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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 18:50

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De grandes vérités restent à être dites. C'est tout le poid de l'espoir qu'il reste au CEPB. Et inversement.


Buddy Holly "It's too late"
The Cords "Too late to kiss you now"
Galaboochees "It will never work out"
End "Bad night"
Living Ends "Self-centered girl"
We The People "Beginning of the end"
The Pedestrians "It's too late"
The Hydraulic Raisins "The end"
The Scavengers "It's over"
The Epics "Too late"
Living End "Brigitta"
The Endd "Out of my hands"
Evil "I know I'll die"
The Living Children "Now it's over"
Ben E. King "It's all over"
Betty Harris "I can't last much longer"
Jimmy Fraser "Of hopes & dreams & tombstones"
Art Neville "Too late"
Bert Sommer "And when it's over"
MG & the Escorts "It's too late"
West Coast Pop Art Experimental Band "Endless night"
Bergen White "It's over now"
The Other Side Of Time "This is the end"
Six Deep "Girl it's over"
The Brimstones "It's all over now but the crying"
The Dearly Beloved "It's all over"
The Music Machine "Point of no return"

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 12:12

Pacific Ocean Red

Download it here !!!

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Dennis Wilson Speaks

Darius - Dawn

Chris Lucey - Girl from Vernon Mountain

Goldebriars - Haïku

The Byrds - Everybody's been burned

Now - Deja Vu

The Millenium - Karmic Dream Sequence

Ashes - Dark on you

Jackie De Shannon - Come and stay with me

Eighth Day - Building with a steeple

Something Else - Let me say now love

AK-233.jpg

Novas - Whenever you're ready

Madhatters - You may see me cry

Journey Men - Short and sweet

Chessmen - Running wild

The Moon - Life is a season

Yankee Dollar - Live and let live

Horses - Birdie in a cage

The Poor - Come back baby

Mark Eric - Move with the dawn

Stone Country - Everywhere I turn

Saturday's Photograph - Summer never go away

Pacific-Dusk-Sky-3.jpg

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 18:43

 

Optimisme
web_Slim_Whitman.jpg


Pour cette nouvelle émission proche d'une idée Mazdéenne de la perfection, Sred Sweign déploya son sourire et son éloquence nonchalamment byzantine comme jamais, et nous l'en remercions.

The Pharaohs "Heads up, high hopes over you"
Jaguars "It's gonna be alright"
The Sons Of Adam "Tomorrow's gonna be another day"
Sound Track "I see the light"
Harbinger Complex "Tomorrow's soul sound"
Hardtimes "There'll be a time"
Tommy Jay "Springtime's coming"
The Off-Set "A change is gonna come"
Paul Revere & The Raiders "There's always tomorrow"
Marvin Gaye "Seek and you shall find"
Melvin Davis "Save it (never too late)"
The Autographs "I can do it"
The Soulville All-Stars "I'm gonna get to you"
The Ghools "It will be fine"
The Riots "I can go on"
Four Of Us "You're gonna be mine"
Kenny & The Kasuals "I'm gonna make it"
The Blueberries "It's gonna work out fine"
Shel Naylor "One fine day"
The Syndicats "On the horizon"
New Hopes "I found a love"
The Aerovons "Everything's alright"
Hope "Green house"
Fargo "Promises of love"
Freddie Allen "We've only just begun"
Bob Dylan & The Band "I shall be released"

 

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 14:18

Par cet ignoble individu :
01_loureed.jpg
Pendons-le par l'appareil génital

En écoutant The Talismen

talismenjohnlorenjack.jpg

The Talismen - I know a girl

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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 13:49
Il est dressé procès-verbal des délibérations eu égard à l’attribution du titre
 de membre honoraire de la liste du PAT par le Conseil Psycho-Batave.  
 La loi Psycho-batave en fixe le contenu minimal. Par le biais de son règlement 
 d'ordre intime, le Conseil peut prévoir un contenu plus large.  
 Le procès-verbal reprend dans le désordre : 
   
 tous les objets mis en discussion;  
 la liste non exhaustive de l’attribution de membres honoraires du PAT  
 la suite réservée à tous les points pour lesquels le Conseil n’a pas pris de 
 décision.  
 Il doit reproduire clairement et de manière funky, toutes les décisions mais il 
 ne doit pas retranscrire les discussions dans leur intégralité.   
 La rédaction du procès-verbal incombe au Secrétaire communal Psycho-batave (art. 
 108)  
 Il est normalement donné lecture en chanson du procès-verbal de la séance 
 précédente à l'ouverture de chaque séance (art. 89), sauf stipulation contraire 
 du règlement d'ordre intime. 
   
