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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 17:51

Auckland, fin des années 50. Glyn Conway, né Tucker, qui a grandi loin de la mémoire à Upper Hutt, banlieue de Wellington, se joint à Paddy McAneney, apprenti boucher qui y retournera, pour former le plus grand groupe néo-zélandais de tous les temps.

Passons sur la genèse forcément tortueuse de ce groupe insulaire pour lancer une première piste. Avant l’avènement des Beatles, les jeunes ambitieux se rêvaient en musicien ou chanteur, rarement les deux : Glyn Conway, géant aux boucles vivaces, se voudra tous les groupes à la fois. En effet, dès l’orée des projecteurs, le set des Gremlins comprendra une centaine de chansons qu’ils joueront selon l’auditoire, s’adaptant aux regards affamés. Cette faculté de se munir de plus d’arcs que de flèches sera la marque des Gremlins, groupe à la culture foudroyante, dont les deux premières faces A seront des reprises méconnues de groupes « mineurs ». D’abord « The coming generation » des Knickerbockers (comble : reprendre un groupe de périphérie déjà copie carbone d’un autre mondialement célèbre) auquel fera écho leur propre « Understand our age » qui retient la même frustration teintée de menace, puis « A man’s gotta be man » des Castaways. Bien entendu le trésor est déjà à rechercher sous le phare : « The only thing on my mind », face B princièrement dépressive qui préfigure les années baroques avec son lancinant clavecin absent, montre déjà l’étendue de vision du groupe.

 

 

Alors c’est une régulière bourrasque de feuilles venues d’une fantasmatique Angleterre : Début 1967, « you gotta believe it » est le plus flagrant pastiche des Troggs jamais enregistré et pourtant : la chanson se déroule comme un étendard, bien que deux fois plus d’accords soient utilisés que dans les chansons du génie Reg Presley. Si le mimétisme avec ce dernier s’exprime même dans la voix d’adoption du chanteur néo-zélandais, la face B est d’une autre inspiration, contradictoire même, puisqu’il s’agit avec « I can’t say » d’un bouleversant exercice merseybeat, d’un lyrisme tout juste dessillé, d’une douleur familière qu’on ne parvient pas à nommer.

1967 sera pour les Gremlins le 1967 de tout le monde, et en images gigantesques. « Blast off 1970 » et son mélange d’anticipation kitsch et de drug song de bac à sable, « Never you mind » aux forts accents freakbeat, moins préoccupée cependant de désertique attitude « arty » que de construire une chanson et de l’habiter, « I want your love » pour laquelle la nonchalance fragile de Ray Davies est endossée… 1968 les verra s’essayer avec un bonheur égal au rhythm & blues sur le gentiment greasy « Listen to me ». On peut alors se demander pourquoi ils n’avaient jamais vraiment fait d’incursion dans ce genre… Gageons que le rhythm & blues, musique foncièrement anonyme, n’a jamais vraiment intéressé Glyn Conway, lui qui a toujours été à la recherche de signature à imiter, de paraphe à calligraphier courbe à courbe, d’idiosyncrasies à dévorer, ogre dont l’amour ne peut être entièrement contenu dans la minuscule Albion.

 

 

The Gremlins - You gotta believe it

The Gremlins - I can't say

The Gremlins - The only thing on my mind 

The Gremlins - Never you mind 

The Gremlins - Listen to me

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commentaires

Loretta (secrétaire de Jeanpop2) 23/10/2009 07:36


Merci,

JPII me charge de vous dire qu'il aime également beaucoup votre poil.

Affectueusement
Loretta


Dr Faustroll 22/10/2009 22:42


Un p'tit salut en passant pour dire que j'aime beaucoup ta plume et les sons qui l'ornent (ou l'inverse... je sais plus)


Jeanpop2 19/10/2009 21:05


Thank you !

The link is fixed.


michael vee 18/10/2009 21:53


merci beaucoup pour les Gremlins! (track 2 and track 3 are the same, would you correct that?)

cheers from Milano!