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    <title><![CDATA[Le Centre d&#39;Etudes Psycho-Bataves de Jeanpop2 (Notes de Boulter Lewis)]]></title>
    <link>http://www.jeanpop2.com/categorie-112769.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Notes de Boulter Lewis&quot; du blog &quot;Le Centre d&amp;#39;Etudes Psycho-Bataves de Jeanpop2&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Fri, 12 Mar 2010 21:55:47 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Fri, 12 Mar 2010 21:55:47 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2010, Sa Majesté JEANPOP II</copyright>            <category>Notes de Boulter Lewis</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[La peur à Auburndale : The Psychopaths]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-28829346.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: left;">
    Notre histoire débute, d’après l’état de mes recherches, dans le village d’Auburndale, ville de Newtown, Massachusetts. Ce superbe pays abritait, abrite encore, Norumbega Park, dont mon père
    disait qu’il était le meilleur endroit où emmener sa famille les dimanches et jours chômés. J’ai marqué une hésitation sur le choix du temps parce que Norumbega Park n’est aujourd’hui que l’ombre
    de ce qu’il fut, à la veille de la guerre, lorsque les amusements et attractions coloraient la vallée, que les régates soulevaient des clameurs enthousiastes chez les étudiants, et que les
    chanteurs favoris du crime organisé se succédaient au Totem Pole Ballroom, provoquant des pâmoisons chez les épouses de nos messieurs du Massachusetts. Je visitai une fois cet ancien Eden, en
    1958, et mon père ne retint pas ses larmes à la vue des planchers pourrissants, des machines en sommeil, et des eaux murmurantes. Ainsi Auburndale était redevenue la paisible bourgade qu’elle
    devait être avant 1897, date à laquelle Norumbega Park avait ouvert ses portes. J’aime Newton et les villages qu’elle fédère. Au contraire de mon père, je les ai toujours connus pour ce qu’ils
    resteront sans difficulté, des havres de tranquillité et de confort. Il est de fait très naturel qu’un orchestre Psycho-Batave, s’il y voit le jour, éprouve un sentiment plein de triomphe bruyant
    et perturbateur. Il symbolisera alors son avènement par l’adoption d’un patronyme agressif. Cet orchestre, Don, exista, et il se fit appeler The Psychopaths. Il est essentiel, pour commencer, de
    comprendre que le son des Psychopaths est modelé sur une interdiction. Celle-ci, en tant que principe, a beau former le coeur de l’éducation de chaque héritier des Pères fondateurs, elle se
    doubla néanmoins d’une autre, réelle, notifiée par les parents du bassiste, dans le garage desquels les Psychopaths enregistrèrent « Till The Stroke Of Dawn » et « See That Girl ». Les trois
    camarades ne devaient pas dépasser un certain niveau sonore, afin de ne pas embarrasser ni les parents eux-mêmes, ni leurs voisins, ni, enfin, la police montée d’Auburndale.<br>
    <br>
  </p><img width="475" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/contemporains/newton-auburndale-ma-norumbega-amusement-park-circus.jpg" height="301" class="CtreTexte"><br>
  A la vérité, on finit par entrevoir que l’embarras possède aussi une face secrète et non, Don, Dieu n’est pas en cause, parce que l’embarras ultime est celui qui nous frappe lorsque se lève en
  notre conscience l’Image de la Présence Horrible. Tout habitant des campagnes du Massachusetts connaît cela. D’autres l’ont connu, qui n’étaient pas natifs du Massachusetts. Mais ceux-là l’ont
  poursuivi, tandis que l’homme du Massachusetts sait qu’au cours de son existence, il affrontera l’Image de la Présence Horrible. Alors on veut préserver les membres des Psychopaths, en se doutant
  que l’affrontement est inévitable ; ce retardement qu’on lui reprochera ensuite définit la paternité. Un témoignage littéraire a révélé au monde la malédiction dont je te parle. Le père d’Henry
  James fut retrouvé recroquevillé sur le sol de sa maison, les traits du visage figés en une expression de terreur absolue, sous la fenêtre de son cabinet, où il aperçut une forme noire et vibrante
  qui semblait le considérer du fond des ténèbres. C’était l’Image de la Présence Horrible. Cette même Image a surgi devant les membres des Psychopaths alors qu’ils jouaient « Til The Stroke Of Dawn
  » et « See That Girl » : elle a réduit la basse au silence, elle a obligé la batterie à contraindre sa joie, et lui a intimé un jeu de cymbales circonspect, elle a commandé à la guitare de vite
  rassembler ses timides arpèges en des accords frêles, mineurs, mais rugueux tout de même, le type de grattement que l’on qualifie d’austère, elle a, enfin, étranglé le chant, sans doute sur la voie
  de la clarté, égosillement tragique pour ses auditeurs. L’empreinte de la peur, Don, a fait le son inimitable des Psychopaths ; elle seule nous explique comment cette musique, si avare de
  débordements, si rigoureuse dans sa composition, charrie néanmoins une passion lugubre et dangereuse. Et nous renouons peut-être avec ces paradoxes que nous détestons, comme cette musique surf du
  Nord de la Nouvelle-Angleterre, intense à force de contemplation, plus intérieure au surfer, à son appréhension de la vague, parce qu’étrangère aux fêtes qui se donnent sur les plages. Cela
  ressemble à un manifeste pour la musique « mentale », comme on dit, alors je veux bien convenir que le tressaillement ressenti à l’écoute des Psychopaths est la meilleure expérience de musique «
  mentale » que je connaisse. Parce qu’il est donné au seul esprit de mesurer la puissance contrainte dans le corps apeuré de cette musique, puissance que nous n’inventons pas, dont nous percevons
  les frémissements dans ces accords, cette mélodie, cette rythmique qui continuent vaille que vaille, sans jamais diminuer leur présence, de soutenir leur propre désir. Cette musique veut exister,
  elle veut se perpétuer et s’épandre, en dépit de l’Image de la Présence Horrible. Comme tu t’en doutes, Don, l’Image m’a surpris il y a peu, la forme noire et vibrante, et en cette heure de
  crainte, celle de perdre Randall Webb et avec lui, le Psycho-Batave, je ne garde pour moi que ces deux chansons du plus grand groupe d’Auburndale, ville de Newton, Massachusetts.<br>
  <br>
  <br>
  <a href="http://www.box.net/shared/static/k2a1gyqfgs.mp3" target="_blank"><span style="font-size: 12pt;">The Psychopaths - See the girl</span></a><br>
  <br>
  <a href="http://www.box.net/shared/static/s2a7g1sapk.mp3" target="_blank"><span style="font-size: 12pt;">The Psychopaths - Till the stroke of dawn</span></a>]]></description>
        <pubDate>Mon, 09 Mar 2009 17:51:00 +0100</pubDate>        <guid >http://www.jeanpop2.com/article-28829346.html</guid>
                <category>Notes de Boulter Lewis</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-28829346-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Boulter Lewis mesure combien il est éloigné des conceptions récentes du Psycho-Batave. Sred Sweign entre en larmes.]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-7170374.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>J&rsquo;entrai dans un patio aux dimensions modestes, pav&eacute; de dalles bleues, plant&eacute; de cerisiers rachitiques, dont les branches &eacute;taient br&ucirc;l&eacute;es, et que ponctuaient &ccedil;a et l&agrave; des statues pourrissantes. Le lieu entier criait son abandon. Mermouch &agrave; nouveau raidi et imp&eacute;rieux me signala la pr&eacute;sence de quatre formes anim&eacute;es, et il le fit en pointant son index sur une m&ecirc;me latitude et &agrave; &eacute;gale distance de son buste. Il y avait Jean-Pierre Paul-Poire, appuy&eacute; contre un muret, qui me regardait avec embarras, ne parvenant pas &agrave; dissimuler sous son flasque poncho la d&eacute;gradation de sa silhouette. Puis, s&rsquo;exer&ccedil;ant &agrave; des foul&eacute;es somptueuses, Sred Sweign, en tricot de corps, bondit sur ma droite. J&rsquo;aper&ccedil;us enfin un homme gras et vermeil, qui portait &eacute;galement une tenue de bain, et dont l&rsquo;activit&eacute;, molle et ennuyeuse, consistait &agrave; agacer quelque chose &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un tison. Dans une cage, du genre de celle qu&rsquo;on r&eacute;serve aux canaris, un individu minuscule et meurtri se tenait recroquevill&eacute;. A force de mauvais traitements, sa peau &eacute;tait devenue translucide et glabre, y compris celle qui lui recouvrait le cr&acirc;ne. Indign&eacute;, je h&eacute;lai, sans r&eacute;sultat, le tr&egrave;s vieil enfant qui maniait le tison. Mermouch, cependant, sous l&rsquo;effet d&rsquo;un charme probablement, avait adopt&eacute; des mani&egrave;res d&eacute;tendues et cordiales&nbsp;: Sred Sweign, plus onctueux que jamais, s&rsquo;&eacute;tait m&ecirc;l&eacute; &agrave; notre groupe. Je ne cessai pas tout de suite d&rsquo;observer l&rsquo;&ecirc;tre malingre dans sa cage et celui qui lui donnait la question&nbsp;; je savais qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de Jean Pop 2, et le connaissant pour un &laquo;&nbsp;sybarite inquiet&nbsp;&raquo;, je m&rsquo;interrogeai sur l&rsquo;&eacute;ventuelle d&eacute;convenue qui avait pu le mettre dans cet &eacute;tat. Sa personne &eacute;voquait une divinit&eacute; secondaire du panth&eacute;on bouddhique, bovine et sacr&eacute;e, un genre de Bona Dea de l&rsquo;Orient, tr&egrave;s domestique, mais surtout tr&egrave;s peu guerri&egrave;re, et<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>peu &agrave; peu d&eacute;laiss&eacute;e au profit de figures import&eacute;es et spectaculaires. J&rsquo;eus une seconde intuition, qui se rapportait cette fois &agrave; notre situation commune, dans ce fort inhospitalier du nord de l&rsquo;Iran. Les livres regorgent de r&eacute;cits m&eacute;lancoliques sur les gardes que quelques exil&eacute;s assurent malgr&eacute; eux aux confins des Empires. Les peuples ennemis, pouvant surgir aux remparts ou bien &eacute;chauffer les imaginations en n&rsquo;apparaissant jamais, ne m&eacute;ritent pas l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t et l&rsquo;affection que nous portons &agrave; ceux qui, civilis&eacute;s, habitu&eacute;s aux raffinements de la vie urbaine, attach&eacute;s &agrave; la puissante renomm&eacute;e de leur cit&eacute;, se confrontent &agrave; la barbarie. Je songe aux soldats romains qui arpentaient, de fort en fort, le <em>limes</em>. Au contraire de leurs homologues de l&rsquo;Orient, ils n&rsquo;&eacute;taient pas assur&eacute;s de rencontrer une civilisation au-del&agrave; de la leur. Ils ignoraient et ne pouvaient croire qu&rsquo;au-dessus de ce <em>limes</em>, il existait des Parthes, qui leur en remontraient en mati&egrave;re d&rsquo;arm&eacute;e, de n&eacute;goce et d&rsquo;arts. Non, ce long mur septentrional ne les gardait pas des rus&eacute;s Orientaux, mais des anciens Ecossais, ces Pictes vindicatifs qui empestaient la tourbe et le mouton. M&ecirc;me apr&egrave;s des si&egrave;cles, les Ecossais demeurent l&rsquo;un des peuples les plus terrifiants du monde, fait de bouviers fanatiques et de lords poss&eacute;d&eacute;s, de taverniers louches et d&rsquo;idiots criminels, de mineurs d&eacute;rang&eacute;s et d&rsquo;adolescents alcoolis&eacute;s et violents. Les pasteurs d&rsquo;Ecosse sont d&eacute;nu&eacute;s d&lsquo;am&eacute;nit&eacute;. Dans notre jeunesse, John Ernest et moi avions &eacute;t&eacute; sensibles &agrave; l&rsquo;exc&egrave;s au cauchemar de l&rsquo;Ecosse. D&rsquo;autant plus qu&rsquo;enfants, l&rsquo;Ecosse repr&eacute;sentait d&eacute;j&agrave; pour nous une certaine somme de terreurs, li&eacute;es aux r&eacute;cits de fant&ocirc;mes et de landes. La nature de nos terreurs avait chang&eacute;, mais l&rsquo;Ecosse persistait &agrave; en &ecirc;tre le lieu&nbsp;: elle recelait des peurs pour l&rsquo;enfant et des peurs pour l&rsquo;adulte. Trois films, entre 1971 et 1973, avaient renouvel&eacute; notre fascination. Le premier, <em>Straw Dogs</em>, t&eacute;moignait de la sauvagerie de villageois aux dents brunes. Le second, <em>The Offence</em>, exposait la n&eacute;vrose d&rsquo;un policier anguleux, &agrave; l&rsquo;esprit encombr&eacute; de visions macabres, et que rien ne peut distraire, ni la nuit de Glasgow, ni ses espaces b&eacute;tonn&eacute;s, encore moins sa femme d&eacute;charn&eacute;e. Le troisi&egrave;me, <em>The Wicker Man</em>, r&eacute;sultait d&rsquo;une &eacute;tonnante synth&egrave;se entre paganisme hippie grotesque et aveuglement insulaire, et &agrave; l&rsquo;effroi que suscitait le r&eacute;cit en lui-m&ecirc;me se superposait l&rsquo;effroi de go&ucirc;ter &agrave; un m&eacute;lange typique du Heavy-metal britannique, qui faisait g&eacute;mir mon ami Randall Webb et s&rsquo;esclaffer le bon Don Creux. Ce dernier, lorsqu&rsquo;on lui offrait de d&eacute;guster une pomme, s&rsquo;enqu&eacute;rait immanquablement de leur origine et d&eacute;clinait l&rsquo;offre si les pommes n&rsquo;avaient pas &eacute;t&eacute; cueillies &agrave; Summerisle. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><img height="421" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/wickerman.jpg.jpg" width="300" class="CtreTexte" /></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman">Ces trois &oelig;uvres fa&ccedil;onn&egrave;rent pour nous la moderne horreur de l&rsquo;Ecosse, et celle-ci ne devait plus rien aux fant&ocirc;mes. &laquo;&nbsp;Lewis, on enduit de miel les bords de la coupe lorsque l&rsquo;enfant est oblig&eacute; de boire une potion am&egrave;re.&nbsp;</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Vous dites&nbsp;?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Je dis qu&rsquo;en pr&eacute;vision de ce que vous allez entendre et voir, vous feriez bien de passer un moment en notre compagnie, qui t&acirc;che toujours d&rsquo;&ecirc;tre la meilleure avec nos Phr&egrave;res.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Sweign&nbsp;!</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Lewis&nbsp;!</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Je songeai, mon ami, &agrave; un pays de t&eacute;n&egrave;bres, que ce fort &eacute;cras&eacute; de soleil et les solitaires qui le peuplent m&rsquo;&eacute;voquent infailliblement.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Ah oui, il s&rsquo;agit du Telemark.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Non. Le Telemark, vous seul le r&ecirc;vez comme il faut.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Mermouch fumait joyeusement, tentait de se repr&eacute;senter les chiffres pr&eacute;cis du Telemark, sa population, sa densit&eacute;, sa g&eacute;ographie physique et l&rsquo;histoire de ses industries, en plaisanta avec nous puis nous enjoignit de boire un cognac&nbsp;: &laquo;&nbsp;Comme trois officiers de Sa Majest&eacute;, de retour des Indes&nbsp;dans leur Surrey natal&raquo;. Nous lui ob&eacute;&icirc;mes. Jean-Pierre Paul-Poire, qui regardait dans notre direction, ne fut pas convi&eacute;.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify">
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Une fois install&eacute;s autour de notre verre, Mermouch produisit un petit sac qu&rsquo;il fit rebondir dans sa main. Le contenu &eacute;mit quelques sons clairs et grin&ccedil;ants, comme des morceaux de craie. On me pria d&rsquo;ouvrir le sac et je ne tardai pas &agrave; comprendre que les fins d&eacute;bris que j&rsquo;avais sous les yeux &eacute;taient un squelette broy&eacute;. Je sentis ma bouche se sceller. &laquo;&nbsp;C&rsquo;est tout ce qu&rsquo;il en reste. Apr&egrave;s tant de p&eacute;r&eacute;grinations, et tant de larcins, on ne pouvait pas esp&eacute;rer qu&rsquo;elle nous soit restitu&eacute;e autrement. Le soir de sa d&eacute;couverte, Jean Pop 2, ravi ou bien d&eacute;vast&eacute;, en croqua quelques morceaux. Je dus mettre &agrave; profit un court instant d&rsquo;inattention pour lui confisquer l&rsquo;objet. Depuis, Pop consacre ses journ&eacute;es &agrave; humilier le voleur, que nous captur&acirc;mes au Caire. Celui-ci gisait dans une ruelle o&ugrave; des ruffians l&rsquo;avaient laiss&eacute; pour mort apr&egrave;s l&rsquo;avoir, chacun son tour, copieusement &eacute;trangl&eacute;. Tel que vous le voyez, lou ride &eacute;tait n&eacute;anmoins en meilleure sant&eacute; avant notre retour au fort. Il y a trois jours, cependant, son corps &eacute;tait tellement amoindri que nous juge&acirc;mes bon de le faire rentrer dans une cage &agrave; canaris. Plus besoin de visiter une cellule&nbsp;: d&eacute;sormais, Pop transporte la cage au gr&eacute; de ses d&eacute;placements. Le lendemain, soit deux jours avant votre arriv&eacute;e, Sred Sweign et Jean-Pierre Paul-Poire firent leur apparition. Mais comme vous l&rsquo;avez compris, Poire nous est devenu un fardeau. Sit&ocirc;t ses bagages pos&eacute;s, il s&rsquo;est d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment v&ecirc;tu d&rsquo;un poncho, a adopt&eacute; une voix menue et pinc&eacute;e puis s&rsquo;est fendu de quelques saillies nihilistes, qu&rsquo;il accompagne d&rsquo;un rire rauque. Il roule ses cigarettes. Critique le gouvernement des Etats-Unis. Il fait de l&rsquo;humour sur les faiblesses des cr&eacute;atures, et croit &eacute;lever le niveau de ses plaisanteries en les d&eacute;bitant sur un ton froid et monocorde. Il pr&ocirc;ne la d&eacute;construction.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Ah oui&nbsp;! La d&eacute;construction.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; le z&eacute;lateur le plus fameux du Psycho-Batave, notre vieux Poire en est devenu le plus aigre contempteur. Quelle tristesse. Il y a chez cet homme, je le compris &agrave; Istanbul, un d&eacute;mon de l&rsquo;&eacute;chec et celui-ci ne le laisse pas en paix. Certains naissent avec l&rsquo;&eacute;trange facult&eacute; de se toujours repr&eacute;senter leur probable d&eacute;clin, ce moment o&ugrave; l&rsquo;aura se dissipe pour de bon, et, de fa&ccedil;on incompr&eacute;hensible, alors que ces projections morbides devraient les aider tout sp&eacute;cialement &agrave; conjurer ces malheurs fantasm&eacute;s, veulent tout ignorer des moyens, pourtant r&eacute;els et accessibles, d&rsquo;atteindre leur salut. Ils guettent un miracle ou bien se confient &agrave; des mani&egrave;res qu&rsquo;ils ne ma&icirc;trisent que m&eacute;diocrement. Je suis un vieil homme et je ne rougis pas de ce que j&rsquo;ai accompli. J&rsquo;aimerais cependant r&eacute;conforter Jean-Pierre Paul-Poire.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"><img height="400" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/k--reynolds-old-man-dancing-252439.jpg" width="273" class="CtreTexte" /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em><font color="#ff0000">&nbsp;Sred Sweign</font></em></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-C&rsquo;est aussi et surtout th&eacute;oriquement que Poire a &eacute;t&eacute; d&eacute;pass&eacute;. Vous savez, il existe un nouveau langage du Psycho-Batave, ou plut&ocirc;t deux nouveaux langages, qui entrent en r&eacute;sonance, et l&rsquo;un et l&rsquo;autre ont surgi &agrave; l&rsquo;encontre du langage jadis initi&eacute;, dont Poire avait &eacute;t&eacute; l&rsquo;un des inspirateurs. On conna&icirc;t des individus exceptionnels qui, avec une grande coh&eacute;rence, ont adopt&eacute; des langages diff&eacute;rents, et m&ecirc;me antith&eacute;tiques. Je crains que Poire n&rsquo;en fasse pas partie&nbsp;: il redoute de faire &eacute;voluer, de trahir une mati&egrave;re dont il se sentait ma&icirc;tre. Vous observerez que Randall Webb s&rsquo;est probablement tu pour une raison similaire.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Et Jean Pop 2&nbsp;?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Jean Pop 2&nbsp;? Eh bien, regardez-le. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Il se porte comme un charme.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Oui. Il se porte comme un charme. C&rsquo;est l&agrave; son art principal.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Cela force l&rsquo;admiration.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Ah oui&nbsp;!</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-L&rsquo;admiration, bel et bien.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Ces deux langages qui ont maintenant cours, quels sont-ils&nbsp;?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-D&rsquo;abord, de la g&eacute;om&eacute;trie&nbsp;; ensuite, un peu de torpeur &laquo;&nbsp;hippie&nbsp;&raquo;.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">- &laquo;&nbsp;Hippie&nbsp;&raquo;&nbsp;!