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2 août 2005 2 02 /08 /août /2005 22:00

            Ainsi parla Jeanpop2 :

            "Poire, je vois la candeur McCartnéenne de vos yeux se changer en stupeur, la stupeur des veilles de grandes révolutions, d'épiques découvertes. Vous ne comprenez pas. On vous a dès le plus jeune âge appris à faire le In and out Psycho-batave au son de Larry and The Blue Notes. Vous avez également expérimenté le sexe Italo-américain enveloppé des volutes ouatées de Smokey Robinson. Dans vos heures de Vieux loup, l'écume aux lèvres, vos déhanchements sont rythmés par The Chants R&B ou The Sparkles. Mais jamais vous n'imaginiez commettre la chose au son du "Depression" de The Specters. Laissez-moi vous raconter alors l'histoire de ce morceau :

             Ces quatre adolescents du Massachussets, lestes, décomplexés, avaient expérimenté les ravissements du in and out, défiant la permissivité des chauves, au bordel local. Ils en tirèrent leur sûre virilité et un morceau en hommage à cette psycho-batave whorehouse. Bien évidemment, les chauves et les grises s'offusquèrent de la hardiesse  des paroles de cette ritournelle bourrée de Pat. Ils séquéstrèrent alors leurs progénitures, leur imposèrent un régime au pain sec et à l'opérette des Appalaches, jusqu'à les forcer de laisser de côté la chanson honteuse. Après cette humiliation, plein de honte et de fierté, le groupe s'enferma en studio pour composer la chanson qu'ils voulurent par réaction la plus mélancolique du monde. Et écoutez, Poire, ils l'ont accomplie, et cette mélancolie est le bonheur d'être triste, d'être vivant, d'être la pointe rouge de la pyramide dans ce long désert privé de pittoresque, braise dans cet hiver sans étoiles.

Les parents et la petite soeur du chanteur de The Specters

             Parfaitement, Poire, vous avez tout saisi ! Cette chanson toute en faux-semblants, est un leurre ! Ma tête est surmontée d'un masque et tout ceci n'est que mascarade intense, à l'image du divin "Depression" ! Souvenez-vous, le jeu de l'ombre et de la proie ! Maintenant, amusez-vous et laissez-moi me faire gober le dard ! "

              A ces mots, Jeanpop2 s'éloigna en accomplissant de vertigineux sauts de cabri pour aller rejoindre un groupe de femmes lascivement expectatives. Je réalisai soudain qu'entrainé pas sa loghorrée, mon ami et maître ne m'avait pas laissé le temps de lui présenter Randall Webb. C'est alors qu'en me retournant je vis ce dernier fort occupé avec trois femmes noires, et ce de manière absolument frénétique. Randall Webb faisait le in and out comme on étrangle un tigre, son poitrail ruisselait et il hurlait son plaisir entre ses dents sans aucun égard pour le sublime "Depression" qui peinait alors à remplir l'espace.

                Soudain Randalll Webb s'immobilisa, tourna son visage défiguré par la douleur et s'affaissa d'une pièce. La musique avait cessé. Tous les visages convergèrent vers le corps de la bête et il  passa dans l'air comme l'haleine empoisonnée de l'été 1969.

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