 Le procès-verbal de la réunion précédente du Conseil communal est mis à la 
 disposition des Conseillers communaux 7 jours francs au moins avant le jour de 
 la séance (art. 89). Durant toute la réunion suivant celle à laquelle le PV se 
 rapporte, les Conseillers communaux peuvent formuler des observations quant à sa 
 rédaction, mais également chevaucher en charmante compagnie. Ces observations 
 doivent faire l'objet d'un vote; si elles sont adoptées, le Secrétaire communal 
 PB présente séance tenante ou, au plus tard lors de la prochaine réunion, 
 éventuellement dans la quinzaine si l’oubli est le fait de quelque plante 
 psychotrope, un nouveau texte conforme à la décision du Conseil PB. Si cette 
 réunion se déroule sans observations ni hématomes, le procès-verbal est 
 considéré comme approuvé. 
   
 Chaque fois que le Conseil PB le juge convenable, le procès-verbal est rédigé 
 séance tenante, en tout ou en partie, et signé par les Conseillers communaux 
 présents, en présence d’un groupe de bal perruqué et postiché interprétant 
 bruyamment le répertoire de Byrds période 1965-1966 (art. 89). 
   
 Après son approbation, le procès-verbal des réunions du Conseil PB est transcrit 
 à la plume dans un registre par le Secrétaire communal. Le procès-verbal 
 transcrit des réunions du Conseil PB est signé par le Bourgmestre et par le 
 Secrétaire communal; cette signature doit intervenir dans le mois qui suit la 
 réunion du Conseil communal à l'issue de laquelle le PV a été considéré comme 
 approuvé.
 EXTRAIT :   
 - Attendu que, suite à la séance plénière du Conseil PB 2007, la liste 
 soit communiquée de manière non exhaustive  
 - Attendu que, la rédaction de la susdite liste fut sujette à des houleux 
 débats au sein du conseil PB   
 - Attendu que, d’autre part, l’apparition de contrefaçon du PAT fut 
 clairement établie et démontrée par Me Blaizard, dans notamment le show-business 
 et la restauration de type pizzeria  
 - Attendu que, finalement le Conseil PB n’a pas excédé ses prérogatives 
 dans l’attribution de la fumante liste 
    
 Par ces motifs, la liste est telle que : 
   
 1/ Paul Hogan, Australian actor  
 2/ Jean Casimir-Périer, French Président  
 3/ Vernon Dalhart, American Vocalist 
 4/ Serge Falconi, Corsican Fireman
 Se voient attribuée la qualité de détenteur du PAT © à vie. 

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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 19:12

Aquarelle
turner-regen-copie-1.jpg


Superbe émission où tous motifs s'enlacèrent à l'infini comme dans une marine de Turner, avant de tout ramener sur terre la semaine prochaine. Oui, le courage ne se consomme pas, il s'épuise.

Noforonin-Dratsiambakaina, Hirain-Drazaivelo & Christine Zanany "Miverena Rahavana"
Bobby Fuller "Don't ever let me know"
Jackie De Shannon "Come and stay with me"
The Band "You don't come through"
Joe & Bing "Daydream"
Gaunga Dyns "Clouds don't shine"
Tresa Leigh "Until then"
Sounds Of Night "Sorrow"
The Noblemen 4 "I can hear raindrops"
Marvin L. Sims "Danger"
The Rubaiyats "Tomorrow"
Van Dykes "No man is an island"
Curtis Mayfield "To be invisible"
Hard Times "Take a look around"
The Pretty Things "Can't stand the pain"
The Dynamics "I'll be standing there"
The Unknowns "The modern era"
The Instincts "No no no"
St Petersbourg Paradox "Where she's gone"
The Rising Storm "Mr Wind"
I Kings "La bussola"
The Renegades "Tell me what to say"
The Poets "I'll cry with the moon"
The Flamingos "I only have eyes for you"
Dennis Wilson "Lady"

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 19:16

Histoire

Culture, élégance, lyrisme, grandeur d'âme. Malgré le retard éhonté d'un Sweign assoupi, YEAH.