</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Oui, les deux langages peuvent s&rsquo;articuler en ce que la g&eacute;om&eacute;trie a toujours &eacute;t&eacute; le soutien des th&eacute;ologies positives. Les repr&eacute;sentations des cieux ou bien les ordres ang&eacute;liques le prouvent assez. Les cohortes d&eacute;moniaques aussi bien. G&eacute;om&eacute;trie et arithm&eacute;tique. Ce que ces deux forces organisatrices contiennent, c&rsquo;est la pouss&eacute;e du mystique. Le Psycho-Batave a une manie de la quantification, c&rsquo;est entendu, et il g&eacute;om&eacute;trise, oui, il g&eacute;om&eacute;trise avec voracit&eacute;. Nous sentons &agrave; pr&eacute;sent que ces lignes trac&eacute;es en tous sens ne le sont que par un souci de faire reculer les t&eacute;n&egrave;bres. Il est admis, je crois, que le divin ne consiste pas dans le d&eacute;sir brut et ses courbes rebelles. L&rsquo;exactitude, la proportion, la sym&eacute;trie&nbsp;: c&rsquo;est le Psycho-Batave et Dieu tout ensemble. Le Dieu de saint Thomas. Et n&eacute;anmoins, le Psycho-Batave se r&eacute;clame de la plus haute intensit&eacute;, et l&rsquo;on reconna&icirc;t assez g&eacute;n&eacute;ralement que celle-ci ne s&rsquo;obtient qu&rsquo;&agrave; la faveur d&rsquo;une soudaine et inopin&eacute;e explosion. Nous d&eacute;fendons au contraire l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;une explosion continue, m&ecirc;l&eacute;e absolument &agrave; la structure parfaite, vaut mieux qu&rsquo;une explosion ponctuelle. Comme un ciel orageux d&rsquo;Angleterre, jamais z&eacute;br&eacute; d&rsquo;&eacute;clairs. &laquo;&nbsp;Psychotic reaction&nbsp;&raquo; n&rsquo;est pas Psycho-Batave, mais &laquo;&nbsp;Lorna&nbsp;&raquo; l&rsquo;est, &laquo;&nbsp;Drive It&nbsp;&raquo; de The Wig l&rsquo;est, car ils sont aussi fermement charpent&eacute;s qu&rsquo;uniment explosifs. Alors cette intensit&eacute; que nous recherchons se confond avec l&rsquo;ordre et la rigueur. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Les &laquo;&nbsp;hippies&nbsp;&raquo;&nbsp;?!</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Mais les hippies, Boulter, il ne faut pas d&eacute;signer des individus par ce terme, Mermouch l&rsquo;emploie uniquement pour vous &eacute;chauffer, il sait tr&egrave;s bien de quoi il retourne, c&rsquo;est une intention diabolique.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Que dois-je entendre alors&nbsp;?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Les codes esth&eacute;tiques et moraux des hippies ont pu &ecirc;tre adopt&eacute;s par certains qui, Psycho-Bataves indiscutables, ont flair&eacute; l&agrave; une bonne manne.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Vous voulez dire&nbsp;: faire du gain. C&rsquo;est en effet estimable. Mais si nous nous reportons &agrave; ces ann&eacute;es 1967/1975, il n&rsquo;y avait aucune raison de rechercher des succ&egrave;s financiers. En v&eacute;rit&eacute;, la recherche du profit est li&eacute;e et caus&eacute;e par la d&eacute;saffection du monde pour le Psycho-Batave. C&rsquo;est une fois que Don Creux et d&rsquo;autres ont d&eacute;cr&eacute;t&eacute; l&rsquo;&eacute;chec du Psycho-Batave, apr&egrave;s 1975 donc, que la passion pour l&rsquo;argent se justifie. Les ann&eacute;es qui ont pass&eacute; depuis, d&eacute;volues &agrave; l&rsquo;enrichissement, sont comme un enivrement, et pas celui des f&ecirc;tes. Alors, Sweign, cet opportunisme de certains Psycho-Bataves au d&eacute;but des ann&eacute;es 1970, qui ont jou&eacute; du sitar et film&eacute; des adolescentes hirsutes, constitue bel et bien une trahison. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Allons, Boulter, quand je parlais d&rsquo;une bonne manne, je la limitais &agrave; l&rsquo;inspiration, &agrave; la d&eacute;finition d&rsquo;un mood &eacute;trange et neuf, sans m&ecirc;me songer aux finances, et je n&rsquo;admire pas l&rsquo;opportunisme, ni avant ni apr&egrave;s 1975.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Un mood&nbsp;? Mais, Sweign, tout a &eacute;t&eacute; pens&eacute; sur le mood, et il n&rsquo;en est pas une nuance qui ait &eacute;chapp&eacute; au jugement de Randall Webb. D&egrave;s 1966, le mood a &eacute;t&eacute; compris en extension. Il a ensuite disparu parce que l&rsquo;adolescence authentique a disparu. Il existe m&ecirc;me comme une borne, qui est ce film ultime de Delmer Daves, celui qui met en sc&egrave;ne le groupe Little T &amp; The Spoons. Voil&agrave;. Pass&eacute; ce film, et le mood et l&rsquo;adolescence ont cess&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre des valeurs actives.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Vous ne voulez donc pas admettre que le moderne Centre d&rsquo;Etudes Psycho-Bataves ait une compr&eacute;hension plus profonde du mood, qu&rsquo;il en ait d&eacute;tect&eacute; la pr&eacute;sence dans des productions post-1966, et c&rsquo;est pourtant une v&eacute;rit&eacute; &eacute;tablie.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-En effet, je ne l&rsquo;admets pas et vous me voyez agac&eacute; devant votre ent&ecirc;tement &agrave; me le faire admettre. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-Et cependant, &eacute;coutez-moi. Vivre parmi les hippies, s&rsquo;impr&eacute;gner de leurs repr&eacute;sentations, ce dut &ecirc;tre un drame, un traumatisme qui l&eacute;gitime certains effacements, les retraites des meilleurs d&rsquo;entre nous. Pour ceux qui imagin&egrave;rent de respirer cet air empoisonn&eacute; et de continuer de vivre malgr&eacute; tout, leurs efforts ne m&eacute;ritent pas l&rsquo;opprobre, et je pense m&ecirc;me que ceux-l&agrave;, en ne refusant pas la souillure, ont permis au mood de rena&icirc;tre, sous une forme autre, mais pas assez distincte pour nous emp&ecirc;cher de l&rsquo;identifier. L&rsquo;id&eacute;e nous a frapp&eacute;s &agrave; la d&eacute;couverte de &laquo;&nbsp;Times Gone By&nbsp;&raquo; de ce que je suppose &ecirc;tre un duo de songwriters, Brym et Stonz, autrement dit&nbsp;: Brym-Stonz Ltd. La progression d&rsquo;accords ob&eacute;it id&eacute;alement &agrave; l&rsquo;esth&eacute;tique de l&rsquo;Orgue du Fant&ocirc;me. De fait, je parle d&rsquo;une chanson que vos &eacute;tudes personnelles vous ont amen&eacute; &agrave; conna&icirc;tre, et si tel n&rsquo;est pas le cas, alors je peux excuser votre incapacit&eacute;, Boulter, &agrave; donner du mood une d&eacute;finition sup&eacute;rieure &agrave; celle propos&eacute;e par Randall Webb. Car cette m&eacute;lodie de basse et ces harmonies &eacute;th&eacute;r&eacute;es de la voix, sont tr&egrave;s caract&eacute;ristiques de l&rsquo;ann&eacute;e 1967, de son tiers automnal. Par l&agrave;, nous frayons d&eacute;j&agrave; avec les hippies. Seraient-ils autre chose&nbsp;? Peut-&ecirc;tre de timides Psycho-Bataves&nbsp;? Leurs fianc&eacute;es, de riches Californiennes &eacute;tudiantes &agrave; Berkeley&nbsp;? Leurs comparses, arboraient-ils une fine moustache latino, une veste de l&rsquo;Arm&eacute;e du Salut&nbsp;? Enfin, il fallait nouer des amiti&eacute;s et faire le sexe. Et puis, nous ne m&eacute;prisons pas Arthur Lee ni les Byrds pour s&rsquo;&ecirc;tre commis en hippies, quand nous savons combien &acirc;pres et v&eacute;naux ceux-l&agrave; pouvaient se montrer, et surtout combien cela n&rsquo;entama pas, au moins pendant une ann&eacute;e, leur pouvoir cr&eacute;atif. Ce mood intriguant qui baigne le fabuleux &laquo;&nbsp;Times Gone By&nbsp;&raquo;, nous le d&eacute;finissons ainsi comme l&rsquo;intuition vaporeuse de la mort. Avant cela, le mood, c&rsquo;&eacute;tait une f&ecirc;lure toute personnelle, le d&eacute;sastre intime de l&rsquo;abandon, qui ne trouve pas la force, comme dans les productions Italo-Am&eacute;ricaines, de se mettre en sc&egrave;ne avec &eacute;clat et somptuosit&eacute;. Ce d&eacute;sastre ne veut pas &ecirc;tre surmont&eacute;, au contraire il pers&eacute;v&egrave;re en lui-m&ecirc;me, et devient un jour terne. Pareil classicisme du mood est celui de The Mauve&nbsp;: &laquo;&nbsp;You&rsquo;ve Got Me Cryin&rsquo;&nbsp;&raquo;, celui de The Plagues&nbsp;: &laquo;&nbsp;To Wander&nbsp;&raquo;, celui de The Vendors&nbsp;: &laquo;&nbsp;My Rose-Ann&nbsp;&raquo;. Brym-Stonz initient un mood qui ne se limite plus &agrave; la sph&egrave;re priv&eacute;e, celui-ci na&icirc;t d&rsquo;autre chose qu&rsquo;une affaire sentimentale, il na&icirc;t de l&rsquo;existence, du fait d&rsquo;&ecirc;tre lui-m&ecirc;me, du probl&egrave;me central qui est le temps, &agrave; qui une bonne partie de la po&eacute;sie mondiale est justement consacr&eacute;e. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un temps marqu&eacute; d&rsquo;&eacute;pisodes, dou&eacute; d&rsquo;un sens, un temps qui se diviserait en heures fastes et heures malheureuses. C&rsquo;est le temps pur, sa majest&eacute;, et le corps qui s&rsquo;y &eacute;puise, le myst&egrave;re d&rsquo;un temps plus vaste qu&rsquo;aucune perception. Quand l&rsquo;homme veut se saisir dans la tourmente du temps, les sonorit&eacute;s douce&acirc;tres et les rythmes &eacute;lastiques de la musique des hippies le lui permettent. Je mentionne &eacute;galement &laquo;&nbsp;Love Is Like&nbsp;&raquo; de Strange Fate, dont la combinaison basse-c&eacute;lesta forme un arrangement tr&egrave;s hippie. Ce terrible continuum que je tiens pour l&rsquo;expression seconde, post-1966, du mood, nous la trouvons &agrave; l&rsquo;&eacute;tat brut dans &laquo;&nbsp;Once There Was A Girl&nbsp;&raquo; de Blue Condition. Et cette fois, la section rythmique &eacute;pouse sans nuance, avec conviction, les canons du groove de hippie&nbsp;: un rebond sans gr&acirc;ce et n&eacute;anmoins happant. Voyez&nbsp;: &laquo;&nbsp;Condition&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Fate&nbsp;&raquo;, on ne recule pas devant la m&eacute;taphysique. Je pourrais parler d&rsquo;un mood m&eacute;taphysique, si je ne craignais pas d&rsquo;&ecirc;tre tax&eacute; d&rsquo;individu pompeux. Mais, Boulter, il ne suffisait pas de cr&eacute;er une musique pour un mood nouveau. C&rsquo;est l&rsquo;incursion-m&ecirc;me de certains dans le territoire hippie, et ce qu&rsquo;ils y firent de peu avouable, qui nous subjugue. Je veux dire qu&rsquo;il existe une m&eacute;lancolie tr&egrave;s particuli&egrave;re, tr&egrave;s moody, dans le destin de quelques hommes, issus du Psycho-Batave, projet&eacute;s dans le maelstr&ouml;m hippie. Leur exp&eacute;rience nous frappe comme l&rsquo;exemple-m&ecirc;me d&rsquo;une d&eacute;solation Psycho-Batave, un laisser-aller violent et grotesque. Marvin Marty a ainsi tourn&eacute; son &laquo;&nbsp;Wine Killing&nbsp;!&nbsp;&raquo; sous l&rsquo;empire d&rsquo;un tel sentiment. Mais avant lui, il y eut Roman Polanski et &laquo;&nbsp;What&nbsp;?&nbsp;&raquo; en 1971. Seule une d&eacute;solation Psycho-Batave peut engendrer un aussi trouble assemblage que celui r&eacute;unissant l&rsquo;&eacute;rotomanie, la villa de Carlo Ponti, des vedettes complaisantes europ&eacute;ennes, des parties de ping-pong, un r&eacute;cit en miroir, et bien d&rsquo;autres ravissements comme un officier russe et le ma&icirc;tre d&rsquo;&oelig;uvre portant moustache. Et avant Polanski, il y eut Mario Bava et &laquo;&nbsp;Une hache pour la lune de miel&nbsp;&raquo; en 1969&nbsp;: l&agrave; nous touchons &agrave; l&rsquo;&eacute;puisement sensoriel, trop de couleurs, de plans, de formes. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><img height="360" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/follia.jpg.jpg" width="500" class="CtreTexte" /></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Ce d&eacute;sespoir fut-il celui de Marcus, cet audacieux personnage qui semble avoir travers&eacute; plusieurs, sinon tous les sous-genres de la musique am&eacute;ricaine entre 1960 et 1970&nbsp;? Les ch&eacute;rit-il d&rsquo;un m&ecirc;me amour&nbsp;? Il est plus probable que Marcus les a pratiqu&eacute;s en Psycho-Batave meurtri et instable. Son &laquo;&nbsp;Grains Of Sand&nbsp;&raquo; &eacute;num&egrave;re sans vergogne les artifices sonores de la musique de hippies&nbsp;: un sitar, des tablas, une fl&ucirc;te traversi&egrave;re, une batterie lyrique, &laquo;&nbsp;qui pose une question&nbsp;&raquo;, un rythme alangui, m&eacute;ditatif. Pourtant, &laquo;&nbsp;Grains Of Sand&nbsp;&raquo;, peut-&ecirc;tre gr&acirc;ce au chant tremblant et louche de Marcus, atteint &agrave; l&rsquo;intuition de la mort prochaine, et de la mort &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre de tout temps, aussi bien. Cette chanson r&eacute;v&egrave;le la justesse de l&rsquo;ancienne m&eacute;taphore&nbsp;: la vall&eacute;e de la paix. Son rythme ne nous invite pas au sommeil de la drogue, comme il serait facile d&rsquo;en ricaner, la structure et la tenue des instruments y sont beaucoup trop affirm&eacute;es&nbsp;: la torpeur de &laquo;&nbsp;Grains Of Sand&nbsp;&raquo; ne se livre pas exactement, elle se contraint &agrave; une forme qui la rend saisissable, et nous rappelle opportun&eacute;ment que son auteur a appris l&rsquo;art de la composition. Notre vieux Psycho-Batave tente de parler le langage d&lsquo;une &eacute;poque et malgr&eacute; ou &agrave; cause de son habilet&eacute;, nous reconnaissons en lui le fruit d&rsquo;une &eacute;poque ant&eacute;rieure. Je ne sais pas de plus bouleversante expression.&nbsp;&raquo; </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Sweign pleura. Il pleura pendant quatre heures pleines, jusqu&rsquo;au r&eacute;veil de Jean Pop 2 qui, avec infiniment de lenteur, nous rejoignit autour de la table que nous n&rsquo;avions pas quitt&eacute;e, ab&icirc;m&eacute;s, Mermouch et moi, dans un silence respectueux. A la vue de son ami Sweign, Jean Pop 2 commen&ccedil;a de pleurer lui aussi, mais sa nature brusque et imp&eacute;tueuse faisait que ses pleurs &eacute;taient bruyants et qu&rsquo;il les accompagnait de coups, certains port&eacute;s sur Mermouch qui restait immobile. Cette petite sc&egrave;ne ne s&rsquo;interrompit qu&rsquo;avec la chute de la cage o&ugrave; lou ride &eacute;tait emprisonn&eacute;&nbsp;; ce dernier tentait peut-&ecirc;tre de s&rsquo;&eacute;vader. L&rsquo;&eacute;tat pr&eacute;occupant de ses forces ne lui permit gu&egrave;re de prolonger son effort, et la cage ne bougea plus. Ce micro-&eacute;v&eacute;nement d&eacute;cida Jean Pop 2 &agrave; enfin m&rsquo;adresser des mots de bienvenue. Mais alors que la conversation prenait tournure entre lui et moi, cette conversation que je m&eacute;ritais bien d&rsquo;avoir depuis l&rsquo;apparition du spectre de Randall Webb, Jean Pop 2 s&rsquo;&eacute;cria&nbsp;: &laquo;&nbsp;Nous ferons tourner les tables ce soir. Elles nous r&eacute;v&egrave;leront ce que j&rsquo;annonce tout de go&nbsp;: j&rsquo;ai tu&eacute; Randall Webb. Il vous dira comment, et pourquoi. Vengez votre ami sur le champ, et celui-ci ne pourra vous expliquer la bont&eacute; de mon geste. Vous devez me croire lorsque j&rsquo;affirme que Randall Webb a exig&eacute; de moi que je le tue. Randall Webb a voulu mourir de ma main, Lewis. That&rsquo;s right.&nbsp;&raquo;&nbsp;</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/ztgijshjbt.mp3" target="_blank">Marcus - Grains of sand</a></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/0863boe526.mp3" target="_blank">Brym-Stonz Ltd - Times gone by</a></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/ox856txobk.mp3" target="_blank">Strange Fate - Love is like</a></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/tqppzsty5k.mp3" target="_blank">The Wig - Drive it</a></font></p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 09 Oct 2007 12:32:18 +0200</pubDate>        <guid >http://www.jeanpop2.com/article-7170374.html</guid>
                <category>Notes de Boulter Lewis</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-7170374-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La Chambre Terrible révèle à Boulter Lewis tous les ennemis du Psycho-Batave en une synthèse claire et exacte]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-6950911.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Boulter Lewis, je vous livre mais ne vous abandonne pas, &agrave; la tr&egrave;s salutaire pestilence de la terrible Chambre Terrible, en esp&eacute;rant que vous n&rsquo;y d&eacute;faillirez pas &agrave; l&rsquo;exemple d&rsquo;une jeune couventine qui verrait pour la premi&egrave;re fois le lupanar auquel la destine un bien m&eacute;chant oncle.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Uder Mermouch sourit avec &eacute;troitesse et me laissa observer le contenu de cette pi&egrave;ce, qui devait &ecirc;tre l&rsquo;antichambre du lieu o&ugrave; se tenait Jean-Pop 2. Et je dus me pencher sur les quelques objets qu&rsquo;elle contenait pour seulement commencer d&rsquo;y r&eacute;fl&eacute;chir. La main, cette main que Mermouch me faisait miroiter, occupait mes pens&eacute;es, aussi je m&rsquo;aga&ccedil;ais de la contrainte qui m&rsquo;&eacute;tait impos&eacute;e de vaquer dans cet endroit sans inspiration ni go&ucirc;t. Les objets dont je relevais la pr&eacute;sence &eacute;taient sans exception extr&ecirc;mement d&eacute;plaisants. Je soupirais. Alors Mermouch, dont c&rsquo;&eacute;tait le tour de s&rsquo;agacer, d&eacute;cida de rompre l&agrave; mon inspection de la Chambre&nbsp;: &laquo;&nbsp;Y voyez-vous clair, Lewis&nbsp;? Ou bien la duret&eacute; de votre p&eacute;riple a-t-elle atrophi&eacute; votre jugement&nbsp;? Est-ce l&agrave; le fier Chief Lewis de la redouble garde-mont&eacute;e de Concord, Massachussets, le bras arm&eacute; du Psycho-Batave, celui qui alliait au s&ucirc;r maniement du gourdin une perspicacit&eacute; et un c&oelig;ur tels qu&rsquo;ils le firent remarquer de Randall Webb qui vit en lui non seulement un directeur d&rsquo;op&eacute;rations mais aussi un directeur de conscience aupr&egrave;s des jeunes populations suburbaines de son Etat&nbsp;?</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>- Je peux admettre, Mermouch, que dans l&rsquo;isolement o&ugrave; vous croupissez, vous &eacute;laboriez de longues joutes du Discours, et que trop heureux d&rsquo;accueillir ce que dans la langue de Buvnana, on nomme un Phr&egrave;re, vous lui fassiez subir le r&eacute;sultat courrouc&eacute; de votre activit&eacute; mentale. Mais &agrave; la d&eacute;charge de celui qui vous &eacute;coute, embarrass&eacute;, sachez qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, peu apr&egrave;s mon arriv&eacute;e au pied de l&rsquo;Elbourz, on m&rsquo;a initi&eacute; aux Myst&egrave;res du Bulgare et &eacute;voqu&eacute; devant moi, avec une grande pudeur, la mort du g&eacute;nie Marvin Marty. Consid&eacute;rez que ma cervelle a &eacute;t&eacute; nourrie &agrave; foison.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">- Bon. Il n&rsquo;y a donc pas lieu d&rsquo;y revenir. La Chambre Terrible, Lewis, a &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue pour r&eacute;pondre &agrave; la marche n&eacute;gative de l&rsquo;esprit chez certains individus, parmi lesquels vous comptez peut-&ecirc;tre. Les uns acc&egrave;dent imm&eacute;diatement &agrave; leur d&eacute;sir, ne le poursuivant que pour ce qu&rsquo;il est et se moquant, ignorant ce &agrave; quoi leur d&eacute;sir se heurte&nbsp;; les autres ne connaissent pas cette facilit&eacute; d&rsquo;&eacute;lection, il leur faut d&rsquo;abord, et ensuite r&eacute;guli&egrave;rement, &eacute;carter des d&eacute;sirs inf&acirc;mes, ceux-l&agrave; doivent vivifier leur amour en d&eacute;testant ce qui trahit cet amour, ils adoptent une marche n&eacute;gative de la pens&eacute;e, par d&eacute;go&ucirc;ts stimulants, si vous voulez. Rien n&rsquo;est enviable dans cette disposition d&rsquo;esprit, elle oblige celui qui en est pourvu &agrave; toujours se frotter &agrave; la mauvaise engeance, sa mauvaise engeance&nbsp;: il ne lui est pas offert de go&ucirc;ter simplement et imm&eacute;diatement &agrave; son d&eacute;sir, il doit l&rsquo;affronter &agrave; ce qui le menace pour en sentir le prix. Il est &eacute;vident que les premiers sont envi&eacute;s par les seconds, parce qu&rsquo;on ne retire aucune connaissance valable de la fr&eacute;quentation de son ennemi quand on recherche chez lui, non sa nature, mais un point &agrave; partir duquel, comme un ressort, on revient plus aimant vers son d&eacute;sir &agrave; soi. La tendance est pr&eacute;sente chez l&rsquo;enfant qui ne veut entrevoir le monstre que pour le bonheur de se cacher, ou bien lorsqu&rsquo;il regarde la neige ou les &eacute;clairs, puis s&rsquo;enveloppe de chaudes couvertures. Je vous parle d&rsquo;enfants, parce qu&rsquo;ils sont souvent consid&eacute;r&eacute;s &agrave; tort comme les &ecirc;tres imm&eacute;diats, alors que bien des comportements chez eux r&eacute;v&egrave;lent d&eacute;j&agrave; un art du m&eacute;diat. Bref, notre Chambre Terrible rec&egrave;le une concentration assez cons&eacute;quente de ces petits artefacts propres &agrave; susciter l&rsquo;irritation d&rsquo;un Psycho-Batave et qui vous pr&eacute;pareront &agrave; la compagnie onctueuse de notre cher Jean Pop 2.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">- Une sorte de purge, n&rsquo;est-ce pas&nbsp;? Qui vous dit que j&rsquo;appartiens &agrave; cette seconde cat&eacute;gorie d&rsquo;individus, celle dont vous pr&eacute;tendez qu&rsquo;ils adoptent une &laquo;&nbsp;marche n&eacute;gative de l&rsquo;esprit&nbsp;&raquo;&nbsp;?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">- Oh, je ne suppose rien du tout sur votre appartenance &agrave; telle famille d&rsquo;esprits. Utilisez cette Chambre, ou bien ne l&rsquo;utilisez pas. Je vous l&rsquo;ai pr&eacute;sent&eacute;e, cela ne signifie pas que je vous y destine, que je vous en recommande l&rsquo;usage. Vous faites comme bon vous semble, gros Yankee.