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    <title><![CDATA[Le Centre d&#39;Etudes Psycho-Bataves de Jeanpop2 (Essais épars)]]></title>
    <link>http://www.jeanpop2.com/categorie-112784.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Essais épars&quot; du blog &quot;Le Centre d&amp;#39;Etudes Psycho-Bataves de Jeanpop2&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Thu, 16 Feb 2012 12:46:28 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 16 Feb 2012 12:46:28 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.jeanpop2.com</copyright>            <category>Essais épars</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[The Psycho-Batave Companion to The Bee Gees Works, from Cucumber Castle to Mr Natural]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-the-psycho-batave-companion-to-the-bee-gees-works-from-cucumber-castle-to-mr-natural-67813967.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 12pt;"><strong>Prolégomènes !</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: left;">
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">La cause des Bee Gees jusqu'à l'album Odessa (1969) est entendue, celle des Bee Gees post-</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Main Course (1975) l'est aussi. Entre ces deux dates, six albums paraissent, qui, sans être dénigrés,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">suscitent peu de commentaires. L'historien qui considérera cette somme la jugera à la lumière des</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">périodes précitées, il examinera le changement graduel de la pop orchestrale, délicatement</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">psychédélique, des années 1967/1969, en disco échevelé et philadelphien, celui des années</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">1975/1980. Il notera que les Bee Gees, à l'abandon ou d'une complaisance extrême, ont versé dans</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">le country-rock et la grande ballade internationale. Et s'il connaît assez l'oeuvre liminaire du groupe,</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">rassemblée dans Spicks And Specks, il avouera que les inspirations américaines populaires, country,</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">soul et gospel notamment, participent autant du son originel des Bee Gees que leur facilité pop et</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">mersey beat. Passée l'imbécile accusation d'opportunisme, il ne pourra envisager la furie disco qu'en</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">termes de révélation rythmique, reçue dans l'album Mr Natural (1974), et fera grand cas du falsetto</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">de Barry Gibb, utilisé pour la première fois sur toute la durée d'une chanson, dans « Jive Talking »</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">(Main Course, 1975 ; à vrai dire, plusieurs chansons de cet album remarquable sont ainsi chantées).</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Ce sont là des symptômes, qui présentent de l'intérêt, mais dont on déplore qu'ils limitent l'évolution</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">d'une musique à ses progressions techniques, quand, sur un autre plan, qui pourrait être l'invention</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">d'un climat spécifique, ou mieux, d'un coeur nouveau, la musique des Bee Gees relève d'une</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">continuité émotionnelle indéniable. De fait, nulle crise dans cette oeuvre, nulle paresse, nul</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">conformisme, mais un usage très acceptable des formes dominantes d'une époque, acceptable en ce</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">sens que dès 1965, les Bee Gees avaient composé dans tous les registres, célébré l'Amérique</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">ancienne ou son double fantasmé, autorisant à l'avance, pour les années futures, tous les emprunts</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">imaginables. Pourvu que la mode les y invitât, les Bee Gees ne pouvaient donc contraindre leur goût</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">naturel pour la country et la Philly soul.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Odessa (1969) représente bien un premier seuil. Nous ne discuterons pas des vertus de ce</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">disque magnifique, sa pompe, son ingéniosité, sa perfection orchestrale, ses triomphes mélodiques,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">sont aujourd'hui largement connus et fêtés. Nous comprenons néanmoins pourquoi Odessa est entré</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">dans le canon Pédé Progressif, au même titre que Smile des Beach Boys, Forever Changes de Love</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">ou Odyssey And Oracle des Zombies. Pour des histoires de rupture, de maladie, d'obscurité</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">imméritée, de destin brisé, de raffinement jaloux : le cortège des névroses. Mais également, le</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">prestige de la boursouflure, indice d'un tempérament excessif, qui le place au-delà du goût, l'amène</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">à frayer sur cette fine crête séparant le sublime du grotesque, et dont le Pédé Progressif a fait un</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">critère absolu.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Main Course (1975) représente le second seuil. Le glacis des sonorités, la science</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">métronomique experte des rythmes, les saxophones vicieux, et la pugnacité châtrée des vocalises</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">font système. Main Course lance la conquête du monde ; les Bee Gees ont poli un superbe objet,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">infernal, professionnel, méticuleux, et pour la première fois, malgré une masse orchestrale</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">comparable à celle des disques précédents, rien n'est outrancier mais tout est artillé. Ce disque-là,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">difficilement aimable, digne toutefois d'admiration, a ses laudateurs, aussi nombreux que ceux</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">d'Odessa, mais il n'est pas propice au culte. Ceux qui l'aiment n'ont ni la langue pendue, ni la gorge</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">étouffée de sanglots, ni d'inclinations morbides, encore moins de réflexes sectaires ou de</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">pudibonderies qui veulent qu'on leur pince la fesse. Ceux qui aiment Main Course possèdent un bon</span> <span style=
    "font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">équipement stéréo et n'en rougissent pas.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://img.over-blog.com/500x345/0/00/28/58/after-shows/bee-gees.jpg" class="CtreTexte" alt="bee-gees.jpg" width="500" height=
    "345"><br></span>
  </p>
  <p>
    <br>
    <span style="font-size: 12pt;"><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;">Vade mecum !</span></strong></span>
  </p>
  <p>
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">1. Maurice et Barry Gibb enregistrent Cucumber Castle en 1970. Par bien des aspects,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">il s'agit d'une coda à l'album qui le précède, Odessa. Grand luxe et grande larme,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">esprit de Noël, solennité du sentiment amoureux, font la substance de la plupart des</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">chansons. De manière plus profonde, les Bee Gees peaufinent leur sens du chromo</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">grâce à une production spacieuse, Nashvilienne, et un choix de formes très</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">classiques, pour l'essentiel la rengaine européenne et la country des familles. Dans</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">les deux cas, cette musique est destinée au couple qui danse parmi la foule d'un bal.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Quelque chose d'à la fois majestueux et démocratique, comme l'Amérique des</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">années 1940, prend lentement et sûrement le pas sur les petites manies excentriques</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">de l'Angleterre. Cucumber Castle est donc à la fois un recueil de chansons</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">sophistiquées, comme l'étaient les albums antérieurs, et le premier album à vocation</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">internationale de ses auteurs. A cet effet, il comporte une scie idiote, aux couplets</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">irréprochables : « I.O.I.O », l'alter-ego du « Cecilia » de Paul Simon, et quantité de</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">ballades vigoureuses, dont on confond les titres avec plaisir : « Don't Forget To</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Remember », « Turning Tide », « Sweetheart », « Lord »... Nous extrayons</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">cependant de ce fonds trois moments particuliers qui, pour ne pas être conçus trop</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">strictement d'après le patron des autres chansons de l'album, nous émeuvent et nous</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">font poser la main sur l'épaule d'un ami : « I Lay Down And Die », son ambitieuse</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">cascade rythmique, son tournis de manège excité par les maracas, l'écho olympien de</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">son piano, un tel maelström tissant une référence occulte aux Beach Boys en crise de</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">l'année 1967, « Bury Me Down The River » indistinctement soul, gospel et country,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">opérant ainsi la meilleure synthèse du fantasme sudiste des Bee Gees, un Sud qui</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">doit plus à Margaret Mitchell qu'à William Faulkner, ce qui, si l'on est honnête,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">témoigne d'une audace inouïe, enfin « My Thing », anomalie sunshine jazzy pop</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">planante, aux arrangements parcimonieux et surgissant par touches aléatoires, qui</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">relève d'un affect ancien chez les Bee Gees, mais toujours tenu à la lisière de leur</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">art : l'évasion gratuite.</span>
  </p>
  <p>
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">2. Two Years On, paru en 1971, est plus enjoué et moins romantique que son</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">prédécesseur. L'album ne compte qu'un chiffre restreint de pleureries. Or chacune</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">trouve son expédient, de la chevauchée automnale, grosse de regrets, de « The First</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Mistake I've Ever Made » au dénudé et aquatique « I'm Weeping », sans oublier le</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">volontaire « Alone Again » et, en guise de paroxysme pleureur, « Man For All</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Seasons ». L'album comporte en outre deux groupes distincts de chansons, les unes,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">plus rock mais hélas plus anodines dont on extraira néanmoins le froid, customisé et</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">FM « Back Home », les autres, mêlant les aspirations, dotées d'un authentique</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">souffle romanesque, et qui sont objectivement les meilleures réussites du disque :</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">« Two Years On », « Portrait Of Louise » et « Lonely Days ». Belle somme, nulle</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">avancée : Two Years On est un disque de réconciliation. Si les Gibb pleurent pour des</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">femmes, les étreintes de leurs retrouvailles sont moins humides. Sages, les frères</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">aiment mieux s'inquiéter de la santé de chacun. Aussi chaque chanson de Two Years</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">On doit leur prouver que leur séparation ne les a pas affaiblis. « Nous n'avons pas</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">molli », auraient entonné les trois phrères s'ils avaient été Vanilla Fudge.</span>
  </p>
  <p>
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">3. Trafalgar (1971) est un chef-d'oeuvre. Pourtant, considérées une par une, les</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">chansons qui le composent apparaissent sans conteste inférieures à celles de To</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Whom It May Concern (1972) et de Mr Natural (1974). En termes de recueil, il s'agit</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">même de l'album le moins satisfaisant des Bee Gees. Nous avouons avec peine que</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">quelques titres vont jusqu'à provoquer chez nous une certaine exaspération. Or là</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">opère une magie particulière aux albums minutieusement pensés, et Trafalgar puise</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">son incroyable force d'ensemble de ce qui le lèse dans les détails : la monotonie.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Monotonie d'une suite de mélopées noyées de violons, jouées sur un tempo</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">immuable et sensuel, chantées avec tout le pathétique dont les frères Gibb sont</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">riches. Trafalgar est en un sens l'album de la guerre, où certaines batailles sont</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">remportées, d'autres perdues, mais qui sait combien les défaites et succès individuels</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">à la fois concourent au grand dessein de la victoire finale et lui sont tout autant</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">incommensurables, et cela, parce qu'une musique plus belle que celle qui fut</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">enregistrée est jouée au-delà des chansons elles-mêmes, une musique aussi secrète</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">que le double fond d'un tiroir, aussi envoûtante que l'aura de la sainteté. Des</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">journalistes ont invoqué un style « faux grandeur » pour qualifier Trafalgar, mais la</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">grandeur - politique, militaire, historique- recherche l'approbation de l'univers, alors</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">que Trafalgar n'est soucieux que d'un commerce intime, et sa récompense est le</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">baiser d'une seule femme. On se gardera néanmoins d'y lire un renoncement au style</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">international perfectionné dans Cucumber Castle : il est une manière d'adresser sa</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">musique à tous en ne parlant qu'à chacun en privé, ou en se parlant à soi-même, à un</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">autre phrère (voir à ce sujet comment les frères Gibb, au milieu d'un groupe</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">d'étrangers, créent aussitôt un climat de recueillement timide, auquel chacun est</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">sensible).Et la floraison d'arrangements moelleux et scintillants n'enlève rien à ce</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">caractère d'intimité, puisque l'amour des Bee Gees, par essence, dresse des palais,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">bâtit des églises et arme des navires -pour une intimité moins spectaculaire, plus</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">conforme au sens commun, il faudra se référer au sous-estimé Life In A Tin Can</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">(1973). S'il est un pouvoir propre à Trafalgar, celui-ci ne tient pas à la somme des</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">parties qui le composent, mais davantage à un esprit qui le nimbe. Or cet esprit, afin</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">qu'on en suppose l'influence, pouvait-il seulement rayonner si aucune chanson n'en</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">dessinait la figure ? Bref, Trafalgar fascinerait moins s'il ne comptait -quand</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">même !- une poignée de chansons merveilleuses. Celles-ci le semblent d'autant</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">mieux qu'elles forment le premier tiers de l'album : « How Can You Mend A Broken</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Heart », « Israel », « The Greatest Man In The World » et « Just The Way ». Ce</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">quartet de départ, voilà l'idée judicieuse. Il frappe à ce point l'auditeur que celui-ci</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">poursuit l'écoute du disque dans un enveloppement bénéfique, le rendant presque</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">sourd aux faiblesses des autres chansons, dont le mérite premier sera dès lors de ne</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">pas rompre le charme. Le titre inaugural est resté fameux ; nous indiquerons</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">seulement qu'à l'aune des autres ballades internationales, « How Can You Mend A</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Broken Heart » est une épure, qu'il est le moins pompeusement arrangé des hits</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">pleureurs des Bee Gees, mais que, comme eux tous, sa suite d'accords n'est jamais</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">forcée. « Israel » voltige délicatement, étoffe son instrumentation, gronde enfin</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">depuis les cieux : à l'image de Marvin Gaye, dont il est le phrère pâle, Barry Gibb</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">montre, en l'espace d'une chanson, qu'il possède toutes les voix. « The Greatest Man</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">In The World » est la pièce la plus sensuelle du lot, mais également la plus candide et</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">la plus ample. Il n'est pas de meilleure illustration à ce qui était dit plus haut à propos</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">de l'intimité luxueuse et naturellement profuse des Bee Gees, que cette chanson</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">admirable. « Just The Way », enfin, interprété par phrère Maurice, au timbre quasi</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">atonal, offre les caractéristiques de l'élégie : concision, nuance du sentiment, douceur</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">mélancolique, clarté mélodique. N'attendez pas le Mi majeur qui devrait terminer la</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">chanson, car celle-ci demeure fidèle à l'incertitude et à l'évanescence du mood</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">élégiaque. La promesse d'un retour, en même temps que la crainte d'une disparition,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">sont idéalement suggérées par cette fin en suspens, et tous, lorsque le Ré majeur est</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">joué de telle sorte que nous croyons qu'il résonnera pour l'éternité, puis hélas se</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">volatilise au lieu d'escorter le Mi majeur, tous nous avons vu l'immense brise remuer</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">le feuillage mais n'emporter avec elle aucune feuille.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <div>
