Vendredi 21 décembre 2007

Christmas Present !

The Ohio Mix !!!

Click here to download !!!

Sonny Flaharty & The Mark V - For all of us

The Bare Facts - Bad part of town

The Outsiders - I'll give you time

Bittersweets - The hurtin' kind

The Centrees - She's good for me

Jerry & The Others - Don't cry to me

The Chylds - Hey girl

The Panicks - You're my baby

Shepherd's Heard - I know

The New Breeds - Girl in love

Fortels - She

N. Patrick Williams - Tears I cried for you

Eye Zooms - She's gone

Us Too Group - I'll leave you cryin'

The Outcasts - Loving you sometimes

Pictorian Skiffuls - In a while

Sonny Flaharty & The Mark V - Hey conductor

The Motions - Land beyond the moon


Par Jeanpop2 - Publié dans : Mixes - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Dimanche 16 décembre 2007

Moody Heaven part one : Upbeat killers

 

Pour la première émission de ce triptyque consacré à la nuance moody, Nos héros s'attelèrent à la tâche avec ferveur, jusqu'à l'extinction de leurs voix. Quel sacrifice de soi ! Et ça ne fait que commencer.

Tormentors "She's gone"

Brim-Stonz Ltd "You'll be mine"

Sonny Villegas "I cry"

The Enfields "She already has somebody"

The Gestures "It seems to me"

Nameless "Life"

The Cordials "Misery"

The Skunks "A girl like you"

Shaynes "From my window"

The Grodes "What they say about love"

The Renegades "She's your find"

The Ascots "Summer days"

The Golliwogs "Walking on the water"

The Sims Twins "I've got to win your love (for me)"

Z.Z. Hill "What more"

Tan Geers "Let my heart and soul be free"

Gene Chandler "In my body's house"

The M.H. Royals "Old town"

The Excentrics "What can I do what can I say"

Mixed Emotions "Can't you stop it now ?"

The Prodigal "You got me"

The Wig/Wags "I'm on my way down the road"

Buck Rogers Movement "Baby come on"

Gregory & The Velvet Illusions "Mini Shimmy"

Us Too Group "I'll leave you crying"

Everpresent Fulness "The rovin' kind"


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Jeudi 13 décembre 2007

Il existait en 1965 un groupe majeur nommé The Bad Seeds, à Corpus Christi, Texas. Après s’être épuisé à jouer pour des southerners hostiles dans les minuscules Kingsville, McAllen, Beeville ou Rockdale, le groupe se sépara et leur chanteur, Mike Taylor, enregistra une poignée de titres proprement magiques, accompagné de membres des Zakary Thaks, sous le nom de Michael.

Voici pour le factuel. Maintenant, alors que je découvre, émerveillé, ces quelques faces que je ne soupçonnais pas d’exister en cet automne qu’est la charnière 1966-1967, je mesure la distance qui sépare le chanteur de son premier groupe, parangon du trauma adolescent, mais je saisis bien vite qu’il y a continuité et non rupture. Le trauma en question est ici en passe de devenir adulte, c’est-à-dire non pas de disparaître, mais de se résorber dans une vie qu’on a finalement accepté qu’on nous impose.

Dès les premiers arpèges de guitare de « Gotta make my heart turn away » qui tombent, beaux et tranquilles, comme des flocons sur le paysage miniature d’une boule à neige, on sait qu’on va être à l’abri de la tourmente chez cette chanson. Cet émouvant hiver d’Épinal connaît son climax juste après que Mike Taylor a chuchoté la phrase clef de la chanson : Just one smile from you / will take away the blue from my heart. S’ensuit alors une envolée rêveuse qui pourrait évoquer les sommets de The Dovers à la nuance près qu’on est ici à l’intérieur. Alors que le céleste groupe de Tim Granada évolue dans des hauteurs où la moindre bouffée d’air est pur cristal, le groupe de Michael regarde ce ciel d’une fenêtre embuée, au chaud alors que l’herbe est givrée dehors, avec l’air à moitié endormi et béat de celui qui attend que l’autre moitié vienne frapper à la porte.

