rêve proliférant. Le rêve, précisément, est pour une fois la matière qu’il faut extraire, et le cours indifférent et glacé du Haunter ne traduit que la beauté intimidante de ce rêve, une beauté tellement spéciale qu’elle fait craindre à celui à qui elle est révélée, que l‘oubli, la dissolution et le tombeau lui sont promis.

 

 

 

20 Haunters et ce qu’ils dessinent :

 

1. The Specters « Depression ».  Une mise en sarcophage.

2. The Werps « Shades Of Blue ». Un rite tantrique.

3. The Epicureans « I Dont Know Why I Cry ». Un tapis volant.

4. The Blokes « Slanders Child ». Un fleuve des Enfers.

5. Brym Stonz « Tymes Gone By ». Une société de bardes, retranchée au cœur de la Forêt.

6. The Bounty Hunters « Somewhere ». Le cavalier sans tête.

7. The Madhatters « You May See Me Cry » . Le culte zoroastre.

8. Reuben Bell « Its Not That Easy ». Le labyrinthe. 

9. The Vendors « My Rose-Ann ». D’interminables galeries sous la roche, et l’être qu’elles abritent.

10. Evil « I Know Ill Die ». Une lampe-tempête, telle qu’invoquée par Sred Sweign.

11. Flower Power « Stop ». Les danses païennes de Summerisle.  

12. The Dhag Dhags « Tipo Sicodelico ». La mort dans le canyon, après la perte des cinq sens.

13. The Savages « Quiet Town ».  L’Etoile mystérieuse et les dérèglements climatiques engendrés.

14. Uncivilized « back again ». Des insectes sur la fourrure d’un loup.

15. Yabancilar « Agit ». Sred Sweign et ses amis sur la plage, attendant la fin du monde.

16. Paul Martin « It happened ». Un prince retrouvé pendu dans son nid d’aigle.

17. Adrian Lloyd «Got a little woman ». La créature de Frankenstein hébétée sur la banquise.

18.  The Enfields « In the eyes of the world ». La longue marche du condamné.

19. Disraeli « What will the new day bring ». La jouissance juste avant la mort.

20. Pussyfoot « Hasty words ».  Une secte constituée d’hommes glabres et nus.

The Bounty Hunters - Somewhere

Flower Power - Stop

The Dhag Dhags - Tipo Sicodelico

Yabancilar - Agit


Par Peter Bogdanovitch - Publié dans : Essais épars - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Vendredi 4 janvier 2008

Moody heaven part three : Aigre-doux

 

Bien qu'obscurcie par la mort en direct de M. Poire, l'émission poursuivit son chemin semée de mélopées tendres et doucereusement mélancoliques, sans verser une seule fois dans la nostalgie rance ou le confort bourgeois. Bravo les gars.

The Magic Sounds "Love can be so fine"

The Reddlemen "I can't go on this way"

Quarrymen "Don't try your luck"

The Hydraulic Raisins "Travel the world"

The Chessmen "Running wild"

The Journey Men "Short and sweet"

Scavengers "But if you're happy"

The Romans "I'll find a way"

The Dovers "About me"

Don Covay "Stop by"

Helene Smith "I'm controlled by your love"

The Mad Lads "I don't want to lose your love"

Helen Smith "I'm controlled by your love"

The Lords "What went wrong"

The Outcasts "Loving you sometimes"

Magic Plants "I know she's waiting there"

Baythovens "Luv look away"

The Nightcrawlers "Sticks and stones"

Les Lutins "Elle n'a rien compris"

The Young Men "A thought for you"

The Sheffields "Nothing I can do"

Reparata & The Delrons "Look in my diary"

Nathaniel Mayer "My last dance with you"

Arthur Conley "I'm a lonely stranger"

Dr John "Go tell the people"


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Vendredi 28 décembre 2007

M. Poire s'en est allé rejoindre Randall Webb, Marvin Marty, Don Creux, Emilio Fernandez et tous les personnages qui l'ont inlassablement inspiré jour après jour, lui qui était comme personne un réceptacle solaire, un vase ouvert vers lequel convergeaient tous les rayons Psycho-bataves. Personnage modeste, conscient de ses limites intellectuelles et surtout de son inaptitude fondamentale à diriger le monde et faire preuve d'autorité, M. Poire aura tout de même, à force d'efforts constants, atteint la fonction de consigliere de Jean Pop II, titre qui ne lui fut jamais contesté ni par son Maître, ni par de fantoches courtisans tel qu'il en gravita souvent autour du Maître.

Dernière image heureuse de M. Poire

Sa présence onctueuse, ses dons de diplomate, son aptitude à tiédir le propos quand il se fait trop débordant, son éloquence timide, son humour en demi-teinte et son hilarant stoïcisme face aux diverses épreuves qu'il dût subir seront regrettés par sa famille, ses quelques amis et les patients de l'hôpital Jean Calvin de Lausanne.

Nous saluons notre collaborateur et ami Jean-Pierre Paul Poire, trop tôt disparu.

 

The Juniors - Lost friend

 


Par Jeanpop2 - Publié dans : People - Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire

Lundi 24 décembre 2007

Moody heaven part two : Sybaritisme inquiet

 

Pour cette émission incandescente jusqu'à la limite de l'obscène, nos héros s'acquittèrent avec merveille, une fois de plus, de leur tâche en slalomant entre les effluves d'encens pour parvenir au coeur.

The Gruve "Take hi five"

The Byrds "Everybody's been burned"

The Novas "Whenever you're ready"

Madhatters "You may see me cry"

Federal Duck "Peace in my mind"

Frabjoy & Runcible Spoon "Animal song"

Something Else "Let me say now love"

Carrol's Mood "Out she goes"

Pussyfoot "Hasty words"

The Smoke "Umbrella"

Ashes "Return love"

Flower Power "Stop"

The Millenium "Blight"

The Moon "Come out tonight"

The Network "Ears of stone"

The Bliss "Lifetime" 

We The People "Saint John's shop (chords)"

Beau Allen "Part of me"

Dalton, James & Sutton "One time around"

The Bee Gees "Lonely winter"

Del Shannon "I think I love you"

Darius "Dawn"

Eight Day "Building with a steeple"

Mortimer "Singing to the sunshine"

Roger Nichols & Paul Williams "So many people"


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

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