    <div>
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      </object>
    </div><br>
    <span class="title">&nbsp;</span>
  </div>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">4. Disque à la fois stupéfiant et déroutant, To Whom It May Concern (1972) constitue</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">un authentique herbier pour la musique des Bee Gees. Les Gibb néanmoins estiment</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">peu un album dans lequel, malgré des prouesses d'écriture et d'arrangements, ils</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">semblent ne tracer aucune voie dans le futur, ni privilégier la stabilité de l'ensemble.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Recueil bariolé, et d'une qualité constante, To Whom It May Concern doit être perçu</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">comme la synthèse nostalgique de temps anciens et plus récents. Two Years On l'était</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">peut-être aussi mais à un moindre degré : son éclectisme excluait en effet un certain</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">goût du bizarre auquel les trois premiers albums avaient donné libre cours. D'où la</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">joie archéologique du connoisseur qui frémit à l'écoute du menuet « I Held A</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Party » (and nobody came ! Merveilleux !) et de sa somptueuse coda dans le style</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Hammer/Psychédélique Celte-Grégorien, et qui applaudit à l'épopée farfelue et</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">inintelligible « Paper Mache, Cabbages &amp; Kings », au cours de laquelle les Bee</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Gees, le temps d'un pont interrogateur, donnent une leçon de planant à leurs</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">contemporains. « Sweet Song Of Summer », conclusion de l'album, surpasse en</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">étrangeté ces deux chansons : elle développe et amplifie, au point de la faire paraître</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">monstrueuse, une caractéristique si remarquable du style vocal des Bee Gees, qui</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">nous les signale aussitôt, et qu'on pourrait qualifier de choeur-mantra. « You Know</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">It's For You » participe à sa manière à l'excentricité générale quoique sa mélodie ne</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">soit guère mémorable et sa tonalité résolument inoffensive. Toutefois, enrubannée de</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">flûtes et de piano électrique, la chanson relève d'une singulière espèce de soft-rock</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">dévitalisé et robotique, communiquant une émotion presque similaire à celle</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">émanant de « All I Wanna Do » des Beach Boys, la profondeur en moins. Enfin, pour</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">en finir avec les anomalies, citons le boogie épais et ventru de « Bad Bad Dreams »,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">très réjouissant dans le contexte. Naturellement, les deux triomphes de To Whom It</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">May Concern sont discrets, et dans leur manière et dans leur durée (à peine plus de</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">deux minutes pour chacun) : l'épiphanie gospel « Please Don't Turn Out The Lights »</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">et surtout l'énamouré « I Can Bring Love », inspiré des romances de Burt Bacharach</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">et terreau probable de l'infernal « How Deep Is Your Love ». L'album est serti</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">d'autres délices et on souffrira sans peine la présence d'une unique croûte en avant-dernière</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">position.</span>
  </p>
  <p>
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">5. Nous en venons au disque le moins compris de nos héros : Life In A Tin Can (1973).</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Nous l'aimons. Ni la compassion ni la défense passionnée de l'enfant retardé ne</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">justifient l'amour que nous portons au premier disque californien des Bee Gees.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Comme Trafalgar, il est question d'ensemble, mais cette fois les pièces de choix</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">inaugurales ne garantissent plus notre écoute. Il conviendra alors d'explorer le disque</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">et d'y débusquer les foyers ardents. Au lieu de la chaleur dispensée dans Trafalgar,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">c'est une impression de solitude et de tristesse ténue qui se dégage de l'écoute des</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">huit petits titres de l'album -qui n'atteint pas trente-trois minutes. L'alerte « Saw A</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">New Morning », placé en exergue, n'est guère qu'un trompe-l'oeil : en exil, coupés de</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">leur base britannique, affrontés à la vaste Amérique qu'ils avaient longtemps</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">fantasmée, les Bee Gees se replient dans la sentimentalité et un dénuement très</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">relatif en matière de composition. Il faut comprendre que Life In A Tin Can est un</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">album pudique, que cette pudeur est timidité devant le corps rêvé qu'on approche</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">enfin. C'est pourquoi le lyrisme semble ici en berne, qu'il est pour une fois moins</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">vertigineux qu'horizontal, c'est-à-dire recherchant moins l'émotion ivre qui le</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">perdrait qu'une sorte de diapason qui en assurerait la continuité. Ainsi le bouleversant</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">« Living In Chicago » fondé sur le ressassement de trois accords, l'absence de</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">batterie et une puissante vapeur chorale, et qui s'étire jusqu'à cinq minutes : « if</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">you're living in Chicago, it's your home/If you're living in Chicago, you're alone »,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">singulier refrain de l'hébétude et du désarroi. De même, « I Don't Wanna Be The</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">One », qui peut passer pour une énième complainte lisse, crée autour d'elle un désert</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">et celui-ci est froid et inhospitalier. Mais toujours, parmi les espaces arides, il existe</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">un mirage consolateur, figuré ici par le funèbre et luxuriant « My Life Has Been A</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Song ». Le titre encore une fois est languissant. Seul l'étoffement mesuré des</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">arrangements permet de le dramatiser. A vrai dire, les accords de départ sont d'une</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">telle beauté qu'il aurait été sacrilège de les changer. Robin Gibb, l'oisillon, sanglote</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">les couplets sévères avec dignité avant que phrère Barry ne s'invite dans le refrain</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">tout d'abandon et de givre. Les Bee Gees y chantent très directement l'obligation</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">pour un musicien de ne plus vivre qu'au milieu de sons que son esprit a tôt fait de</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">transmuer en mélodies. La grâce hivernale de ce refrain évoque la plus soyeuse des</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">chansons soul et comme dans « Just The Way » de l'album Trafalgar, tout le riche</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">composé de sensations est voilé dans une indéfinissable songerie. Au plus haut de</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">leur art, les Bee Gees ne sont ni désarmants de sincérité ni solennels ni même</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">déchaînés dans leur sentimentalité : ils songent.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino;"><img src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/after-shows/bee73geestb.jpg" class="CtreTexte" alt="bee73geestb.jpg" width="285" height=
    "391"><br></span>
  </p>
  <p>
    <br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">6. Mister Natural (1974) ou comment le tocsin fut sonné par les Bee Gees qui</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">décidèrent, en jouant des épaules et des hanches, d'échanger l'amour contre la</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">séduction. Ou bien : ceux qui avaient jadis monté un palefroi conduisent à présent un</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">hors-board. Il y a en effet comme le passage d'un siècle à un autre dans Mister</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Natural et pas seulement pour des affaires de registre : les Bee Gees avaient été</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">courtois, ils sont désormais des entrepreneurs ; le recueillement ou l'emphase n'ont</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">plus l'innocence qu'on leur avait prêtée, les Bee Gees aguichent avec savoir-faire. Ce</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">n'est, dans un premier temps, pas un mal puisque Mister Natural jouit d'excellentes</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">compositions. Le gonflement des biscotos signifie en gros une approche plus</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">volontaire de la production en même temps que la double adoption de l'idiome</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">philadelphien : soul clinquante et déréalisée, et du soft-rock californien. Les Bee</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Gees utilisent toujours la même masse orchestrale mais celle-ci a changé de nature :</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">engagement rythmique, retour de la guitare électrique, jeu physique des musiciens.</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">La ballade elle-même, le talisman des Bee Gees, gagne en sève ce qu'elle perd en pur</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">romantisme. Symboliquement, « Charade » ouvre l'album et il ne s'agit ni d'une</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">épopée ni de quoi que ce soit de mouvant, encore moins de quelque chose de plaintif</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">ou de solitaire. « Charade » est plutôt un chef-d'oeuvre du bain moussant avec</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">bougies parfumées, relevant de la complicité érotique et du confort zen. Ce qui</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">constitue évidemment un tournant stylistique dans l'histoire de la musique :</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">vibraphone très reverbéré, maracas indolentes, violonade à la manière Isaac Hayes,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">chant du bout du larynx de Barry Gibb. Les audaces les plus manifestes de l'album</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">sont cependant l'impatient « Down The Road », uptempo propulsé par le clavinet, et</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">le torve « Heavy Breathing », tout graisseux de wah wah. Enfin, les yeux</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">s'écarquillent au surgissement de « Dogs », impeccable bolide pop : les couplets</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">obéissant au groove blanc de l'homme en jeep, le pré-refrain européen et son pianopunaise,</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">le refrain Middle Of The Road, et le break ultra-balèze de générique TV. De</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">quoi célébrer sa renaissance dans l'euphorique gospel « Had A Lot Of Love Last</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Night », ou enlacer l'univers dans le galvanisant « Give A Hand, Take A Hand » .</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Mais nous commençons de parler un autre langage. Celui du bodybuildé Main</span><br>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 10pt;">Course (1975). Notre seuil.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    ***************************
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 14pt;"><a href="http://www.box.net/shared/static/33zpnymrgc.mp3" target="_blank">Bee Gees - Portrait of louise</a></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 14pt;"><a href="http://www.box.net/shared/static/pdixtgtvok.mp3" target="_blank">Bee Gees - Bury me down the river</a></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 14pt;"><a href="http://www.box.net/shared/static/gea9b6l3l8.mp3" target="_blank">Bee Gees - I held a party</a></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino; font-size: 14pt;"><a href="http://www.box.net/shared/static/491jpfusgo.mp3" target="_blank">Bee Gees - Living in Chicago</a></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: book antiqua,palatino;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 14pt;"><a href="http://www.box.net/shared/static/0huzb5hav0.mp3" target="_blank">Bee Gees
    - Dogs</a></span><br></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 22 Feb 2011 13:07:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4b80fae3aafdddec228a364aaa76be8a</guid>
                <category>Essais épars</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-the-psycho-batave-companion-to-the-bee-gees-works-from-cucumber-castle-to-mr-natural-67813967-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[The Gremlins, caméléons la tête en bas]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-the-gremlins-geniaux-cameleons-la-tete-en-bas-37601960.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">
    Auckland, fin des années 50. Glyn Conway, né Tucker, qui a grandi loin de la mémoire à Upper Hutt, banlieue de Wellington, se joint à Paddy McAneney, apprenti boucher qui y retournera, pour
    former le plus grand groupe néo-zélandais de tous les temps.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    Passons sur la genèse forcément tortueuse de ce groupe insulaire pour lancer une première piste. Avant l’avènement des Beatles, les jeunes ambitieux se rêvaient en musicien ou chanteur, rarement
    les deux&nbsp;: Glyn Conway, géant aux boucles vivaces, se voudra tous les groupes à la fois. En effet, dès l’orée des projecteurs, le set des Gremlins comprendra une centaine de chansons qu’ils
    joueront selon l’auditoire, s’adaptant aux regards affamés. Cette faculté de se munir de plus d’arcs que de flèches sera la marque des Gremlins, groupe à la culture foudroyante, dont les deux
    premières faces A seront des reprises méconnues de groupes «&nbsp;mineurs&nbsp;». D’abord «&nbsp;The coming generation&nbsp;» des Knickerbockers (comble&nbsp;: reprendre un groupe de périphérie
    déjà copie carbone d’un autre mondialement célèbre) auquel fera écho leur propre «&nbsp;Understand our age&nbsp;» qui retient la même frustration teintée de menace, puis «&nbsp;A man’s gotta be
    man&nbsp;» des Castaways. Bien entendu le trésor est déjà à rechercher sous le phare&nbsp;: «&nbsp;The only thing on my mind&nbsp;», face B princièrement dépressive qui préfigure les années
    baroques avec son lancinant clavecin absent, montre déjà l’étendue de vision du groupe.