            L’autre chanson renversante, « I’m nobody’s man » ajoute à la chaleur de la précédente une sensualité facétieuse dont on ne trouve l’équivalent, toutes proportions gardées, que chez les plus discrets félins de la soul comme Al Green. Alors on comprend la raison de ce sobriquet qui ne consiste qu’en le prénom du chanteur, de surcroît des plus communs qui soit : Michael c’est à la fois l’ami d’enfance qui n’a pas quitté la ville natale, mais c’est aussi le mari de la dernière chance et finalement celui avec qui on construira sa vie, parce qu’il faut bien vivre avec quelqu’un, comme à partir d’un certain âge on ne subit plus ces rêves d’une beauté de foudre mais on doit les construire tout en les faisant. Michael c’est ce beau-père tendre qu’on est finalement heureux de voir jouer sur la pelouse avec nos enfants alors que commence à s’estomper le souvenir de leur père qu’on a tant aimé mais qui s’est avéré être un salopard. Michael, derrière ses apparences de square qui s’est à peine plus affirmé, est un guérisseur et nous avons plus que jamais besoin de lui.

Michael - Gotta make my heart turn away

Michael - I'm nobody's man

Michael - People Sec. IV


Par Randall Webb - Publié dans : Randall Webb Sixties - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire

Lundi 10 décembre 2007

Bijoux

C'est sans vulgarité ni affectation de luxe que nos sublimes héros accomplirent leur tâche ce soir-ci. Eux qui méritent de mourir dans la plus luxueuse des Rolls Royce parlèrent avec simplicité et pontifièrent avec chaleur.

Phrase de la semaine : "Il prête le flanc à la critique, mais il lui rendra ! Hohohohohoho." (Mermouch)

The Blue Things "Silver and gold"

Johnny Lion & The Jumping Jewels "I wanna dance with you"

Ardels "Piece of jewelry"

The Scarlet Henchmen "Crystal palace"

New Colony Six "Accept my ring"

Diamond Joe "Hurry back to me"

Ruby Johnson "I'll run your hurt away'"

The Opals "I'm so afraid"

The Crystals "In the morning"

Jades "Come back"

Jades "I cried"

Jades "Please come back"

Willie & The Walkers "Diamonds and gold"

The Daily Flash "Jack O' Diamonds"

The Grains Of Sand "Golden apples of the sun"

The Talismen "Glitter & gold"

The Talismen "She was good"

Bobby Womack "Ruby Dean"

The Gems "I'll be there"

Fred Williams & The Jewels "Tell her"

Steely Dan "Green earrings"

The Black Diamonds "See the way"

Golden Earrings "That day"

Shags "Ring around the rosie"

Jackie De Shannon "Crystal clear"

David John & The Mood "Diggin' for gold"


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

Lundi 10 décembre 2007

On peut littéralement enlever des chansons, les arracher à la terre, au soleil, les soutirer aux cactus, et même à un chien, les extorquer à l’amour – évidemment malheureux – d’une femme, les dédier à sa parenté, ses enfants… Je veux dire : Partir du Crée – inachevé – et en quelque sorte le louer mais peut-être aussi, surtout, le parer d’un vêtement d’images. Images toutes naturelles, humaines, aux auditeurs, bref images où l’on a pied, où l’on se reflète. Et c’est fort rassurant et beau d’avoir pied quelque part, où l’on communie, l’on pleure, l’on respire mieux. Alors, c’est inévitable, certains destins d’hommes n’ont pas la chance de louer, de remercier, d’aimer, et je veux voir dans I’m a young man d’Eddie & Ernie. (1965. Eastern Records.), une toute autre expression du genre au cours de laquelle une chanson ne s’appuie sur rien, n’enlève ni ne prélève rien à personne, mais sacrément va s’élever du néant et lui rendre d’un manière imparable son excommunication, lui crier son désir. Quant à moi, j’avouerai que pour en parler, les images me seront d’un grand secours. Sinon, quels mots nous resteraient-il après une telle traversée ?

 

En effet, il ne faut pas moins de douze mesures et sept phrases à Eddie & Ernie pour plonger I’m a young man dans une détresse nouée, serrée, parfaitement close, une ténèbre insurmontable. Ecoutons les. Un piano est là qui entonne une mélodie grave et comme flottante, allongée, ponctuée d’une basse poisseuse, trempée sous une valse de pluie que maintient une cymbale. Puis les murmures voluptueux, inauguraux, des chanteurs, muent pour dire ceci qui est simple et intolérable :

 

I’m a young man I need some love

 

I’m a young man I need some love

 

Help me Somebody

 

I’m a young man I need some love

 

Baby

 

I’m a young man I need some love

 

There's one more thing I want to  say

 