The Lincoln's "We got some"

Paul Revere & The Raiders "Get it on"

The Yankee Dollar "Reflections of a shattered man"

The Five Americans "Western Union"

The Search "Mr Custer"

October Country "Cowboys and indians"

Kiria Crucible "The Salem witch trial"

P-Nut Butter "Conquistador"

July Four "Frightened little girl"

George Jackson "Don't use me"

Gino Washington "Rat race"

Roosevelt Grier "C'mon cupid"

Clarence Carter "I'd rather go blind"

The Band "The night they drove old dixie down"

Tim Hardin "Shiloh town"

Marvin Gaye "Abraham, Martin & John"

Centurys "So the prophets say"

We The People "Declaration of independence"

The Kinks "M. Churchill says"

The Troggs "Night of the long grass"

The Lincoln's "You can't come round anymore"

Jim Carter & Senators "Society"

John Brown's Bodies "Out my mind"

Disraeli "Say you love me" 

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12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 11:16

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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 19:03

Propos recueillis et traduits par Uder Mermouch

Michael Yonkers, né en 1947 à Minneapolis-MN, vit et travaille à Saint Paul-MN.

Uder Mermouch: Vous étiez un jeune adolescent au début des années 60, que pouvez-vous nous dire de cette époque?

Michael Yonkers: C’était une époque où les «vents du changement soufflaient très fort». C’était aussi une époque de grands espoirs. Je me souviens du sentiment que j’avais d’être convaincu qu’à l’époque si les gens rencontraient des problèmes, ils cherchaient à les comprendre et ça suffisait à les résoudre... maintenant, quarante ans après... tout me semble à peu près pareil, mais en bien pire. Au delà des évidences, ce qui me frappe le plus c’est combien se déplacer est devenu difficile. Que ce soit en voiture, en avion etc., tout peut aller plus vite... mais il me semble que ça prend toujours plus de temps. Autre chose, à l’époque si je voulais emporter de la musique à l’extérieur, je n’avais qu’à emporter une lourde boîte de la taille d’une valise et quelques vinyles, à l’intérieur de cette boîte se trouvait une platine portative, le son sortait par une corne directement reliée par le bras à la tête de lecture.

Vous intéressiez-vous déjà à la musique? Pouvez-vous nous dire quand et comment vous y êtes vous intéressé, vos premiers enthousiasmes?

Ma mère m’a raconté que dès ma plus tendre enfance elle se souvient m’avoir vu enthousiasmé par la musique. Mon premier vrai «appel» ou mon premier «réveil» s’est produit lorsque j’ai entendu les premiers morceaux dits «rock» sur une station FM. Mon père écoutait beaucoup de country, il n’y avait pas vraiment de stations «rock», cette musique commençait à peine à être reconnue et diffusée et là où nous vivions on ne pouvait justement en entendre que sur les stations country. C’est quand j’ai entendu Buddy Holly que je me suis dit «je veux faire ça». Avec l’argent que je reçus pour mon premier petit boulot, je m’achetai un des premiers transistors, une vraie nouveauté à l’époque. Je pouvais le mettre sous mon oreiller et écouter une antenne locale en douce toute la nuit.

Après le lycée, aviez-vous une idée de ce que vous feriez, ou simplement de ce que vous vouliez faire?