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/contemporains/gremlins01-copie-1.jpg" class="CtreTexte" width="500" height="504">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">
    Alors c’est une régulière bourrasque de feuilles venues d’une fantasmatique Angleterre&nbsp;: Début 1967, «&nbsp;you gotta believe it&nbsp;» est le plus flagrant pastiche des Troggs jamais
    enregistré et pourtant&nbsp;: la chanson se déroule comme un étendard, bien que deux fois plus d’accords soient utilisés que dans les chansons du génie Reg Presley. Si le mimétisme avec ce
    dernier s’exprime même dans la voix d’adoption du chanteur néo-zélandais, la face B est d’une autre inspiration, contradictoire même, puisqu’il s’agit avec «&nbsp;I can’t say&nbsp;» d’un
    bouleversant exercice <em>merseybeat</em>, d’un lyrisme tout juste dessillé, d’une douleur familière qu’on ne parvient pas à nommer.
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">
    1967 sera pour les Gremlins le 1967 de tout le monde, et en images gigantesques. «&nbsp;Blast off 1970&nbsp;» et son mélange d’anticipation kitsch et de drug song de bac à sable, «&nbsp;Never you
    mind&nbsp;» aux forts accents <em>freakbeat</em>, moins préoccupée cependant de désertique attitude «&nbsp;arty&nbsp;» que de construire une chanson et de l’habiter, «&nbsp;I want your
    love&nbsp;» pour laquelle la nonchalance fragile de Ray Davies est endossée… 1968 les verra s’essayer avec un bonheur égal au rhythm &amp; blues sur le gentiment <em>greasy</em> «&nbsp;Listen to
    me&nbsp;». On peut alors se demander pourquoi ils n’avaient jamais vraiment fait d’incursion dans ce genre… Gageons que le rhythm &amp; blues, musique foncièrement anonyme, n’a jamais vraiment
    intéressé Glyn Conway, lui qui a toujours été à la recherche de signature à imiter, de paraphe à calligraphier courbe à courbe, d’idiosyncrasies à dévorer, ogre dont l’amour ne peut être
    entièrement contenu dans la minuscule Albion.
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <a href="http://www.box.net/shared/static/403gpo3dgh.mp3" target="_blank"></a>
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><a href="http://www.box.net/shared/static/403gpo3dgh.mp3" target="_blank">The Gremlins - You gotta believe it</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><a href="http://www.box.net/shared/static/0czc5vofhe.mp3" target="_blank">The Gremlins - I can't say</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><a href="http://www.box.net/shared/static/kf1hfmceq4.mp3">The Gremlins - The only thing on my mind</a></span>&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><a href="http://www.box.net/shared/static/tc6v9quzre.mp3">The Gremlins - Never you mind</a></span>&nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 35.4pt;">
    <span style="font-size: 14pt;"><a href="http://www.box.net/shared/static/9x18afgqu4.mp3" target="_blank">The Gremlins - Listen to me</a></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 15 Oct 2009 19:51:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">d94702b338641cd59045546a45337f88</guid>
                <category>Essais épars</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-the-gremlins-geniaux-cameleons-la-tete-en-bas-37601960-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Tolkien Rock : The Hobbits, Thorinshield]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-25387104.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">Il existe de nombreuses manières de passer à 1968, même sous l’égide de Tolkien. L’auteur du <em>Seigneur Des Anneaux Péniens</em>
    inspira de nombreuses formations, la plupart se reconnaissant au luisant de leur poil. Il existe cependant deux exceptions notables, qui n’empruntèrent au sus cité livre que quelques noms,
    signes, sans s’attarder au pays des elfes à l’haleine lourde, constituant ainsi un beau doublé de fausses tolkiennades Psycho-Bataves.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">The Hobbits sont l’émanation de Jimmy Curtiss, mystérieux et prolixe petit maître New-yorkais, probablement d’ascendance hispanique, à
    l’œuvre dans la profession depuis la fin des années 50. Le lieu et la date ont tout pour nous rassurer&nbsp;: Jimmy Curtiss, s’il a jamais ouvert Tolkien, c’est avec le doigt à la fois fébrile et
    froid du A&amp;R man. En effet, hormis pour leur patronyme et quelques minuscules gimmicks d’ordre publicitaire, on est à des kilomètres chez The Hobbits de l’heroic fantasy. Jimmy Curtiss est de
    ceux qui construisent l’escalier en commençant par le haut. Autrement dit, il envisage la réception du disque avant de composer la moindre note, ce qui chez nous porte un nom&nbsp;:
    Italo-américanisme.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;">Evidemment, la musique confirme cette tendance&nbsp;: On a affaire sur le premier album à des miniatures précieuses et superbement
    mignardes, des chromos vivaldis qui évoquent l’élégance un rien crapuleuse des Four Seasons. Détaillons&nbsp;: «&nbsp;Treats&nbsp;» intègre même le riff du «&nbsp;Come on up&nbsp;» Des Young
    Rascals et les intonations de Frankie Valli à un tube bubblegum du plus rutilant modèle. «&nbsp;Let me run my fingers through your mind&nbsp;», derrière ce blaze de candidat pour concours
    d’onomastique hippie grotesque, s’abrite une gracile mélodie qu’on se complaira à qualifier également d’automnale, mélodie à peine dérangée par quelques effets estampillés
    «&nbsp;psychédéliques&nbsp;» dans le carnet de route du producteur quadragénaire lambda de l’époque. «&nbsp;Sunny day girl&nbsp;» évoquera fatalement la côte ouest, ne serait-ce que par son
    titre, mais l’auditeur attentif n’aura de cesse de remarquer les accords italo-américains disséminés, lambeaux de neige sur le sable. Le chef d’œuvre du disque, «&nbsp;I’m just a young
    man&nbsp;», déploie le lexique de la frustration adolescente avec une compréhension rare de la part d’un homme probablement proche de la trentaine, adulte jouant à l’adolescent pour un public de
    futurs adultes. «&nbsp;I’m searching for something’s better than what’s around&nbsp;» faisant davantage écho aux convulsions gâchées dans la nuit du couple de <em>Splendor in the grass</em> qu’à
    une mystique pédo-opportuniste. Est-il nécessaire de préciser que l’album suivant, signé The New Hobbits, bien que constellé de titres tels que «&nbsp;I can hear the grass growin’&nbsp;» ou
    «&nbsp;Love can set you free&nbsp;» est aussi proche d’Haight Ashbury que Frankie l’est de timothée leary&nbsp;?</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;"><br>
    <img  width="295" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/contemporains/jc5-copie-1.jpg" height="215" class="CtreTexte"></span><span style=
    "font-size: 12pt; font-family: Times New Roman;"><br>
    Le même sens du détail anime Thorinshield, Californiens emblématiques de ces années de passation de pouvoir. On se situe sur le versant baroque, musicalement, à travers les disproportions à peine
    saillantes et les jeux de reflet, thématiquement aussi («&nbsp;Life is a dream&nbsp;»), ornementations, citations savantes, absence de véritables débordements, tout indique que nous sommes ici en
    territoire adulte, et qu’il sera question d’Art. Impossible toutefois de ranger le trio dans la catégorie trop représentée des stylistes pop au coeur de cire. L’album diffuse une mélancolie mûre
    qui trouve sa plus juste expression dans quelques ballades, aquarelles usées par quelques années de trop entre le calme et le beau. On se souviendra d’une voix exactement résignée, des
    confidences d’un amour qui se délite au gré de l’eau, on se souviendra aussi de ne plus jamais rire au son des flûtes élégiaques, qui interrogent la possibilité d’une mort partielle, le jour où
    nous aurons fait de «&nbsp;The best of it&nbsp;» l’hymne&nbsp;officiel&nbsp;de la défaite trentenaire.<br>
    <br>
    <span style="font-size: 14pt;"><br>
    <a href="http://www.box.net/shared/static/y2hg1sesqz.mp3" target="_blank">The Hobbits - I'm just a young man<br></a><br>
    <a href="http://www.box.net/shared/static/x4zeh3mzzt.mp3" target="_blank">The Hobbits - Sunny day girl</a><br>
    <br>
    <a href="http://www.box.net/shared/static/xdbbt0kpxu.mp3" target="_blank">Thorinshield - The best of it</a><br>
    <br>
    <a href="http://www.box.net/shared/static/m7ie9inbh3.mp3" target="_blank">Thorinshield - Prelude to a postlude</a></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 02 Dec 2008 19:49:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">2bce9cd699de8d16294e82e291d299c7</guid>
                <category>Essais épars</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-25387104-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[No one’s ever read the small prints : Don Covay]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-16930063.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">
    <font size="3"><font face="Times New Roman"><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB"><span style=
    "mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span></span> Maîtres et Petits-Maîtres, la dualité, malgré ce qu’elle suggère, ne souffre aucun
    déséquilibre, mais indique à la fois une différence dans le rayonnement, et une différence dans les buts poursuivis. Ceux que nous appelons Maîtres jouissent d’une invention massive et
    ininterrompue, se dotent d’un langage inouï, qui est davantage qu’une signature, et lèguent des formules telles qu’elles bâtissent des empires. Au contraire, les Petits Maîtres oeuvrent dans la
    discontinuité ou bien frappent dans l’instant, créent un langage diffus, à la confluence de beaucoup d’autres, quoique singulier, et n’engendrent aucune postérité, du moins pas chez les
    créateurs. De fait, le culte d’initiés, celui qui n’oublie jamais de se défier des cultes plus attendus, ce culte-là n’est voué qu’aux seuls Petits-Maîtres. Quant aux fins recherchées par Maîtres
    et Petits-Maîtres, elles sont, pour les premiers, d’une nature artistique, c’est-à-dire combinant l’esthétique et l’industriel, en ce sens qu’une passion particulière conduit certains
    tempéraments à multiplier, systématiser, faire proliférer leur invention&nbsp;: le délire romanesque de Balzac, qui édifie la Comédie Humaine/le délire mélodique de Smokey Robinson,
    qui<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp;</span> génère Motown. Ces mêmes fins, pour les seconds, revêtent un caractère plus égoïste, romantique dirait-on. Chaque Petit-Maître a toujours traversé
    les époques en livrant des extraits de sa classe, quand bien même le Petit-Maître se serait promptement effacé. On les voit surgir, jamais affiliés et pourtant jamais étrangers non plus, capables
    de coups stylistiques et d’opportunismes, d’un éclectisme docte et mesuré, d’une singularité idéale, de celles qui ne passent pas pour de la bouffonnerie. Et néanmoins, on ne sait au juste
    comment les qualifier. Don Covay et Bobby Womack comptent parmi les Petits-Maîtres les plus emblématiques de la musique américaine. Tous deux se distinguent de leurs homologues par leur
    raffinement mélodique, la richesse de leur interprétation, l’intérêt qu’ils portent aux arrangements, et cela suffit à nous faire considérer l’attribution des mérites. Mais tous deux ont
    également suivi l’inclination de leur cœur, comme ils le rappellent très justement dans certaines de leurs chansons. On ne doit pas rire de semblables protestations&nbsp;: loin d’être naïves,
    elles nous font entendre la voix du Petit-Maître, et l’énoncé de sa vocation, celle d’une individualité farouche et inquiète, à la différence du Maître, dédié à l’universel. Toutefois, dans son
    long et versatile parcours, le Petit-Maître réalise la promesse du Célibataire, qui a fait de son absence de liens la condition d’un langage libéré, quelque chose de suavement unique et inspiré.
