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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 16:06

        Ancien chanteur des magiques Hard Times de San Diego, groupe qui a avec une délicatesse nonchalante caramélisé la pop californienne, Rudy Romero publie un unique album solo en 1972. S’il est en partie marqué par l’esprit singer/songwriter communautariste bien de son époque (jusque dans les rumeurs : George Harrison aurait gratté quelques accords pendant les sessions, la belle affaire), c’est bien un homme seul qui l’habite, du moins y entend-t-on les mouvements de son unique cœur surpeuplé, une dernière fois, avant que Rudy Romero ne s’évanouisse lentement dans l’alcool et le laisser-vivre, sous le regard impuissant de ceux qu’il a aimés. Dans le meilleur morceau de l’album, c’est bien l’ivresse et le laisser-aller qui règnent de concert.

 

http://991.com/newGallery/Rudy-Romero-To-The-World---Wh-519646.jpg

 

        « Love comes when it wants to anyway » est la plus belle illustration du fatalisme béat à l’œuvre dans le disque. Ce fleuve harmonique de quatre minutes trente, qui s’imprime ensuite pour toutes les semaines de l’existence, est mené par une voix d’une justesse constante, timide et inébranlable, relâchée et éperdue. De toutes manières, l’amour vient sans s’annoncer, il ne nous reste plus qu’à le subir délicieusement, puisque “We don’t have to find an answer or a meaning about being here together”. Contrairement à son phrère de pure joie et déchéance, Dennis Wilson, Rudy Romero n’est pas à la recherche du « quelque chose » qui a poussé Dumb Angel à son dernier plongeon. Avec lui la fêlure est pleinement assumée et la rêverie, bercé par les aléas de cette vie qu’on n’a pas choisi de susurrer, préférée aux dents de scie du sublime.

 

 

 

Rudy Romero - Love comes (when it wants to anyway)

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