J’ai réussi tout juste à avoir mes examens de fin d’études secondaires. Je ne savais pas du tout ce que j’allais faire, même si l’idée de devenir garde forestier m’avait paru assez séduisante. A cause de mes résultats scolaires passables, j’ai dû obtenir une dérogation pour entrer dans un college1. J’y ai suivi une grande variété de cours sans réelle orientation. Lors de ma troisième année j’ai trouvé un boulot dans un magasin de fournitures de musique. La nuit, le patron bossait à des travaux personnels: il s’agissait par exemple de concevoir de gigantesques (pour l’époque) amplis et enceintes.

Il me proposa de l’aider. Ainsi, j’abandonnai plus ou moins les cours pour le suivre dans ses projets. Il m’est difficile de dire combien j’ai appris sur les équipements sonores, le matos en général de cette manière là, ça a été une expérience pivot.

A quoi ressemblait la scène à Minneapolis-Saint Paul au milieu des années 60, y étiez-vous impliqué?

La scène des «Twin cities» était très vivante, vraiment «hot», elle l’est toujours. Mais à l’époque comme aujourd’hui, tu dois «aller» vers cette scène, tu dois être aiguillé par quelque chose pour trouver quoi que ce soit d’intéressant. J’ai joué pour la première fois en public en 1962, donc on peut dire que je faisais partie de cette scène musicale. En 1965 j’avais mon propre groupe Michael Yonkers & the Mumbles qui comprenait quatre membres. Nous étions les seuls à pouvoir jouer nos propres compositions pendant un set de 45 minutes. Fin 1966 un des membre est parti à l’armée, c’est à ce moment là que le groupe est devenu le Michael Yonkers Band. Nous avons composé ce qui allait devenir Microminiature Love. Toute l’année 1967 nous avons joué et répété ces morceaux, puis début 68, nous les avons enregistrés d’une traite en une heure. A cette époque la plupart des spectacles avaient lieu dans des gymnases scolaires. Il n’y avait pas de «premières parties», normalement il n’y avait qu’un groupe par concert qui jouait trois ou quatre sets de 45 minutes, il n’y avait rien entre les sets. Les spectacles les plus importants appelés «top gigs» avaient lieu dans des salles polyvalentes gigantesques, ces endroits étaient vraiment de taille colossale. L’une des grandes différences entre alors et aujourd’hui est que presque tout le monde dansait, tu vois ça d’ici!

Vous êtes célèbre pour votre passion qui consiste à trafiquer, bidouiller, transformer vos instruments et votre équipement, vous avez même été jusqu’à construire un studio qui force le respect dans la cave de vos parents. Quelle vie meniez-vous pendant ces années 1967/69? Fréquentiez-vous encore l’université? C’était une période d’effervescence pour le Michael Yonkers Band, non?

Revenons à l’époque où je commençais à jouer. Il n’y avait ni pédales ni boîtiers d’effets. Tout ce qui existait pour le musicien rock moyen c’était la réverb et le trémolo qu’il y avait sur les amplis. Si tu avais de l’argent, tu pouvais ajouter un magnéto à bandes qui lui aussi possédait un effet d’écho, mais c’était tout. Mon intérêt pour la distorsion est venu de l’écoute de vieux disques de blues dans lesquels le son était complètement modifié par les tous premiers amplis que les types utilisaient. J’ai alors essayé d’obtenir quelque chose de similaire en tailladant au rasoir de vieilles enceintes. Je passais le son sur ces baffles pour certains morceaux. J’ai continué à expérimenter dans ce style jusqu’à ce que j’ai mes premiers équipements électroniques. En 1966 j’arrivais à employer beaucoup de distorsions et autres effets inqualifiables dont je n’étais pas peu fier. J’en étais arrivé à mystifier les autres guitaristes.

J’ai fréquenté l’Université du Minnesota2 de 1965 à 1968 et encore un peu courant 69. Je n’avais vraiment rien en vue... Je laissais venir... Comme je continue à faire. J’avais la chance d’avoir mon propre studio dans la cave, chez mes parents, je pense que pour eux c’était un bon moyen de «garder un oeil sur moi».

Cette période aurait pu être couronnée par la sortie sur le label Sire de Micromiature Love dont l’enregistrement était déjà fait. Ce projet tomba à l’eau, pouvez-vous nous éclairer sur cet échec, comment l’avez-vous vécu?