    Ainsi, on en vient à reprendre les hymnes des Petits-Maîtres, parce que rien n’y signale avec autorité l’appartenance à telle école musicale, et parce que l’individualité avance en toute
    séduction. Nos lecteurs sont ici tenus en assez haute estime pour qu’on les dispense de se laisser rappeler les noms des contributions historiques de Bobby Womack et de Don Covay aux répertoires
    des Rolling Stones et des Remains. Précisons que dans les deux cas, le rhythm’n’blues y est délicatement parcouru d’influences qui ne le rendent ni orthodoxe ni méconnaissable : l’alchimie
    vaporeuse du Petit-Maître.</font></font>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">
    <font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> <em>Different Strokes For Different Folks</em>
    (1971) reste bien entendu une formule opportuniste, pleine d'un bon sens rassis et rural, mais elle offre néanmoins une description claire et simple du programme de cet album, et ce, de deux
    manières : chaque titre diffère en style et en émotion du précédent, chaque titre relève toujours d'une mythologie sudiste campagnarde assez diffuse.<br>
    <br>
    <img class="CtreTexte" height="300" alt="cw_don_covey_400_400x300.jpg" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/contemporains/cw_don_covey_400_400x300.jpg" width="400"></font></font>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">
    <font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;</font>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">
    <font size="3"><font face="Times New Roman">1. <strong>L'Ordonnnateur</strong></font></font>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">
    <font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> Dans la sémillante Californie où il a fait ses
    armes, Bobby Womack a été le jouet des courants fantastiques qui ont balayé cet Etat pendant des décennies. Cette furieuse disponibilité qui caractérise notre homme s'augmente du fait que la soul
    californienne a toujours été sous-exposée, impossible à qualifier, et avare de grands labels conquérants. L'Etat compte bien son lot de personnalités intéressantes, mais rien qui les rassemble en
    un front uni et dominateur comme ce fut le cas dans le Tennessee et dans le Michigan. Un problème d'authenticité s'ensuit, dans un lieu où l'invention est si manifeste et si permanente qu'elle
    interdit les vieux empires et favorise les tyrannies intenses. C'est l'anti-tradition et la nature si originale de l'industrie californienne qu'elle ne préserve que ses structures et renouvelle
    toujours son contenu. Ce qui demeure inentamé ne consiste pas en une forme musicale spécifique, mais en un pouvoir de régénération. De fait, il n'y a rien de mineur ou de bâclé en Californie,
    mais une confiance et une lumière qui font le soin et la tranquillité de ses productions. Au milieu d'elles, cependant : des individus instables.</font></font>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">
    <font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> Bobby Womack a respiré l'air californien et
    l'ether l'a convaincu de s'adonner à tous les genres, avec, chaque fois, cette fameuse prédilection pour le moelleux. Il a été un philadelphien subtil («&nbsp;That's The Way I Feel About
    Cha&nbsp;», «&nbsp;Harry Hippie&nbsp;»), un prédicateur érotique («&nbsp;Somebody Special&nbsp;»), un Isaac Hayes raffiné («&nbsp;Close To You&nbsp;»), un ami des Blancs songwriters («&nbsp;Fire
    &amp; Rain&nbsp;»), un sonneur de charges Northern Soul («&nbsp;What Is This ?&nbsp;») et, s'il s'agissait de se réaliser à travers tant d'incarnations, un artificier de proto-disco suave
    («&nbsp;I Can Understand It&nbsp;»).</font></font>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 1.5pt; text-align: justify">
    <font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> C'est parce qu'il respirait un air autre, que le
    théâtre des opérations se trouvait dans un territoire à traditions, un terroir autrement dit, que Don Covay n'est jamais devenu Bobby Womack. Tous deux sont toutefois les Images d'une même Idée,
    celle du Petit-Maître, du Spectre entièrement couvert et de l'Individualité fusant en toutes directions. Alors Don Covay s'est illustré dans les moods exemplaires de ce Sud nourricier, et pas
    dans ses manières proprement dites, puisque tout, dans <em>Different Strokes For Different Folks</em>, relève après tout de la soul de 1971. Mais l'inspiration, elle, qui caractérise d'après nous
    le groupe et le coeur que celui-ci met à l'ouvrage, l'inspiration est typiquement sudiste : rudesse, franchise, poids des passions, moiteur et religiosité contrariée. Egalement, l'intraduisible
    <em>Gritty,</em> qui apparaît dans le titre «&nbsp;Standing In The Grits Line&nbsp;», alors que le <em>gritty</em> absolu, c'est «&nbsp;Bad Luck&nbsp;» qui le cerne au plus près. Un rythme
    vicieux, une guimbarde, et le chant qui est ici modèle de morgue, d'animosité et de stupre définissent au mieux le <em>Gritty</em> du Sud. De facture moins rogue, mais tout aussi méchant,
    «&nbsp;Why Did You Put Your Shoes Under My Bed&nbsp;» fait alterner couplets de l'impatience et refrains aux cuivres pugnaces : la chanson laisse imaginer la danse<span style=
    "mso-spacerun: yes">&nbsp;</span> du boxeur, prêt à bondir sur votre gorge, c'est une figuration du ring, du pugilat, tout cela afin de souligner une crise conjugale. «&nbsp;Sweet Thang&nbsp;» et
    «&nbsp;Hitching A Ride&nbsp;» n'existent, elles, que par la liesse qui les porte, chansons endurantes, jouées avec enthousiasme, et relèvent quelque part d'une <em>grosse</em> soul, au sens où
    l'on parle d'un <em>gros</em> rock seventies, d'infatigables machines à fédérer et à faire se lever les poings. Dans le même ordre, c'est-à-dire la genèse du <em>gros</em>, Don Covay compose des
    ballades au pathos colossal : «&nbsp;Daddy, Please Don't Go Out Tonight&nbsp;» en sus de planter avec réalisme un décor social d'immédiat après-guerre, donne voix à l'enfant qui est le personnage
    central du pathétique moderne, «&nbsp;In The Sweet Bye &amp; Bye&nbsp;» est un gospel sophistiqué, chanté avec virtuosité, étiré mystérieusement et culminant dans l'incongruité d'une guitare
    heavy-metal. Il y a du Marshall à fond chez Don Covay. Enfin, le joyau «&nbsp;Stop By&nbsp;» crée sa propre langueur, épaisse, insistante, avec sa suite d'accords européens, la bienheureuse
    suspension où Don murmure «&nbsp;Come here&nbsp;» et la floraison étourdissante des voix, technique reprise par Marvin Gaye dans l'album <em>Let's Get It On</em>, figure<span style=
    "mso-spacerun: yes">&nbsp;</span> évidente du désir qui, si on le brime là où il apparaît d'abord, ressurgit aussitôt en un autre endroit, puis multiplie ses apparitions, submergeant et
    finalement omniprésent. «&nbsp;Standing In The Grits Line&nbsp;», «&nbsp;Ain't Nothing A Young Girl Can Do&nbsp;» et «&nbsp;If There's A Will, There's A Way&nbsp;» forment une trinité McWellback
    : la subtilité, le savoir-faire rythmique et mélodique de leur auteur, sa capacité, surtout dans le cas des deux dernières, à écrire des airs mémorables et exactement construits s'y vérifie mieux
    qu'ailleurs. Lenteur du pas, groove âgé, parfum rustique (pour «&nbsp;Ain't Nothing...&nbsp;»), Don Covay sait mesurer son excitation. Nous retenons spécialement pour ce qu'elle présente de très
    womackien le ravageur «&nbsp;If There's A Will, There's A Way&nbsp;». Quelque chose de sinistre et de ricaneur conclue l'album, «&nbsp;What's In The Headlines&nbsp;», sombre petite complainte
    dans laquelle Don Covay envisage avec humour l'obscurité de son propre trépas ; plus de batterie, mais un banjo ou ce qui ressemble à un banjo, un kazou, des rires de femmes. Cette plaisanterie
    funèbre ne laisse pas d'intriguer, surtout ainsi placée en bout d'album. Ce qui nous séduit est que l'air renoue avec une sensibilité très ancienne, fataliste et débonnaire à la fois, qui fut
    celle des bluesmen du Delta dans les années 1920/30.</font></font>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify">
    <font face="Times New Roman" size="3"><br>
    <img class="CtreTexte" height="309" alt="group1-copie-1.jpg" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/contemporains/group1-copie-1.jpg" width="489"><br>
    &nbsp;</font>
  </p>
  <ol style="margin-top: 0cm" type="1" start="2">
    <li class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; mso-list: l0 level1 lfo1; tab-stops: 36.0pt">
      <strong><font size="3"><font face="Times New Roman">Le Marais</font></font></strong>
    </li>
  </ol>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">
    <font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> <span style=
    "mso-spacerun: yes">&nbsp;</span>Ah, ah, ah, ah, ah. Le CEPB s'entiche de blues, pour n'en rien dire de très neuf d'ailleurs. Le Sud de Don Covay appartient aux hommes forts et dessalés qui ont
    joué le blues, mon pote. Un Sud plus essentiel que celui de Stax ou d'Allen Toussaint. Mais nous nous étonnons de constater que les albums soul inspirés du blues soient somme toute peu nombreux,
    et encore, le tribut n'étant jamais musical, nous limiterons cette inspiration à une certaine imagerie, composée de motifs louches et dangereux, chantés jusqu'à nos jours par les vieilles carnes
    de Fat Possum. Et à une certaine attitude des musiciens : un jeu puissant et sans ambages, éloigné de la précision, de la finesse et de la suavité de la soul music. Malgré ce qui a été dit plus
    haut , on ne peut s'empêcher de penser que, regardant les choses par un autre angle, Don Covay <em>trahit</em> tout aussi bien qu'il les honore, les principales lignes de force de la soul sudiste
    : sa saveur agreste, sa religiosité, et l'éventuelle excentricité, chez Allen Toussaint, par exemple, cette excentricité tempérée par le code du gentilhomme. Il existe dans l'ombre de
    l'Ordonnateur, un Mécréant. En Don Covay persiste un mauvais sujet, qui, comme il le chante dans «&nbsp;Bad Luck&nbsp;», a joué et perdu sa femme lors d'une partie de dés, ou bien de cartes.