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">- Pardon, pourquoi ajoutez-vous &laquo;&nbsp;Gros Yankee&nbsp;&raquo;&nbsp;?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">- Pas de m&eacute;prise, Lewis. Je ne suis pas comme Poire et d&rsquo;autres, tomb&eacute; sous le charme du Sud&nbsp;: toute cette fascination pour la terre maudite et aristocratique est source d&rsquo;aff&egrave;teries que je n&rsquo;appr&eacute;cie pas. Par &laquo;&nbsp;Yankee&nbsp;&raquo;, je voulais vous signaler mon attachement pour ces Etats industrieux et pratiques du Nord, leurs belles institutions, leurs impeccables &eacute;tablissements bancaires et universitaires. Quant &agrave; &laquo;&nbsp;gros&nbsp;&raquo;, il suffit &agrave; prouver que je ne suis pas hypocrite au point de nier la corpulence de mon interlocuteur, que je l&rsquo;honore et lui souhaite de durer. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">- Vous pr&eacute;tendez ne pas m&rsquo;obliger &agrave; &eacute;corcher mes nerfs dans cette pi&egrave;ce et cependant, vous ne semblez pas m&rsquo;indiquer d&rsquo;autre issue. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">- Parce que vous n&rsquo;en voyez gu&egrave;re, que vous ne recherchez pas cette issue, au fond.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">- Ce type d&rsquo;argutie passe toute mesure, je m&rsquo;en vais vous briser les vert&egrave;bres et je n&rsquo;emploierai pour cela que mes mains&nbsp;!</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">- Gare, Lewis&nbsp;!&nbsp;&raquo; </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Soudain, je fus en mesure de comprendre le d&eacute;fi qui m&rsquo;&eacute;tait lanc&eacute;, quand mon regard se posa sur un m&eacute;diocre foulard multicolore, et alors, par coups d&rsquo;&oelig;il successifs, tout forma un syst&egrave;me de repr&eacute;sentations qui figura pour moi les r&egrave;gnes honnis du Psycho-Batave. Le moindre objet r&eacute;v&eacute;lait son ennemi et mon esprit fut tout entier soulev&eacute; de la col&egrave;re des Titans. Le lecteur me permettra de renoncer ici &agrave; tout effet dramatique, auquel je pr&eacute;f&eacute;rerai une synth&egrave;se claire de mes observations. Jamais je ne pus nommer aussi exactement les ex&eacute;crations du Psycho-Batave, jamais je ne vis d&rsquo;aussi pr&egrave;s la nature de ce qui, pendant les quatre derni&egrave;res d&eacute;cennies, fl&eacute;trit le c&oelig;ur de mon ami Randall Webb.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Une premi&egrave;re s&eacute;rie d&rsquo;objets se regroupait sous l&rsquo;id&eacute;e du <strong>R&egrave;gne de l&rsquo;Animal</strong>, toutes conceptions grossi&egrave;res, appuy&eacute;es, de la musique. Il y avait d&rsquo;abord nos opposants les mieux connus, les <em>Hippies crasseux de San Francisco</em>, qui furent les promoteurs du flou, du n&eacute;buleux, de l&rsquo;interminable, qui expos&egrave;rent les fins tissus du Psycho-Batave au soleil meurtrier du concert &agrave; ciel ouvert, dont l&rsquo;avatar le plus obsc&egrave;ne est bien le &laquo;&nbsp;festival&nbsp;&raquo;, et qui plus tard fournit le cadre attendu aux manifestations abjectes du &laquo;&nbsp;folklore&nbsp;&raquo;. Cela, la sc&egrave;ne WASP du folk l&rsquo;avait par ailleurs d&eacute;j&agrave; r&eacute;alis&eacute;, mais comme on s&rsquo;en doute, une initiative de la Nouvelle-Angleterre n&rsquo;est jamais g&eacute;n&eacute;reuse, elle se laisse oublier et n&rsquo;engendre gu&egrave;re de rassemblement. Les <em>Bouchers </em>du rock &laquo;&nbsp;metal&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;progressif&nbsp;&raquo; ent&eacute;rinaient et cette dissolution des rapports et cette massification, du volume, de la dur&eacute;e, des instruments, de la structure. Boucherie, oui, li&eacute;e &agrave; la b&ecirc;tise des instincts et de la culture. On n&rsquo;opposera pas trop facilement une musique instinctive &agrave; une musique c&eacute;r&eacute;brale, quand ce qui d&eacute;termine la valeur d&rsquo;un instinct ou d&rsquo;un mouvement de l&rsquo;esprit est bien l&rsquo;usage droit que l&rsquo;on en fait. De ce point de vue, celui d&rsquo;un usage stupide et faux des instincts et de la raison, nous jugerons que Black Sabbath, Genesis et les Sex Pistols sont un seul et m&ecirc;me groupe, parce qu&rsquo;ils pataugent dans la m&ecirc;me merde. Je terminerais la description de ce R&egrave;gne par son esp&egrave;ce la moins soup&ccedil;onn&eacute;e&nbsp;: les <em>Anglocentristes</em>, qu&rsquo;ils enveloppent leur carcasse galeuse de l&rsquo;Union Jack ou bien exacerbent leur dandysme. L&rsquo;anglocentrisme est cette tentation qui r&eacute;v&egrave;le combien nous nous d&eacute;terminons par rapport aux gigantesques Etats-Unis&nbsp;: nous en rejetons la culture du spectacle, qui ne nous para&icirc;t pas convenir &agrave; l&rsquo;intelligence et au go&ucirc;t, mais nous reportons notre affection sur le pays d&rsquo;Europe qui, entre tous les pays d&rsquo;Europe, a enfant&eacute; les Etats-Unis. Les Anglais ne sont ni les plus subtils, ni les plus pervers, ni les plus raffin&eacute;s, ni les plus choquants. Hormis The Beatles et Joe Meek, tout est all&eacute; de travers dans ce pays, que les fiert&eacute;s 1.nationale, 2. prol&eacute;taire, 3. urbaine, ont remis&eacute; parmi les r&eacute;gions &agrave; folklore. L&rsquo;Angleterre du Music-Hall, telle que Greg Shaw, d&rsquo;un regard absolument neuf et englobant, la vit un jour. Ce d&eacute;sastre folklorique, un groupe nous permet de le saisir dans sa progression&nbsp;: The Kinks, et un autre groupe a toujours t&eacute;moign&eacute; de son horreur, souillant d&lsquo;abord le mouvement Mod, inventant l&rsquo;opera-rock, et culminant dans le stadium-rock, ce groupe ha&iuml;ssable quatorze fois, le plus immonde de tous, est The Who, dont nous reparlerons tant le p&eacute;dophile Pete Townshend est d&eacute;cid&eacute;ment l&rsquo;addition de toutes les tares que nous &eacute;voquons ici. Lou Reed lui-m&ecirc;me ne t&eacute;moigne pas d&rsquo;une telle compl&eacute;tude dans l&rsquo;abjection.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"><img class="CtreTexte" height="298" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/gpc_work_midsize_291.jpg" width="230" /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" color="#ff0000" size="3"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pete Townshend</em></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><em><font face="Times New Roman" color="#ff0000" size="3"></font></em></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Une deuxi&egrave;me s&eacute;rie d&rsquo;objets faisait &eacute;cho au <strong>R&egrave;gne de la Magie</strong>, auquel participent malgr&eacute; eux, certains bons &eacute;l&eacute;ments du Psycho-Batave. Les <em>chamans</em>, qu&rsquo;on dit &laquo;&nbsp;poss&eacute;d&eacute;s&nbsp;&raquo;, en constituent le premier groupe, en nombre et en importance. Non contents d&rsquo;abasourdir ou de n&eacute;gliger la musique &agrave; l&rsquo;avantage de leur personnalit&eacute; d&eacute;goulinante et totalitaire, ils renouent avec l&rsquo;image romantique et primitiviste du Po&egrave;te. Cette image avait son sens, sa pertinence dans la premi&egrave;re moiti&eacute; du XIX&egrave;me si&egrave;cle, dans le domaine litt&eacute;raire surtout, mais au c&oelig;ur de la r&eacute;volution Psycho-Batave, elle est un embarras, une honte, et m&ecirc;me une vomissure. En outre, le chaman transpire, il transpire tellement que la transpiration devient le signe de son &eacute;lection. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une transpiration de tra&icirc;tre, c&rsquo;est la transpiration des entrailles, qu&rsquo;on croit la mesure de la sinc&eacute;rit&eacute;, de l&rsquo;urgence, cette m&ecirc;me-transpiration est le corollaire enfantin de &laquo;&nbsp;l&rsquo;inspiration&nbsp;&raquo;. Dans sa forme extr&ecirc;me, le chaman laisse place au <em>proph&egrave;te, </em>qui associe au d&eacute;lire narcissique une volont&eacute; de contr&ocirc;le, qui a bien compris que le premier, par sa puissance d&eacute;monstrative, pouvait nourrir la seconde. Tr&egrave;s souvent, le shaman suit la pente qui le m&egrave;ne au proph&eacute;tisme&nbsp;: ainsi Jim Morrison. De plus rares fois, il se d&eacute;semp&ecirc;tre de tout cela &agrave; la faveur d&rsquo;un accident qui lui apprend le ridicule de sa posture. Bob Dylan connut cette lucidit&eacute;&nbsp;: du chaman qu&rsquo;il fut, il n&rsquo;y eut nul proph&egrave;te. Les <em>p&acirc;tres</em> , enfin, d&eacute;signent la vari&eacute;t&eacute; la plus inoffensive de nos &laquo;&nbsp;inspir&eacute;s&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;poss&eacute;d&eacute;s&nbsp;&raquo;&nbsp;; si leur douceur bucolique inverse les manifestations les plus sordides d&eacute;crites plus haut, on doit n&eacute;anmoins s&rsquo;inqui&eacute;ter de la confiscation de l&rsquo;id&eacute;e de po&eacute;sie dont ils se rendent actuellement coupables. Les p&acirc;tres sont ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui se sont empar&eacute;s de l&rsquo;enfance, de ce qu&rsquo;ils lui supposent de candeur et de cr&eacute;ativit&eacute; (&nbsp;!) pour l&rsquo;affronter aux conflits de l&rsquo;&acirc;ge adulte ou aux peurs profondes de l&rsquo;&ecirc;tre humain, et obtiennent pour tout r&eacute;sultat le &laquo;&nbsp;doux-amer&nbsp;&raquo;, comme on dit, &laquo;&nbsp;l&rsquo;acidul&eacute;-poivr&eacute;&nbsp;&raquo;, le &laquo;&nbsp;lisse-rong&eacute; de l&rsquo;int&eacute;rieur&nbsp;&raquo; et autres fadaises b&ecirc;tement contradictoires.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Une troisi&egrave;me s&eacute;rie d&rsquo;objets renvoyait au <strong>R&egrave;gne du Peuple</strong>. Plus que jamais, le souci du Peuple, de son approbation, marque les temps contemporains. Le go&ucirc;t des Peuples nous caract&eacute;rise. Il faut les conna&icirc;tre, les pratiquer, et les honorer. Il est aujourd&rsquo;hui tr&egrave;s scandaleux de d&eacute;cr&eacute;ter la nullit&eacute; spirituelle ou artistique d&rsquo;un Peuple. Nous sommes tout de suite suspect&eacute;s d&rsquo;all&eacute;geance aux th&eacute;ories nazies. Les <em>prot&eacute;laristes</em>/<em>prol&eacute;tarophiles</em> jouissent d&rsquo;un immense cr&eacute;dit qu&rsquo;il est quasi impossible d&rsquo;entamer. L&rsquo;histoire ancienne de la musique populaire am&eacute;ricaine est en effet li&eacute;e &agrave; la repr&eacute;sentation du Pauvre, celui des champs et celui des villes. Quantit&eacute; de tr&egrave;s belles &oelig;uvres Psycho-Bataves, &agrave; l&rsquo;image des &laquo;&nbsp;Workin&rsquo; Man&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Low-Class Man&nbsp;&raquo; de Dean Carter, continuent de nourrir la mythologie du Prol&eacute;taire. Il ne faut donc pas la traiter de haut et pourtant, il convient de s&rsquo;en d&eacute;fier quand celui qui s&rsquo;en r&eacute;clame recherche un traitement populaire d&rsquo;une mati&egrave;re populaire. Le Peuple est bon dans les mains des Nantis, parce que lui-m&ecirc;me, le peuple, est incapable de se saisir dans une forme artistique satisfaisante. Les romans d&rsquo;amour fran&ccedil;ais du XVII&egrave;me Si&egrave;cle mettaient en sc&egrave;ne des bergers, comme la vieille po&eacute;sie latine, et c&rsquo;&eacute;tait un divertissement de Cour. De m&ecirc;me, les Prol&eacute;taires ne doivent pas &ecirc;tre ceux qui offriront de leur vie une repr&eacute;sentation artistique correcte. Le Psycho-Batave l&rsquo;exige, qui m&eacute;prise Bruce Springsteen, prol&eacute;tarophile notoire, dont l&rsquo;humilit&eacute; feinte n&rsquo;a jamais produit que de grasses et grossi&egrave;res tranches de rock FM. Avec l&rsquo;ultra-stylis&eacute; &laquo;&nbsp;Dode&rsquo;s Kaden&nbsp;&raquo;, Akira Kurosawa fait davantage en faveur du Pauvre que l&rsquo;&oelig;uvre enti&egrave;re du plus infect ressortissant de l&rsquo;Etat du New Jersey, qui, nous le sugg&eacute;rons maintenant, afin de pr&eacute;server l&rsquo;aura tr&egrave;s Psycho-Batave qui est la sienne, doit interdire de s&eacute;jour Bruce Springsteen, et l&rsquo;exiler au Pays Basque, ou bien en R.D.A. Nous ne prendrons pas la peine d&rsquo;accabler les piteux <em>Humanitaristes</em> qui ne trouvent pas de Peuple &agrave; leur mesure dans le quartier r&eacute;sidentiel, prot&eacute;g&eacute; et surveill&eacute;, o&ugrave; leurs villas de magnats de la pornographie s&rsquo;&eacute;rigent, et qui, par cons&eacute;quent, reportent leur affection sur des tribus amazoniennes, dont le savoir mill&eacute;naire et l&rsquo;&eacute;thique de vie si pure forcent l&rsquo;admiration. Notre peine, nous la prendrons davantage &agrave; l&rsquo;encontre des <em>r&eacute;volutionnaires</em>, saliveurs imp&eacute;nitents, parce qu&rsquo;ils ne sont &eacute;videmment pas les v&eacute;ritables r&eacute;volutionnaires. Le Psycho-Batave a reconnu l&rsquo;infinie promesse d&rsquo;une vie meilleure dans la musique de The Gestures, et a refus&eacute; tr&egrave;s nettement les singeries bruyantes des MC5. Mais puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;&eacute;voquer les musiques qui, en leur temps et au-del&agrave;, firent l&rsquo;effet de missiles, je me rappelle, les larmes aux yeux, ces temps de pros&eacute;lytisme o&ugrave;, t&acirc;chant de mon mieux de pallier l&rsquo;absence de Randall Webb, parti en Floride puis en Europe, j&rsquo;apprenais aux jeunes g&eacute;n&eacute;rations &agrave; bien s&eacute;parer le geste &agrave; la fois cinglant et amical du Northwest Sound du geste lourd et emp&acirc;t&eacute; du MC5, j&rsquo;attirais leur attention sur les saines et simples propositions de The Wailers et fustigeais la bave rh&eacute;torique et musicale du premier groupe de la d&eacute;cadence de Detroit.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"><img class="CtreTexte" height="239" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/schlater.jpg" width="208" /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" color="#ff0000" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; MC5</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" color="#ff0000" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Une quatri&egrave;me s&eacute;rie, enfin, symbolisait le <strong>R&egrave;gne du Mondain</strong>. Et j&rsquo;entends par l&agrave; autre chose que la mondanit&eacute;, plut&ocirc;t le mauvais g&eacute;nie des villes, la p&egrave;gre de l&rsquo;avant-garde, tant est av&eacute;r&eacute; le fait que nulle avant-garde n&rsquo;est d&eacute;sormais possible ou acceptable depuis que les soci&eacute;t&eacute;s occidentales sont devenues richissimes au milieu des ann&eacute;es 1960. J&rsquo;ai toujours consid&eacute;r&eacute; que la v&eacute;ritable avant-garde &eacute;tait l&rsquo;ultime fantaisie de l&rsquo;aristocratie, comme son chant de l&rsquo;irresponsabilit&eacute;. Irresponsabilit&eacute; devant la valeur marchande d&rsquo;une cr&eacute;ation. Ce sens de l&rsquo;irresponsabilit&eacute; &eacute;tant perdu &agrave; jamais, l&rsquo;avant-garde n&rsquo;est plus envisageable, et si l&rsquo;on persiste &agrave; en parler, celle-ci n&rsquo;est qu&rsquo;une farce. De ce r&egrave;gne que j&rsquo;appelle R&egrave;gne du Mondain participent certains escrocs au premier rang desquels le putrescent Lou Reed et le bouffon Frank Zappa. J&rsquo;ai &agrave; de nombreuses reprises connu le bonheur de cogner sur le premier mais le second, je l&rsquo;ai toujours fui avec application. Lou Reed est en effet sujet &agrave; des crises de laconisme ou de mutisme qui rendent supportables sa bastonnade&nbsp;; tandis que Frank Zappa, vous pouvez craindre qu&rsquo;il se mette &agrave; gesticuler et &agrave; p&eacute;rorer, qu&rsquo;il ricane entre deux slogans qu&rsquo;il aura lanc&eacute;s contre l&rsquo;uniformisation ou le capitalisme. Les <em>d&eacute;cadents</em> sont les chiffes-molles id&eacute;ales, ceux dont la passion pour l&rsquo;ordure et l&rsquo;exc&egrave;s invitent presque &agrave; les d&eacute;truire, afin de les constituer eux-m&ecirc;mes, &agrave; leurs yeux, comme des r&eacute;alisations parfaites. Don Creux, lorsque nous partions en qu&ecirc;te de putains expertes &agrave; Tijuana,<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>go&ucirc;tait fort peu mon acharnement contre les musiques locales, et m&rsquo;ass&eacute;na une fois&nbsp;: &laquo;&nbsp;La ville aussi a ses ploucs, et, Boulter, mec, tu ne les accables pas assez&nbsp;&raquo;. Les d&eacute;cadents sont les ploucs de la ville&nbsp;; comme ceux des campagnes, ils c&eacute;l&egrave;brent avec morbidit&eacute; leur quant-&agrave;-soi. Je trouvai l&agrave; une raison suppl&eacute;mentaire de d&eacute;crier le turpide Lou Reed. Au cours des ann&eacute;es qui suivirent, marqu&eacute;es par la disparition de Don Creux, l&rsquo;&eacute;tiolement mental de Marvin Marty et l&rsquo;&eacute;trange asile n&eacute;erlandais de Randall Webb, je per&ccedil;us Lou Reed comme un <em>publiciste</em>. Car un temps vient o&ugrave; le d&eacute;cadent d&eacute;sireux de rencontrer le march&eacute; doit non seulement &eacute;taler sa maigre et triste collection de f&eacute;tiches mais surtout s&rsquo;efforcer d&rsquo;en renouveler la pr&eacute;sentation. Alors l&rsquo;esprit du publiciste se fait jour, cet esprit qui ressasse quelques motifs plus du tout choquants au point de les faire passer pour ce qu&rsquo;ils n&rsquo;auraient pas d&ucirc; &ecirc;tre&nbsp;: des banalit&eacute;s. Frank Zappa est-il plus inf&acirc;me&nbsp;? Le <em>satiriste</em> finit de nous &eacute;coeurer avec son cynisme convenu et l&rsquo;insigne m&eacute;diocrit&eacute; de sa vision musicale. Il cherche bien entendu &agrave; d&eacute;construire ces musiques commerciales, d&eacute;bilitantes et radiophoniques qui pi&egrave;gent nos consciences, et &agrave; cette fin, tr&egrave;s naturellement, il ma&icirc;trise l&rsquo;idiome du Jaz. Oui, le satiriste aime le Jaz, qui poss&egrave;de un cerveau. </font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p><font face="Times New Roman" size="3"><img class="CtreTexte" height="199" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/18678476.jpg" width="299" /></font><font face="Times New Roman" color="#ff0000" size="3"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; Un groupe de jaz</em></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Je n&rsquo;en pouvais plus. Le Jaz vint &agrave; bout de ma t&eacute;nacit&eacute;. Je manquai de m&rsquo;effondrer lorsque Mermouch me retint par le bras&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je vous avais promis une main, Lewis&nbsp;: elle approche.&nbsp;&raquo; Et nous quitt&acirc;mes enfin la Chambre Terrible, qui m&rsquo;avait ext&eacute;nu&eacute; et dont je pouvais esp&eacute;rer qu&rsquo;elle rel&egrave;verait ma jouissance, sit&ocirc;t la porte franchie. Une lumi&egrave;re douce fondit sur moi. </font></font></p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 19 Jul 2007 19:38:53 +0200</pubDate>        <guid >http://www.jeanpop2.com/article-6950911.html</guid>