Il y a pas mal de choses qui ont été dites et écrites là-dessus, je ne peux pas répondre avec certitude. J’étais alors impliqué dans les activités du studio Candy Floss-Dove, Peter Steinberg en était le directeur. Lui et moi nous entendions très bien. Après que j’eu terminé l’enregistrement de Microminiature Love, Peter l’emporta à New York et en Californie, il l’envoya également à de nombreux labels parmi les plus importants et à quelques autres moins connus. Le seul label à être intéressé fut Sire. Les gens de Sire vinrent aux studios Dove pour voir les choses de plus près. Ils offrirent un contrat. Je n’eus pas de contacts directs avec eux, mais quand le contrat arriva sous mes yeux, je le refilai à un avocat pour qu’il y jette un oeil. C’est à partir de là que l’histoire se corse. L’avocat a pris contact avec quelqu’un (au label Sire, aux studios Dove?) et il me rapporta que Sire voulait que je largue le groupe, que j’abandonne l’enregistrement que nous avions fait et que je recommence tout à New York avec des musiciens de studio. Je ne sais toujours pas qui a voulu ça, tout ce que je sais c’est que je ne larguai pas le groupe et que je ne ré-enregistrai pas l’album avec d’autres musiciens. Je ne signai donc pas de contrat et les choses en restèrent là. Si ça c’était passé aujourd’hui, j’aurais personnellement contacté Sire pour demander des éclaircissements.

Après cet échec, qu’est devenu le Michael Yonkers Band? Etes-vous resté seul, avez-vous continué à vous produire en public, qu’avez-vous fait au juste?

Le groupe s’est dissous, ce fut en grande partie dû au fait que l’armée cherchait à m’enrôler pour partir au Vietnam, pendant une année et demie «dans les limbes» j’attendis de voir comment allait tourner cette situation. En raison de cafouillages administratifs, je fus successivement appelé, puis non, puis de nouveau appelé pour finalement ne pas l’être. De toutes façons, durant cette période, je commençais à me produire en solo dans des cabarets, la première partie de mon show était entièrement acoustique et vocale, la deuxième, amplifiée et vocale, la troisième était uniquement constituée de kazoo accompagné de sons électroniques. C’est à cette époque que j’ai rencontré Milo et me suis retrouvé en complète accointance avec lui. Milo est l’un des protagonistes parmi les plus actifs du free jazz, mouvement qui m’attirait beaucoup. Je l’ai beaucoup accompagné dans ses prestations en tant qu’invité, ça a beaucoup contribué à aiguiser mon jeu.

Quelques années plus tard vous avez été victime d’un grave accident dont vous subissez encore les conséquences. A cette époque les traitements pouvaient s’avérer aussi traumatisants que l’accident en lui même, certains examens exploratoires chirurgicaux ont abîmé votre moelle épinière de manière irréversible et vous ont infligé des douleurs dont vous souffrez encore. S’agit-il d’un tournant? Les trente années suivantes de votre vie sont assez intrigantes. Pouvez-vous nous parler de ces décennies 1970/80/90? Comment avez-vous surmonté cet événement? Pouviez-vous jouer sur scène ou ne serait-ce que travailler? Cet événement catastrophique vous aurait-il poussé dans vos retranchements, vous obligeant à mener une vie plus excentrique qu’elle ne l’était?

Je me suis brisé le dos lors d’un accident qui est survenu dans un entrepôt industriel. Plus de 500 kg de ferraille me sont tombés dessus, ma colonne vertébrale a été fracturée en deux endroits. Ca marqua l’arrêt fracassant de tout ce dont j’ai parlé en rapport à la musique. Il est difficile de parler des suites car peu de gens ont entendu parler de l’affection dégénérative «adhesive arachnoiditis» causée par le «pantopaque», un agent contrastant injecté dans l’espace sous arachnoïdien du canal rachidien après qu’une ponction lombaire ait été effectuée, lors d’un examen exploratoire appelé myélographie. J’ai subi deux myélographies au «pantopaque»... et depuis, je n’ai plus jamais été le même. Le «pantopaque» contient un agent chimique si puissant qu’il peut dissoudre le caoutchouc. Il était utilisé dans le but d’obtenir des radiographies lisibles (il n’existait pas encore d’IRM). Les conséquences ont été catastrophiques pour des millions de gens, la douleur est terrible et ne s’arrête pas... Et ce n’est que le début des problèmes. Il me paraissait acquis que je ne jouerai plus jamais en public... à moins qu’un miracle se produise. L’adage selon lequel la solution réside dans le coeur même du problème a gouverné ma vie.