    L'album, certes, atteste d'une vie urbaine et séculaire, et néanmoins, on devine la cabane aux débauches, l'établissement aux liqueurs, toute une compagnie d'individus féroces, des forêts ou des
    marais, ceux dont la geste a été rapportée dans les livres de William Faulkner. Dans un récit, il y avait Oncle Buck et Oncle Buddy, de la famille McCaslin, et l'un d'eux, les deux peut-être,
    absents de la maison et de la civilisation, jouaient leurs esclaves aux cartes, au coeur des marais. Cette violence nourrit dans nos rêves le dédain misogyne de «&nbsp;Why Don't You Put Your
    Shoes Under My Bed&nbsp;», le portrait du Père volage et déserteur de «&nbsp;Daddy, Please Don't Go Out Tonight&nbsp;», la claudication lente et éméchée du turpide «&nbsp;Standing In The Grits
    Line&nbsp;», et bien sûr, le presque trop éloquent «&nbsp;Bad Luck&nbsp;».</font></font>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify">
    <font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> Laissons-là cet exercice de pesée d'un
    Inconscient et de son Imaginaire, ou plutôt invitons le voyant Sweign à le poursuivre. Car Don Covay l'affirme : peu de gens lisent les «&nbsp;small prints&nbsp;» («&nbsp;What's In The
    Headlines&nbsp;»).<br>
    <br>
    <br>
    <a target="_blank" href="http://www.box.net/shared/static/o5bd7br8kc.mp3"><font size="4">Don Covay - Bad Luck</font></a><br>
    <br>
    <a target="_blank" href="http://www.box.net/shared/static/hoh6khluso.mp3"><font size="4">Don Covay - Stop by</font></a><br>
    <br>
    <a target="_blank" href="http://www.box.net/shared/static/c5pwkfj0gw.mp3"><font size="4">Don Covay - Why did you put your shoes under my bed</font><br></a><br>
    <a target="_blank" href="http://www.box.net/shared/static/obauww7kso.mp3"><font size="4">Don Covay - What's in the headlines</font></a></font></font>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 22 Feb 2008 13:31:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ef7c34dc3ca2c5c72219956daf4c5955</guid>
                <category>Essais épars</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-16930063-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[LAtone et lHorrible : réflexions sur lOrgue du Fantôme]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-7339001.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="3"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>La particularit&eacute; du Haunter, au sein de son groupe d&rsquo;&eacute;lection : le Moody track, est son absence de sentimentalit&eacute;. Ce qui le s&eacute;pare du registre psych&eacute;d&eacute;lique/planant/stoner est la modicit&eacute; de son orchestration, sa dur&eacute;e br&egrave;ve, et la couleur unique qui le commande : l&rsquo;&eacute;tranget&eacute;. Le sentiment d&rsquo;&eacute;tranget&eacute; doit &ecirc;tre distingu&eacute; de celui de l&rsquo;extravagance d&rsquo;une part, de celui du morbide d&rsquo;autre part. Le sentiment d&rsquo;&eacute;tranget&eacute;, au contraire des deux autres, ne proc&egrave;de pas d&rsquo;un choix de comportement ou d&rsquo;humeur, qui fait d&rsquo;eux des fantaisies subjectives. L&rsquo;&eacute;tranget&eacute; na&icirc;t d&rsquo;une marche imparfaite des choses et ne d&eacute;pend pas d&rsquo;un dessein. Elle est provoqu&eacute;e par un cours anormal des &eacute;v&eacute;nements mais qui ne se laisse pas saisir imm&eacute;diatement. Tr&egrave;s souvent, l&rsquo;&eacute;tranget&eacute; peine &agrave; &ecirc;tre caract&eacute;ris&eacute;e dans ses parties, quoiqu&rsquo;elle marque toujours et du premier coup celui qui la rel&egrave;ve. Que les choses ne se d&eacute;roulent pas selon le rythme ou l&rsquo;intensit&eacute; qui leur conviendrait, et l&rsquo;Orgue du Fant&ocirc;me anime les tuyaux de notre esprit. Il n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire de d&eacute;crire les moyens, tr&egrave;s vari&eacute;s, tr&egrave;s complexes, &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans tel Haunter, mais chaque fois, l&rsquo;effet est identique : pouls ralenti, &eacute;vanouissement des accords, interzone de l&rsquo;atone et de l&rsquo;horrible. On ne comprend pas ce qui relie l&rsquo;atone et l&rsquo;horrible. Ce type de disjonction criante ne satisfait bien s&ucirc;r pas au tranchant logique du Psycho-Batave. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;Imminence. Nous ne savons pas qu&rsquo;un danger nous guette, aussi nous ne devinons pas une force, une forme plus pleine et puissante que toute forme existante. L&rsquo;Horrible ne constitue pas cet &eacute;v&eacute;nement d&eacute;sir&eacute;, dans l&rsquo;Imminence. L&rsquo;Horrible est davantage l&rsquo;intuition d&rsquo;un oubli, d&rsquo;une dissolution et d&rsquo;un tombeau. Il ne se laisse pas d&eacute;finir en tant que Malheur, qui en ferait &agrave; nouveau quelque chose d&rsquo;actif. Et seul l&rsquo;Atone, par son renoncement aux affections du corps et de l&rsquo;esprit, permet d&rsquo;approcher l&rsquo;Horrible. Or chaque Haunter ne laisse pas d&rsquo;&ecirc;tre un vecteur g&eacute;n&eacute;reux d&rsquo;images, et il a &eacute;t&eacute; &eacute;tabli ailleurs que ces images, pour la plupart, participent du fond de frayeurs, r&eacute;unies par l&rsquo;exp&eacute;rience coloniale britannique. Alors ce qui pourra signaler un v&eacute;ritable Haunter ne peut &ecirc;tre que la r&eacute;surrection involontaire de ce Pass&eacute; imp&eacute;rial, et non le seul go&ucirc;t de l&rsquo;exotisme. Il ne suffit plus d&rsquo;arborer le turban et la barbe du maharadjah : c&rsquo;est tel individu, jamais tent&eacute; par le d&eacute;guisement, visit&eacute; par les Colonies myst&eacute;rieuses, qui sera le cr&eacute;ateur d&rsquo;un Haunter. Comment parler d&rsquo;Atone, tandis que l&rsquo;on affirme encore la richesse de l&rsquo;imaginaire dans l&rsquo;Orgue du Fant&ocirc;me ? Et pourquoi parler d&rsquo;Horrible, lorsque nous voulons le qualifier n&eacute;gativement, comme le contraire d&rsquo;un Malheur ? C&rsquo;est que l&rsquo;imaginaire, dont nous avons rappel&eacute; l&rsquo;origine, ne forme qu&rsquo;un substrat, et qu&rsquo;il n&rsquo;est d&eacute;celable que par l&rsquo;analyse. En empruntant une terminologie c&eacute;l&egrave;bre, nous pouvons ici parler d&rsquo;un contenu manifeste et d&rsquo;un contenu latent. A ceci pr&egrave;s que dans l&rsquo;Orgue du Fant&ocirc;me, c&rsquo;est le contenu latent qui est figuratif, que l&rsquo;on doit extraire, et c&rsquo;est le contenu manifeste<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>qui consiste en postures, pulsions, mouvements de l&rsquo;esprit. Le Haunter est avare d&rsquo;&eacute;v&eacute;nements et d&rsquo;&eacute;motions, comme nous l&rsquo;avons d&eacute;j&agrave; indiqu&eacute; ;<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>il n&rsquo;est pas un r&ecirc;ve prolif&eacute;rant. Le r&ecirc;ve, pr&eacute;cis&eacute;ment, est pour une fois la mati&egrave;re qu&rsquo;il faut extraire, et le cours indiff&eacute;rent et glac&eacute; du Haunter ne traduit que la beaut&eacute; intimidante de ce r&ecirc;ve, une beaut&eacute; tellement sp&eacute;ciale qu&rsquo;elle fait craindre &agrave; celui &agrave; qui elle est r&eacute;v&eacute;l&eacute;e, que l&lsquo;oubli, la dissolution et le tombeau lui sont promis.</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center">&nbsp;</p>
<p><img class="CtreTexte" height="355" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/yabancilar-agit_b.jpg" width="355" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="3"><u>20 Haunters et ce qu&rsquo;ils dessinent </u>:</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">1. The Specters &laquo;&nbsp;Depression&nbsp;&raquo;.<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>Une mise en sarcophage.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"><font face="Times New Roman"><font size="3">2. The Werps &laquo;&nbsp;Shades Of Blue&nbsp;&raquo;. Un rite tantrique. </font></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"></span><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">3. The Epicureans &laquo;&nbsp;I Don</span><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB">&rsquo;</span><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">t Know Why I Cry&nbsp;&raquo;. Un tapis volant. </span></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"></span></font></font><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">4. The Blokes &laquo;&nbsp;Slander</span><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB">&rsquo;</span><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">s Child&nbsp;&raquo;. </span>Un fleuve des Enfers.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">5. Brym Stonz &laquo;&nbsp;Tymes Gone By&nbsp;&raquo;. Une soci&eacute;t&eacute; de bardes, retranch&eacute;e au c&oelig;ur de la For&ecirc;t.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"><font face="Times New Roman"><font size="3">6. The Bounty Hunters &laquo;&nbsp;Somewhere&nbsp;&raquo;. Le cavalier sans t&ecirc;te. </font></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"></span><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"><font face="Times New Roman"><font size="3">7. The Madhatters &laquo;&nbsp;You May See Me Cry &raquo;&nbsp;. Le culte zoroastre. </font></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"></span><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">8. Reuben Bell &laquo;&nbsp;It</span><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB">&rsquo;</span><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">s Not That Easy&nbsp;&raquo;. Le labyrinthe.&nbsp;</span></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"></span></font></font><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">9. The Vendors &laquo;&nbsp;My Rose-Ann&nbsp;&raquo;. </span>D&rsquo;interminables galeries sous la roche, et l&rsquo;&ecirc;tre qu&rsquo;elles abritent.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">10. Evil &laquo;&nbsp;I Know I</span><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB">&rsquo;</span><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">ll Die&nbsp;&raquo;. </span>Une lampe-temp&ecirc;te, telle qu&rsquo;invoqu&eacute;e par Sred Sweign.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"><font face="Times New Roman"><font size="3">11. Flower Power &laquo;&nbsp;Stop&nbsp;&raquo;. Les danses pa&iuml;ennes de Summerisle.&nbsp;&nbsp;</font></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US"></span><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">12. The Dhag Dhags &laquo;&nbsp;Tipo Sicodelico&nbsp;&raquo;. </span>La mort dans le canyon, apr&egrave;s la perte des cinq sens.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">13. The Savages &laquo;&nbsp;Quiet Town&nbsp;&raquo;.<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>L&rsquo;Etoile myst&eacute;rieuse et les d&eacute;r&egrave;glements climatiques engendr&eacute;s.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">14. Uncivilized &laquo;&nbsp;back again&nbsp;&raquo;. Des insectes sur la fourrure d&rsquo;un loup.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">15. Yabancilar &laquo;&nbsp;Agit&nbsp;&raquo;. Sred Sweign et ses amis sur la plage, attendant la fin du monde.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">16. Paul Martin &laquo;&nbsp;It happened&nbsp;&raquo;. Un prince retrouv&eacute; pendu dans son nid d&rsquo;aigle.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB">17. </span><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">Adrian Lloyd </span><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB">&laquo;</span><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">Got a little woman</span><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB">&nbsp;&raquo;</span><span lang="EN-US" style="mso-ansi-language: EN-US">. </span>La cr&eacute;ature de Frankenstein h&eacute;b&eacute;t&eacute;e sur la banquise.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB">18. <span style="mso-spacerun: yes">&nbsp;</span>The Enfields &laquo; In the eyes of the world&nbsp;&raquo;. </span>La longue marche du condamn&eacute;. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="3"><span lang="EN-GB" style="mso-ansi-language: EN-GB">19. Disraeli &laquo;&nbsp;What will the new day bring&nbsp;&raquo;. </span>La jouissance juste avant la mort. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="3">20. Pussyfoot &laquo;&nbsp;Hasty words&nbsp;&raquo;. <span style="mso-spacerun: yes">&nbsp;</span>Une secte constitu&eacute;e d&rsquo;hommes glabres et nus.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><font size="3"></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/3qrmiwdk4o.mp3" target="_blank">The Bounty Hunters - Somewhere</a></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/sj414i6ssc.mp3" target="_blank">Flower Power - Stop</a></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/hoywyoa2ok.mp3" target="_blank">The Dhag Dhags - Tipo Sicodelico</a></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/kn32kqo84k.mp3" target="_blank">Yabancilar - Agit</a></font></p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 05 Jan 2008 15:42:54 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">752918c112156de1b66e34798a56844d</guid>
