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18 juillet 2005 1 18 /07 /juillet /2005 22:00

(Voici un nouvel extrait des notes de Randall Webb, datant de la fin des années 60)

"The Dovers, groupe mystère de Santa Barbara, quatre 45 tours en neuf mois, entre septembre 1965 et mai 1966, et comme dirait un de mes amis, "a great fucking band that deserved a Beverly Hills Mansion next to Jim McGuinn's". Chacun de ces quatre disques représentant le versant le plus lumineux du genre le plus lumineux, le folk-rock, et de tous les sous-genres qu'on voudra lui inventer. Du groupe on ne sait que des bribes : aucune photographie, un chanteur-compositeur, Tim Granada, décrit par un témoin comme un "hispanic tough guy", ce qui laisse rêveur à l'écoute de sa musique (après tout, "Andmoreagain" n'est-il pas le chef-d'oeuvre de délicatesse d'un dangereux caïd de Los Angeles?), un bassiste riche dont les parents aux aspirations de mécènes firent beaucoup pour le jeune groupe, et quelques témoignages émus d'anciennes connaissances déphasées.

Reste la musique, la plus virginale, la plus immaculée jamais enregistrée sur la côte californienne, qu'elle emprunte des chemins déjà foulés par d'autres ("I could be happy", Everest de la ballade à la Byrds, "People ask me why" et sa tendre inflexion britannique) ou des escaliers célestes découverts comme par miracle. De miracle il sera souvent question à propos des chansons des Dovers, dont l'écoute rend celle de Kim Fowley insupportable, comme il est inhumain d'affronter la rue et la population en sortant d'une projection de Brigadoon. Une chanson comme "What am I going to do" se marche du côté ensoleillé, la tête pleine d'un espoir qui se contente de ne remplir que le moment présent.

Bobby Fuller, le visage qui manque aux Dovers

L'apogée des Dovers est, de manière absolument princière, sa fin, ce dernier disque, "She's not just anybody", seule réponse et question possible au céleste Bobby Fuller et prolongement de ses "Let her dance" et "Never to be forgotten", auxquelles il emprunte le génial motif de basse saturée et les voix qui refusent de toucher terre. C'est après ce titre absolu qu'est entrée dans la langue des justes l'expression "une femme belle comme une chanson des Dovers", qui a encore de beaux jours devant elle pour les générations futures.

C'est dorénavant tout ce que je demande à la Californie, huit titres à écouter jusqu'à la fin du soleil."

Commander l'EP des Dovers sur le site de Misty Lane

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Published by Randall webb - dans Randall Webb Sixties
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