J’en viens maintenant à parler de mes vieilles vidéos, celles, plus d’une centaine, que j’ai mises en ligne sur YouTube3. Elles ne sont en rien «professionnelles». Il s’agit plutôt d’archives documentaires, au fil du temps j’en mettrai d’autres en ligne et au final cela constituera une véritable vidéothèque d’archives sur ma vie pendant ces décennies 1970, 1980 et 1990. Je ne pense pas avoir assez de place ici pour parler en détail de toutes ces années qui ont été très compliquées pour moi. Je préfère en effet laisser parler ces vidéos pour moi. Mais pour faire bref, dans les grandes lignes: 

- années 70: travail en usine et un peu plus tard dans des centres commerciaux,

- années 80: j’ai mon propre magasin (Loonland), j’apprends et pratique la danse (un grand nombre de styles, en particulier la danse moderne et le ballet), je fais aussi le figurant,

- années 90: j’étudie plus précisément la danse moyen-orientale, je travaille aussi dans un élevage d’ovinés,

- ce que j’ai fait invariablement pendant ces trente années: danse moderne et expérimentations sonores.

Etes-vous resté tout ce temps dans votre ville natale? Vous sentez-vous spécialement attaché à Minneapolis-Saint Paul?

J’ai passé du temps dans chacun des Etats de l’Union ainsi qu’en Europe, au Canada et en Australie. Je peux dire honnêtement que je ne me suis jamais retrouvé dans un endroit qui m’ait réellement déplu. Mais je dois dire également que je ne me suis jamais senti poussé à quitter le Minnesota, je m’y sens bien. Le temps est intéressant ici, il y a une amplitude annuelle de température de près de 50°C. J’ai lu quelque part que Minneapolis-Saint Paul a l’un des climat les plus rude de la planète (pour une agglomération de cette taille).Peut-être que je reste ici parce que j’aime souffrir.

Votre investissement sur la scène a dû changer durant cette réclusion. Vous êtes-vous impliqué dans quelques projets d’importance durant ce long chapitre de votre vie?

La musique devint quelque chose d’essentiellement intime. Quelque chose que je faisais aussi totalement seul. J’avais eu cette idée de me filmer le plus possible, je me félicite d’avoir fait ça, d’avoir eu cette approche. De temps à autres je jouais en public... mais c’était plutôt rare. J’ai eu à passer tellement de temps à me soigner pendant toutes ces années, que la musique est passée au second plan. Et je dois dire que c’est toujours un peu comme ça.

La sortie de deux morceaux, Microminiature Love et Killing the Ennemy sur la compilation Unreleased Dove Studio Cuts 1964-69, par le label de Pittsburgh Get Hip en 1997, ainsi que, suite au regain d’intérêt pour votre musique, la sortie en 2002 de l’album Microminiature Love (enrichi de six titres contemporains à l’enregistrement originel) par le label DeStijl ont fait beaucoup de bruit et vous ont fait sortir de votre silence. Qu’avez vous pensé de ce complet retournement de situation après tant de temps?

Quand cette compilation de Get Hip est sortie, j’étais heureux comme un gamin dans un magasin de sucreries, Get Hip fini d’ailleurs par sortir un 45 tours de ces deux titres. Je fus (et suis toujours) extrêmement excité par ces parutions.

Après la sortie par DeStijl de l’album lui-même en vinyle (avec les photos d’époque)... je me suis senti comme si j’étais entré au paradis.