                <category>Essais épars</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-7339001-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[NATHANIEL MAYER : LHOMME DE 1966 ET AU-DELA, SEUL EN 1962]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-7211445.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt"><font face="Times New Roman">Entre l&rsquo;&eacute;panouissement des styles majeurs de la musique am&eacute;ricaine d&rsquo;apr&egrave;s-guerre, auquel le rock&rsquo;n roll Vieux loup servit de bruyant r&eacute;v&eacute;lateur, et la fulgurance Psycho-Batave des ann&eacute;es 1963/1966, la p&eacute;riode Kennedy peut &ecirc;tre qualifi&eacute;e de R&eacute;gence Italo-Am&eacute;ricaine. Il s&rsquo;agit d&rsquo;ann&eacute;es ingrates en termes d&rsquo;inventions et de r&eacute;ussites, mais viables pour l&rsquo;industrie. Se fait jour l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une marchandise musicale, pour les adolescents, les familles et les gentils couples suburbains, qui auront acc&egrave;s, dans le cadre du divertissement ou bien du confort domestique, &agrave; une musique subissant son premier ravalement, &agrave; coups d&rsquo;arrangements on&eacute;reux et d&rsquo;interpr&eacute;tations professionnelles. Les affaires prosp&egrave;rent et l&rsquo;Italo-Am&eacute;ricain s&rsquo;est immisc&eacute; dans la vie quotidienne de millions de foyers am&eacute;ricains. A l&rsquo;ombre de cet empire lustr&eacute;, les r&eacute;sistances m&ecirc;me pr&eacute;sentent un visage poli. Car c&rsquo;est &agrave; cette &eacute;poque que la brillante sc&egrave;ne dite &laquo;&nbsp;Northern Country Scene&nbsp;&raquo; &eacute;merge sous les latitudes froides du grand Etat de New York et des plus secrets Maine et Vermont. S&rsquo;il s&rsquo;agit bien des balbutiements du Psycho-Batave, la musique de ces Etats pr&eacute;sente une &eacute;pure ainsi qu&rsquo;une interpr&eacute;tation singuli&egrave;re du registre Lavette, tel qu&rsquo;il sera d&eacute;velopp&eacute; en 1965 &agrave; Baltimore. Ce proto-Psycho-Batave ne fait pas du registre Lavette la traduction sonore de la mis&egrave;re affective, mais plus s&eacute;rieusement, une qu&ecirc;te de jouvence, de la pulsation initi&eacute;e par Buddy Holly, l&rsquo;inspirateur premier, et Texan, de la Northern Country Scene. Bref, dans cette p&eacute;riode o&ugrave; peut rayonner un Peter Lawford, et o&ugrave; le divertissement jouit de sa compromission avec le crime organis&eacute;, dans cette p&eacute;riode de joyeuse corruption entre Italiens, Juifs et Irlandais, la musique am&eacute;ricaine s&rsquo;ab&icirc;me dans une luxueuse nullit&eacute;. Tra&ccedil;ons un dernier parall&egrave;le avec la musique sud-californienne de la seconde moiti&eacute; des ann&eacute;es 1970, dont le terrifiant <em>Gaucho</em> (le Dan) est le tombeau ironique. L&agrave; encore, co&iuml;ncidence d&rsquo;un mode de vie dispendieux et d&eacute;cadent, et d&rsquo;une musique neutre, inoffensive, parfaitement r&eacute;alis&eacute;e cependant. O&ugrave; nous d&eacute;couvrons que dans l&rsquo;ordre symbolique, The Eagles sont identiques au Rat Pack&nbsp;: la production d&rsquo;une m&eacute;lasse grand public, partageant des id&eacute;aux majoritaires &agrave; leurs &eacute;poques respectives (le spectacle/le mellow), par une r&eacute;union d&rsquo;individus, davantage qu&rsquo;un groupe, reposant sur un matelas farci de drogues, d&rsquo;alcool, d&rsquo;argent et de nichons. Et plus troublant&nbsp;: le m&ecirc;me penchant &agrave; la &laquo;&nbsp;glandouille&nbsp;&raquo; sur sc&egrave;ne. </font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt"><font face="Times New Roman">1963 marque la fin de cette R&eacute;gence, et donc l&rsquo;entr&eacute;e dans le Psycho-Batave. Pour trois raisons, au moins. 1) De l&rsquo;exploitation des cultures indig&egrave;nes, la mode surf et l&rsquo;av&egrave;nement de la sc&egrave;ne de Los Angeles, cit&eacute; d&eacute;terminante du Psycho-Batave. 2) Du s&eacute;rialisme industriel, Motown et l&rsquo;av&egrave;nement de Detroit, seconde cit&eacute; d&eacute;terminante du Psycho-Batave. Motown conna&icirc;t sa premi&egrave;re vague de Num&eacute;ros Un d&egrave;s 1964. 3) De l&rsquo;hybris de l&rsquo;orchestre et des arrangements innombrables, qui signent pour l&rsquo;Am&eacute;ricain la dignit&eacute; de ces cr&eacute;ations minuscules que restent les chansons, l&rsquo;innocent Phil Spector. Quelques t&acirc;tonnements, quelques trajectoires personnelles, certes, comme l&rsquo;acharnement de James Brown, et l&rsquo;Italo-Am&eacute;ricanisme in&eacute;dit de Curtis Mayfield. Mais ces deux cas mis &agrave; part, exister entre 1960 et 1962, avant 1963, d&rsquo;une mani&egrave;re int&egrave;gre, demande beaucoup d&rsquo;abn&eacute;gation. </font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt"><font face="Times New Roman">Alors se dessinent deux destins. Le premier, contemporain avec lucidit&eacute;, accepte la d&eacute;perdition des styles et de la <em>roughness</em>, et, ambition ou v&eacute;nalit&eacute;, s&rsquo;en remet &agrave; la concoction orchestrale du jour&nbsp;: aussi r&eacute;v&eacute;r&eacute;e soit-elle, et pour des raisons estimables, la musique de Sam Cooke frappe par son anonymat, son absence de d&eacute;cision, sa volont&eacute; d&rsquo;embrasser plusieurs styles pittoresques de la musique am&eacute;ricaine et de les &eacute;dulcorer dans l&rsquo;orchestre, la chorale et le jaz. C&rsquo;est une musique de filiation et de f&eacute;d&eacute;ration. Qu&rsquo;on &eacute;coute, pour s&rsquo;en rendre compte, un titre comme &laquo;&nbsp;Frankie &amp; Johnny&nbsp;&raquo;, o&ugrave; quelques &eacute;l&eacute;ments country &amp; western se diluent vite dans l&rsquo;aimable vari&eacute;t&eacute; des casinos, ou bien ce &laquo;&nbsp;Chain Gang&nbsp;&raquo;, transposition badine de l&rsquo;une des toutes meilleures m&eacute;lodies p&eacute;nitentiaires. Dans toute l&rsquo;&oelig;uvre studio de Sam Cooke (oui, le live est une autre affaire), la Mafia a impos&eacute; ses codes esth&eacute;tiques fallacieux. Combien minoritaires sont, h&eacute;las, des titres comme &laquo;&nbsp;Shake&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Soothe Me&nbsp;&raquo;, pour lesquels, en sus du classique que nous savons, nous nous rappelons Sammy.</font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt"><font face="Times New Roman"></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt"><font face="Times New Roman">
<p><img class="CtreTexte" height="385" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/nathanielmayer.jpg" width="283" /></p>
</font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il existe heureusement un second destin, contemporain en pleine lumi&egrave;re, et dou&eacute; de prescience. Nathaniel Mayer ne fit pas le voyage du Sud raciste au Copacabana raciste&nbsp;: il fut un homme de Detroit, auteur de lui-m&ecirc;me, et ne laissa pas l&rsquo;Histoire lui dicter son g&eacute;nie. Comme la musique de Sam Cooke, celle de Nathaniel Mayer peut se targuer d&rsquo;une grande richesse d&rsquo;inspirations. Mais ce qui chez le premier, par la faute du jaz, devient insipide, appara&icirc;t, chez le second, comme une visitation spectrale hallucin&eacute;e du rythmn&rsquo;n blues louisianais, du doo-wop et du rock&rsquo;n roll, restitu&eacute;s avec une raucit&eacute;, qui n&rsquo;est m&ecirc;me pas celle des origines. Sans jamais poser au comique. Nathaniel Mayer a une m&eacute;moire et trois d&eacute;cennies d&rsquo;avance. Sa musique combine les styles princiers des ann&eacute;es 1950 avec le jeu cru et dissonant du garage-rock alors dans les limbes. Nous tenons en Nathaniel Mayer le premier post-moderne, un r&eacute;cup&eacute;rateur de langages anciens qui les contraint &agrave; une modernit&eacute; violente, et m&ecirc;me en le qualifiant ainsi, nous ne cernons pas son originalit&eacute; puisqu&rsquo;aucun de ses successeurs, et s&rsquo;en trouva-t-il vraiment&nbsp;? n&rsquo;osa, &agrave; son image, des arrangements incongrus qu&rsquo;une fl&ucirc;te traversi&egrave;re (&laquo;&nbsp;My Little Darling&nbsp;&raquo;, f&ecirc;te aux maracas, et &laquo;&nbsp;My Lonely Island&nbsp;&raquo;, une m&eacute;lodie, pour le coup, pr&eacute;-Stax) ou un violon slave, oui&nbsp;: slave, et pas m&ecirc;me hillbilly, (&laquo;&nbsp;Work It Out&nbsp;&raquo;, incandescent) qui ajoutent &agrave; la sauvagerie de l&rsquo;interpr&eacute;tation, une dimension suppl&eacute;mentaire d&rsquo;&eacute;tranget&eacute;. L&rsquo;inaugural &laquo;&nbsp;Village Of Love&nbsp;&raquo; date de 1962, il ne puise du doo-wop, qui semble le d&eacute;finir au vu du titre et &agrave; l&rsquo;&eacute;coute des ch&oelig;urs, que les quelques ornements essentiels, et, pour le reste, parcourt en tous sens soul et rock&rsquo;n roll, toutes musiques du d&eacute;sir jamais repos&eacute;. Le plus beau dans cette &oelig;uvre s&rsquo;inspire sans doute du funk larvaire de New Orleans, ce rythm&rsquo;n&rsquo; blues incomparable des h&eacute;ros que furent Alvin Robinson, Willie Tee et Chuck Carbo. Nathaniel Mayer, homme de Detroit, connaissait &eacute;galement cette pulsation vernaculaire de Louisiane, qu&rsquo;on retrouve dans &laquo;&nbsp;I Had A Dream&nbsp;&raquo; et dans &laquo;&nbsp;From Now On&nbsp;&raquo;. La moiteur percussive du premier, la sensualit&eacute; pleine de Pat du riff de guitare dans le second, n&rsquo;ont peut-&ecirc;tre pas leur &eacute;quivalent, au moins dans les Etats du Nord, et pour go&ucirc;ter le g&eacute;nie &eacute;crasant de leur auteur, il faut les confronter sans d&eacute;lai au twist/rockabilly raidi de &laquo;&nbsp;Lover Please&nbsp;&raquo;, &agrave; la complainte Lavette pennsylvanienne de &laquo;&nbsp;Hurting Love&nbsp;&raquo; et au funk &acirc;pre, plus du tout Louisianais, de &laquo;&nbsp;I Want Love And Affection (Not The House Of Correction)&nbsp;&raquo;. Combien de moods, combien de styles, combien de genres, combien d&rsquo;interpr&egrave;tes en un seul homme. Cet homme fut un, le seul, et comprit d&rsquo;autres pass&eacute;s et &agrave; venir. Il enregistra la seule bonne version de &laquo;&nbsp;Summertime&nbsp;&raquo;. Nathaniel Mayer, entre 1960 et 1962, l&rsquo;unique au milieu de rien.</span></p>
<p align="justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA"></span></p>
<p align="justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA"><font size="4"></font></span></p>
<p align="justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA"><font size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/aelqfbdvq0.mp3" target="_blank">Nathaniel Mayer - I had a dream</a></font></span></p>
<span style="FONT-SIZE: 11pt; FONT-FAMILY: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA"><font size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/0y282e9s3d.mp3" target="_blank">Nathaniel Mayer - My little darling</a></font></span>
<p align="justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA"><span style="FONT-SIZE: 11pt; FONT-FAMILY: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA"><font size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/9oxc21ob1e.mp3" target="_blank">Nathaniel Mayer - Work it out</a></font></span></span></p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 27 Oct 2007 12:09:37 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4593aeadb03a3b9863aceea7912402cf</guid>