                <category>Notes de Boulter Lewis</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-6950911-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[« Look At The Moon », le Passé Absolu et la consolation puissante quil procure à lhomme de sentiment]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-5392056.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Un &ecirc;tre peut donner l&rsquo;impression d&rsquo;une grande aust&eacute;rit&eacute;, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;attache &agrave; des &eacute;tudes tr&egrave;s savantes et complexes, en ob&eacute;issant &agrave; un protocole des plus stricts, ayant r&eacute;duit, et m&ecirc;me annihil&eacute; sa sociabilit&eacute;, et ch&acirc;tier pour cela dans son langage toute marque d&rsquo;abandon, cet &ecirc;tre continue de nous aimer s&rsquo;il r&eacute;serve pour son usage intime une grande &oelig;uvre du sentiment, qu&rsquo;il ch&eacute;rit sans ostentation et qui, &agrave; ses yeux, compense la vilenie des &ecirc;tres vivants, en rassemblant toute la sagesse des &ecirc;tres morts. Uder Mermouch ne se conna&icirc;t aucun fr&egrave;re et cependant, son c&oelig;ur m&rsquo;apparut in&eacute;puisablement g&eacute;n&eacute;reux lorsque je vis le 45 tours &laquo;&nbsp;Look At The Moon&nbsp;&raquo; par The Amoebas, par-dessus l&rsquo;&eacute;paule de mon h&ocirc;te. Je ne fus pas longtemps sans explication, l&rsquo;extr&ecirc;me sollicitude de Mermouch ne permettait pas que l&rsquo;on adopte tel comportement sans que celui-ci ne f&ucirc;t analys&eacute; et parfois critiqu&eacute; par l&rsquo;impitoyable observateur que Mermouch &eacute;tait. J&rsquo;appris ainsi ce qui suit&nbsp;:</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-spacerun: yes">&nbsp;</span>&laquo;&nbsp;Les distractions au fort ne sont pas l&eacute;gion. Parmi elles, le bridge nous d&eacute;lasse le soir venu. Je peux m&rsquo;y livrer avec d&eacute;tachement, &eacute;chafauder alors quelques raisonnement, des plans de travail, et je suppose que tous mes partenaires, tacitement, jouent leur partie pour une raison identique&nbsp;: cette toile de fond virile, ennuyeuse, honorable, s&rsquo;av&egrave;re tr&egrave;s n&eacute;cessaire &agrave; nos pens&eacute;es respectives. Avez-vous remarqu&eacute; combien la pens&eacute;e ne supporte plus le confinement de la chambre mais exige un espace l&eacute;g&egrave;rement, simplement socialis&eacute;, l&rsquo;obstacle le plus menu, le moins rebutant, car c&rsquo;est &agrave; cette condition&nbsp;: la possibilit&eacute; de poursuivre un cheminement d&rsquo;id&eacute;es dans un espace qui ne lui est pas d&eacute;di&eacute;, c&rsquo;est &agrave; cette condition que nous v&eacute;rifions la vigueur de nos id&eacute;es, et il faut pourtant que l&rsquo;espace ne soit pas trop &eacute;loign&eacute; de la chambre, qu&rsquo;il conserve un caract&egrave;re de chambre d&rsquo;&eacute;tude, sinon l&rsquo;hostilit&eacute; &agrave; la pens&eacute;e cro&icirc;t au point de d&eacute;truire l&rsquo;esprit. La salle de bridge, qui n&rsquo;est pas une salle, plut&ocirc;t la partie d&rsquo;un salon, la salle de bridge est bien cette supra-chambre d&rsquo;&eacute;tude, son prolongement, et ainsi, j&rsquo;aime nos parties insouciantes et silencieuses. Il y a un mois de cela, notre ami Poire a pos&eacute; bagage au fort, mais son acrimonie l&rsquo;emp&ecirc;chant de se livrer au moindre jeu, son nihilisme l&rsquo;ayant temporairement s&eacute;par&eacute; de l&rsquo;id&eacute;e-m&ecirc;me de plaisir, Poire qui a laiss&eacute; ses cheveux pousser et ne contr&ocirc;le plus son poids, fouille avec fr&eacute;n&eacute;sie dans la prestigieuse collection de 45 tours Psycho-Batave de Jean Pop 2, et joue certains disques. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;entendis pour la premi&egrave;re fois &laquo;&nbsp;Look At The Moon&nbsp;&raquo;. La chanson provoqua en moi un curieux ph&eacute;nom&egrave;ne. Je nous vis, moi et mon p&egrave;re, &agrave; Istanbul au d&eacute;but des ann&eacute;es 1950. Par une nuit chaude et claire, nous arpentions une galerie que de v&eacute;ritables torches &eacute;clairaient. Nos ombres, port&eacute;es par la lumi&egrave;re des torches, dessinaient des silhouettes monstrueuses. Je n&rsquo;osai trop regarder dans les ruelles o&ugrave; je craignais de r&eacute;veiller la fureur des mendiants et des assassins. Mon p&egrave;re portait un uniforme galonn&eacute;. J&rsquo;imitai la rectitude de son allure. Nous approch&acirc;mes bient&ocirc;t des rives du Bosphore, l&agrave; mon p&egrave;re soudain plus souple s&rsquo;assit au bord d&rsquo;un d&eacute;barcad&egrave;re, et il renversa sa t&ecirc;te, en sifflant une m&eacute;lodie qui &eacute;tait celle de &laquo;&nbsp;Look At The Moon&nbsp;&raquo;. Puis il chanta les vers que vous connaissez. Je d&eacute;couvris chez cet homme qui me terrifiait une joie paisible et nostalgique. Il pronon&ccedil;a ces paroles&nbsp;: &laquo; Songe que nous sommes le monde merveilleux contenu entre les plis d&rsquo;un drap incommensurable, et quand il plaira aux Dieux de se r&eacute;veiller, tout s&rsquo;effondrera, m&ecirc;me ces fleuves dont nous admettons un peu vite la puissance.&nbsp;&raquo; Mon p&egrave;re me sourit et proposa de nous chercher des glaces.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1950&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Oui, &agrave; Istanbul.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Ce souvenir serait-il sp&eacute;cieux&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman" size="3"><span dir="ltr"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman" size="3"><span dir="ltr">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<img height="360" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/rockefeller_12.jpg" width="250" class="CtreTexte" /></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt" align="center"><font face="Times New Roman" color="#993366" size="3"><span dir="ltr"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Uder Mermouch Senior</em></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt" align="center"><font face="Times New Roman" size="3"><span dir="ltr"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Il l&rsquo;est. Les Mermouch vivaient &agrave; Ankara. Mon p&egrave;re vouait une passion &agrave; Gibbons, plut&ocirc;t qu&rsquo;&agrave; la po&eacute;sie Psycho-Batave de Baltimore. Son dos &eacute;tait vo&ucirc;t&eacute;, ab&icirc;m&eacute;. Alors comment expliquez-vous que cette sc&egrave;ne se f&ucirc;t pr&eacute;sent&eacute;e si spontan&eacute;ment, si compl&egrave;tement form&eacute;e, &agrave; mon esprit, avec une pr&eacute;cision que n&rsquo;importe quel souvenir serait en peine de copier&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Cette propri&eacute;t&eacute; remarquable qu&rsquo;ont certaines &oelig;uvres &agrave; inventer de toutes pi&egrave;ces un pass&eacute; id&eacute;al pour chacun, je l&rsquo;explique par le concept de Pass&eacute; en tant qu&rsquo;Absolu. Le Pass&eacute; en tant qu&rsquo;Absolu rejoint peu ou prou l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une mythologie priv&eacute;e, il est ce qui ouvre &agrave; chacun les formes, le r&eacute;cit, les figures d&eacute;cisives de son existence r&ecirc;v&eacute;e, mais afin qu&rsquo;un tel prodige ait lieu, l&rsquo;&oelig;uvre doit r&eacute;unir les qualit&eacute;s essentielles du Pass&eacute; absolu. &laquo;&nbsp;Look At The Moon&nbsp;&raquo; semble les comporter toutes. Comme vous, une enfance l&eacute;gendaire a surgi sous mes yeux la premi&egrave;re fois que j&rsquo;entendis cette chanson de The Amoebas, et je me vis au milieu d&rsquo;un convoi, plein de b&ecirc;tes et d&rsquo;hommes, de fusils et de pioches, un convoi dangereux dans les for&ecirc;ts de l&rsquo;Oregon, je nous vis b&acirc;tir une &eacute;glise et une &eacute;cole, ramasser les premiers l&eacute;gumes, r&eacute;colter les premiers fruits. J&rsquo;&eacute;tudiais ensuite les composantes de &laquo;&nbsp;Look At The Moon&nbsp;&raquo; et tentais d&rsquo;en justifier les parties et le tout. Le premier trait frappant est l&rsquo;&eacute;galit&eacute; du rythme, un rythme ni tr&eacute;pidant ni trop lent, un cours r&eacute;gulier, une vivacit&eacute; point trop alerte. J&rsquo;en conclus qu&rsquo;il s&rsquo;agissait l&agrave; de la joie des &eacute;l&eacute;ments&nbsp;: le rythme traduisait la joie d&rsquo;une vie saine et ataraxique. Les voix, elles aussi, m&ecirc;me lorsqu&rsquo;un &eacute;cho profond les garde d&rsquo;atteindre &agrave; une pleine clart&eacute;, t&eacute;moignent de cette sant&eacute;&nbsp;; ce serait un contre-sens d&rsquo;associer des harmonies puissantes au sentiment d&rsquo;une Nature r&eacute;v&eacute;l&eacute;e. Les voix ne doivent pas agir comme une piq&ucirc;re ou un &eacute;clair, mais dans le halo qui les emporte, elles parlent comme le Dieu qui se manifeste par les nuages dans le firmament, ou bien comme la brume de l&rsquo;aurore, une pr&eacute;sence ineffable et bienveillante. J&rsquo;aime particuli&egrave;rement le canon bref et &eacute;vapor&eacute; sur le vers &laquo;&nbsp;Look At The Moon&nbsp;&raquo;&nbsp;: au lieu de la fus&eacute;e chorale attendue, les voix figurent une &eacute;chelle dont les premiers barreaux s&rsquo;effaceraient au fur et &agrave; mesure de l&rsquo;ascension, et dont la destination est masqu&eacute;e &agrave; notre entendement. Le proc&eacute;d&eacute; est simple. Comme cette m&eacute;lodie, marqu&eacute;e par la perfection circulaire et concise des airs patriotiques am&eacute;ricains, d&eacute;nu&eacute;e d&rsquo;accent, &agrave; la tonalit&eacute; unie, ennemie de l&rsquo;emphase, et cependant, il existe un accord m&eacute;lancolique, celui que soutient le vers &laquo;&nbsp;And now she&rsquo;s gone&nbsp;&raquo;. Cet accord symbolise la tentation passag&egrave;re de la tristesse, et il est d&rsquo;autant plus beau d&rsquo;entendre juste apr&egrave;s la reprise du mood initial, qui console le chanteur de la perte de son amour. Il n&rsquo;est d&rsquo;autre compensation que la saveur d&rsquo;un Immuable reconquis sur le malheur d&rsquo;une d&eacute;ception. Enfin, ce qui, je peine &agrave; la confesser, me transporte d&rsquo;aise et d&rsquo;admiration, et conforte notre th&eacute;orie d&rsquo;un Pass&eacute; absolu, c&rsquo;est&hellip; ah, vous risqueriez d&rsquo;en tirer des conclusions regrettables&hellip;</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Achevez.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-bidi-font-weight: bold; mso-bidi-font-style: italic"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span></span><span dir="ltr"><font size="3">La lead guitar, Mermouch, sa virtuosit&eacute; me touche. Le virtuose est m&eacute;diocrement consid&eacute;r&eacute; dans l&rsquo;histoire du Psycho-Batave, mais celui qui joue sur &laquo;&nbsp;Look At The Moon&nbsp;&raquo; m&eacute;rite une statue dans sa bonne ville de Baltimore. Rien qu&rsquo;avec une fine r&eacute;verb&eacute;ration, de magnifiques glissandi, ou des grappes de trois notes cristallines, le soliste, parfaitement au diapason de la rumeur oc&eacute;anique du reste de l&rsquo;orchestre, respectueux de cette section rythmique engloutie mais pas morte pour autant, le soliste assume &agrave; lui-seul le mouvement fin, l&rsquo;esprit subtil, le fluide sympathique de la chanson. Je dirais que sa partition vaut toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;estampe japonaise, qu&rsquo;elle en r&eacute;sume le style et la gr&acirc;ce, le vif et &eacute;gal d&eacute;placement, le furtif et <strong><em>n&eacute;anmoins toujours &eacute;gal</em></strong> passage d&rsquo;air, d&rsquo;eau et de vie. Le Pass&eacute; absolu comme le discret et infime passage des &eacute;l&eacute;ments, qui, lorsque nous l&rsquo;appr&eacute;hendons, annule pour nous et l&rsquo;agitation et la vaine grossi&egrave;ret&eacute; de notre condition, celle d&rsquo;hommes en lutte, bons &agrave; la souffrance et &agrave; l&rsquo;inqui&eacute;tude, dans la fournaise intol&eacute;rable de nos int&eacute;r&ecirc;ts.<strong><em>
<p>&nbsp;</p>
</em></strong></font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-bidi-font-weight: bold; mso-bidi-font-style: italic"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span></span><span dir="ltr"><font size="3">New-age que cela. Nous avons besoin de chair, de cruaut&eacute; et d&rsquo;a priori violents. Et peut-&ecirc;tre que certaine main d&rsquo;enfant attend votre venue, vieux bougre. Suivez-moi.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span dir="ltr"><font size="3"><strong><em>
<p>&nbsp;</p>
</em></strong></font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span dir="ltr"><font size="5">
<p><a href="http://www.box.net/public/static/0468r3s6up.mp3" target="_blank">The Amoebas - Look at the moon</a></p>
</font></span></font></p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 25 Jan 2007 14:50:59 +0100</pubDate>        <guid >http://www.jeanpop2.com/article-5392056.html</guid>
                <category>Notes de Boulter Lewis</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-5392056-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le mot ultime sur le Psycho-Batave, et avant quil ne soit prononcé, quelque aventure subsidiaire mettant Boulter Lewis aux prises avec lirascible Uder Mermouch]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-5218747.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Le lecteur aura la bienveillance de vouloir consid&eacute;rer tout le fastidieux qu&rsquo;impliquerait le r&eacute;cit pourtant tr&egrave;s attendu de mon ascension du mont Elbourz, et de lui pr&eacute;f&eacute;rer ma soudaine apparition au beau milieu d&rsquo;une cour. Le sable y avait vaincu la pierre, ainsi que toute esp&egrave;ce de v&eacute;g&eacute;tation. Une fontaine, un baquet, une piste comme trac&eacute;e par d&rsquo;insolites petits cailloux noirs, voil&agrave; qui formait l&rsquo;essentiel de ce que je pouvais observer, et je n&rsquo;y trouvais pas m&ecirc;me le charme de l&rsquo;&eacute;l&eacute;mentaire, du fruste assemblage d&rsquo;un village mexicain, r&eacute;guli&egrave;rement pill&eacute; et affam&eacute;. Au-dessus de moi, il courait un chemin de ronde, o&ugrave; seul un canon bris&eacute; montait la garde. Un vent &acirc;pre, froid et coupant, &eacute;tait le fantomatique orchestre saluant l&rsquo;arriv&eacute;e du visiteur et le sable agglom&eacute;r&eacute; en minuscules tornades chassait les parfums irr&eacute;els de la toile et du crin. Le fort de Jean Pop 2 n&rsquo;en portait que le nom. Sous le porche, car la cour n&rsquo;en &eacute;tait cependant pas d&eacute;pourvue, une ombre s&rsquo;avan&ccedil;a. Elle me fit signe, mais la distance m&rsquo;emp&ecirc;chant de d&eacute;chiffrer le signe, je restai &agrave; ma place et attendis. L&rsquo;ombre redoubla son activit&eacute; et cette fois, je pus comprendre qu&rsquo;on me priait d&rsquo;approcher. Je ne m&rsquo;ex&eacute;cutai pas et d&eacute;clarai tr&egrave;s haut que la courtoisie, l&rsquo;obligeance et l&rsquo;humanit&eacute; exigeaient de celui qu&rsquo;il &eacute;tait raisonnable de croire mon h&ocirc;te, de r&eacute;v&eacute;ler en premier sa pr&eacute;sence, puis d&rsquo;encourager son visiteur &agrave; r&eacute;v&eacute;ler la sienne en le mettant &agrave; son aise, parce que non seulement l&rsquo;honn&ecirc;tet&eacute; d&rsquo;une introduction en bonne et due forme n&rsquo;y suffirait pas, mais qu&rsquo;il faudrait bien mieux cr&eacute;er tout de go un climat propice &agrave; la chaleur de l&rsquo;entretien, peut-&ecirc;tre au moyen de quelque mot d&rsquo;esprit, point trop subtil, point trop grossier non plus, mais tout juste plaisant, assez pour qu&rsquo;on n&rsquo;en retire pas un pr&eacute;jug&eacute; fatal &agrave; celui qui nous tend la main. Tout cela, je le clamai dans le feu de l&rsquo;instant, au m&eacute;pris du vent qui semblait d&eacute;rober la moiti&eacute; de mes paroles. L&rsquo;ombre se vexa, jura, et fracassa quelque chose contre le sol. Une voix s&rsquo;&eacute;leva, dou&eacute;e d&rsquo;une rapidit&eacute; d&rsquo;&eacute;locution d&eacute;concertante, piqu&eacute;e par endroits d&rsquo;inflexions hyst&eacute;riques, et m&rsquo;ordonna de rentrer sous le porche &laquo;&nbsp;sans d&eacute;lai aucun&nbsp;&raquo;. Je renouvelai ma requ&ecirc;te. L&rsquo;ombre, n&rsquo;y pouvant plus, fon&ccedil;a &agrave; ma rencontre, et tandis que je d&eacute;couvrais les traits de l&rsquo;&ecirc;tre imp&eacute;rieux qui me fustigeait, j&rsquo;entendis &agrave; nouveau rugir &agrave; mes oreilles l&rsquo;objurgation de rentrer sous le porche &laquo;&nbsp;sans d&eacute;lai aucun, absolument aucun&nbsp;&raquo;. Je fis remarquer &agrave; celui qui me commandait si rageusement que ce d&eacute;lai proscrit venait pourtant de m&rsquo;&ecirc;tre accord&eacute;, qu&rsquo;en cons&eacute;quence, je ne subirais plus sans rire ses tentatives autoritaires, que nous pourrions d&egrave;s &agrave; pr&eacute;sent envisager nos rapports avec plus de calme et de s&eacute;r&eacute;nit&eacute;. &laquo;&nbsp;Pourquoi diable&nbsp;? S&rsquo;&eacute;tonna mon h&ocirc;te, dont le front restait lisse malgr&eacute; la col&egrave;re sanguinaire qui br&ucirc;lait son regard. La patience d&rsquo;un solide discours est pour moi la marque d&rsquo;un esprit suffisant, d&rsquo;un esprit suffisant et fort, oui fort ex&eacute;crable&nbsp;; &agrave; quoi tentez-vous donc de me r&eacute;duire, en vous complaisant dans cette identit&eacute; de Lib&eacute;ral Britannique qui s&rsquo;est arm&eacute; d&rsquo;une bonne rh&eacute;torique afin de justifier ses crimes, qui plaide pour la sant&eacute; de sa logique avant de c&eacute;l&eacute;brer le triomphe de ses instincts&nbsp;? Vous tuez des z&egrave;bres, c&rsquo;est &ccedil;a qui vous d&eacute;finit, &ccedil;a et rien d&rsquo;autre, la morale et la philosophie ne servent qu&rsquo;&agrave; vous faire admettre cette v&eacute;rit&eacute; toute simple&nbsp;: que vous tuez des z&egrave;bres, et que c&rsquo;est probablement tout ce que vous ferez jamais. Je sais qui vous &ecirc;tes, Boulter Lewis, je sais celui que vous f&ucirc;tes, je d&eacute;plore la trag&eacute;die qui s&rsquo;est abattue sur le plus impitoyable policier du Massachusetts et qui l&rsquo;a chang&eacute; en un &eacute;pais raisonneur, &ecirc;tes-vous de ceux qui, leur action condamn&eacute;e, en deviennent les pires avocats, comme des professeurs repentis&nbsp;? Rentrez sous ce porche, sans d&eacute;lai aucun. Rentrez, nous allons occuper une pi&egrave;ce, puis nous passerons &agrave; travers une autre, et enfin nous gagnerons une deuxi&egrave;me cour. Je veux que nous <em>occupions</em> la premi&egrave;re pi&egrave;ce, parce qu&rsquo;il y flotte toute ma pens&eacute;e, et le travail qui l&rsquo;exprime et les &oelig;uvres qui en r&eacute;sultent, je veux que vous compreniez combien une pi&egrave;ce satur&eacute;e de pens&eacute;e est suffocante pour celui qui n&rsquo;est pas &agrave; l&rsquo;origine de cette pens&eacute;e, mais que par ailleurs, lorsque vous y pourrez respirer, &agrave; certains instants seulement, vous devinerez et saurez ce que je n&rsquo;aurai aucune peine, moi, &agrave; saisir, et que je ne formulerai m&ecirc;me pas, oui, dans ce qu&rsquo;on pourrait qualifier d&rsquo;&eacute;tourdissement, vous serez instruit, alors ne tardons plus&nbsp;: rentrez sous ce porche sans d&eacute;lai aucun.&nbsp;&raquo;</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img height="388" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/pitbullboycute_w.jpg" width="265" class="CtreTexte" /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" color="#993366" size="3"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un jeune Mermouch tr&egrave;s mignon</em></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Uder Mermouch avait exag&eacute;r&eacute; la densit&eacute; spirituelle du bureau o&ugrave; il promettait de me faire languir de nombreuses heures. Calfeutr&eacute;e dans le bleu douce&acirc;tre de ses rideaux de serge, la pi&egrave;ce en question paraissait propice &agrave; l&rsquo;&eacute;tude et &agrave; l&rsquo;ensommeillement. Mermouch, install&eacute; &agrave; son bureau, compulsait d&eacute;j&agrave; ses fiches et ses plans, qu&rsquo;il repla&ccedil;ait avec m&eacute;thode sit&ocirc;t consult&eacute;s. Il ne daignait pas m&rsquo;observer. Je remarquai nich&eacute;s dans les &eacute;tag&egrave;res d&rsquo;une biblioth&egrave;que des ouvrages peu am&egrave;nes sur l&rsquo;art de la poliorc&eacute;tique et l&rsquo;histoire de la fauconnerie, si bien qu&rsquo;en &eacute;tudiant la physionomie de mon h&ocirc;te, je m&rsquo;aper&ccedil;us que la rigidit&eacute; de son maintien ainsi que de ses traits ne s&rsquo;expliquait pas autrement que par un contact prolong&eacute; avec les m&oelig;urs militaires, qu&rsquo;ils eussent &eacute;t&eacute; familiaux ou bien seulement livresques. &laquo;&nbsp;Vous n&rsquo;ignorez pas que je suis Boulter Lewis, ancien officier de police de Concord, Massachussets&nbsp;?</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Je l&rsquo;ignorais. Je me doutais bien que vous &eacute;tiez m&ecirc;l&eacute; &agrave; cette croisade du Psycho-Batave, sinon je ne vous aurais pas trouv&eacute; post&eacute; <em>irr&eacute;guli&egrave;rement</em> dans notre fort. </font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Le nom de Boulter Lewis ne vous &eacute;voque donc rien&nbsp;? Je suis au fondement de la doctrine Psycho-Batave, j&rsquo;ai au moins encourag&eacute;, favoris&eacute; la vocation de notre cher Randall Webb.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Je respecte cette histoire, que je connais fort mal mais suffisamment pour en concevoir une bonne opinion, mais voyez-vous, je travaille pour Jean Pop 2, ou, puisque vous &eacute;mettez des r&eacute;serves &agrave; peu pr&egrave;s chaque fois que vous parlez, je m&egrave;ne une entreprise qui regarde de tr&egrave;s pr&egrave;s ce que notre ami Le Second poursuit de son c&ocirc;t&eacute;, et qui parfois m&rsquo;est n&eacute;buleux, je dois l&rsquo;avouer.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">L&rsquo;&eacute;pisode de l&rsquo;arche Psycho-Batave&nbsp;? En &eacute;tiez-vous&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Je connais cela, et entendez-moi&nbsp;: je m&eacute;prise ardemment. </font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Quelle utilit&eacute; retirerai-je de votre conversation, Mermouch, si vous adoptez syst&eacute;matiquement cette position p&eacute;riph&eacute;rique au drame&nbsp;? Je veux bien esp&eacute;rer que vous contribuiez au Psycho-Batave contemporain, mais pour ce qui concerne mon affaire, je n&rsquo;attends rien de vous.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Une main momifi&eacute;e.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Qu&rsquo;avez-vous dit&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Soyez patients. Laissez-moi vous exposer la nature de mes recherches. Depuis quelques ann&eacute;es, Jean Pop 2 et moi nous interrogeons sur les conditions d&rsquo;une reviviscence du Psycho-Batave, et, sous mon impulsion, nous d&eacute;cid&acirc;mes que certes plusieurs facteurs se liguaient contre l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une renaissance, mais qu&rsquo;il &eacute;tait possible d&rsquo;en isoler un et, &agrave; force d&rsquo;en cerner la composition, nous pourrions, gr&acirc;ce &agrave; sa mobilisation unique et d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e, poser le premier jalon d&rsquo;une reconstruction&nbsp;; le temps aidant, nous reporterions nos efforts sur les aspects provisoirement n&eacute;glig&eacute;s, et les approfondirions de la sorte. Pour l&rsquo;heure, il est question de cit&eacute;, de g&eacute;ographie urbaine. Il faut saisir au plus juste la forme exacte de ce qu&rsquo;est une cit&eacute; Psycho-Batave. A cet effet, notre premier probl&egrave;me fut de consid&eacute;rer une zone que nous avons baptis&eacute; la Psycho-Batave Belt, s&rsquo;&eacute;tendant de la Californie du Sud &agrave; la Floride. Alors, oui, votre Massachussets natal, berceau du Psycho-Batave Tendre n&rsquo;en fait pas partie, parce que, comprenez-vous, il s&rsquo;agissait de ne circonscrire qu&rsquo;un espace purement, exclusivement Psycho-Batave, et il nous apparut que la s&eacute;duisante Nouvelle-Angleterre n&rsquo;en offrait qu&rsquo;une expression att&eacute;nu&eacute;e, pas fausse, ni gauchie, mais trop sp&eacute;cifique quand m&ecirc;me. Une fois la Ceinture trac&eacute;e, nous devions examiner &agrave; la fois la gen&egrave;se, l&rsquo;organisation et la logique &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans la formation et la croissance des principaux centres urbains du Psycho-Batave. Enfin, et nous n&rsquo;en sommes pas encore arriv&eacute;s &agrave; ce point, il faudra d&eacute;terminer comment, artificiellement, nous pouvons reproduire ce mod&egrave;le ou l&rsquo;ajuster &agrave; des mod&egrave;les &eacute;loign&eacute;s, voire contraires.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Eh bien, que savez-vous sur la cit&eacute; Psycho-Batave&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">C&rsquo;est une banlieue pavillonnaire.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Est-ce tout&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Le reste consiste en hypoth&egrave;ses, la seule certitude est que la banlieue pavillonnaire d&eacute;signe une r&eacute;alit&eacute; r&eacute;currente du Psycho-Batave, et que nous devons ainsi la consid&eacute;rer comme une expression haute et d&eacute;cisive de ce qu&rsquo;est urbanistiquement le Psycho-Batave.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 18pt; TEXT-ALIGN: justify">