Et là, à peine cinquante secondes sont passées… Moi je suis à terre. Mais j’imagine très bien l’océan poisseux où flotte leur nef perdue. Et ces deux là, éclairés à la leur d’une lampe tempête sous l’averse et la nuit, n’ont hélas que ces mots à dire, à déplorer de ne pouvoir les dire à personne, sinon Quelqu’un. Ce terrible Somebody impersonnel, inconnu… Et s’il n’existait pas ? Je dois dire que si ce premier passage n’était pas prolongé d’une minute trente supplémentaire de musique, je saurai dire à mon tour : Ça y est, c’est la fin ! Le chant du cygne ! Le désespoir est entré net et sans retour. Inaltérable. Seulement voilà, (bien que la suite des paroles perpétue ce registre, l’achevant presque à coup de terribles I want to be kissed and I want to be missed, le justifiant d’un non moins terrible I travel all around the mountain, and i travelled all around the rain and sea, still i need some love) soudain, des voix d’Eddie & Ernie s’échappe une ascension aiguë, inattendue qui, comme les vents déchirent les toitures, font crisser les enceintes, affolent les aiguilles des potentiomètres, transpercent les oreilles et le cœur, comme si leur propos dits avec une élégance magistrale quand il aurait pu, dû être hurlés, avaient atteint leur destinataire. Quel qu’il soit. Et cette inoubliable ascension a lieu deux fois. Une première pour se relever, une deuxième pour faire trembler l’enceinte et peut-être même le fameux Somebody.

 

Evidemment, si l’océan – que j’imagine – qui porte leur nef désespérée peut symboliser les remous sans fonds de leur détresse, la détresse si belle, injuste et incompréhensible du jeune homme sans amour, les voix, elles, verticales soudain, sont de grands courants aériens, de ceux qui balayent les nuages, dissipent une pluie, font frémir l’aube, cette aube qui tarde tant à venir. Et je veux voir dans I’m a young man l’une des seules chansons, à ma connaissance, qui ai soutenu une telle réponse capable d’éclater dans les hauteurs, comme de la lumière. Partis des montagnes, du désert, de rien, n’ayant rien, n’étant plus rien, jetés à la mer, là où les images de Géricault avec son Radeau de la méduse, d’Evariste Luminais avec les Enervés de Jumièges maintiennent encore la détresse des condamnés dans l’obscurité, Eddie & Ernie, eux, en 1965 avec leur seules voix, atteignait à coup sûr un cœur en pleurs, celui de Somebody, le mien, le vôtre à présent. Et ils eurent beaucoup d’enfants.

Eddie & Ernie - I'm a young man


Par Sred Sweign - Publié dans : Sred Sweign - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Dimanche 2 décembre 2007

Miniatures

Emission sublime, ouatée comme le plus beau rêve où le bonheur s'enlace. Sred Sweign le bienheureux fut d'une verve ourlante, et Mermouch le grand dans un mood étonnament paternel. Merci.

Phrase de la semaine : "Intime est le bon verbe" (Sred Sweign le bienheureux)

The Beach Boys "Wake the world"

Chick Lewis "North wind"

Mark Douglas "There's something I got to say"

The Blue Rondos "What can I do"

The Honeycombs "I can tell (something's up)"

The Forsaken "She's alright"

New Colony Six "Last nite"

The Lee VI's "Pictures on my shelf"

Roks "Transparent day"

The Impressions "Isle of the sirens"

Moovers "Someone to fulfill my need"

Irma Thomas "Two winters long"

Marion Black "Who knows"

Sagittarius "Lonely girl"

Goldebriars "Haïku"

Tommy Roe "Melancholy mood"

The Music Machine "Discrepancy (demo version)"

Bobby Fuller "My true love"

Everly Bros "Take a message to Mary"

The Troggs "We waited for someone"

Fox & The Huntah's "Funny kinda day"

Montage "Grand pianist"

Hogarth "Suzie's getting married"

Michael "Gotta make my heart turn away"

The Mystery Trend "There it happened again"

? & The Mysterians "Love me baby"

Magic Sounds "Love can be so fine"

Fabulous Royals "She told me"


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire

Mercredi 28 novembre 2007

 

La voir en plus grand ici


Par Uder Mermouch - Publié dans : Uder Mermouch - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire

Lundi 26 novembre 2007

Rétrospective Psycho-géographique

Mermouch après la cérémonie

Chancellors "Journey"

- Phoenix (AZ) :

Mile Ends "Bring'em on in"

Bittersweet "She treats me bad"

Phil & The Frantics "Till you get what you want"

Wild Flowers "On a day like today"

The Topsy Turbys "Snake woman"