Après la sortie en CD sur SubPop... ce fut l’extase.

Cela pouvait-il aller mieux? J’ai vraiment pensé que je devais en profiter pleinement parce que je me disais que ça ferait long-feu, sachant que de nos jours il y a quasiment une saturation constante de l’actualité musicale. Et voilà, maintenant, cinq ans après il y a toujours tout cet enthousiasme, ça m’épate.

Vous avez été décrit comme le «plus extraverti des reclus de la planète», comment vous présenteriez-vous aujourd’hui? Merci. 

Je me vois comme quelqu’un qui aime beaucoup les autres tout en aimant être pleinement moi-même. Je sais que ça va paraître étrange, mais je ne suis pas du tout fasciné par moi-même, je me vois seulement comme la personne qui est le plus susceptible d’être comme je devrais être.

Au fur-et-à-mesure que les séquelles de l’accident révélaient leur gravité, je devais me reclure de plus en plus. J’ai eu à passer tellement de temps à me soigner (et à prendre du repos suite aux thérapies) qu’il ne me restait plus que quelques heures à peu près décemment utilisables par jour.

En sorte que j’ai dû me poser la question de savoir comment je voulais passer le peu de temps qui me restait.

Donc, en ce qui concerne ma vie de tous les jours, je préfère passer le peu de temps qui m’est imparti à faire de la musique ou tout autre chose qui me plaît... plutôt que de sortir en société.

Je prends toujours plaisir à aller voir des concerts et à jouer en public dès que je peux. A soixante ans, je veux passer plus de temps à regarder ce que j’ai accompli.

J’ai beaucoup de matière, vidéo et photo à regarder, à explorer. J’aime dire «mon futur est mon passé». Ca me va, parce que la plupart des gens à qui je parle sont plus intéressés par ce passé que par ce que je fais maintenant. Mais après toutes ces années, je réalise que «le présent est le passé de demain».

1. College: établissement local public d’enseignement supérieur ne proposant que des cycles courts à vocation professionnelle.

2. University of Minnesota: une des deux universités du système public dont dispose chaque Etat. Plus prestigieuses que les simples «colleges», elles offrent des cursus généraux longs et diversifiés qui aboutissent aux célèbres masters.

3. Pour visionner les vidéos de Michael Yonkers: entrez Bonusmouse sur YouTube.

 

 

 

 

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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 14:42