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
</p>
<span style="FONT-SIZE: 12pt; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA">En &eacute;coutant Mermouch, je me fis la r&eacute;flexion que les h&eacute;rauts contemporains du Psycho-Batave poss&eacute;daient une vigueur toute discursive et s&rsquo;attachaient ais&eacute;ment &agrave; des domaines extra-musicaux, deux traits qui nous s&eacute;paraient, Mermouch et moi, mais que le passage du temps, le renoncement de Don Creux et la mort de Marvin Marty justifiaient. C&rsquo;&eacute;tait donc l&agrave; ce que le Psycho-Batave actuel, sous la f&eacute;rule de l&rsquo;invisible Jean Pop 2, proposait, et qui, efficient ou non, avait son honneur, son ambition et sa criante originalit&eacute;. Je me sentis &agrave; la fois exclu du cours des choses et favorablement port&eacute; &agrave; go&ucirc;ter ce Psycho-Batave moderne, qui tranchait avec tous les d&eacute;saveux, rococo, Arm&eacute;niens ou Bulgares, que j&rsquo;entendis et dus braver pour moi-m&ecirc;me, en ce qu&rsquo;il postulait sans h&eacute;sitation au si&egrave;ge int&eacute;gral de toutes les cit&eacute;s du monde. Le r&eacute;confort fut immense, et j&rsquo;eus la tentation de poser sur l&rsquo;&eacute;paule de Mermouch une main paternelle, de ces mains dont Sred Sweign poss&egrave;de une ma&icirc;trise in&eacute;gal&eacute;e. Je trouvai heureusement un biais &agrave; cette impulsion qui aurait contrit notre Psycho-G&eacute;ographe, en rep&eacute;rant opportun&eacute;ment, sous une vitre murale, un disque cher &agrave; mon c&oelig;ur, et qui devait l&rsquo;&ecirc;tre tout autant &agrave; celui de Mermouch&nbsp;: &laquo;Look At The Moon&nbsp;&raquo;, par The Amoebas, tr&eacute;sor du Psycho-Batave Lavette de Baltimore, Maryland.&nbsp;</span>]]></description>
        <pubDate>Thu, 11 Jan 2007 20:41:44 +0100</pubDate>        <guid >http://www.jeanpop2.com/article-5218747.html</guid>
                <category>Notes de Boulter Lewis</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-5218747-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La mort de Marvin Marty]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-4318240.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<font size="2">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </font></span><font size="2">En 1976, mon fr&egrave;re Lzlalor exer&ccedil;ait &agrave; nouveau pleinement ses talents de cin&eacute;aste pour le compte des soci&eacute;t&eacute;s slaves de Providence, et je ne t&acirc;chais pas de comprendre en quoi l&rsquo;&oelig;uvre de Marvin Marty avait permis cette renaissance, tant les films de mon fr&egrave;re, par leur sujet et leur forme rigoureusement classique, me semblaient en tous points identiques &agrave; ceux qu&rsquo;il avait tourn&eacute;s jadis. N&eacute;anmoins, ses relations favoris&egrave;rent ma rencontre avec James, de bien fantaisiste mani&egrave;re. Strofsky &amp; Ganesh &eacute;tait une firme puissante et rac&eacute;e de cravates et autres colifichets masculins, qui voulaient investir dans le cin&eacute;ma. Afin de t&acirc;ter le terrain d&rsquo;une industrie qu&rsquo;ils connaissaient fort peu, ils se lanc&egrave;rent dans le circuit cin&eacute;matographique local, et naturellement, ils pari&egrave;rent sur Lzlalor. On m&rsquo;invita &agrave; la bar-mitsva de la jeune Marge Strofsky. L&agrave;, de tr&egrave;s rutilants sp&eacute;cimens de la bourgeoisie du Rhode Island piaffaient devant le musicien engag&eacute; pour l&rsquo;occasion, et qui n&rsquo;avait aucun air de polka dans son r&eacute;pertoire. Compr&eacute;hensive, une petite dame s&rsquo;approcha et sugg&eacute;ra qu&rsquo;on le laiss&acirc;t entonner un air am&eacute;ricain, puisqu&rsquo;apr&egrave;s tout, Moscou &eacute;tait loin et oubli&eacute;e, notamment de ceux qui s&rsquo;en r&eacute;clamaient bruyamment. Dans sa jeunesse, elle et son &eacute;poux avaient dans&eacute; de folles heures en &eacute;coutant Frankie Valli &amp; The Four Seasons, peut-&ecirc;tre ses amies s&rsquo;en souvenaient-elles, dans cette courte p&eacute;riode qui vit l&rsquo;Italo-Am&eacute;ricain sugg&eacute;rer autre chose que le crime organis&eacute;, &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; l&rsquo;on pouvait croire que Felix Cavaliere repousserait &agrave; jamais l&rsquo;ombre hideuse de Sam Caggiana, l&rsquo;idole du swing. Le pianiste (il &eacute;tait pianiste) eut cette r&eacute;ponse&nbsp;: &laquo;&nbsp;Madame, je peux jouer pour vous &laquo;&nbsp;Wall Street Village Day&nbsp;&raquo;&nbsp;&raquo;. Certes, il s&rsquo;agissait bien de The Four Seasons, mais h&eacute;las, au bout de quelques mesures qui laiss&egrave;rent perplexes les convives, ceux-ci vaqu&egrave;rent &agrave; d&rsquo;autres activit&eacute;s, et je demeurai seule, magn&eacute;tis&eacute;e. James joua la chanson sans en omettre un seul &eacute;l&eacute;ment et pendant tout le temps qu&rsquo;il la jouait, il ne remarqua pas la d&eacute;votion dont je l&rsquo;entourais. J&rsquo;attendis qu&rsquo;il fin&icirc;t, posai seulement mon regard sur ses mains apais&eacute;es, et il me dit&nbsp;: &laquo;&nbsp;On peut dire que je suis chanceux&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Pourquoi, je vous prie&nbsp;?&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Vous vous tenez pr&egrave;s de moi, je consid&egrave;re que c&rsquo;est une chance.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Je suis Bulgare.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Qui ne l&rsquo;est pas&nbsp;?&nbsp;&raquo; Notre union fut alors scell&eacute;e, et M. Lewis, ce mariage, b&acirc;ti sur de nobles fondations, s&rsquo;est r&eacute;v&eacute;l&eacute; fructueux, bon et juste. Je reviens &agrave; Lzlalor qui, en 1979, pr&eacute;sida une tr&egrave;s &eacute;mouvante r&eacute;trospective sur le cin&eacute;ma slave du Rhode Island. Ses &oelig;uvres, anciennes et contemporaines, figuraient en bonne place, au milieu d&rsquo;autres qui, aux yeux du public, &eacute;taient d&rsquo;une valeur &eacute;gale&nbsp;: toutes racontaient la geste d&rsquo;une communaut&eacute; en Terre Promise, chacune &agrave; sa mani&egrave;re. Lzlalor pr&eacute;sidait l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement pour la seule raison qu&rsquo;il en avait eu lui-m&ecirc;me l&rsquo;id&eacute;e. C&rsquo;&eacute;tait un moyen subtil de signifier la valeur et l&rsquo;efficacit&eacute; du Bulgare, quoique j&rsquo;eus remarqu&eacute; depuis quelques ann&eacute;es une certaine s&eacute;r&eacute;nit&eacute; de ce c&ocirc;t&eacute;-l&agrave;. Mon fr&egrave;re, sans gu&egrave;re en esp&eacute;rer grand-chose, avait envoy&eacute; une invitation au c&eacute;l&egrave;bre Marvin Marty. A notre immense surprise, ce dernier accepta. Etait-ce la curiosit&eacute;, la passion intacte de l&rsquo;amateur de cin&eacute;ma, la recherche d&rsquo;une voie nouvelle, le d&eacute;soeuvrement, la d&eacute;mence o&ugrave; l&rsquo;on supposait que le cr&eacute;ateur de <em>Sad Was The Wine</em> s&rsquo;&eacute;tait ab&icirc;m&eacute;, et dans ce cas, il y avait tout &agrave; redouter d&rsquo;une pareille visite, toujours est-il que Marvin Marty assista &agrave; la r&eacute;trospective et observa une courtoisie et une r&eacute;serve typiques du convalescent, en chemin vers le bonheur. Nous e&ucirc;mes le privil&egrave;ge avec James de d&icirc;ner en compagnie de Marvin et Lzlalor, chez Tarrik qui lui aussi, une fois le menu pr&eacute;par&eacute;, se joignit &agrave; notre petit groupe, et ferma le restaurant. La discussion roula longtemps sur les particularismes de notre culture hongroise, Marvin ne dissimula pas l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t profond qu&rsquo;il portait &agrave; certaines de nos manies, comme cette histoire de kamikaze caf&eacute;inophile. Plus tard, il fut question de cin&eacute;ma. Marvin restait incr&eacute;dule devant l&rsquo;influence que Lzlalor revendiquait haut et obstin&eacute;ment, celle du film de cave, dont m&ecirc;me Marvin se m&eacute;fiait, &agrave; d&eacute;faut de la r&eacute;prouver.</font></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img height="195" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/toppin___your_dream.jpg" width="300" class="CtreTexte"  /></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="2"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>&laquo;&nbsp;Quand on regarde mes films, on a t&ocirc;t fait de remarquer qu&rsquo;il n&rsquo;y a gu&egrave;re de cave, pas de r&eacute;union de personnages meurtris autour d&rsquo;un barbecue, aucune mise en accusation du mythe am&eacute;ricain de libert&eacute; joyeuse et insouciante. Pourtant, ce qui tisse le fil d&rsquo;Ariane de toute mon &oelig;uvre r&eacute;cente, je peux affirmer que j&rsquo;en con&ccedil;us l&rsquo;id&eacute;e en d&eacute;couvrant votre premier long-m&eacute;trage. En effet, le personnage de Benedict Mopath, interpr&eacute;t&eacute; par Georges Dzundza, m&rsquo;a appris ce que pouvait &ecirc;tre un personnage Bulgare, comment repr&eacute;senter un &ecirc;tre humain int&eacute;ressant, particulier, mais vou&eacute; &agrave; l&rsquo;indiff&eacute;rence. Il ne me vient pas &agrave; l&rsquo;esprit que Benedict Mopath ait &eacute;t&eacute; moins &eacute;tudi&eacute; que les autres personnages du film, je pr&eacute;f&egrave;re penser que son destin est de tra&icirc;ner son propre oubli parmi les siens. Mopath participe de beaucoup de plans, ses r&eacute;pliques sont en quantit&eacute; suffisante et aucune ne se signale par son ineptie ou simplement sa platitude, il est &eacute;vident que Mopath ne personnifie pas, comme certains l&rsquo;ont &eacute;crit, le gentil voisin irresponsable, le genre &agrave; regarder des matches de base-ball &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision ou &agrave; &eacute;couter des disques folk avec son &eacute;pouse, ce vague produit d&rsquo;un Empire repu et mat&eacute;rialiste. Tous ceux qui ont d&eacute;gurgit&eacute; cette analyse frauduleuse sont des idiots. Benedict Mopath n&rsquo;est pas non plus un effort pr&eacute;tentieux vers le r&eacute;alisme psychologique, cette esp&egrave;ce de vice de la pens&eacute;e qui nous fait d&eacute;sirer la modestie comme &eacute;tant plus juste et qui demande au contraire une grande suffisance, cette modestie est tellement abjecte, elle est toujours suppos&eacute;e chez autrui et valoris&eacute;e, alors qu&rsquo;intimement tout le monde la refuse pour soi. A mon sens, Benedict Mopath a seulement le malheur de n&rsquo;&ecirc;tre jamais au centre des situations, il n&rsquo;est pas indistinct de nature ni moins complexe qu&rsquo;un autre. C&rsquo;est un Bulgare d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment &agrave; c&ocirc;t&eacute; de ce qui se joue et jamais d&eacute;sign&eacute; par la mise en sc&egrave;ne comme le nigaud que l&rsquo;on ignore. Tous mes films depuis 1972 traitent de tels personnages, ils sont les Bulgares que votre film m&rsquo;a r&eacute;v&eacute;l&eacute;s et &agrave; qui j&rsquo;ai confi&eacute; la signification et la structure de mon travail.&nbsp;&raquo; Marvin Marty leva son verre, proposa un toast et &agrave; tous nous donna l&rsquo;accolade, puis il d&eacute;clara que les paroles que mon fr&egrave;re avait prononc&eacute;es faisaient davantage pour lui que n&rsquo;avait fait sa cohorte d&rsquo;imitateurs, qu&rsquo;il &eacute;tait temps pour lui de mettre de c&ocirc;t&eacute; certaine obsession qu&rsquo;il nourrissait &agrave; l&rsquo;&eacute;gard d&rsquo;un brillant id&eacute;ologue, qui, malgr&eacute; la force de sa vision, l&rsquo;avait peut-&ecirc;tre, lui Marvin Marty, amen&eacute; &agrave; la rupture. Il quitta Providence le lendemain. Six mois plus tard, Lzlalor disparaissait dans une explosion au gaz. Il avait 61 ans. Sa mort nous ravagea moins qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait d&ucirc; si nous n&rsquo;avions eu le sentiment et la certitude que mon fr&egrave;re avait employ&eacute; les dix derni&egrave;res ann&eacute;es de sa vie &agrave; cr&eacute;er quelque chose qui lui faisait honneur. Lorsque Marvin l&rsquo;apprit, il m&rsquo;offrit de devenir sa secr&eacute;taire et de l&rsquo;assister dans la pr&eacute;paration de son film <em>Have Some More Wine, Suzy Joe</em>, et ainsi James et moi emm&eacute;nage&acirc;mes &agrave; San Bernardino. L&rsquo;histoire du tournage de l&rsquo;&oelig;uvre testamentaire de Marvin Marty a &eacute;t&eacute; document&eacute;e ailleurs, ce fut une p&eacute;riode paisible et tr&egrave;s amicale. Ce zen californien sudiste, si singulier, semblait &eacute;touffer toute tension au sein de l&rsquo;&eacute;quipe et m&ecirc;me soulager la tristesse rampante de Marvin Marty. Celui-ci s&rsquo;ouvrait &agrave; moi du caract&egrave;re Bulgare que son film devait rev&ecirc;tir, en souvenir de Lzlalor&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre choix pour quelqu&rsquo;un que le Psycho-Batave a presque terrass&eacute; que de t&acirc;cher de devenir un bon Bulgare.&nbsp;&raquo; Marvin nous quitta &agrave; l&rsquo;automne 1982, son film achev&eacute;. Parmi ses derni&egrave;res volont&eacute;s, il me revenait d&rsquo;en ex&eacute;cuter d&rsquo;eux&nbsp;: consigner les d&eacute;placements et les possibles activit&eacute;s de votre ami Randall Webb dans un cahier rouge que Marvin tenait depuis quinze ans, et fonder un lieu qui serait le point de rassemblement de tous les Bulgares, qu&rsquo;ils fussent n&eacute;s Bulgares ou spirituellement li&eacute;s &agrave; la Bulgarie. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="2"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>J&rsquo;organisai les fun&eacute;railles de Marvin, dans sa ville natale, Richmond. Le corps fut d&eacute;pos&eacute; dans un caveau en forme de rotonde, car telle &eacute;tait la forme du b&acirc;timent favori de Marvin lorsqu&rsquo;il &eacute;tait &eacute;tudiant, et ainsi qu&rsquo;il le stipula, &laquo;&nbsp;ce ne saurait &ecirc;tre une cave qui exciterait les gloses des critiques et des journalistes, si la cave fut le signe de mon accomplissement artistique, je ne la d&eacute;sire pour &ecirc;tre le lieu de mon ultime s&eacute;jour terrestre, on ne doit pas me confondre avec ce que j&rsquo;ai montr&eacute;&nbsp;&raquo;. La rotonde devait &ecirc;tre dress&eacute;e &agrave; la lisi&egrave;re d&rsquo;un bosquet de saules, et comme le cimeti&egrave;re &eacute;tait d&eacute;pourvu de saules, il fallut les planter. Apr&egrave;s toutes ces ann&eacute;es, je ne m&rsquo;explique pas ce souhait d&eacute;licat et &eacute;trange. L&rsquo;inhumation commen&ccedil;a &agrave; la tomb&eacute;e du soir, en pr&eacute;sence des membres de l&rsquo;&eacute;quipe de <em>Have More Wine, Suzy Joe</em>, de quelques chevaliers Psycho-Bataves comme le fid&egrave;le Kenji Fukasaku, l&rsquo;&eacute;mouvant Warren Oates, Michel Piccoli dont la dignit&eacute; impressionnait tant, et qui laissa n&eacute;anmoins<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>&agrave; la veuve de John Cazale le soin de prononcer l&rsquo;oraison fun&egrave;bre. Deux groupes manquaient&nbsp;: tous ces m&eacute;diocres r&eacute;alisateurs qui, un temps, profit&egrave;rent de la vogue du film de cave pour rentrer dans les bonnes gr&acirc;ces des studios, et dont seul Johnny Bo Lafolette &eacute;mergea, et ces plus obscurs compagnons de jeunesse, avec qui Marvin ne fraya jamais, mais qui composaient la garde du tut&eacute;laire Randall Webb&nbsp;: vous-m&ecirc;me et Don Creux. La mise en terre effectu&eacute;e, j&rsquo;aper&ccedil;us James qui soutenait un Noir estropi&eacute;, aux traits fantastiques d&rsquo;amour et de sagesse. Le nouveau convive installa un synth&eacute;tiseur et chanta d&lsquo;une voix bris&eacute;e un cantique appel&eacute; &laquo;&nbsp;Thank Goodness&nbsp;&raquo;. L&rsquo;&eacute;l&eacute;vation sugg&eacute;r&eacute;e par le vers &laquo;&nbsp;Until you came my way&nbsp;&raquo; gagna nos c&oelig;urs&nbsp;: le doux Virginien, Lenis Guess, pr&ecirc;tait son hommage amoureux &agrave; Marvin, et d&egrave;s lors, le destinataire f&eacute;minin de la chanson s&rsquo;effa&ccedil;ait devant Dieu, dont la rencontre promettait de rendre nos existences moins vaines. J&rsquo;avoue qu&rsquo;&agrave; cet instant, Monsieur Lewis, cette religiosit&eacute; que la plupart du temps nous devons combattre, vainquit mes r&eacute;sistances et m&rsquo;enveloppa. Voil&agrave; mon histoire.&nbsp;&raquo;</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="2">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img height="202" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/lenis_2-1.jpg" width="300" class="CtreTexte"  /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="2"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="2"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>&laquo;-&nbsp;Ce r&eacute;cit contient suffisamment d&rsquo;enseignement pour celui dont les pas inspir&eacute;s l&rsquo;am&egrave;nent &agrave; franchir le seuil de notre maison. Nous t&rsquo;en remercions, Olga. Vous aurez compris que la Bulgarie, en tant qu&rsquo;attitude mentale, constitue une r&eacute;ponse tr&egrave;s pertinente au probl&egrave;me Psycho-Batave.&nbsp;</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><font face="Times New Roman"><font size="2"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Je ne sache pas qu&rsquo;il y ait un probl&egrave;me Psycho-Batave.</span></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><font face="Times New Roman"><font size="2"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Enfin, mon ami, ouvrez les yeux sur le d&eacute;sarroi de vos co-missionnaires. De quoi vous parle-t-on depuis la disparition de Randall Webb&nbsp;? Vous a-t-on sugg&eacute;r&eacute; des solutions de vie, ou bien vous a-t-on entretenu des diverses formes de deuil du Psycho-Batave&nbsp;?</span></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><font face="Times New Roman"><font size="2"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Quand j&rsquo;aurai quitt&eacute; la forteresse de Jean Pop 2, je reviendrai avec le d&eacute;ni de votre pessimisme. Vous saurez votre erreur.</span></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="2">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></font></span><span dir="ltr"><font size="3"><font size="2">Bien. Mettez-vous en route. Des spectacles cruels vous attendent.&nbsp;&raquo;</font></font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><font face="Times New Roman"><span dir="ltr"><font size="3"></font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><font face="Times New Roman" size="4"><span dir="ltr"><a href="http://www.box.net/public/static/xyrfm6z2h2.mp3" target="_blank">Lenis Guess - Thank goodness</a>&nbsp;</span></font></p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 26 Oct 2006 21:50:56 +0200</pubDate>        <guid >http://www.jeanpop2.com/article-4318240.html</guid>