                <category>Essais épars</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-7211445-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Ce que fut léclat dans le sinistre Ohio : Capsoul, 1970/1974.]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-6740142.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Les capitales d&rsquo;Etat ne r&eacute;unissent sans doute pas les populations les plus nombreuses mais comme l&rsquo;indiquent indubitablement les notices les concernant, elles abritent toujours des &eacute;difices dignes d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t. Cet Ohio qui nous occupe, nous divise et nous interloque, a pour capitale Colombus, o&ugrave; le programmateur Bill Moss, paisible sage &agrave; l&rsquo;&eacute;coute des luxuriances sonores, fonda le label Capsoul. Capsoul, ou bien la Capsule, petit r&eacute;ceptacle &agrave; poison et &agrave; magie, qu&rsquo;il n&rsquo;est pas rare de rencontrer comme m&eacute;taphore de l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;art. Un complexe de temps et d&rsquo;espace, des relations qui s&rsquo;y &eacute;tablissent et des vies qui s&rsquo;y d&eacute;veloppent, tout cela ressuscit&eacute; &agrave; loisir d&egrave;s l&rsquo;ouverture de la capsule, voil&agrave; qui est bien connu. Alors Colombus, m&ecirc;me s&rsquo;il faut la placer derri&egrave;re Cleveland et Cincinnati, n&rsquo;est cependant pas la morne bourgade redout&eacute;e. Il s&rsquo;agit d&rsquo;ailleurs de la troisi&egrave;me ville de l&rsquo;Etat, avec approximativement 1,8 millions d&rsquo;&acirc;mes. Est-ce la prolif&eacute;ration d&rsquo;administrations, telle que nous pouvons l&rsquo;attendre d&rsquo;une Capitale, qui c&egrave;de &agrave; deux autres villes le privil&egrave;ge des industries, est-ce ce caract&egrave;re n&eacute;cessairement plus polic&eacute;, ou bien le g&eacute;nie d&rsquo;un seul homme, toujours est-il que la musique de Bill Moss, la musique de Colombus, Ohio, d&eacute;ment avec insistance celle de Cleveland. Elle n&rsquo;en a pas l&rsquo;allure tra&icirc;nante, les mani&egrave;res frustes, le d&eacute;sespoir renfrogn&eacute;. Elle est tout &eacute;clat et appelle la comparaison avec le principal centre de fabrication de la soul music dans ces ann&eacute;es 1970/1974&nbsp;: Philadelphie.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img height="331" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/zzeccentricsoulthecap_101b.jpg" width="370" class="CtreTexte" /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Si Philadelphie continue de signifier la d&eacute;r&eacute;liction du genre, cette agonie pr&eacute;visible dans une perspective Italo-Am&eacute;ricaine de rentabilit&eacute; et de s&eacute;duction agressive du public, il est juste de noter que d&rsquo;autres productions, de notre point de vue meilleures, sont tout autant symptomatiques du d&eacute;clin. Dans le Tennessee, Hi Records &eacute;labore des enregistrements remarquables, fascinants de suavit&eacute; et de syst&eacute;matisme, mais si l&rsquo;on peut estimer que cette s&eacute;v&egrave;re di&egrave;te &agrave; laquelle sont contraints tous les disques d&rsquo;Al Green ne fait que perp&eacute;tuer une tradition tr&egrave;s sudiste, celle de Goldwax, dans un habillage sonore certes diff&eacute;rent, une tradition de je&ucirc;ne, d&rsquo;&eacute;conomie instrumentale et de paroxysme &eacute;motionnel, on peut &eacute;galement consid&eacute;rer que l&rsquo;entreprise Hi Records participe de l&rsquo;amolissement g&eacute;n&eacute;ral, de cette si caract&eacute;ristique passion des seventies pour le confort et la cool attitude. Il y a deux mani&egrave;res, donc, d&rsquo;envisager Hi Records. Le confort qualifie les productions de Bill Moss. Et toutefois jamais le moindre de ses enregistrements ne s&rsquo;enfonce dans un lit de cordes ou ne s&rsquo;avachit dans la tenue d&rsquo;un rythme &eacute;gal aux batteries saillantes. Ce confort est l&rsquo;habitus de l&rsquo;imagination sensorielle la plus &eacute;tendue. Et nous songeons que les arrangements exceptionnels des disques Capsoul rivalisent de beaut&eacute; avec l&rsquo;&eacute;criture m&eacute;lodique et rythmique parfaite d&rsquo;Allen Toussaint.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Le label Capsoul rach&egrave;te ainsi la faute de Philadelphie, c&rsquo;est l&agrave; ce que son inscription dans le temps&nbsp;: 1970/1974 exige de lui, qu&rsquo;il se confronte avec le mod&egrave;le dominant, qu&rsquo;il le combatte ou bien en sauve ce qui doit l&rsquo;&ecirc;tre. &laquo;&nbsp;Row My Boat&nbsp;&raquo; par The Four Mints compte parmi ces productions tr&egrave;s moelleuses, <span style="mso-spacerun: yes">&nbsp;</span>travaill&eacute;es par le fantasme philadelphien. Or que se passe-t-il&nbsp;? Un refrain en canon discret et court, pr&eacute;c&eacute;d&eacute; d&rsquo;un menu tourbillon, et suivi d&rsquo;une d&eacute;licate phrase de vibraphone. Trois joliesses, trois mignardises qui sont &agrave; la soul de Philadelphie ce qu&rsquo;un Cupidon du XVIII&egrave;me si&egrave;cle est &agrave; l&rsquo;art pompier du si&egrave;cle suivant. Dans un registre proche, &laquo;&nbsp;I Want To Be Ready&nbsp;&raquo; de Kool Blues m&ecirc;le orgue et wah-wah et atteint &agrave; une radieuse somnolence, de celles qui promettent un abandon non pas aux puissances du sommeil mais &agrave; la contemplation qui&egrave;te de l&rsquo;aurore. Le chant y est cru, physique au moment du refrain, br&egrave;ve ascension, puisque Kool Blues sent que la capture est imminente. Alors il redevient l&rsquo;homme aux aguets, celui qui &laquo;&nbsp;veut &ecirc;tre pr&ecirc;t quand la douleur se pr&eacute;sentera &agrave; lui&nbsp;&raquo;. Le m&ecirc;me Kool Blues interpr&egrave;te avec ardeur l&rsquo;&eacute;rotique &laquo;&nbsp;Can We Try Love Again&nbsp;&raquo;&nbsp;; il s&rsquo;agit encore du versant philadelphien de Capsoul, un groove tr&egrave;s agrippant et pourtant mesur&eacute;, comme sangl&eacute; dans un costume qu&rsquo;il ne faut pas froisser, exigeant une danse r&eacute;duite, limit&eacute;e &agrave; quelques soubresauts du buste et &agrave; de fins moulinets du poing, le genre de pantomime qu&rsquo;Uder Mermouch pouvait ex&eacute;cuter dans un dancing stambouliote en 1979, &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 40 ans. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>La th&eacute;orie de la prison panoptique est chose malgr&eacute; tout captivante. Pas pour cette sensation d&rsquo;omniscience invisible qui doit accompagner le d&eacute;tenu, mais pour ce gardien dont le regard peut plonger dans chaque cellule. Elle r&eacute;pond &agrave; ce fantasme tr&egrave;s enfantin de pouvoir soulever les toits des maisons. Bill Moss fut ce gardien, qui de sa tour de Colombus, Ohio, jugea de ce qui se d&eacute;roulait dans certaines cellules de la soul music. La plus contemporaine, d&rsquo;abord&nbsp;: Philadelphie. Mais aussi Motown et son &eacute;manation Invictus, plus sp&eacute;cifiquement The Four Tops, avec &laquo;&nbsp;You&rsquo;re All I Need To Make It&nbsp;&raquo; de Johnson, Hawkins, Tatum &amp; Durr (ah, ce discours tr&egrave;s 1971 sur l&rsquo;odieux pr&eacute;cepte du Nom qui ose subsumer des individualit&eacute;s riches, qu&rsquo;on doit au contraire laisser s&rsquo;&eacute;pancher, comme les Californiens que vous savez), heureuse c&eacute;l&eacute;bration de l&rsquo;amour &agrave; violons, puis la charge athl&eacute;tique de The Chairmen Of The Board, mim&eacute;e &agrave; la fois par Kool Blues dans &laquo;&nbsp;I&rsquo;m Gonna Keep On Loving You&nbsp;&raquo; et par The Four Mints dans &laquo;&nbsp;Too Far Gone&nbsp;&raquo;. Dans ce dernier cas, le mod&egrave;le est ext&eacute;nu&eacute; dans une prouesse m&eacute;lodique, du type cascade d&rsquo;accords, soutenu par d&rsquo;inventifs ch&oelig;urs. Motown, enfin, et le David Ruffin de 1968, celui du Clavecin, dans le r&eacute;f&eacute;renc&eacute; &laquo;&nbsp;A World Without You&nbsp;&raquo; par Johnson, Hawkins, Tatum &amp; Durr. Nous parlons l&agrave; d&rsquo;une outrance gr&eacute;co-italienne, pas un Temple, plut&ocirc;t un po&egrave;me tragique. Toujours, Capsoul signera des productions &eacute;toff&eacute;es et toujours, ces productions iront dans le sens non pas d&rsquo;une surcharge monumentale et grave mais dans celui du mani&eacute;risme, avec ce que ce que le mani&eacute;risme comporte d&rsquo;irr&eacute;el et de factice. La brillance de Capsoul ne renvoie pas &agrave; une signification au-del&agrave; de ce que le label propose imm&eacute;diatement&nbsp;: des tr&eacute;sors d&rsquo;arrangements et de m&eacute;lodies&nbsp;; c&rsquo;est une beaut&eacute; toute de surface, &agrave; moins que l&rsquo;on se fie au paradoxe qui fait d&rsquo;une surface un discours sur la vanit&eacute; de la profondeur. Nous avons dit ailleurs combien tout cela r&eacute;gale le P&eacute;d&eacute; Progressif.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<img height="232" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/capsoul.jpg" width="232" class="CtreTexte" /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Les derni&egrave;res cellules sont occup&eacute;es par la Deep Soul et le Boogaloo, baby, Boogaloo. Oui, il para&icirc;t incongru, &agrave; la suite du dernier paragraphe, de mentionner la Deep Soul. Son aura religieuse et terrible ne la pr&eacute;serve cependant pas des amateurs de forme et de leur convoitise. Au contraire, l&rsquo;&eacute;preuve de la Deep Soul est celle des conventions&nbsp;: en elles-m&ecirc;mes, ces conventions rec&egrave;lent une beaut&eacute;, je veux dire que leur objet n&rsquo;est pas seulement de contraindre la Voix &agrave; davantage de puret&eacute; ou d&rsquo;intensit&eacute; (ainsi dans la trag&eacute;die de Racine), l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t d&rsquo;une convention peut &ecirc;tre la convention elle-m&ecirc;me. Prenons l&rsquo;usage de la transparence chez Hitchcock, et comment cet usage perdure jusqu&rsquo;aux derniers films. Beaucoup de critiques tiennent &agrave; racheter ce proc&eacute;d&eacute; d&eacute;suet, embarrassant chez celui qui a personnifi&eacute; la modernit&eacute; cin&eacute;matographique. L&rsquo;argument est le suivant&nbsp;: la transparence dit ou bien le r&eacute;gime fictionnel des images que l&rsquo;on voit, ou bien l&rsquo;asservissement des personnages &agrave; leurs repr&eacute;sentations. On peut se demander plus banalement si Hitchcock n&rsquo;y voyait pas un moyen d&rsquo;&eacute;viter de se d&eacute;placer lorsque son film ne l&rsquo;emballait plus (c&rsquo;est arriv&eacute; parfois). Mais l&rsquo;argument a ceci de superbe qu&rsquo;il force le critique &agrave; louer une convention parmi les plus obsol&egrave;tes. Il se trouve que Bill Moss envisage la Deep Soul d&rsquo;une mani&egrave;re similaire, en se concentrant chaque fois sur une convention pr&eacute;cise. C&rsquo;est l&rsquo;orgue immense de &laquo;&nbsp;Without Love&nbsp;&raquo; par Ronnie Taylor, utilis&eacute; tout du long de la chanson comme une propulsion. C&rsquo;est le lamento du chant et des ch&oelig;urs dans le triste et quotidien &laquo;&nbsp;Go On Fool&nbsp;&raquo;, r&eacute;cit d&rsquo;un homme rejet&eacute; par sa compagne, par les enfants de sa compagne qu&rsquo;il a &eacute;lev&eacute;s &laquo;&nbsp;comme s&rsquo;ils &eacute;taient les siens&nbsp;&raquo;.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Quant au Boogaloo, l&rsquo;excellent Boogaloo de &laquo;&nbsp;Hot Grits&nbsp;!!!&nbsp;&raquo; par Elijah &amp; The Ebonies et de &laquo;&nbsp;Sock It To&rsquo;Em Soul Brother&nbsp;&raquo; par Bill Moss, nous pouvons affirmer que Capsoul &eacute;tait &eacute;galement soucieux de plaire aux enfants et aux Fran&ccedil;ais.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Terminons avec la seule cr&eacute;ation inqualifiable, belle n&eacute;anmoins, de Bill Moss, qu&rsquo;il interpr&egrave;te en personne, naturellement&nbsp;: &laquo;&nbsp;Number One&nbsp;&raquo;. Le Haut-bois, des parties de violon Nashvilliennes et des arp&egrave;ges de guitare folk font la couleur sonore in&eacute;dite de ce chef-d&rsquo;&oelig;uvre agreste et paternel. La chanson porte la toge, celle du po&egrave;te H&eacute;siode, qui parle aux fleuves, et &agrave; l&rsquo;Eternel en eux. C&rsquo;est un curieux contre-point au foncier mani&eacute;risme de son auteur, et toutefois, l&rsquo;originalit&eacute; des arrangements ne nous &eacute;tonne gu&egrave;re. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Ainsi fut l&rsquo;&eacute;clat spectaculaire de Colombus, Ohio.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/zhoss2f6s9.mp3" target="_blank">Johnson, Hawkins, Tatum &amp; Durr - A world without you</a></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/cvp1mua0hq.mp3" target="_blank">Ronnie Taylor - Without love</a></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/shared/static/rm1ltpy526.mp3" target="_blank">Kool Blues - I want to be ready</a></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman">