- Grand Rapids (MI) :

Renegades "Ravin' blue"

The Quests "Scream loud"

Ray Hummel III "Gentle rain"

The Pedestrians "Think twice"

Minutemen "Another day with me"

- Rhode Island :

Spectrum "I was a fool"

The Others "I can't stand this love, goodbye"

The Shyres "Where is love"

The Uncalled For "Get out of the way"

The Cowsills "All I wanta be is me"

- San Jose (CA) :

The Brogues "But now i find"

The Mourning Reign "Satisfaction Guaranteed"

Syndicate Of Sound "That kind of man"

Family Tree "Live your own life"

The Chocolate Watch Band "Don't need your lovin'"

- Rochester (NY) :

Cavemen "All about love"

The Charles "Motorcycle"

The Young Tyrants "She ain't got the right"


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire

Dimanche 18 novembre 2007

Anglophilie

 

 Fin de l'entreprise Mermouchienne ! Mercredi prochain, rétrospective et cotillons. Bravo les mecs.

Phrase de la semaine : "Je pense que l'auditeur le comprendra, on ne peut pas écrire des chansons en en parlant franchement dans les yeux à zyeux la personne ou à l'état à qui on devait dire des choses." (Sred illuminé)

The Liverpools "Soho"

The Carnabeats "Chu ! Chu ! Chu !"

House Of Lords "(This is my) last stand)"

The Scotsmen "Beer but blues"

The Great Scots "Honey & wine"

Sir Winston & The Commons "We're gonna love"

Sir Henry & his Butlers "Jenny take a ride"

Sir Walter Raleigh "Tomorrow's gonna be another day"

Sirs "Help me"

The Palace Guards "Greed"

The U.S. Brittons "I'll show you a man"

English Settlers "It shouldn't happen to a dog"

The Fewdle Lords "I know"

The Paupers "Tudor Impressions"

London Phogg "The time to come"

Disraeli "Spinnin' round"

The Canterbury Music Festival "Angelina"

The Twiliters "The girl form Liverpool"

The Outsiders "The guy with the long Liverpool hair"

London Taxi "Feelin' down"

London Knights "Go to him"

Count Five "Double decker bus"

Uder Mermouch a attribué à l'état du Wyoming un indice de 2.1 sur l'échelle Psycho-Batave


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 7 commentaires - Ecrire un commentaire

Samedi 17 novembre 2007

Nous ne détaillerons pas – mais y échouerons comme on s’échoue sous la chanson – la genèse chaotique et géographiquement étirée du Flying Burrito Brothers, cela reviendrait pour solde de tout compte à expliquer comment de père et mère nous sommes la somme malade et irréductible,  circonscrite à sa mémoire tiraillée. Néanmoins, du former band éclos vers 1967 à Boston, nous retiendrons une ombre bicéphale composée des visages de Gram Parsons et Chris Hillman  dont la chanson Dark end of the street fait figure de proue. La proue sirénienne d’un navire jetée en reflet sur l’écume.

 

Il se creuse, à écouter Dark end of the street, non pas une énigme mais des trous noirs. Et qui dissimulent une lignée de couples sombres : Romantiques. Interdits. Paranoïaques. Scandaleux. Comme il y a eu des couples infernaux dans la littérature, dans des bourgades, des quartiers, des maisons. Et c’est ici, dans ce trou noir que s’est terré le couple indescriptible dont il est question le temps de cette chanson : Quelqu’un caresse et chante tout bas. Parle puis geint à quelqu’un d’autre en face, leur amour. Un amour interdit qui pourtant a lieu, la nuit, au bout de la rue, dans l’obscurité, où les néons n’éclairent plus. Et les amants de mystifier cette liaison.

 

Quelle est elle ? Nous le sentons, un rituel passionné, des retrouvailles dangereuses, une sexualité vécue dehors. Une communauté austère qui regarde autour par les œillères des commandements  menace son avènement au grand jour. Qui sont-ils, ces amants ? Nous n’en savons rien. Ils ne sont rien. Rien que l’amour, anonyme. Secret. Interdit. Et alors ? Alors il nous faudra peut-être nous projeter pendant le déroulement des couplets, nous remettre - ou nous démettre - à la place de l’émetteur – cette voix qui avertit – et reconnaître en son destinataire – celle qui écoute et acquiesce – la personne qui nous a été confisquée. Et là est une beauté immense. Elle ne plaide aucune cause. Incestueuse, pédéraste, adultère, extra raciale, envers et contre tout dogme… qu’importe, le vol est là. Vol du You and me, ses ponctualités, sa persuasion douce, son anonymat, ses rendez-vous. At the dark end of the street n’envie aucune autre forme d’amour. Il sera chatié : We’ll have to pay for the love that we stole. Il y a ce dialogue voluptueux des voix. Le lead et les backing vocals assemblés. Chaque parole lorsqu’elle se termine est reprise par une guitare qui a autant à dire, et les deux d’avancer ainsi, l’un après l’autre dans l’obscurité. Jusqu’au jour. Où l’interdit réinstaure entre les deux amants l’anonymat. Voici les arcanes de cette fugue. Mais, à y réfléchir, des arcanes évidentes.