                <category>Notes de Boulter Lewis</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-4318240-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Boulter Lewis au café bulgare (2ème partie)]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-3744642.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="2">-Le Caf&eacute; Bulgare, est-ce un lieu d&eacute;di&eacute; aux alcools bulgares, ou bien simplement b&acirc;ti avec des mat&eacute;riaux bulgares&nbsp;? Selon, sans doute, des normes typiquement bulgares&nbsp;?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="2">-Un peu de tout cela, mais le principal est qu&rsquo;il se compose d&rsquo;une client&egrave;le strictement bulgare, &agrave; mon humble exception. Observez plut&ocirc;t.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify">
<p><font face="Times New Roman" size="2">&nbsp;</font></p>
</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="2"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>C&rsquo;&eacute;tait un &eacute;tablissement rectangulaire, fait de gros moellons, et dont l&rsquo;enseigne consistait en une peinture m&eacute;diocre et fonctionnelle. Cette impression de monotonie d&eacute;su&egrave;te n&rsquo;&eacute;tait pas rompue par la surface beige que mon &oelig;il balaya, une fois &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des murs, d&eacute;coup&eacute;e avec r&eacute;gularit&eacute; par les tables, certaines &eacute;clair&eacute;es par un chandelier, et leurs h&ocirc;tes idoines, tellement fig&eacute;s que je les imaginais solidaires de la pi&egrave;ce de bois &agrave; laquelle ils s&rsquo;accoudaient. Tr&egrave;s peu de femmes, beaucoup d&rsquo;hommes d&eacute;garnis, pas m&ecirc;me moustachus, et quelques conversations autour, semble-t-il, de parties de d&eacute;s. Une musique quasi imperceptible, o&ugrave; l&rsquo;on devinait juste des sonorit&eacute;s orientales m&ecirc;l&eacute;es &agrave; de retentissants accords de synth&eacute;tiseur, une odeur de rago&ucirc;t et de toile ainsi que quelques cartes, repr&eacute;sentant l&rsquo;Iran, &eacute;taient les quelques &eacute;l&eacute;ments, qui ne permettaient absolument pas l&rsquo;immersion du visiteur dans un mood bulgare. J&rsquo;en r&eacute;f&eacute;rai &agrave; James Knight qui ne montra nul &eacute;tonnement&nbsp;: &laquo;&nbsp;Vous commencez de comprendre ce qu&rsquo;il faut entendre par &laquo;&nbsp;bulgare&nbsp;&raquo;, mon ami. Mais observez davantage, et je compl&egrave;terai ma r&eacute;ponse.&nbsp;&raquo; Alors j&rsquo;inspectai du regard et de l&rsquo;ou&iuml;e chaque recoin du Caf&eacute; Bulgare, cependant que je ne pouvais me forcer &agrave; trouver quoi que ce soit de notable dans un endroit que j&rsquo;&eacute;tais r&eacute;solu &agrave; ne point juger <span style="mso-spacerun: yes">&nbsp;</span>remarquable, quand soudain, on renversa un verre. Le client coupable pleura avec discr&eacute;tion la perte de son breuvage et je me fis la r&eacute;flexion qu&rsquo;il devait s&rsquo;agir l&agrave; d&rsquo;un lamentable ivrogne pour ainsi verser des larmes sur un alcool r&eacute;pandu. Or, en examinant la flaque, et les d&eacute;bris, je compris que l&rsquo;homme n&rsquo;avait bris&eacute; qu&rsquo;une bien innocente tasse de caf&eacute;. Ma stupeur augmenta lorsque je constatai que deux, bient&ocirc;t trois camarades vinrent le consoler, l&rsquo;un d&rsquo;eux osant m&ecirc;me &eacute;treindre le malheureux. Je dirigeai maintenant mon attention vers le reste de l&rsquo;assistance afin de constater les effets du drame, et ceux-l&agrave;, &agrave; en juger par l&rsquo;effarement qui se peignait sur les visages, ne furent pas moindres. Peu apr&egrave;s, je vis deux hommes engag&eacute;s dans une discussion qui, si je n&rsquo;en saisissais un tra&icirc;tre mot, me frappa n&eacute;anmoins par le ton grave et solennel sur lequel elle &eacute;tait prononc&eacute;e. A plusieurs reprises, les interlocuteurs tourn&egrave;rent leur poignet gauche dans la main droite, hochant tristement la t&ecirc;te, les yeux clos. Je c&eacute;dais malgr&eacute; moi &agrave; la r&eacute;putation lugubre des peuplades slaves, et je craignais encore davantage qu&rsquo;une liesse atroce et bruyante ne se produise, avec de l&rsquo;ivresse, des coups de feu et un miracle. Non, je ne souhaitais pas qu&rsquo;une fureur absurde rach&egrave;te le d&eacute;sespoir de ce tableau, ce m&eacute;lange de mis&egrave;re, de folie et de fanfare m&rsquo;&eacute;tait tout &agrave; fait odieux, comme toute forme de po&eacute;sie sans contr&ocirc;le, qui reposerait sur l&rsquo;amas et la confusion d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e, la tr&egrave;s pr&eacute;visible conversion des valeurs qui traiterait en Paradis l&rsquo;Enfer authentique, qui, encore une fois, accr&eacute;diterait le mythe de la pauvret&eacute; et de l&rsquo;ordure, foyers de cr&eacute;ations drues et indomptables, la sup&eacute;riorit&eacute; &eacute;thique, inavou&eacute;e, des d&eacute;poss&eacute;d&eacute;s, qui tournent les possessions en d&eacute;rision, et les sentiments en absolus, toute cette mise en accusation na&iuml;ve de la conscience bourgeoise par elle-m&ecirc;me, oui, le cirque des instincts et des sensations est un avatar de l&rsquo;art bourgeois malade et honteux, et Boulter Lewis ne trempe pas dans ce genre de n&eacute;gativit&eacute; masqu&eacute;e. Mais nul coup de feu, pas de femme enlev&eacute;e, de polkas agressives, ni de flots d&rsquo;alcool. Aucun miracle. James Knight me r&eacute;conforta&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les Bulgares r&eacute;sistent du mieux qu&rsquo;ils peuvent. Vous pouvez les aimer, comme je les aime.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Cet incident avec la tasse de caf&eacute;&hellip;&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Que vous inspire-t-il&nbsp;?&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Je l&rsquo;ai trouv&eacute; curieux, tout juste curieux.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Entre 1955 et 1975, la Bulgarie a &eacute;t&eacute; sevr&eacute;e de caf&eacute;. Les habitants n&rsquo;en consommaient pas plus qu&rsquo;ailleurs, mais les dirigeants avaient &eacute;t&eacute; victimes d&rsquo;une tentative d&rsquo;empoisonnement &agrave; la fin d&rsquo;un d&icirc;ner officiel. Le traumatisme fut durable, et la production, la vente et la consommation de caf&eacute; furent interdites. En 1973, un jeune &eacute;tudiant en droit de l&rsquo;Universit&eacute; de Sofia s&rsquo;&eacute;tait procur&eacute; un sac de caf&eacute; et il d&eacute;ambula tout un apr&egrave;s-midi sous les fen&ecirc;tres du palais pr&eacute;sidentiel en levant ostensiblement son stock de grains noirs. On le fusilla. Il s&rsquo;appelait Dmitri Rloutrvov. Son ex&eacute;cution &eacute;mut la nation enti&egrave;re et ce fut le point de d&eacute;part d&rsquo;un assouplissement progressif de la loi anti-caf&eacute;, qui aboutit au d&eacute;cret de 1975, l&eacute;gitimant et autorisant &agrave; nouveau la circulation du fameux excitant. Tous les Bulgares se souviennent de Dmitri Rloutrvov, et sit&ocirc;t qu&rsquo;une tasse de caf&eacute; se brise, son fant&ocirc;me surgit dans les m&eacute;moires et tourmente le maladroit, le distrait, le n&eacute;gligent, celui &agrave; qui le courage de l&rsquo;immolation ne serait jamais venu.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Hmm&hellip; Et ce geste du poignet&nbsp;?&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;85 % de la population bulgare a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; &eacute;crou&eacute;e, pour des raisons diverses&nbsp;: meurtre, agression, vol, diffamation, ivresse, ind&eacute;cence, les motifs habituels. Ce qui compte, c&rsquo;est que beaucoup d&rsquo;habitants paraissent &eacute;pris, poss&eacute;d&eacute;s du d&eacute;sir de leur propre incarc&eacute;ration. Ce d&eacute;sir reste raisonnable, puisque la plupart des prisonniers ne le sont que pour quelques jours. Ce geste du poignet est le souvenir corporel des menottes, tr&egrave;s &eacute;troites en Bulgarie, et qui laissent par cons&eacute;quent des d&eacute;mangeaisons. Oh&nbsp;! Approche que je te pr&eacute;sente le disciplin&eacute; Boulter Lewis&nbsp;!&nbsp;&raquo; Une femme &acirc;g&eacute;e, moul&eacute;e dans une magnifique robe de serge noire, scintillant de cam&eacute;es, fit son apparition aux c&ocirc;t&eacute;s de James Knight. Elle avait le visage ovale, et un chignon r&eacute;p&eacute;tait id&eacute;alement cette belle g&eacute;om&eacute;trie. Ses yeux gris s&rsquo;accordaient au rigorisme induit de son chignon, mais ils sugg&eacute;raient aussi une mansu&eacute;tude propre aux tr&egrave;s vieilles femmes, longtemps ind&eacute;pendantes. &laquo;&nbsp;Voici Olga Knight, mon &eacute;pouse. C&rsquo;est elle qui vous livrera la clef de l&rsquo;&acirc;me bulgare. Pr&ecirc;tez une attention non mesur&eacute;e &agrave; son r&eacute;cit, Lewis.&nbsp;&raquo;</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify">
<p><font face="Times New Roman" size="2">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<img height="288" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/wellcome_varna.jpg" width="299" class="CtreTexte"  /></font></p>
</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="2"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>&laquo;&nbsp;Je suis n&eacute;e Olga Joubetrjov en 1922, dans la grande et c&eacute;l&egrave;bre Varna, au bord de la Mer Noire. Mon p&egrave;re fabriquait des articles de bain et de plage, et son commerce, en m&ecirc;me temps qu&rsquo;il lui nous permettait de vivre dans une aise relative, attirait une client&egrave;le fortun&eacute;e et par l&agrave;, constituait un r&eacute;seau de relations tout &agrave; fait enviable. Un comte nous fit entrer, mon fr&egrave;re Lzlalor et moi, dans un &eacute;tablissement de bains, et d&egrave;s l&rsquo;&acirc;ge de quinze ans, je fus faite femme de chambre. On m&rsquo;enseignait par ailleurs des rudiments d&rsquo;hydroth&eacute;rapie, afin que je pr&ecirc;te mon concours aux soins dispens&eacute;s par l&rsquo;&eacute;tablissement. Mon fr&egrave;re portait les bagages et s&rsquo;occupait des r&eacute;servations. Sa situation honorable ne l&rsquo;emp&ecirc;chait pas de pester contre nos clients, dont il maudissait la morgue et surtout la richesse. Mon fr&egrave;re &eacute;tait rong&eacute; par l&rsquo;envie, l&rsquo;insatisfaction qui faisait sa substance constitua l&rsquo;origine des &eacute;v&eacute;nements qui jalonn&egrave;rent mon existence. Ainsi, nous appr&icirc;mes qu&rsquo;un de nos cousins, Tarrik, s&rsquo;&eacute;tait install&eacute; en Am&eacute;rique et qu&rsquo;il avait atteint la prosp&eacute;rit&eacute; en ouvrant un restaurant de sp&eacute;cialit&eacute;s bulgares. On disait que ses b&eacute;n&eacute;fices &eacute;taient tels qu&rsquo;il avait fait construire dans le patio de son imposante demeure une fontaine de marbre. Tarrik, fier de sa r&eacute;ussite, ou d&eacute;sireux de nous &eacute;blouir, nous donnait souvent de ses nouvelles et n&rsquo;&eacute;tait jamais avare de descriptions des lieux somptueux qu&rsquo;il fr&eacute;quentait. Son adresse figurait au dos des enveloppes et le fait qu&rsquo;il ne la cach&acirc;t point prouvait &agrave; la fois qu&rsquo;il habitait un seul et m&ecirc;me endroit et qu&rsquo;il n&rsquo;esp&eacute;rait nullement qu&rsquo;on lui rendrait visite. Lzlalor se montrait distant, m&eacute;lancolique, et parce que je savais que sa pudeur le garderait de me soumettre &agrave; pareille tentation, c&rsquo;est moi qui enfin lui proposai de quitter Varna et de gagner les fontaines de marbre d&rsquo;Am&eacute;rique. Nous &eacute;tions alors en d&eacute;cembre 1938. Je posai comme condition que notre p&egrave;re f&ucirc;t inform&eacute; de notre d&eacute;part. Evidemment, Lzlalor vit l&agrave; un nouveau sujet de plainte, mais je me fis fort de convaincre notre p&egrave;re qui, abhorrant toute th&eacute;&acirc;tralit&eacute;, et confiant dans les ressources de l&rsquo;esprit bulgare, nous accorda sa permission et b&eacute;nit notre voyage. Nous d&eacute;barqu&acirc;mes en Am&eacute;rique et gr&acirc;ce aux chemins de fer et &agrave; la bourse g&eacute;n&eacute;reuse que nous avions r&eacute;unie, nous voyage&acirc;mes sans encombre vers Providence, dans le Rhode Island, o&ugrave; Tarrik prosp&eacute;rait. La verte tranquillit&eacute; de l&rsquo;Etat du Rhode Island mettait un baume &agrave; l&rsquo;angoisse de Lzlalor et je pensai alors que commencerait pour lui une p&eacute;riode de f&eacute;licit&eacute;. Nous fumes surpris de ne trouver &agrave; l&rsquo;adresse indiqu&eacute;e, non pas un restaurant bulgare, mais un restaurant grec. Sans doute, Tarrik avait-il d&eacute;plac&eacute; son restaurant dans une plus grande ville, Boston ou m&ecirc;me Philadelphie, et ce nouvel emplacement ayant &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; pendant notre travers&eacute;e, Tarrik n&rsquo;eut aucun moyen de nous en communiquer l&rsquo;adresse. Fourbus, nous pr&icirc;mes cependant le temps de nous reposer dans le restaurant grec, et j&rsquo;ignore si la joie ou la stup&eacute;faction s&rsquo;empara de nous alors, mais celui qui nous servit n&rsquo;&eacute;tait autre que notre cher cousin, le m&eacute;ritant Tarrik. Lzlalor, prompt &agrave; la bile, lui fit reproche de son mensonge, et s&rsquo;emporta jusqu&rsquo;&agrave; d&eacute;clarer qu&rsquo;il valait bien mieux r&eacute;chauffer les articulations d&rsquo;une comtesse mont&eacute;n&eacute;grine que pr&eacute;parer la cuisine de ces inf&acirc;mes Grecs. Tarrik protesta que ce restaurant &eacute;tait le sien, et que son succ&egrave;s, certes outr&eacute; dans ses lettres, &eacute;tait cependant bien r&eacute;el. Que, si nous le souhaitions, il pouvait m&ecirc;me d&eacute;gager un salaire pour nous deux, &agrave; condition de ne pas m&eacute;nager notre z&egrave;le et notre passion pour la force de l&rsquo;Am&eacute;rique, sp&eacute;cialement celle du Rhode Island. Tarrik disait la v&eacute;rit&eacute;, et je le questionnai&nbsp;: &laquo;&nbsp;Pourquoi la Gr&egrave;ce&nbsp;? Les sp&eacute;cialit&eacute;s bulgares pr&eacute;sentent autant d&rsquo;attraits que les sp&eacute;cialit&eacute;s grecques&hellip;&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Olga, ma bonne et douce Olga, que vaut un Bulgare en Am&eacute;rique&nbsp;? Si nous songeons &agrave; nos fr&egrave;res de l&rsquo;Est, nous comprenons qu&rsquo;un Roumain fascine, qu&rsquo;un Serbe effraie, qu&rsquo;un Tch&egrave;que enchante, qu&rsquo;un Hongrois s&eacute;duit, qu&rsquo;un Slov&egrave;ne rassure, qu&rsquo;un Georgien impressionne, qu&rsquo;un Ukrainien impose le respect, mais un Bulgare&nbsp;? En Am&eacute;rique, Olga, la nation bulgare ne suscite non seulement aucun imaginaire mais m&ecirc;me ceux qui voudraient &eacute;tendre leur r&ecirc;ve sur des contr&eacute;es peu foul&eacute;es, pour en faire en quelque sorte leur royaume intime, m&ecirc;me ceux-l&agrave; ne se soucient gu&egrave;re de la Bulgarie. Tu l&rsquo;apprendras tr&egrave;s vite. Alors voici&nbsp;: un restaurant grec.&nbsp;&raquo; Lzlalor, je le compris &agrave; son regard, se grisa momentan&eacute;ment &agrave; la pens&eacute;e du suicide, mais rattrap&eacute; par son naturel bulgare, il fut &eacute;coeur&eacute; par les d&eacute;sagr&eacute;ments physiques et moraux de cette solution&nbsp;: &laquo;&nbsp;C&rsquo;est d&rsquo;accord, Tarrik. Nous acceptons.&nbsp;&raquo;</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="2">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </font><img height="300" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/tarrik__s_restaurant.jpg" width="225" class="CtreTexte"  /></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="2"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Dix ans s&rsquo;&eacute;taient &eacute;coul&eacute;s. Le restaurant grec jouissait d&rsquo;une popularit&eacute; suffisante pour nous assurer &agrave; tous une vie simple et heureuse. Tarrik n&rsquo;entendait rien &agrave; la cuisine grecque, mais son inventivit&eacute; palliait ce d&eacute;faut. Je m&rsquo;acquittais de mes t&acirc;ches qui n&rsquo;&eacute;taient pas trop &eacute;puisantes. Et Lzlalor dissimulait de moins en moins son amertume. Lorsqu&rsquo;il eut rassembl&eacute; assez d&rsquo;&eacute;conomies, mon fr&egrave;re nous fit ses adieux, et loin de le r&eacute;primander, Tarrik d&eacute;montra toute sa bienveillance en lui offrant de continuer &agrave; habiter sous notre toit commun. Quoique Lzlalor avait d&rsquo;abord envisag&eacute; un d&eacute;part g&eacute;ographique, il s&rsquo;accommoda de rester avec nous, et son adieu se limita au secteur de la restauration. Nous partagions en effet un vaste appartement qui ne nuisait pas &agrave; nos libert&eacute;s respectives. Alors Lzlalor entreprit de devenir cin&eacute;aste, et pendant deux d&eacute;cennies, il parvint &agrave; ne point s&rsquo;endetter. Les films qu&rsquo;il r&eacute;alisa &eacute;taient projet&eacute;s dans un circuit confidentiel, celui des Slaves du Rhode Island, car les fonds &eacute;taient pr&ecirc;t&eacute;s par l&rsquo;Eglise, l&rsquo;&eacute;cole, et une poign&eacute;e de m&eacute;c&egrave;nes russophones. Ils exaltaient bien souvent cette fameuse &acirc;me slave, dont nous, Bulgares, nous sentions priv&eacute;s, dans de petits divertissements familiaux o&ugrave; l&rsquo;on voyait un Tadjik illettr&eacute; devenir star du base-ball, un Hongrois devenir maire r&eacute;publicain, un Estonien devenir un play-boy ma&icirc;tre-nageur, jamais un Bulgare. Ces films peuvent &ecirc;tre ignor&eacute;s des Histoires du cin&eacute;ma, ils ont boulevers&eacute; deux g&eacute;n&eacute;rations de spectateurs slaves du Rhode Island.<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>Je dois &agrave; la r&eacute;ussite d&rsquo;estime de Lzlalor mon premier contact avec l&rsquo;industrie du film, en 1954, et mon fr&egrave;re ne me garda pas rancune d&rsquo;avoir, avant lui, fray&eacute; le march&eacute; WASP de l&rsquo;Am&eacute;rique. Un chor&eacute;graphe Russe rep&eacute;rait pour une mise en sc&egrave;ne de Richard Thorpe quelques danseuses, et bien que je me tinsse &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur du plateau, il m&rsquo;aborda. En compagnie de v&eacute;ritables com&eacute;diennes, je fis donc le voyage jusqu&rsquo;au Connecticut pour participer aux auditions des <em>Aventures De Quentin Durward</em>. Je n&rsquo;&eacute;tais certes pas une danseuse professionnelle, et cependant j&rsquo;avais assez de fougue et de sensualit&eacute; pour en remontrer &agrave; mes arrogantes partenaires. De plus, &agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;un bon maquillage, je pouvais ressembler &agrave; une Gitane, puisque c&rsquo;est le r&ocirc;le d&rsquo;une Gitane qui devait &ecirc;tre confi&eacute;. J&rsquo;&eacute;chouai face &agrave; ma derni&egrave;re concurrente, une Roumaine. A cette &eacute;poque, les Roumaines monopolisaient les interpr&eacute;tations de Gitane et dans les films de cape et d&rsquo;&eacute;p&eacute;e, et dans les adaptations de Walter Scott, et dans les contes orientaux, mais ma concurrente &eacute;tait pr&egrave;s d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;faite, car le chor&eacute;graphe marquait &agrave; mon endroit une inclination quasi mystique. Il se reprit au moment de juger&nbsp;: &laquo;&nbsp;Mlle Olga, vous &ecirc;tes une actrice n&eacute;e, et toutefois, il y a quelque chose chez vous que je ne m&rsquo;explique pas&nbsp;: vous semblez particuli&egrave;re, diff&eacute;rente, et cette impression s&rsquo;&eacute;vapore, elle refait surface et l&rsquo;on se trouve d&eacute;muni, on ne sait pas &agrave; quoi raccrocher cet air imp&eacute;n&eacute;trable, vous piquez la curiosit&eacute; mais&hellip; vous n&rsquo;&eacute;voquez rien. D&rsquo;o&ugrave; venez-vous&nbsp;?&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Je suis Bulgare.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Mon dieu. Bulgare&nbsp;? C&rsquo;est tr&egrave;s &eacute;trange. Vous &ecirc;tes donc Bulgare&nbsp;? Voil&agrave; qui n&rsquo;est pas courant. Je connais un peu la Bulgarie. Ca ne me dit rien qui vaille. Non pas que je d&eacute;teste cette nation, mais enfin&hellip; Bon courage, Mlle Olga.&nbsp;&raquo; Lorsqu&rsquo;&agrave; mon retour dans le Rhode Island, je contai ma d&eacute;convenue, Tarrik notre cousin sourit faiblement, et Lzlalor se rembrunit. Fou de col&egrave;re et de tristesse, il saisit une assiette pour la briser, mais celle-ci lui glissa des mains et se brisa d&rsquo;elle-m&ecirc;me. &laquo;&nbsp;C&rsquo;est une mal&eacute;diction&nbsp;! Nous sommes maudits, toute l&rsquo;humanit&eacute; ex&egrave;cre la Bulgarie, les enfants couvrent d&rsquo;insultes les Bulgares, aucune deuxi&egrave;me base dans toute l&rsquo;Am&eacute;rique ne compte d&rsquo;anc&ecirc;tres bulgares&nbsp;!&nbsp;&raquo; Ce jour-l&agrave;, Lzlalor fit v&oelig;u de ne plus diriger de mise en sc&egrave;ne tant qu&rsquo;il n&rsquo;aurait pas &eacute;labor&eacute; un imaginaire bulgare sp&eacute;cifique et un langage cin&eacute;matographique typiquement bulgare, et il lui fallait &agrave; cette fin, non retourner sur la terre natale &agrave; pr&eacute;sent f&eacute;rocement d&eacute;natur&eacute;e, mais sonder au fond de son &acirc;me la forme exacte du mood bulgare. Cette introspection dura dix-sept ans. Un apr&egrave;s-midi de juillet, en 1971, mon fr&egrave;re d&eacute;couvrit par hasard, d&rsquo;abord attir&eacute; par son titre, qu&rsquo;il jugeait inintelligible, la premi&egrave;re &oelig;uvre d&rsquo;un cin&eacute;aste encore inconnu. Le film modifia le cours et le sens de son existence, et entra&icirc;na Lzlalor dans une voie apaisante et fertile. Il pr&eacute;cipita la r&eacute;conciliation de mon fr&egrave;re avec la mise en sc&egrave;ne de cin&eacute;ma, lui procura pour la premi&egrave;re fois ce qu&rsquo;il cherchait obscur&eacute;ment depuis tant d&rsquo;ann&eacute;es&nbsp;: une fibre bulgare, et lui fit conna&icirc;tre son seul et inali&eacute;nable ami en la personne du jeune r&eacute;alisateur am&eacute;ricain. Le film s&rsquo;intitulait <em>Afternoon Of The Wine</em>. Son r&eacute;alisateur &eacute;tait Marvin Marty.&nbsp;&raquo;
