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Sil paraît raisonnable de lui préférer M. Lennon lorsquon est jeune, il est sage et philosophiquement vrai de chérir en M. McCartney le maître absolu du songwriting. Je ne nie pas que M. McCartney, malgré « Helter Skelter », « Im Down », « I Saw Her Standing There », « Drive My Car » et dautres, soit avant tout un auteur de ballades et ajoute que cest une gloire indicible que de savoir composer des refrains sentimentaux. Lironie carnassière de M. Lennon ne lui permit jamais datteindre les cimes mélodiques de son partenaire décriture. Bien au contraire, dès 1966, M. Lennon sacrifie une partie de son génie en adoptant la triste mode hindouisante du moment. On sait quil acheta « Le Livre des Morts » dans une boutique chic du centre de Londres, et flatta ainsi dangereusement linclination du seul Beatle détestable, Georges Harrison, pour la méditation transcendantale. A cette époque, M. McCartney orchestre « Eleanor Rigby », pierre de touche de la pop baroque et pendant que ses camarades folâtrent comme des hippys millionnaires (curieux petit univers sur lequel règne lauteur de What ? : Roman Polanski), notre ami uvre en compagnie du vénérable Georges Martin dans la composition de bande-sons. Là encore, M. McCartney démontre quil est un homme de léternité, puisquau lieu de prêter son concours à de débilitantes oeuvrettes psychédéliques, il choisit des drames et des comédies nostalgiques.

Si lon se réfère maintenant au disque le plus populaire des Beatles, on notera que M. McCartney fait mine de participer au courant dominant, celui du pré-psychédélisme, ses concepts-albums et ses costumes chatoyants ridicules, tout en enregistrant des chansons courtes, polies et acérées. Il laisse son apparence se conformer aux canons contemporains (et en exagérant cette conformité) et continue dignement à égrener ses joyaux mélodiques. Son ascendant sur M. Lennon, qui compose pour loccasion ses chansons les plus futiles, est évident en cette année 1967. Les partisans de ce dernier invoquent deux années, pendant lesquelles M. Lennon lemporterait sur son rival : 1964 et 1968. Ils admettent quen 1963 puis en 1965 (la meilleure année des Beatles), les deux hommes, quils collaborent ou bien écrivent chacun de son côté, fournissent un nombre équivalent de chefs-duvre. Pour lannée 1964, M. Lennon est quantitativement prolifique mais il nest pas lauteur de « Things We Said Today », de « And I Love Her ». Aurait-il eu laudace de chanter dans une répétition hallucinatoire les vers : « And if you saw my love/ Youd love her too/ And I love her » ? Les historiens, incapables de comprendre lancien lyrisme, préfèrent disserter pesamment sur la « crise dylanienne » de M. Lennon
Pour lannée 1968, année du retour en grâce de M. Lennon, M. McCartney, de son côté, découvre quil est le plus grand auteur de torch-songs au monde. « Hey Jude » et « Junk » en portent témoignage. Ce don sexacerbe pendant lannée 1969. Rongés par linfluence pernicieuse de Georges Harrison, homme mal aimable, les Beatles sont prêts de se séparer. Toutes les ballades de M. McCartney réussissent alors lalchimie du particulier et de luniversel. « Two Of Us » se présente à la fois comme le récit ému des frasques de deux jeunes Anglais, le dernier regard sur lexistence irresponsable davant le mariage, et comme le rappel dune ancienne complicité volée en éclats. Le commentaire serait redondant pour linoubliable « The Long And Winding Road » : même alchimie, difficile à atteindre pour M. Lennon qui, belle affaire, commence alors sa cure de « cri primal ». « The Long And Winding Road », dès son titre, plante un décor romanesque sentimental définitif dans lequel on reconnaît sans peine un des grands motifs imaginatifs chers à Julien Gracq. Au contraire du cliché, le grand motif imaginatif est immémorial et la pureté de ses contours fait que son sens est inépuisable, toujours réinvesti par le cur du poète. « Penny Lane » sen approchait, seuls le pittoresque, le démon du détail, len éloignaient. Mais « The Long And Winding Road », mes amis, cest tout à la fois des romanciers comme Wilkie Collins et Thomas Hardy et des chanteurs soul comme James Carr et O.V. Wright. Longue route, battue par le vent, nuit profonde, que peu à peu la pluie décille, et qui chaque fois me conduisent à ta porte. Pareil degré de poésie se refuse à la plupart dentre nous, et cest pourquoi M. McCartney est bien le meilleur.
Bravo, je ne saurai démentir.
Cependant pourquoi avoir recours à une flagrante mauvaise foi en ce qui concerne Lennon et Harrison pour mettre en avant celui dont on parle alors qu'à propos du titre de votre article il n'y a pas débat. Je suis pour un second article (celui auquel je m'attendais)qui dirait Mc Cartney comme prévu, comme celui qui fraye la route venteuse qui mène à la porte de qui veut l'entendre.
Well, i must say have been deeply touched by the reading of this article. My french is not so good as it used to be , anyway... But i am a bit astonished in the way that no comment is made on my Wing period with Linda, which is, i must admit, one of my best period ever as far as songwriting, soundresearch and haircut are concerned ( go chek my website).
But you are right to mention the 60's, which are so far away from now, this time almost seems to have been a dream (maybe it was ??)
Eventually, thank you again Mr Poire for your admiration.
With love, Paulo
You can't fool me like that, young rascal.
I am so sorry for that misunderstanding. I just wanted to be friendly with the author of that glorious article penned upon my humble character. I just noticed the previous post was addressed to MR Poire, i followed the track.
And as you can see my english is so british, i can honestly be no one but the real Paul McCartney.
Final evidence : you shall spell my name with no space between Mc & Cartney.
Best Regards