                La particularité du Haunter, au sein de son groupe d’élection : le Moody track, est son absence de sentimentalité. Ce qui le sépare du registre psychédélique/planant/stoner est la modicité de son orchestration, sa durée brève, et la couleur unique qui le commande : l’étrangeté. Le sentiment d’étrangeté doit être distingué de celui de l’extravagance d’une part, de celui du morbide d’autre part. Le sentiment d’étrangeté, au contraire des deux autres, ne procède pas d’un choix de comportement ou d’humeur, qui fait d’eux des fantaisies subjectives. L’étrangeté naît d’une marche imparfaite des choses et ne dépend pas d’un dessein. Elle est provoquée par un cours anormal des événements mais qui ne se laisse pas saisir immédiatement. Très souvent, l’étrangeté peine à être caractérisée dans ses parties, quoiqu’elle marque toujours et du premier coup celui qui la relève. Que les choses ne se déroulent pas selon le rythme ou l’intensité qui leur conviendrait, et l’Orgue du Fantôme anime les tuyaux de notre esprit. Il n’est pas nécessaire de décrire les moyens, très variés, très complexes, à l’œuvre dans tel Haunter, mais chaque fois, l’effet est identique : pouls ralenti, évanouissement des accords, interzone de l’atone et de l’horrible. On ne comprend pas ce qui relie l’atone et l’horrible. Ce type de disjonction criante ne satisfait bien sûr pas au tranchant logique du Psycho-Batave. Il ne s’agit pas d’Imminence. Nous ne savons pas qu’un danger nous guette, aussi nous ne devinons pas une force, une forme plus pleine et puissante que toute forme existante. L’Horrible ne constitue pas cet événement désiré, dans l’Imminence. L’Horrible est davantage l’intuition d’un oubli, d’une dissolution et d’un tombeau. Il ne se laisse pas définir en tant que Malheur, qui en ferait à nouveau quelque chose d’actif. Et seul l’Atone, par son renoncement aux affections du corps et de l’esprit, permet d’approcher l’Horrible. Or chaque Haunter ne laisse pas d’être un vecteur généreux d’images, et il a été établi ailleurs que ces images, pour la plupart, participent du fond de frayeurs, réunies par l’expérience coloniale britannique. Alors ce qui pourra signaler un véritable Haunter ne peut être que la résurrection involontaire de ce Passé impérial, et non le seul goût de l’exotisme. Il ne suffit plus d’arborer le turban et la barbe du maharadjah : c’est tel individu, jamais tenté par le déguisement, visité par les Colonies mystérieuses, qui sera le créateur d’un Haunter. Comment parler d’Atone, tandis que l’on affirme encore la richesse de l’imaginaire dans l’Orgue du Fantôme ? Et pourquoi parler d’Horrible, lorsque nous voulons le qualifier négativement, comme le contraire d’un Malheur ? C’est que l’imaginaire, dont nous avons rappelé l’origine, ne forme qu’un substrat, et qu’il n’est décelable que par l’analyse. En empruntant une terminologie célèbre, nous pouvons ici parler d’un contenu manifeste et d’un contenu latent. A ceci près que dans l’Orgue du Fantôme, c’est le contenu latent qui est figuratif, que l’on doit extraire, et c’est le contenu manifeste  qui consiste en postures, pulsions, mouvements de l’esprit. Le Haunter est avare d’événements et d’émotions, comme nous l’avons déjà indiqué ;  il n’est pas un rêve proliférant. Le rêve, précisément, est pour une fois la matière qu’il faut extraire, et le cours indifférent et glacé du Haunter ne traduit que la beauté intimidante de ce rêve, une beauté tellement spéciale qu’elle fait craindre à celui à qui elle est révélée, que l‘oubli, la dissolution et le tombeau lui sont promis.

 

 

 

20 Haunters et ce qu’ils dessinent :

 

1. The Specters « Depression ».  Une mise en sarcophage.

2. The Werps « Shades Of Blue ». Un rite tantrique.

3. The Epicureans « I Dont Know Why I Cry ». Un tapis volant.

4. The Blokes « Slanders Child ». Un fleuve des Enfers.

5. Brym Stonz « Tymes Gone By ». Une société de bardes, retranchée au cœur de la Forêt.

6. The Bounty Hunters « Somewhere ». Le cavalier sans tête.

7. The Madhatters « You May See Me Cry » . Le culte zoroastre.

8. Reuben Bell « Its Not That Easy ». Le labyrinthe. 

9. The Vendors « My Rose-Ann ». D’interminables galeries sous la roche, et l’être qu’elles abritent.

10. Evil « I Know Ill Die ». Une lampe-tempête, telle qu’invoquée par Sred Sweign.

11. Flower Power « Stop ». Les danses païennes de Summerisle.  

12. The Dhag Dhags « Tipo Sicodelico ». La mort dans le canyon, après la perte des cinq sens.

13. The Savages « Quiet Town ».  L’Etoile mystérieuse et les dérèglements climatiques engendrés.

14. Uncivilized « back again ». Des insectes sur la fourrure d’un loup.

15. Yabancilar « Agit ». Sred Sweign et ses amis sur la plage, attendant la fin du monde.

16. Paul Martin « It happened ». Un prince retrouvé pendu dans son nid d’aigle.

17. Adrian Lloyd «Got a little woman ». La créature de Frankenstein hébétée sur la banquise.

18.  The Enfields « In the eyes of the world ». La longue marche du condamné.

19. Disraeli « What will the new day bring ». La jouissance juste avant la mort.

20. Pussyfoot « Hasty words ».  Une secte constituée d’hommes glabres et nus.

The Bounty Hunters - Somewhere

Flower Power - Stop

The Dhag Dhags - Tipo Sicodelico

Yabancilar - Agit

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