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11 décembre 2004 6 11 /12 /décembre /2004 23:00

Ainsi témoigne un proche de Jeanpop2:

J'étais dans l'appartement de Jeanpop2 avec ce dernier, mon amie et un troisième personnage, hors d'âge, et qui restait obstinément silencieux. Nous bûmes de nombreux verres de diverses couleurs. Bien entendu, Jeanpop2 nous fît profiter des disques de sa collection, avec lesquels il alimentait son phonographe qu'il maniait avec une ferveur tremblante et inquiétante. Soudain, comme sous l'emprise d'un démon, il se leva d'un bloc et se dirigea vers un placard qu'il ouvrit, non sans en violenter la porte. Il plongea le bras dans l'obscurité et en sortit un disque que je reconnus immédiatemment par sa pochette caractéristique : The Velvet Underground & Nico. Puis d'un geste parfaitement maîtrisé, il ouvrit la fenêtre et projeta l'album en poussant un grognement libérateur. Ivre de colère, il se tourna vers nous et dit :

"Ne dites rien, laissez-moi parler. Je sais que je viens de commettre un acte que le monde percevra comme un outrage, mais je vais vous prouver que j'ai raison, que le monde a tort, et parce qu'il a tort, que l'outrage lui brise la mâchoire.

Comprenez d'abord que ce disque que d'aucuns présentent comme un trésor enfoui recueille depuis 1967 la poussière des musées. C'est un disque classique, avec tout ce que le terme implique d'objectivité dénuée d'émotion, un disque classique comme ceux de The Doors, Led Zeppelin, ou Aerosmith. La plupart des bons disques de The Beatles et de The Rolling Stones sont moins renommés que celui-là. Enterrons ce lieu commun journalistique.

Enterrons également celui qui présente The Velvet Underground comme une fontaine à vocations. "Peu de gens ont acheté leur premier album mais chacun a fondé un groupe". Mensonge ! Les nombreux individus graisseux qui ont acheté ce disque à sa sortie sont ceux qui végétaient trois ans plus tard dans une ferme canadienne avant de se décider à revendre leurs disques pour acheter des meubles anciens.

Considérons également que ceux qui revendiquent si fort l'héritage de ce groupe sont des gens aussi surestimés et ennuyeux que Brian Eno, Galaxie 500 ou The Jesus and Mary Chain.

Certains individus à lunettes rectangulaires prétendront que ce groupe illumine l'art contemporain et en est illuminé en retour. Illusion. Mensonge ! Si la carrière de Tom Jones avait été lancée par Andy Warhol, on en aurait dit autant. On l'aurait placé à l'avant-garde du rock arty et ce gros bonhomme posséderait le même "halo de mystère" qu'on confère inexplicablement à Lou Reed. Non, pas de bouleversement artistique avec The Velvet Underground. Les prétentions picturales de ce groupe se révèlent vaines face aux explosions de couleurs saturées survenues partout sur terre un an avant la parution du terne album "à la banane" : en Angleterre avec The Eyes, en Hollande avec The Jay-Jays, en Australie avec The Easybeats, en Suède avec The Shakers, en Bolivie avec Los Dhag Dhag's...

Méfiez-vous également des individus mal rasés : ils compareront John Cale à Maldoror et parleront de Nico en termes de "beauté éthérée". Mensonges ! Risibles mensonges. John Cale est un altoiste coiffé au bol et doté d'un accent gallois hilarant. Nico réussi l'exploit d'être à la fois hommasse, froide, sèche, laide et Allemande. En plus, elle chante comme John Cale parle. Non, décidemment le romantisme noir est à chercher dans le cerveau orageux de Sean Bonniwell ou chez une poignée de groupes aux noms éloquents : The Lost Souls, The Specters, The Endd...

J'ai dit."

Aussitôt il nous mit cordialement à la porte, restant en tête à tête avec l'individu mystérieux. Nous rentrâmes sous la pluie entendant encore résonner la voix orageuse de notre ami. Le lendemain, je n'allai pas travailler.

Eugene Waffle supervisera l'artwork du prochain opus de Lou Reed  

 

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commentaires

snoop 21/10/2012 00:05


"Certains individus à lunettes rectangulaires prétendront que ce groupe illumine l'art contemporain et en est illuminé en retour. Illusion. Mensonge !"
Jamais vraiment entendu ça, vous devez confondre avec la factory, qui regrouper le velvet les arts plastiques le cinéma etc... On peut critiquer Andy Warhol, mais c'était un artiste totale qui
s'attaquait a tout les supports. Le velvet n'ai qu'une petite partie du projet qui est arrivé sur le tard et qui hérite donc visuellement de ce qui se faisait dix ans avant, c'est logique.



Sinon le reste ne répond pas à pourquoi?  



Vous descendez l'héritage, vous dites qu'untel est moche, tout ça pour remplir les deux dernier paragraphes, il y a de la forme mais pas grand chose dans le fond… je suis dessus.
Quand on s'attaque a un lieu commun comme vous dites on y va avec des arguments non?
Pourquoi ceci est si nul d'un point de vu artistique? l'époque?  etc

françois 11/04/2011 23:11



Merci pour cette remise à sa place de ce groupe horrible et démoniaque.



nam limange 14/12/2004 14:53

"...celle que le peuple a choisi". Mais le peuple est mort, ne le saviez-vous pas ?

M. Poire 13/12/2004 15:40

Quand la nouvelle m'est parvenue, j'écoutais avec ravissement un disque de The Talismen et pensais qu'il était regrettable que de tels précurseurs ne fussent pas cités en lieu et place du rance The Velvet Underground. Ces derniers constituent un alibi pour les ignares et les fats, qui considèrent avec mépris le rock des années 60. Ils sont également à l'origine de plusieurs vocations douteuses, dont celle d'E. Daho, et surtout de la dégradation de l'idée de poésie par son contact ostentatoire avec le rock. La vulgarité, très peu scandaleuse, de leurs thèmes les rapproche aujourd'hui d'immondices juvéniles comme The Placebo. Pour toutes ces raisons, je salue le courage et l'exigence de vérité de Jean Pop II. 

Michel Languille 12/12/2004 18:36

Bonjour. J'ai été bercé par le velours Velvétien durant toute mon enfance. En effet, né en 1954, j'avais 13 ans lorsque mon oreille a dérapé sur "La banane". Vous méprisez cet album et vous méprisez par la même toute mon enfance et toute une génération de rockeurs. Je ne vous félicite pas et vous invite à enfin écouter de la bonne musique : celle que le peuple a choisi. Continuez d'écouter ces groupes obscurs qui ne parlent qu'à vous et qui vous donnent l'impression d'être unique. Vive le Velvet et vive Patti Smith.