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10 octobre 2005 1 10 /10 /octobre /2005 22:00

      L'Islande ne fascine plus personne, terre sans âme pour hommes sans coeur. Aujourd'hui refuge chic pour informaticiens et vidéastes à lunettes rectangulaires, sexy comme un mannequin anorexique en moufles ; l'Islande n'a pourtant pas toujours eu la patine pédé progressif qu'elle brosse aujourd'hui fièrement.

      N'oublions pas qu'on y buvait des alcools forts dans le crâne de son ennemi, à l'époque où les Islandais ressemblaient davantage à Ernest Borgnine qu'à une publicité pour agence publicitaire.

 

      Puis, avec Thor's Hammer dressés dans la tornade, c'est la traditionnelle et rassurante histoire du groupe éclos avec la deuxième vague du rock'n'roll : au départ influencés par The Shadows, à tel point que la première formation est baptisée The Shadows (mais en Islandais : Skuggar), le groupe connaît un remaniement lorsque le chanteur se fait opérer des amygdales. puis un voyage à Glasgow du guitariste avec son équipe de foot verra ce dernier acheter son premier album des Beatles, sésame pour un renouvellement magique du répértoire du groupe, devenu soudain grenier Psycho-batave. Puis c'est le film à la "Hard day's night" : "Umbarumbamba".

      D'après la tendance des producteurs de l'époque à neutraliser les impulsions les plus mortifères en les muant en farce souriante, on peut dire qu'"Umbarumbamba" est un film bien en deça de sa bande-son, soit quatre morceaux, quatre cercles de l'enfer islandais : colère crasse ("I don't care"), ennui teinté d'illusions ("Better days"), brutalité paysanne ("The big beat country dance") et sentiment d'inanité ("My life"). Quatre morceaux qui en fin de compte disent merveilleusement l'adolescence mais moins bien qu'un cinquième, "By the sea", écarté du projet final, probablement par un producteur vieux loup.

      C'est pourtant cette chanson qui traduit le mieux ce moment de la vie où la douceur maternelle se mêle de rouge et qu'on prend conscience qu'à trop étreindre on étrangle. C'est sur ces accords de guitare sèche emballés par une batterie trop pressée, heurtée comme dans un bus bondé, que s'entrelacent deux voix qui semblent elles aussi se dépêcher de vouloir.

      Et c'est toute la force de ce morceau, magnifique témoignage de la tendresse primitive, du feu intérieur Psycho-batave qu'éprouve l'adolescent quelques secondes dans sa trop longue vie.

(Vous pouvez écouter le morceau "By the sea" dans le module musical en haut de la page)

 

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Published by JEANPOP II - dans Essais épars
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