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 05 Sep 2006 12:57:41 +0200</pubDate>        <guid >http://www.jeanpop2.com/article-3744642.html</guid>
                <category>Notes de Boulter Lewis</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-3744642-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Boulter Lewis au café bulgare (première partie)]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-3496970.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Les flancs de l&rsquo;Elbourz &eacute;taient d&rsquo;une taille majestueuse, mais le soleil les ayant soumis &agrave; son incessant flamboiement, ils offraient l&rsquo;aspect d&eacute;sol&eacute; et vuln&eacute;rable d&rsquo;une grande &eacute;tendue rocheuse, friable sur toute sa surface, d&eacute;j&agrave; affaiblie par les grottes prolif&eacute;rantes en son c&oelig;ur. La forteresse que je devais atteindre avait &eacute;t&eacute; b&acirc;tie dans un d&eacute;fil&eacute; pr&egrave;s du Mont Dam&acirc;vand, et &eacute;loign&eacute;e de tout point d&rsquo;eau, subissant les rigueurs du climat perse, obligeait son visiteur &agrave; pr&eacute;voir un gros ravitaillement &agrave; la citerne de la vall&eacute;e, ainsi que l&rsquo;achat d&rsquo;une paire de mulets robustes et hardis. C&rsquo;est en pr&eacute;parant ce voyage, qui mettrait un terme &agrave; tous les pr&eacute;c&eacute;dents et peut-&ecirc;tre leur pr&ecirc;terait un sens que je n&rsquo;envisageais toujours pas, que je fis la plus &eacute;tonnante rencontre qu&rsquo;homme puisse faire si tant est qu&rsquo;il a perc&eacute; l&rsquo;identit&eacute; de la frauduleuse Arm&eacute;nie.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Tandis que je proc&eacute;dais &agrave; mes divers approvisionnements, un &ecirc;tre poli, parlant bas et v&ecirc;tu selon les crit&egrave;res de l&rsquo;endroit, me pria de d&eacute;cliner mon nom et mes qualit&eacute;s, ajoutant presque aussit&ocirc;t qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait nullement brigadier ou sicaire,<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>mais simplement curieux de celui que je pouvais &ecirc;tre. L&rsquo;homme ex&eacute;cutait plusieurs figures et il ne me parut pas que celles-l&agrave; fussent en v&eacute;rit&eacute; n&eacute;cessaires &agrave; la clart&eacute; de son discours. Bient&ocirc;t fascin&eacute; par la succession illogique de ses gestes, qui me semblaient narrer un &eacute;pisode guerrier &agrave; la mani&egrave;re de fresques &eacute;gyptiennes ou de peintures bantoues, je promis &agrave; mon interlocuteur et mon identit&eacute; et l&rsquo;explication de ma pr&eacute;sence. Je joignis &agrave; ma promesse une main tendue en travers de ma poitrine et mon index pointant vers elle, &agrave; quoi l&rsquo;homme r&eacute;pondit en levant ses deux pouces et en avan&ccedil;ant sa m&acirc;choire. La surprenante lisibilit&eacute; de ce dernier mouvement me convainquit que j&rsquo;avais affaire &agrave; un compatriote du Sud. &laquo;&nbsp;Monsieur, je nous conjure de ne point prolonger ces pantomimes, premier car je dois avant la tomb&eacute;e du jour gagner un certain point dans la montagne, et second car tout me persuade &agrave; pr&eacute;sent que chaque rencontre que je fais est un degr&eacute; suppl&eacute;mentaire dans la compr&eacute;hension de mon destin, et rien ne me taraude davantage que de le d&eacute;chiffrer enfin.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Monsieur, le miracle r&eacute;p&eacute;t&eacute; de rencontres grosses d&rsquo;instructions ne justifie pas que vous adoptiez ce sabir d&rsquo;occultiste celtisant. Je vous pardonne cependant cette inclination qui fut longtemps la mienne, et vous demande d&rsquo;accepter cette main que je tends, point trop honteuse ni rougissante d&rsquo;avoir cr&eacute;&eacute; le tr&egrave;s valable <em>Fantasy World</em>.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<img height="299" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/james_knight.jpg" width="239" class="CtreTexte"  /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB">-Vous &ecirc;tes James Knight, de James Knight &amp; The Butlers. </span>Je ne puis pr&eacute;tendre que je m&rsquo;attendais &agrave; vous voir ici, mais, sous certain aspect, cela n&rsquo;a rien de surprenant. Quand je voulus que Fagen m&rsquo;expliqu&acirc;t le choix de l&rsquo;Arm&eacute;nie pour cette grande exp&eacute;rience de travestissement Psycho-Batave dont je fus le t&eacute;moin perplexe, je ne re&ccedil;us que courses et prestidigitations au lieu de la r&eacute;ponse toute simple qui m&rsquo;&eacute;tait promise. Est-ce que vous, James Knight, botterez en touche d&rsquo;une fa&ccedil;on similaire&nbsp;?</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Oui. Il ne m&rsquo;appartient pas de d&eacute;crire et d&rsquo;ordonner les circonvolutions du Psycho-Batave. En revanche, contrairement &agrave; Fagen, je ne connais pas de tour de magie. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Que savez-vous&nbsp;?</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Je peux vous introduire &agrave; une doctrine du non-caract&eacute;ristique et pas m&eacute;morable pour autant, qui forme la seule conqu&ecirc;te de l&rsquo;esprit Bulgare.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Mais volontiers&nbsp;: ensuite nous &eacute;couterons Tim Granada, au Mozambique, &agrave; propos de l&rsquo;esprit Uruguayen&nbsp;; Wild Bill Kennedy, en Finlande, &agrave; propos de l&rsquo;esprit<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>Kirghiz&nbsp;; votre ami Clarence Reid, en Mongolie, &agrave; propos de l&rsquo;esprit Mont&eacute;n&eacute;grin, ensuite&hellip;</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Si cela se pr&eacute;sentait, j&rsquo;honorerais la m&eacute;moire de votre ami Randall Webb, qui, lui, savait les ph&eacute;nom&egrave;nes de diss&eacute;mination et d&rsquo;exogen&egrave;se, et ne les m&eacute;prisait pas. De plus, le sarcasme sied mal &agrave; celui qui acheva la th&eacute;orie de l&rsquo;Orgue du Fant&ocirc;me, th&eacute;orie qui, je le rappelle &agrave; son auteur n&eacute;gligent, l&eacute;gitime &agrave; des fins esth&eacute;tiques la connaissance superficielle et m&ecirc;me mensong&egrave;re des cultures mondiales.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Je la limitais &agrave; l&rsquo;Empire colonial britannique.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Moi, James Knight, suis justement l&rsquo;un des plus subtils produits de l&rsquo;Empire. Mon unique enregistrement 33 tours b&eacute;n&eacute;ficiait-il trop de la perfection de cette instrumentation f&eacute;line, gloire de la sc&egrave;ne Floridienne, pour que vous ne go&ucirc;tiez les vertus et philtres plus proprement incantatoires et terrifiques de ma musique&nbsp;?</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Je n&rsquo;avais pas entendu parler de vous &agrave; l&rsquo;&eacute;poque.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Oui. En v&eacute;rit&eacute;, le ronflement si obs&eacute;dant de mon orgue pouvait avoir quelque efficacit&eacute; quand je le croisais avec mon opulente guitare psych&eacute;d&eacute;lique, mais il me manquait le sens du d&eacute;corum, que Dr John avait pour nous tous, au point de lui sacrifier toute la substance de ses disques. Bien lui en a pris, d&rsquo;avoir <strong>absolutis&eacute;</strong> l&rsquo;Orgue du Fant&ocirc;me.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Ne regrettez pas de lui &ecirc;tre inf&eacute;rieur sur ce plan. Lui vous envie tr&egrave;s certainement l&rsquo;impact et la d&eacute;cision, qui ont fui plusieurs de ses productions des ann&eacute;es 1968/1971 et avec lesquels il ne renoua que vers 1973 au prix d&rsquo;un complet abandon de l&rsquo;esth&eacute;tique de l&rsquo;Orgue du Fant&ocirc;me. Il me semble que chez vous, l&rsquo;un n&rsquo;a jamais exclu l&rsquo;autre, et vous avez peu ou prou r&eacute;alis&eacute; le projet de Dr John, un album cumulant les qualit&eacute;s respectives de <em>Gris-Gris</em> et de <em>In The Right Place</em>.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Comme vous le remarquiez plus t&ocirc;t, l&rsquo;&eacute;ventuelle gr&acirc;ce de ma musique n&rsquo;a provoqu&eacute; aucune r&eacute;action. C&rsquo;est donc que j&rsquo;ai &eacute;chou&eacute; &agrave; devenir un Petit-Ma&icirc;tre.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Pardon&nbsp;?</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Dr John fut un excellent Petit-Ma&icirc;tre. Comprenez qu&rsquo;il existe quatre d&eacute;nominations, ne visant seulement que la puissance de rayonnement d&rsquo;une personnalit&eacute; cr&eacute;atrice, et la nature et les modalit&eacute;s de son influence. Le Ma&icirc;tre renvoie au g&eacute;nie, responsable de son langage et inali&eacute;nable dans chacune de ses expressions. Imm&eacute;diatement identifiable, exer&ccedil;ant une influence gigantesque et pourtant impossible &agrave; contrefaire. Brian Wilson est un Ma&icirc;tre. Le Maestro, ensuite, ne doit pas vous &eacute;garer. Si nous passons &agrave; l&rsquo;italien, c&rsquo;est parce qu&rsquo;en lui r&eacute;side une certaine propension au m&eacute;canique, &agrave; la reproduction m&eacute;canique, &eacute;blouissante mais industrielle, d&rsquo;une formule, souvent h&eacute;rit&eacute;e d&rsquo;un Ma&icirc;tre. Le Maestro, &agrave; la diff&eacute;rence du Ma&icirc;tre, ne se drape jamais dans une solitude pl&eacute;nipotentiaire. Parce qu&rsquo;il dirige des troupes. Ainsi Curt Boettcher, ou bien Smokey Robinson. Le Petit-Ma&icirc;tre n&rsquo;a pas l&rsquo;invention massive mais le raffinement de la mani&egrave;re. Il engendre p&eacute;riodiquement des cercles d&rsquo;amateurs, bons au culte et au secret, &agrave; la publicit&eacute; du secret davantage qu&rsquo;au secret lui-m&ecirc;me d&rsquo;ailleurs. Un Petit-Ma&icirc;tre ne compte pour rien aux yeux des auditeurs distraits, mais la revendication de sa race lui attire des fascinations durables. Dr John, certes, mais aussi Arthur Lee. Enfin, et c&rsquo;est la cat&eacute;gorie qui me contient&nbsp;: le Bulgare. Pour bien vous faire entendre ce qu&rsquo;est un Bulgare, vous devez m&rsquo;accompagner en un lieu, qui nous appartient &agrave; moi et &agrave; mon &eacute;pouse, et que j&rsquo;ai pass&eacute; plus de vingt ann&eacute;es &agrave; mettre au point.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Quel est ce lieu&nbsp;?</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>-Le Caf&eacute; Bulgare.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="http://www.box.net/public/kbk8dltn6v" target="_blank"> <font size="4">James Knight &amp; The Butlers - Fantasy world</font></a></font></p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 09 Aug 2006 20:55:41 +0200</pubDate>        <guid >http://www.jeanpop2.com/article-3496970.html</guid>
                <category>Notes de Boulter Lewis</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-3496970-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'archidiacre Donald Fagen]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-3260253.html</link>        <description><![CDATA[<font face="Times New Roman" size="3">
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Je garde en m&eacute;moire ces r&eacute;cits terribles du d&eacute;soeuvrement des vieux grenadiers de l&rsquo;Empereur, eux dont la vaillance soudain inadapt&eacute;e au monde nouveau qui s&rsquo;&eacute;difie, trouve un exutoire dans la rumination ou la psychose. Je me fais l&rsquo;effet d&rsquo;&ecirc;tre l&rsquo;un d&rsquo;eux, vo&ucirc;t&eacute; sur le banc fruste d&rsquo;une petite &eacute;glise des montagnes. Si un enfant curieux passe pr&egrave;s de moi, je m&rsquo;emploierais &agrave; le divertir- quoi de plus&nbsp;?- des &eacute;pisodes fameux et innombrables de la geste Psycho-Batave, et j&rsquo;exaucerais bien malgr&eacute; moi le souhait funeste de Legendre de fondre la furie concr&egrave;te de mes aventures en romans inoffensifs et chamarr&eacute;s. Le renoncement de Poire &eacute;tait d&rsquo;une valeur autre, plus bruyant mais finalement moins logique et moins in&eacute;luctable que celui de Legendre. En cela, parce que sa parole &eacute;tait si sens&eacute;e, elle m&rsquo;atteignait au plus profond, et me faisait entendre combien il &eacute;tait naturel, comme est naturelle l&rsquo;&eacute;rosion de la roche, qu&rsquo;un syst&egrave;me de vie, quel qu&rsquo;il soit, disparaisse ou bien favorise son propre &eacute;miettement, qui le pr&eacute;serverait un peu, au mieux, conserve un semblant de vigueur dans un suave figement rococo, invisible &agrave; la plupart, contentant toutefois une poign&eacute;e de m&eacute;cr&eacute;ants dont je suis. Devais-je poursuivre mon enqu&ecirc;te&nbsp;? Ma raison commen&ccedil;ait &agrave; vaciller. Je per&ccedil;us m&ecirc;me dans le chant plaintif des moines qui s&rsquo;&eacute;taient assembl&eacute;s sous la nef un &eacute;cho de ma situation&nbsp;: je crus un instant les entendre harmoniser sur <em><a href="http://www.box.net/public/static/q1xypu6h2t.wma" target="_blank"><font size="4">Crying In The Chapel</font></a></em> . Le path&eacute;tique de l&rsquo;identification est un signe certain de d&eacute;mence, qui plus est lorsque ce ph&eacute;nom&egrave;ne si consternant se produit dans la s&egrave;che et ingrate Arm&eacute;nie, terre absolument r&eacute;fractaire &agrave; l&rsquo;art de The Orioles, ailleurs c&eacute;l&eacute;br&eacute;s et f&ecirc;t&eacute;s comme les Dieux de l&rsquo;amour. Mais surtout, je m&rsquo;&eacute;tais persuad&eacute; qu&rsquo;un message d&rsquo;ordre spirituel m&lsquo;&eacute;tait adress&eacute; par mes amis Randall Webb et Don Creux, qui m&rsquo;invitaient &agrave; me reposer dans la d&eacute;ploration et dans l&rsquo;extase de la d&eacute;ploration. Alors un &eacute;v&eacute;nement bien plus extravagant et dont je ne mettais plus en doute la r&eacute;alit&eacute;, un &eacute;v&eacute;nement si comique qu&rsquo;il ne fallait pas pr&eacute;tendre l&rsquo;avoir invent&eacute; soi-m&ecirc;me, secoua <span style="mso-spacerun: yes">&nbsp;</span>ma torpeur. L&rsquo;un des moines parla &eacute;nergiquement &agrave; l&rsquo;ensemble du groupe et conclut son exhortation par les mots suivants&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ok guys, we&rsquo;ll cut the shit later, see ya&nbsp;&raquo;. Eberlu&eacute;, je m&rsquo;approchai de cet audacieux eccl&eacute;siastique&nbsp;:</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>&laquo;&nbsp;- Je crains, Monsieur, d&rsquo;&ecirc;tre la proie d&rsquo;&eacute;tranges hallucinations. Figurez-vous que je vous ai entendu vous exprimer dans un sabir Vieux Loup typique de l&rsquo;Illinois. Rassurez-moi&nbsp;: vous ne comprenez pas un tra&icirc;tre mot de ce que je vous dis&nbsp;?</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Tirez ma barbe, cher Monsieur, gloussa le moine.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.25pt; TEXT-ALIGN: justify">Je tirai la barbe.</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Fagen&nbsp;!</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Ah&nbsp;! Ah&nbsp;! Seyant comme postiche, n&rsquo;est-ce pas&nbsp;?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Alors vous dirigez ce ch&oelig;ur apostolique&nbsp;viril ?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Vous seriez surpris de savoir qui se cache sous ces scapulaires. Tous, vous les connaissez. Et il me d&eacute;signait, dans une cour, les moines qui riaient &agrave; gorge d&eacute;ploy&eacute;e.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Eux non plus ne sont pas des Arm&eacute;niens&nbsp;?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Qui l&rsquo;est de nos jours&nbsp;? L&rsquo;Arm&eacute;nie dans son ensemble est un leurre. Arr&ecirc;tez une villageoise bossue ou un escogriffe barbouill&eacute;, et, hilares, ils vous apprendront qu&rsquo;ils sont des Suisses ou des Chiliens.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">A quoi rime tout cela, Fagen&nbsp;? Et puis, pourquoi l&rsquo;Arm&eacute;nie&nbsp;?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Pourquoi&nbsp;!</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Oui, dites-moi pourquoi l&rsquo;Arm&eacute;nie s&rsquo;est chang&eacute;e en un cort&egrave;ge de masques&nbsp;?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">&hellip;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">Fagen&nbsp;?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span style="mso-list: Ignore">-<span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr">D&rsquo;accord, nous ne savons pas pourquoi, mais nous y sommes, pas vrai&nbsp;? Lewis, ne perdons pas votre temps &agrave; examiner ces broutilles, elles ne pr&eacute;sentent qu&rsquo;un int&eacute;r&ecirc;t superficiel. Quand vous aurez men&eacute; votre t&acirc;che &agrave; bien, j&rsquo;accepte que vous et moi, nous nous penchions sur le probl&egrave;me de&nbsp;: pourquoi l&rsquo;Arm&eacute;nie&nbsp;? Mais il y a mieux et plus urgent. En &ecirc;tes-vous&nbsp;?</span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 53.25pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 53.25pt"><span dir="ltr"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 17.55pt; TEXT-ALIGN: justify">Par une petite porte dissimul&eacute;e derri&egrave;re l&rsquo;autel, nous nous engouffr&acirc;mes dans un d&eacute;dale de pierres blanches. La r&eacute;verb&eacute;ration de notre course, m&ecirc;l&eacute;e au hal&egrave;tement de notre souffle rendait confuses les explications que me prodiguait Donald Fagen sur les am&eacute;nagements du souterrain. J&rsquo;apercevais &ccedil;a et l&agrave; quelques cellules o&ugrave; je devinai la pr&eacute;sence d&rsquo;un riche mat&eacute;riel d&rsquo;enregistrement&nbsp;: &laquo;&nbsp;Nous avons abattu quelques parois pour faciliter la communication entre les divers compartiments du studio.&nbsp;&raquo; <span style="mso-spacerun: yes">&nbsp;</span>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est un genre de profanation, non&nbsp;?&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Ce scrupule ne nous a pas effleur&eacute;s. Il y avait bien quelques ossements qui devaient &ecirc;tre ceux des anciens habitants des catacombes, mais en l&rsquo;absence de leurs propri&eacute;taires, nous avons cru bon de les mettre au rebut.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;C&rsquo;est donc bien une profanation.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;J&rsquo;en informerai mes compagnons, Lewis, mais d&eacute;p&ecirc;chons-nous, je vous prie.&nbsp;&raquo; La descente du souterrain prit fin devant une curieuse &eacute;chelle que je crus sculpt&eacute;e dans la craie des parois&nbsp;; en grimpant &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle, toutefois, je compris qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;ossements et je jetai alors un regard r&eacute;probateur quoique paternel &agrave; Donald Fagen qui protesta de sa compl&egrave;te innocence. Nous soulev&acirc;mes une trappe et f&ucirc;mes projet&eacute;s dans un lieu dont il me semblait avoir d&eacute;j&agrave; foul&eacute; le sol. C&rsquo;&eacute;tait une suite de l&rsquo;h&ocirc;tel dans lequel Becquerel et moi r&eacute;sidions, d&rsquo;un luxe tout &agrave; fait singulier puisque les signes ostensibles de distinction et d&rsquo;apparat consistaient en crucifix de bois et portraits de patriarches contempteurs. La pi&egrave;ce &eacute;tait anim&eacute;e, r&eacute;sonnant de la musique monocorde et pauvrement rythm&eacute;e de voix masculines locales. Mais il nous fallut franchir l&rsquo;&eacute;paisse colonne de fum&eacute;e, jaillie des cigares, et vaincre notre r&eacute;pugnance pour l&rsquo;abominable puanteur des chiens, avant de d&eacute;couvrir les acteurs de la sc&egrave;ne qui se jouait sous nos yeux incr&eacute;dules&nbsp;: une femme, de celle qu&rsquo;on nomme &laquo;&nbsp;de petite vertu&nbsp;&raquo;, dansait sous les applaudissements et les vivats lubriques d&rsquo;un groupe de gardes-chasse et de policiers ivrognes, qui scandaient un air informe, sans doute &agrave; cause du d&eacute;sir qui les obnubilait et qui les privait de cette concentration n&eacute;cessaire &agrave; l&rsquo;invention d&rsquo;un semblant de m&eacute;lodie, aveugles devant la laideur de cette dr&ocirc;lesse dont les atouts fl&eacute;tris ne pouvaient contenter qu&rsquo;une bande de gras moustachus, ennemis de toute d&eacute;licatesse et chez qui l&rsquo;abrutissement et l&rsquo;isolement a tr&egrave;s t&ocirc;t favoris&eacute; d&rsquo;exceptionnels dispositions au viol collectif. Fagen, dans leur dos, pronon&ccedil;a quelques paroles dans l&rsquo;idiome de ces assassins, et une terreur superstitieuse se peignit sur les traits de chacun d&rsquo;eux. Apr&egrave;s un rapide conciliabule, tous se dispers&egrave;rent, nous laissant seuls en compagnie de la femme atroce. &laquo;&nbsp;Elle aussi, vous la connaissez&nbsp;! Demandez-lui d&rsquo;&ocirc;ter quelques-unes de ses fripes, vous verrez &ndash;En aucun cas, Fagen, en aucun cas&nbsp;: cette cr&eacute;ature est si laide que je crains d&rsquo;en &ecirc;tre poursuivi dans mes cauchemars si jamais je la voyais nettement &ndash;Et pourtant, vous ne pouvez agir autrement&nbsp;!