           

            Creusons. Dark end of the street dans son lancinement, sa verve a quelque chose de beaucoup plus fantomatique qu’il n’y paraît. Lors du dernier couplet if you take a walk downtown / and find some took to look around / if you should see and I walk on by / oh darling please don’t cry on assiste à cette éventualité : celle que ce couple secret, dans cette ville qui les sépare le jour, est contraint à jouer la comédie s’il advient que les amants aient à se croiser. La comédie ou être surpris, dévoilé, humilié ou condamné, à mort, au grand jour. Et là est à chacun des amants un pli à prendre, une gestuelle à dissimuler. Des larmes à contenir. Or, dans le temps de cette chanson qui nous étrangle, c’est davantage que la tristesse, la comédie, la mort qui attend ces deux amants, c’est – qui a plus large envergure et qui les recouvre tous – l’aura noire de la séparation… Tout amour est voué à la séparation. Que l’aimé(e) vous délaisse pour un(e) autre, qu’il meurt, qu’il voyage loin de vous et longtemps, qu’il cesse même de vous aimer est c’est la naissance d’un fantôme : d’une rêverie brune, parfois percée d’azur, où les corps séparés s’appellent au travers l’au-delà des cartes, ou s’ignorent, peut-être ne s’approchent, ne se croisent même plus jamais. Cela d’ailleurs que les villes portent de plus fort en leurs rues : l’espoir au détour d’une rue qu’adviennent des retrouvailles, une rencontre. Et alors c’est la langoureuse distorsion que le temps vous fiche en plein cœur : l’attente. Et l’attente est nourricière de telles chansons. Quand le fantôme, lui est éternel, demeure en vous. Je ne connais pas d’autre chanson qui ait aussi furtivement posé dans une poignée de notes et d’accords, la solitude des amants, leur joie, leurs gloussements, qu’une lucidité inexprimable fait agir à l’envers du monde, au bout d’une rue sans lueurs, à bouffer puis apprendre les restes de la séparation et d’avoir l’audace de la chanter en même temps que de copuler.

The Flying Burrito Brothers - Dark end of the street

 


Par Sred Sweign - Publié dans : Sred Sweign - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Jeudi 8 novembre 2007

Interjections

Poire va nous quitter. Ses jours sont comptés, mais il ne souffre presque plus. Pour sa dernière émission avec nous, il fit cependant preuve d'humour et de légèreté. Comme les plus grands, il s'en irait sur la pointe des pieds, s'il lui en restait. 

Phrase de la semaine : "Mon grand-père et vous-même, enfin votre grand-père" (Le sybillin Sred Sweign)

Bobby Bland "Yum yum tree"

The Five Of Us "Hey you"

The Shades Of Blue "Oh how happy"

The Bobby James Syndicate "Hey hey hey"

The Guess Who "Hey ho what you do to me"

Sterling Magee "Oh she was pretty"

Milt Matthews "Oh Lord, you gotta help me"

Micky Wilson "Gee baby (you're driving me crazy)"

Ruby & Romantics "Hey there lonely boy"

The Checkmates "Hey girl"

Traces Of Times "Oh Bob"

Palace Guard "Oh blue (the way I feel tonight)"

Clann "Hey baby"

The Amberjacks "Hey Eriq"

The Vagrants "Oh those eyes"

Sonny Flaharty & The Mark V "Hey conductor"

The Yankee Rebels "Hey girl"

The Blades of Grass "Just ah"

John & Gunther "Hey, hey babe"

Porgy & The Monarchs

Uder Mermouch a attribué à l'état du Wisconsin un indice de 5.1 sur l'échelle Psycho-Batave


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Samedi 3 novembre 2007

Il y a des rapprochements arbitraires qu’il est beau de faire. Tout le monde a en mémoire le hit planétaire des New-Yorkais de The Heard, « Stop it baby ». Peu en revanche sont ceux qui se souviennent du similairement nommé « Stop it girl » des quasi homonymes The Wylde Heard.