&nbsp;&raquo; Ce disant, Fagen se saisit de la femme, qui ne r&eacute;sista point, et pla&ccedil;a son visage en pleine lumi&egrave;re&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ah&nbsp;!... Becquerel&nbsp;!&nbsp;&raquo;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 17.55pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 17.55pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img class="CtreTexte" height="300" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/brats-1114.jpg" width="300" /></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 17.55pt; TEXT-ALIGN: justify"><em><font color="#ff00ff">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le tr&egrave;s discutable Fran&ccedil;ois Becquerel</font></em></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 17.55pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 17.55pt; TEXT-ALIGN: justify">Fran&ccedil;ois Becquerel, confondu, marmonna quelques p&eacute;nibles justifications mais d&eacute;j&agrave;, je brisai une chaise contre le plancher et m&rsquo;emparai d&rsquo;un pied dont je me fis un gourdin de fortune. Je punis rageusement le transformiste qui avait cumul&eacute; le p&eacute;ch&eacute; de d&eacute;cadence berlinoise &agrave; celui de th&eacute;&acirc;tre de rue. Fagen conservait le silence. Une fois Becquerel &eacute;dent&eacute; et &eacute;borgn&eacute;, Fagen me r&eacute;v&eacute;la ce que je n&rsquo;osais encore comprendre&nbsp;: c&rsquo;&eacute;tait lui, l&rsquo;&eacute;quivoque Becquerel, qui avait r&eacute;dig&eacute; la lettre de Sweign, un faux donc, dans le but d&eacute;raisonnable de me faire renoncer &agrave; la suite de mon enqu&ecirc;te, c&rsquo;&eacute;tait d&eacute;j&agrave; lui qui, par des soins r&eacute;p&eacute;t&eacute;s, dans les semaines pr&eacute;c&eacute;dant notre voyage &agrave; Istanbul et sous une identit&eacute; fallacieuse, avait totalement &eacute;mouss&eacute; les nerfs du pauvre Jean-Pierre Paul-Poire, et c&rsquo;&eacute;tait lui enfin qui avait souhait&eacute; endormir ma vigilance et saper mon courage dans les montagnes oubli&eacute;es de l&rsquo;Arm&eacute;nie. &laquo;&nbsp;Mais il ignorait l&rsquo;activit&eacute; secr&egrave;te de votre section Psycho-Batave, et ne soup&ccedil;onnait pas que ce pays fantoche pi&egrave;gerait sa conscience&hellip; Je vous remercie, Fa&hellip;&nbsp;&raquo; </p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 17.55pt; TEXT-ALIGN: justify">Une poussi&egrave;re &eacute;toil&eacute;e voltigeait en lieu et place de mon guide malicieux. Et dans l&rsquo;heure qui suivit, je posai le pied et mon Pat retrouv&eacute; sur le massif de l&rsquo;Elbourz, l&agrave; o&ugrave; un homme furieux roulait imp&eacute;nitent dans son tank fortifi&eacute;. </p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.25pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
</font>]]></description>
        <pubDate>Tue, 11 Jul 2006 20:14:28 +0200</pubDate>        <guid >http://www.jeanpop2.com/article-3260253.html</guid>
                <category>Notes de Boulter Lewis</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-3260253-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Létonnante hygiène corporelle de celui qui allait rejoindre Jean Brech]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-2730422.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">&laquo;&nbsp;- Une lettre de votre ami norv&eacute;gien, Boulter&nbsp;! Voil&agrave; qui est tr&egrave;s sympathique.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Becquerel, si vous connaissiez un tant soit peu Sred Sweign, vous comprendriez que le terme &laquo;&nbsp;sympathique&nbsp;&raquo; est mal appropri&eacute; pour un &ecirc;tre de cette vigueur. En outre, je vous d&eacute;fends de manifester la moindre inclination pour lui, car Sweign est loin de vous appr&eacute;cier, et vos talents de diplomate, votre art consomm&eacute; de la mondanit&eacute; ne vous seraient d&rsquo;aucune utilit&eacute; devant l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; impeccable du contr&ocirc;leur des douanes maritimes de New Bedford. J&rsquo;ajoute que pour vous &eacute;pargner la honte cuisante d&rsquo;un rejet en public, dans l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une rencontre entre vous et lui, je pr&eacute;f&eacute;rerais vous rosser moi-m&ecirc;me, et d&egrave;s maintenant si vous le souhaitez.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Vous exag&eacute;rez, Boulter, vous me payez mal des services que je vous rends depuis pr&egrave;s d&rsquo;un mois. Dois-je endurer votre m&eacute;pris, tol&eacute;rer vos menaces, quand, gr&acirc;ce &agrave; moi, votre p&eacute;riple se d&eacute;roule si id&eacute;alement, dans le confort et l&rsquo;aisance&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Je le pense, oui.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Puis-je en savoir la raison&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Vous retirez aussi des avantages de ma compagnie, de ces avantages dont la moralit&eacute; souffre contestation.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">De quoi parlez-vous&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Vous avez soudoy&eacute; Mme Poire.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Mme Poire&nbsp;! Comment osez-vous&nbsp;!</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Je l&rsquo;aurais permis &agrave; Don Creux, dont la d&eacute;contraction et le Pat &eacute;taient proverbiaux, mais &agrave; vous, qui mendiez f&eacute;brilement les attentions d&rsquo;autrui, qui ne savez rien de l&rsquo;humanit&eacute; d&eacute;clinante de 1975, qui participez de la supercherie plastique de New York, je ne saurais le permettre.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Vos j&eacute;r&eacute;miades commencent &agrave; me peser, Boulter. Puisque le convoi ne part que dans trois heures et nous laisse ainsi d&eacute;soeuvr&eacute;s, je compte disposer de ce temps d&rsquo;une mani&egrave;re plus agr&eacute;able&nbsp;: je retourne &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel.</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Frayer avec ce groupe d&rsquo;Islandais&nbsp;?</font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 18pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">-<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Aurais-je tort&nbsp;?</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 36pt; TEXT-INDENT: -18pt; TEXT-ALIGN: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: list 36.0pt"><font face="Times New Roman"><span style="mso-list: Ignore"><font size="3">-</font><span style="FONT: 7pt &quot;Times New Roman&quot;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></span><span dir="ltr"><font size="3">Oui. Mais faites. C&rsquo;est tr&egrave;s bien, apr&egrave;s tout. </font></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 18pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Nous approchions, Becquerel et moi, du terme de notre voyage, et en d&eacute;pit de la cruaut&eacute; de nos rapports, je songeais pour moi-m&ecirc;me que le boutiquier fran&ccedil;ais m&rsquo;avait &eacute;t&eacute; indispensable, non pas pour ce qu&rsquo;il pr&eacute;tendait&nbsp;: le confort et la compagnie, mais pour un certain effet de balance que j&rsquo;avais d&eacute;j&agrave; appr&eacute;ci&eacute; avec mes amis Don Creux et John Ernest. La d&eacute;sertion du premier et la rudesse du second avaient constitu&eacute; des &eacute;preuves, beaucoup moins p&eacute;nibles que la pure incompr&eacute;hension de Fran&ccedil;ois Becquerel pour la cause que je d&eacute;fendais et dont Jean-Pierre Paul-Poire sugg&eacute;rait qu&rsquo;elle ne le serait v&eacute;ritablement qu&rsquo;en en mesurant le d&eacute;sastre. Peut-&ecirc;tre la mort de Randall Webb signifiait ce d&eacute;sastre. Mais je n&rsquo;&eacute;tais pas mort, Jean Pop 2 non plus, qui nous attendait, moi et Becquerel, au c&oelig;ur du massif de l&rsquo;Elbourz, et qui, &agrave; en juger d&rsquo;apr&egrave;s son inlassable entreprise de r&eacute;habilitation, devait bien consacrer son &acirc;me et son sang au Psycho-Batave. En pr&eacute;lude &agrave; cette fantastique rencontre, alors que nous reprenions des forces dans les montagnes de l&rsquo;Arm&eacute;nie, je re&ccedil;us cette lettre de Sred Sweign et pour ne pas &ecirc;tre d&eacute;rang&eacute; dans sa lecture, je me r&eacute;fugiai dans une minuscule &eacute;glise faite de bois, d&rsquo;or et de roc. Un fid&egrave;le m&rsquo;apprit que l&rsquo;Eglise d&rsquo;Arm&eacute;nie &eacute;tait aussi appel&eacute;e Eglise de l&rsquo;Illuminateur, par r&eacute;f&eacute;rence &agrave; son fondateur Saint Gr&eacute;goire l&rsquo;Illuminateur, mais je crois savoir qu&rsquo;il est impropre et presque blasph&eacute;matoire de nommer une Eglise d&rsquo;apr&egrave;s son fondateur. La d&eacute;nomination me plaisait n&eacute;anmoins et je trouvais un certain Pat &agrave; quelques pr&ecirc;tres que je croisais, qui portaient avec aisance le collier de perles, la barbe assyrienne et les lunettes noires. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/marienrode.jpg" /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" color="#993366" size="3"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Who's got the Pat !</em></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">L&rsquo;un d&rsquo;eux &eacute;voqua pour moi la beaut&eacute; des chants liturgiques de son pays, appel&eacute;s charakan, et je ne pus h&eacute;las qu&rsquo;approuver un type de jugement et de vision qui m&rsquo;&eacute;tait parfaitement &eacute;tranger. Mes conceptions en mati&egrave;re de musique vocale ne m&eacute;ritaient pas d&rsquo;&ecirc;tre expos&eacute;s devant le pr&ecirc;tre. Par un heureux effet du hasard, elles allaient &ecirc;tre mises en branle par la lettre que je tenais entre mes mains&nbsp;:</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">&laquo;&nbsp;Boulter Lewis,</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">La morne simplicit&eacute; de mon existence &agrave; New Bedford est parfois troubl&eacute;e par l&rsquo;apparition d&rsquo;un &eacute;v&eacute;nement singulier, mais le trouble est justement la forme inf&eacute;rieure du drame et il n&rsquo;attend jamais tr&egrave;s longtemps avant de se dissiper. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Par un matin d&rsquo;avril, je re&ccedil;us la visite d&rsquo;un homme courtois et d&rsquo;une hygi&egrave;ne corporelle &eacute;tonnante malgr&eacute; les frusques infectes qui le recouvraient. Le but de son voyage &eacute;tait la Californie du Sud, o&ugrave;, m&rsquo;apprit-il, un homme de qualit&eacute; devait &ecirc;tre instruit de la vision de l&rsquo;industrieux Jean Brech, le fameux auteur de films pour adultes, tout comme autrefois, on envoyait les &eacute;tudiants allemands griffonner quelques esquisses &agrave; Rome. Et il ajouta que sa motivation &eacute;tait cependant principalement p&eacute;cuniaire, aveu que je saluai avec enthousiasme&nbsp;: &laquo;&nbsp;M. Legendre, vous &ecirc;tes le bienvenu, les films de Jean Brech ont jou&eacute; un r&ocirc;le d&eacute;cisif dans la formation de mon go&ucirc;t, et je me r&eacute;jouis de constater qu&rsquo;il en va de m&ecirc;me pour vous, entrez, je vous prie.&nbsp;&raquo; Vous savez l&rsquo;exigu&iuml;t&eacute; de l&rsquo;espace dans le logis que j&rsquo;occupe, n&eacute;anmoins Legendre se faufila dans la niche &agrave; la gauche du bureau de nacre, et ne me donna ainsi pas lieu de d&eacute;plorer une trop grande intimit&eacute; ou une trop infranchissable distance entre nous. Je le lui fis remarquer&nbsp;: &laquo;&nbsp;Legendre, le coin par vous choisi&hellip; il est id&eacute;al. Bravo.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Sweign, quand j&rsquo;ai aper&ccedil;u ces reliques &agrave; mon entr&eacute;e (il d&eacute;signait le pauvre ornement de mes murs), je me suis simplement dit qu&rsquo;il serait tout &agrave; fait plaisant de les avoir constamment sous les yeux le temps de notre conversation.&nbsp;&raquo; Je connaissais Legendre de fra&icirc;che date, je l&rsquo;avais entendu prononcer la c&eacute;l&egrave;bre oraison fun&egrave;bre de Randall Webb, et l&rsquo;effet avait &eacute;t&eacute; des plus saisissants&nbsp;: cette rumination intense, tragique, l&rsquo;&eacute;trange costume caucasien de Legendre, sa gestuelle outr&eacute;e. Mais l&rsquo;apparence de mon ami avait bien chang&eacute;, la banalit&eacute;, certes pouilleuse, de son accoutrement excluant d&rsquo;ailleurs toute description. Comme j&rsquo;&eacute;tais fort d&eacute;sireux de d&eacute;terminer le degr&eacute; d&rsquo;adh&eacute;sion du Legendre actuel aux id&eacute;es du Legendre d&rsquo;alors, je m&rsquo;empressai de lui signifier combien son exhortation &agrave; la sagesse Psycho-Batave avait compt&eacute; pour moi d&egrave;s lors qu&rsquo;elle eut &eacute;t&eacute; prononc&eacute;e, combien ma vie dans ses aspects les plus ramifi&eacute;s s&rsquo;en &eacute;tait trouv&eacute;e r&eacute;form&eacute;e, oui &laquo;&nbsp;r&eacute;form&eacute;e&nbsp;&raquo; seulement parce que je n&rsquo;avais pas &eacute;t&eacute; surpris ni m&ecirc;me heurt&eacute; dans mes convictions, mais l&rsquo;oraison repr&eacute;sentait sans doute l&rsquo;ach&egrave;vement fastueux de ma formation, je l&rsquo;avais attendue et m&eacute;dit&eacute;e d&rsquo;avance, et je pouvais, avec l&rsquo;aide des circonstances qui auraient fait de moi le d&eacute;positaire de Randall Webb, et un &ecirc;tre plus appliqu&eacute;, je pouvais r&eacute;diger &agrave; mon tour certaines parties de ce texte magnifique, alors je ne fus en v&eacute;rit&eacute; &eacute;mu aux larmes que de ce qu&rsquo;on ne me laissa pas cr&eacute;er par moi-m&ecirc;me mais que ma vie telle qu&rsquo;elle fut men&eacute;e appelait ardemment, et Legendre r&eacute;alisa ce pour quoi je crus bon de respirer chaque jour. Mon visiteur me rassura&nbsp;: le voyage pour Jean Brech Productions<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>n&rsquo;est pas le d&eacute;ni ironique que l&rsquo;on s&rsquo;imagine, il est la poursuite athl&eacute;tique et affirmative de l&rsquo;id&eacute;al Psycho-Batave, il correspond, sur un mode ext&eacute;rieurement tapageur, &agrave; l&rsquo;ancien id&eacute;al arcadien de synth&egrave;se r&eacute;ussie entre les plaisirs de la nature et les fumets de l&rsquo;intelligence. &laquo;&nbsp;Mon vieux Sweign, &agrave; nouveau vous pleurez&nbsp;! Je vous assure pourtant que ma visite ne se propose nullement d&rsquo;&ecirc;tre un tournant dans nos existences, laissons-l&agrave; nos pri&egrave;res et nos invectives, toute la lourdeur proph&eacute;tique et souvent inscrutable du Psycho-Batave, parlons simplement et sans l&rsquo;affectation du simple qui nous est odieuse. Je souhaiterais que nous fussions bi&egrave;re en main, assis en tailleur, oui comme certains cr&eacute;tins de hippies, car, afin de soutenir un &eacute;clat<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>aussi exigeant que celui du Psycho-Batave, il faut parfois condescendre &agrave; adopter des comportements ridicules et obsc&egrave;nes, comme accompagner &agrave; la guitare un abruti br&acirc;meur n&eacute;o-r&eacute;aliste de cabaret, dans l&rsquo;intention d&rsquo;obtenir un peu de ce que Jean-Pop 2 appelle son &laquo;&nbsp;teu-teu&nbsp;&raquo;. Vous et moi, nous n&rsquo;aurons gu&egrave;re besoin de trop faire violence &agrave; nos inclinations, et cela est pr&eacute;cieux pour ce qui nous occupe maintenant&nbsp;: <em style="mso-bidi-font-style: normal">t&acirc;cher de circonscrire une mani&egrave;re d&rsquo;&ecirc;tre simplement Psycho-Batave, un naturel Psycho-Batave qui devra renoncer aux scandales fondateurs de Randall Webb, &agrave; la brutalit&eacute; inou&iuml;e de Boulter Lewis, et m&ecirc;me &agrave; votre lacrymosit&eacute; paroxystique</em>. Oui, Sweign, vos pleurs doivent se mat&eacute;rialiser en ces <em style="mso-bidi-font-style: normal">Golden Teardrops</em> chant&eacute;s par The Flamingos, des pleurs faits &eacute;tincelles de soleil ou ruissellement d&rsquo;or, parce que ces pleurs-m&ecirc;mes d&eacute;licatement orchestr&eacute;s et harmonis&eacute;s avec suavit&eacute; sont pass&eacute;s de l&rsquo;&eacute;tat de t&eacute;moignage psychique &agrave; celui d&rsquo;objets sensoriels, offerts &agrave; la contemplation, pleurs d&eacute;vitalis&eacute;s, certes, mais affin&eacute;s dans l&rsquo;ornement, polis dans la stricte beaut&eacute; du doo-wop Italo-am&eacute;ricain, et l&agrave;, mon ami, il ne faut pas accuser les larmes de trahir le c&oelig;ur, mais accueillir leur tranquille m&eacute;tamorphose en splendeurs inertes de l&rsquo;art, mon vieux Sweign, toute cette violence qui a marqu&eacute; l&rsquo;av&egrave;nement du Psycho-Batave justifie que nous nous reposions aujourd&rsquo;hui, vous et moi, nous tous, qui avons travers&eacute; les affects les plus durs et dont les combats n&rsquo;ont pas m&ecirc;me &eacute;t&eacute; rapport&eacute;s<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>&agrave; la connaissance des hommes, puisqu&rsquo;un combat philosophique ne l&rsquo;est justement que parce qu&rsquo;une id&eacute;e est demeur&eacute;e ensevelie et qu&rsquo;elle r&eacute;clame d&rsquo;&ecirc;tre port&eacute;e hors de terre, et tant que ce combat se poursuit, l&rsquo;id&eacute;e dort sous la terre, et jamais, Sweign, jamais nous ne f&eacute;d&eacute;rerons un peuple, nous pouvons au mieux fabriquer une communaut&eacute; avec ce que cela comporte d&rsquo;inf&acirc;me&nbsp;: les rites, le myst&egrave;re, le d&eacute;clin Vieux-Loup, aussi convient-il surtout, avant-m&ecirc;me que le triomphe ne sanctionne nos efforts, d&rsquo;apprendre une mani&egrave;re simple d&rsquo;&ecirc;tre Psycho-Batave, qui ne sera ni une &eacute;pure du Psycho-Batave ni une nouvelle jeunesse du Psycho-Batave, mais en quelque sorte, ce que fut le rococo pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;art classique, une pacification de toutes les tensions de l&rsquo;art classique, l&rsquo;aboutissement de son id&eacute;ologie, la r&eacute;solution de son drame, de son conflit interne entre le charnel et le spirituel, la ligne et la couleur, l&rsquo;homog&egrave;ne et l&rsquo;h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne, dans la virtuosit&eacute; heureuse, au prix de l&rsquo;&eacute;motion qui nous a trop &eacute;puis&eacute;s et a tu&eacute; Randall Webb, bien s&ucirc;r, Sweign, nous avons droit nous aussi &agrave; notre Rococo, &agrave; la <strong style="mso-bidi-font-weight: normal"><em style="mso-bidi-font-style: normal">facilit&eacute;</em></strong> du Rococo, facilit&eacute; de ce qui est s&ucirc;r dans la technique et de ce qui est nul pour le sens, nous sommes la pointe d&rsquo;un certain art de vivre et je nous accorde cinq ann&eacute;es avant d&rsquo;&ecirc;tre balay&eacute;s et de ne plus compter pour rien, et en outre, &agrave; cause de cette facilit&eacute; que j&rsquo;invoque, nous ne rach&egrave;terons pas notre disparition de la fa&ccedil;on &eacute;quivoque des d&eacute;cadents, l&rsquo;on dit d&eacute;j&agrave; que celui qui n&rsquo;a pas v&eacute;cu entre 1961 et 1966 ne conna&icirc;t pas la douceur de vivre et la v&eacute;rit&eacute; de cette assertion risque de nous faire ha&iuml;r pendant longtemps, mais je nous conjure, Sweign, de bailler d&eacute;daigneusement &agrave; la vindicte qui nous guette en sifflant <em style="mso-bidi-font-style: normal">Memories (Of The Past)</em> des v&eacute;ritables g&eacute;nies de Baltimore, <a href="http://www.box.net/public/static/ouvxkdhud2.mp3" target="_blank">The Fabulous Monarchs</a>.&nbsp;&raquo;</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 35.4pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 15 May 2006 21:06:04 +0200</pubDate>        <guid >http://www.jeanpop2.com/article-2730422.html</guid>
                <category>Notes de Boulter Lewis</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-2730422-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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