Dans l’unique film de Marlon Brando, le troublant « One-eyed Jacks », il est une scène centrale et gratuite à la fois, spectaculaire dans tous les cas, dans laquelle nous assistons à un duel brutal entre le personnage incarné par Marlon Brando et celui de Timothy Carey, de ceux qu’on n’a pas eu le temps de voir venir et qui nous laissent vide et fumant comme le canon du revolver. Ce duel entre ces deux acteurs hors du commun est comparable à ce qui s’équilibre et se déséquilibre entre les deux morceaux qui nous concernent. Brando et The Heard représentent une norme outrée, là où Carrey et The Wylde Heard endossent la pelisse du jusqu’auboutiste qui ne craint rien, et le ridicule moins que tout, dont le moindre mouvement dénote une fébrilité indéfinissable et explosive.

Brando aurait dit à Carey, après avoir tourné cette scène de duel où ce dernier est descendu, qu’il était le seul acteur de sa connaissance à bouger encore à terre alors qu’il est censé être mort. C’est que, si l’acteur de « The Chase » est déjà réputé pour son surjeu, Timothy Carey, avec toute son hallucinante démesure déplace le débat quelques bornes plus loin, lui pour qui le terme « overplaying » semble avoir été inventé.

On peut dire de même pour The Wylde Heard, qu’ils surjouent. Dans un accès de fièvre qui prête à sourire, tout animé d’une grandiloquence sans réelle grandeur, mais qui éparpille tout en construisant, nous laissant alors pantois sous les rideaux de poussière, le groupe s’empêtre dans une chanson trop complexe pour lui mais est bien décidé à en sortir le front levé.

Un peu d’onomastique : comparons les noms de chacun des groupes. The Heard s’impose, monosyllabe, monolithe, concision pleine d’attitude. The Wylde Heard y greffent  non seulement l’adjectif « wylde », dont le sens est justifié par l’effectif débordement du morceau, mais ils en modifient la graphie, se plaçant alors sous le double blason inquiétant de la difformité et de l’analphabétisme. De plus, leur art musical substitue un baroquisme férocement appuyé, joué sur le mode de l’hystérie, à la pureté rhythm’n’blues de leur quasi-homonymes pétris de Pat.

The Wylde Heard, junk-band magique, excessif, porte au front la brûlure sacrée de l’été 1966. Il ne risque pas de se laisser récupérer par la brigade des Vieux Loups, n’étant pas assez monstrueux pour être franchement drôle et se laisser « déguster » comme un film cheap. Une nouvelle escopette à la ceinture de Jean Pop 2 en somme.

 

The Heard - Stop it baby

The Wylde Heard - Stop it girl


Par Peter Bogdanovitch - Publié dans : Album/Song of the week - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Vendredi 2 novembre 2007

Heroïc Fantasy

 

 Retour de Poire ! Présence de Maugelmann ! De Sweign ! De Mermouch ! Le conclave Psycho-Batave au quasi-complet, pour surfer sur ce sujet savonneux et ignoble.

 Phrase de la semaine : "Je passe un excellent séjour dans cette clinique où on me prépare à la mort de manière digne." (M. Poire)

Goblin "Tenebre"

The Hobbit "Author's message"

The Hobbits "I'm just a young man"

The Gremlins "The only thing on my mind"

Trolls "Are you the one"

The Bards "Alibis"

The Innkeepers "Wanted"

The Misunderstood "Find a hidden door"

Soothsayers "Please don't be mad"

The Others "My friend the wizard"

Crystal Revelation "Life"

Mortimer "Where dragons guard the door"

Larry Mack "The last day of the dragon"

The Knight Riders "I"

The Quests "I'm tempted"

The Merry Dragons "Universal vagrant"

Morloch "Every night"

Thor's Hammer "If you knew"

The Rainmakers "You're the only one"

The Byrds "Renaissance fair"

St George & The Dragons "Trust me"

The Celtics "Times with you"

Uder Mermouch a attribué à l'état de Washington un indice de 3 sur l'échelle Psycho-Batave


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Samedi 27 octobre 2007

Entre l’épanouissement des styles majeurs de la musique américaine d’après-guerre, auquel le rock’n roll Vieux loup servit de bruyant révélateur, et la fulgurance Psycho-Batave des années 1963/1966, la période Kennedy peut être qualifiée de Régence Italo-Américaine. Il s’agit d’années ingrates en termes d’inventions et de réussites, mais viables pour l’industrie. Se fait jour l’idée d’une marchandise musicale, pour les adolescents, les familles et les gentils couples suburbains, qui auront accès, dans le cadre du divertissement ou bien du confort domestique, à une musique subissant son premier ravalement, à coups d’arrangements onéreux et d’interprétations professionnelles. Les affaires prospèrent et l’Italo-Américain s’est immiscé dans la vie quotidienne de millions de foyers américains. A l’ombre de cet empire lustré, les résistances même présentent un visage poli. Car c’est à cette époque que la brillante scène dite « Northern Country Scene » émerge sous les latitudes froides du grand Etat de New York et des plus secrets Maine et Vermont. S’il s’agit bien des balbutiements du Psycho-Batave, la musique de ces Etats présente une épure ainsi qu’une interprétation singulière du registre Lavette, tel qu’il sera développé en 1965 à Baltimore. Ce proto-Psycho-Batave ne fait pas du registre Lavette la traduction sonore de la misère affective, mais plus sérieusement, une quête de jouvence, de la pulsation initiée par Buddy Holly, l’inspirateur premier, et Texan, de la Northern Country Scene. Bref, dans cette période où peut rayonner un Peter Lawford, et où le divertissement jouit de sa compromission avec le crime organisé, dans cette période de joyeuse corruption entre Italiens, Juifs et Irlandais, la musique américaine s’abîme dans une luxueuse nullité. Traçons un dernier parallèle avec la musique sud-californienne de la seconde moitié des années 1970, dont le terrifiant Gaucho (le Dan) est le tombeau ironique. Là encore, coïncidence d’un mode de vie dispendieux et décadent, et d’une musique neutre, inoffensive, parfaitement réalisée cependant. Où nous découvrons que dans l’ordre symbolique, The Eagles sont identiques au Rat Pack : la production d’une mélasse grand public, partageant des idéaux majoritaires à leurs époques respectives (le spectacle/le mellow), par une réunion d’individus, davantage qu’un groupe, reposant sur un matelas farci de drogues, d’alcool, d’argent et de nichons. Et plus troublant : le même penchant à la « glandouille » sur scène.

 

1963 marque la fin de cette Régence, et donc l’entrée dans le Psycho-Batave. Pour trois raisons, au moins. 1) De l’exploitation des cultures indigènes, la mode surf et l’avènement de la scène de Los Angeles, cité déterminante du Psycho-Batave. 2) Du sérialisme industriel, Motown et l’avènement de Detroit, seconde cité déterminante du Psycho-Batave. Motown connaît sa première vague de Numéros Un dès 1964. 3) De l’hybris de l’orchestre et des arrangements innombrables, qui signent pour l’Américain la dignité de ces créations minuscules que restent les chansons, l’innocent Phil Spector. Quelques tâtonnements, quelques trajectoires personnelles, certes, comme l’acharnement de James Brown, et l’Italo-Américanisme inédit de Curtis Mayfield. Mais ces deux cas mis à part, exister entre 1960 et 1962, avant 1963, d’une manière intègre, demande beaucoup d’abnégation.

 

Alors se dessinent deux destins. Le premier, contemporain avec lucidité, accepte la déperdition des styles et de la roughness, et, ambition ou vénalité, s’en remet à la concoction orchestrale du jour : aussi révérée soit-elle, et pour des raisons estimables, la musique de Sam Cooke frappe par son anonymat, son absence de décision, sa volonté d’embrasser plusieurs styles pittoresques de la musique américaine et de les édulcorer dans l’orchestre, la chorale et le jaz. C’est une musique de filiation et de fédération. Qu’on écoute, pour s’en rendre compte, un titre comme « Frankie & Johnny », où quelques éléments country & western se diluent vite dans l’aimable variété des casinos, ou bien ce « Chain Gang », transposition badine de l’une des toutes meilleures mélodies pénitentiaires. Dans toute l’œuvre studio de Sam Cooke (oui, le live est une autre affaire), la Mafia a imposé ses codes esthétiques fallacieux. Combien minoritaires sont, hélas, des titres comme « Shake » ou « Soothe Me », pour lesquels, en sus du classique que nous savons, nous nous rappelons Sammy.

 

           Il existe heureusement un second destin, contemporain en pleine lumière, et doué de prescience. Nathaniel Mayer ne fit pas le voyage du Sud raciste au Copacabana raciste : il fut un homme de Detroit, auteur de lui-même, et ne laissa pas l’Histoire lui dicter son génie. Comme la musique de Sam Cooke, celle de Nathaniel Mayer peut se targuer d’une grande richesse d’inspirations. Mais ce qui chez le premier, par la faute du jaz, devient insipide, apparaît, chez le second, comme une visitation spectrale hallucinée du rythmn’n blues louisianais, du doo-wop et du rock’n roll, restitués avec une raucité, qui n’est même pas celle des origines. Sans jamais poser au comique. Nathaniel Mayer a une mémoire et trois décennies d’avance. Sa musique combine les styles princiers des années 1950 avec le jeu cru et dissonant du garage-rock alors dans les limbes. Nous tenons en Nathaniel Mayer le premier post-moderne, un récupérateur de langages anciens qui les contraint à une modernité violente, et même en le qualifiant ainsi, nous ne cernons pas son originalité puisqu’aucun de ses successeurs, et s’en trouva-t-il vraiment ? n’osa, à son image, des arrangements incongrus qu’une flûte traversière (« My Little Darling », fête aux maracas, et « My Lonely Island », une mélodie, pour le coup, pré-Stax) ou un violon slave, oui : slave, et pas même hillbilly, (« Work It Out », incandescent) qui ajoutent à la sauvagerie de l’interprétation, une dimension supplémentaire d’étrangeté. L’inaugural « Village Of Love » date de 1962, il ne puise du doo-wop, qui semble le définir au vu du titre et à l’écoute des chœurs, que les quelques ornements essentiels, et, pour le reste, parcourt en tous sens soul et rock’n roll, toutes musiques du désir jamais reposé. Le plus beau dans cette œuvre s’inspire sans doute du funk larvaire de New Orleans, ce rythm’n’ blues incomparable des héros que furent Alvin Robinson, Willie Tee et Chuck Carbo. Nathaniel Mayer, homme de Detroit, connaissait également cette pulsation vernaculaire de Louisiane, qu’on retrouve dans « I Had A Dream » et dans « From Now On ». La moiteur percussive du premier, la sensualité pleine de Pat du riff de guitare dans le second, n’ont peut-être pas leur équivalent, au moins dans les Etats du Nord, et pour goûter le génie écrasant de leur auteur, il faut les confronter sans délai au twist/rockabilly raidi de « Lover Please », à la complainte Lavette pennsylvanienne de « Hurting Love » et au funk âpre, plus du tout Louisianais, de « I Want Love And Affection (Not The House Of Correction) ». Combien de moods, combien de styles, combien de genres, combien d’interprètes en un seul homme. Cet homme fut un, le seul, et comprit d’autres passés et à venir. Il enregistra la seule bonne version de « Summertime ». Nathaniel Mayer, entre 1960 et 1962, l’unique au milieu de rien.

Nathaniel Mayer - I had a dream

Nathaniel Mayer - My little darling

Nathaniel Mayer - Work it out


Par Jean-Pierre Paul-Poire - Publié dans : Essais épars - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Vendredi 26 octobre 2007

Perte

Jeanpop2, Mermouch, Sweign, soit 3/5 du CEPB étincelèrent comme rarement ce soir, rivalisant de gouaille fine et d'humour, barricadant leurs camarades, profitant de la life.

Phrase de la semaine : "Vous la femelle ça vous interpelle." (Jeanpop2)

Wisdoms "Lost in dream"

Lost & Found "Don't move girl"

The Lost Generation "I'd gladly pay"

The Original Dukes "Ain't about to lose my cool"

The Buddhas "Lost innocence"

Lost Souls "Lost love"

Lost Generation "They tell me"

N. Patrick Williams "Tears I lost for you"

The Lost Chords "I want to be her man"

James Brown "Lost someone"

The Impressions "I loved and I lost"

Gladys Knight & The Pips "Either way I lose"

Cecil Washington "I don't like to lose"

The Painted Faces "I lost you in my mind"

The Muffets "Lost"

The Lost Souls "Peace of mind"

Hard Times "Losing you"

Glenda Collins "I lost my heart at the fairground"

Naomi & The Boys "Bad loser"

The Action "Since I lost my baby"

Pete Morticelli "Lost"

Grandma's Tonic "Lost girl"

Uder Mermouch a attribué à la Virginie un indice de 3.8 et à la Virginie Occidentale un indice de 4.2 sur l'échelle Psycho-Batave


Par Jeanpop2 - Publié dans : playlists - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

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