<p>&nbsp;</p>
</font></font></p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 04 Jun 2007 12:02:34 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">2082aa1e941ffac2614bf82ab9fdb470</guid>
                <category>Essais épars</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-6740142-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La genèse Psycho-Batave de The Eagles]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-5899318.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">On le souligne tous les jours&nbsp;: 1966 est une ann&eacute;e intouchable. Ce n&rsquo;est pas une ann&eacute;e prodigieuse, il n&rsquo;y eut pas pl&eacute;thore d&rsquo;excellents disques, mais il n&rsquo;en y eut que d&rsquo;irrempla&ccedil;ables. On ne parle pas de 1966 comme d&rsquo;un bon mill&eacute;sime, comme le fruit gorg&eacute; du hasard qui vient justement s&rsquo;abattre &agrave; nos pieds. Penser 1966 ne provoque pas chez nous r&eacute;jouissance des papilles, mise en app&eacute;tit vulgaire. 1966, c&rsquo;est le centre, les deux p&ocirc;les r&eacute;unis. C&rsquo;est le lieu o&ugrave; les a&icirc;n&eacute;s poussifs comme les futurs tenants du mur de la honte b&acirc;tissent tout de m&ecirc;me leur grande &oelig;uvre. Ainsi, nous n&rsquo;h&eacute;sitons pas &agrave; affirmer que 1966 est l&rsquo;ann&eacute;e la plus r&eacute;haussante pour ces ic&ocirc;nes vieux loup quelque peu rances &agrave; la Elvis Presley ou Jerry Lee Lewis, comme elle est largement pardonnable pour les futurs monuments comiques nomm&eacute;s elton jaune, alice coupeur, david bovie ou rod stewart, et particuli&egrave;rement les plus int&eacute;ressants The Eagles.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">En 1966, The Eagles ne sont pas encore le monolithe californien ador&eacute;/conspu&eacute; que nous savons (et partant, vrai groupe pol&eacute;mique, bien plus profond&eacute;ment <em>discutable</em> que certaines farces anglaises de 1977) mais hydre en devenir dont les t&ecirc;tes sont encore diss&eacute;min&eacute;es &agrave; travers le sol am&eacute;ricain. Comme le souligne lucidement un des acteurs principaux du groupe, Don Henley, le son californien des ann&eacute;es 70 est un effet de mode, puisque ses architectes ne sont pas pour la plupart originaires de Californie et que le mit&eacute; r&ecirc;ve Californien est cr&eacute;&eacute; par ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui d&eacute;barquent &eacute;bouriff&eacute;s dans la ville, &agrave; sa recherche. Ce qui nous permet d&rsquo;interpr&eacute;ter ainsi ce fantasme&nbsp;: on ne na&icirc;t pas Californien, mais on le devient. Cette mani&egrave;re &eacute;lective explique la formation de familles spontan&eacute;es qui font l&rsquo;histoire de la ville, depuis les fraternities surf, en passant par la family mansonienne pour finir dans la qui&eacute;tude domestique, cadre de vie laineux de ceux de Laurel Canyon. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img class="CtreTexte" height="245" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/eagles.jpg" width="299" /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Mais penchons-nous sur la g&eacute;n&eacute;alogie de The Eagles. En 1966, trois formations voient le jour quasi-simultan&eacute;ment, formant un triangle Psycho-Batave parfait&nbsp;: The Mushrooms dans le Michigan, The Maundy Quintet en Floride et The Poor en Californie du sud, fond&eacute; sur les cendres des Soul Survivors du Colorado. Au cr&eacute;puscule des ann&eacute;es 60, ce triangle se t&eacute;l&eacute;scope sur l&rsquo;unique Los Angeles, avec l&rsquo;arriv&eacute;e en ville de Glenn Frey et Bernie Leadon qui viendront rejoindre Randy Meisner, permettant ainsi la concentration des forces. Ce qui nous frappe, c&rsquo;est la composante d&eacute;j&agrave; Italo-am&eacute;ricaine ab&acirc;tardie propre &agrave; ces trois groupes, avant l&rsquo;atterrissage sur la c&ocirc;te ouest. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">The Mushrooms jouent dans le style le plus g&eacute;om&eacute;trique qui soit pour un groupe de peu de 45 tours. On trouve d&eacute;j&agrave; dans leurs cadences le d&eacute;hanchement Topanga, la sensualit&eacute; de cowboy qui sera la marque de fabrique de l&rsquo;ouest 1972, jou&eacute; ici avec une extraordinaire s&eacute;cheresse, 1966 oblige. Le groupe poss&egrave;de l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment rythmique pr&eacute;pond&eacute;rant propre aux groupes du Michigan mais contrairement &agrave; leurs voisins de The Underdogs, qui incarnent la classe urbaine la plus raide, ils y ajoutent un rien de moletonn&eacute; suppl&eacute;mentaire qui pr&eacute;figure d&eacute;j&agrave; le <em>mellow</em> tant vant&eacute; de The Eagles.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">A l&rsquo;angle sud-est, The Maundy Quintet de Gainesville, Floride, sont les repr&eacute;sentants de l&rsquo;esprit du New-Jersey le plus exquis. l&rsquo;Italo-am&eacute;ricanisme fauch&eacute; de &laquo;&nbsp;2&rsquo;s better than 3&nbsp;&raquo; contenant d&eacute;j&agrave;, de mani&egrave;re infiniment plus touchante et &eacute;trangement achev&eacute;e, des &eacute;l&eacute;ments eaglesiens tels que les harmonies &eacute;tendues et implacablement compactes &agrave; la fois, le groove pas encore hippie mais &eacute;l&eacute;gamment sensuel, &agrave; la mani&egrave;re &eacute;questre (avant que la m&eacute;taphore &eacute;questre ne deviennent le plus hilarant lieu commun de milliards de groupes &agrave; nuques longues inspir&eacute;s de The Eagles), sans oublier les entrelacements et voletillements de guitare s&egrave;che.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img style="WIDTH: 508px; HEIGHT: 484px" height="484" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/mushrooms.jpg" width="500" class="CtreTexte" /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman">Enfin, &agrave; la pointe sud-ouest o&ugrave; tous les angles se rejoignent, The Poor jouent en 1966-1967 dans un style proche de celui du gang de s&eacute;raphins regroup&eacute; autour de Curt Boettcher, &agrave; la nuance importante qu&rsquo;ils le font comme des adultes. Ils ne sont pas happ&eacute;s par la construction du palais de sucre qui m&egrave;nera &agrave; l&rsquo;effondrement de The Millenium, dont le seul Mike Fennelly se rel&egrave;vera temporairement avec son groupe bubblegum Crabby Appleton. Non, avec The Poor, nous sommes davantage dans la veine, plus p&eacute;renne et &eacute;clatante de sant&eacute;, de Buffalo Springfield et du groupe hardcore californien Poco, formation &agrave; laquelle il n&rsquo;est pas fortuit que le rustaud Randy Meisner ait pr&ecirc;t&eacute; main forte. Poco, d&eacute;j&agrave; The Eagles, mais qui aurait pr&eacute;serv&eacute; (gr&acirc;ce au subtil Richie Furay) le go&ucirc;t de la composition et l&rsquo;exigence musicale propre aux ann&eacute;es 60, que les seventies et The Eagles transformeront en facilit&eacute; instrumentale.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman" size="4">&nbsp;
<p><a href="http://www.box.net/public/static/1tit0oez1n.mp3" target="_blank">The Mushrooms - Burned</a></p>
</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman" size="4">
<p><a href="http://www.box.net/public/static/xmpk6u8ads.mp3" target="_blank">The Maundy Quintet - 2's better than 3</a></p>
</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman" size="4">
<p><a href="http://www.box.net/public/static/shll3rcpt2.mp3" target="_blank">The Poor - Come back baby</a></p>
</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman" size="4">
<p><a href="http://www.box.net/public/static/d95j1md5bn.mp3" target="_blank">Poco - Make me a smile</a>&nbsp;</p>
</font></font></p>
<p>&nbsp;</p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 05 Mar 2007 21:23:59 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">023ca8da1a8baf490ceb0485318752cc</guid>
                <category>Essais épars</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-5899318-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Reuben Bell, un autre phrère]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-4535537.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">Rappelons la classification quadripartite de l&rsquo;ami James Knight et t&acirc;chons de mieux l&rsquo;exprimer, avant et afin de proc&eacute;der &agrave; l&rsquo;examen du cas Reuben Bell, splendide solipsisme louisianais de l&rsquo;&acirc;ge Psycho-Batave. D&rsquo;abord le Ma&icirc;tre, qui induit cr&eacute;ativit&eacute;&nbsp;: renouvellement et masse de la cr&eacute;ation, influence &eacute;tendue, et singularit&eacute; qui nous fait dire&nbsp;: c&rsquo;est inimitable, aucune m&eacute;prise possible. James Brown, Allen Toussaint et Curtis Mayfield, trois Ma&icirc;tres aux territoires bien distincts. Ensuite le Maestro, parfois redevable au Ma&icirc;tre, mais en cela, rien de syst&eacute;matique, pris dans une spirale de r&eacute;p&eacute;tition, attir&eacute; par la duplication d&rsquo;une formule. Smokey Robinson est le parangon du Maestro. Le Petit-Ma&icirc;tre est lui aussi responsable de ses inventions, quoique celles-ci rev&ecirc;tent un caract&egrave;re priv&eacute;, intime, qui le privent des faveurs populaires mais lui valent un culte d&rsquo;initi&eacute;s. Le raffinement est &agrave; ce prix. Nul autre que Bobby Womack, avec sa synth&egrave;se unique de la mati&egrave;re californienne, ne personnifie mieux le Petit-Ma&icirc;tre. Enfin, le Bulgare, excentricit&eacute; oubli&eacute;e, &agrave; l&rsquo;image de James Knight, au rayonnement insuffisant, et dont la vision fut pourtant consid&eacute;rable. Combien de L&eacute;gendes dans leur Etat Natal sont en v&eacute;rit&eacute; des Bulgares&nbsp;! Et que penser de l&rsquo;Etat de Virginie, qui, dans le domaine de la soul music, semble enti&egrave;rement colonis&eacute; de Bulgares intr&eacute;pides&nbsp;! Plus bas, dans la PBB (Psycho-Batave Belt), Reuben Bell campa le plus &eacute;mouvant des Bulgares.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>L&rsquo;enchantement commence d&egrave;s le nom. Certains ont d&eacute;j&agrave; gagn&eacute; avec leur seul patronyme&nbsp;: &laquo;&nbsp;O.V Wright&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Joe Tex&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Clifford Curry&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Reuben Bell&nbsp;&raquo; condense ainsi toute la po&eacute;sie sp&eacute;cifique du Sud des Etats-Unis, ce que l&rsquo;on appelle le Gothique Sudiste&nbsp;: un pr&eacute;nom biblique pouvant signifier &laquo;&nbsp;un fils&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;contempler&nbsp;&raquo; en h&eacute;breu, un nom symbolique, en voisinage avec celui du R&eacute;v&eacute;rend &laquo;&nbsp;Hightower&nbsp;&raquo; de William Faulkner, sans toutefois les &eacute;lans furieux de ce dernier. La cloche en question est toute emplie d&rsquo;humilit&eacute;. J&rsquo;ai sous les yeux un clich&eacute; non dat&eacute; de Reuben Bell&nbsp;: devant un amas de b&ucirc;ches, tortillant une brindille, l&rsquo;homme est saisi dans un flottement imp&eacute;n&eacute;trable, un visage rond aux traits mous, qui n&rsquo;exprime cependant aucune jovialit&eacute;, et sa tenue, correcte, poss&egrave;de l&rsquo;&eacute;l&eacute;gance discr&egrave;te et un peu chiffonn&eacute;e des vieux gar&ccedil;ons. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img height="300" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/reuben_bell.jpg" width="224" class="CtreTexte" /></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" color="#ff0000" size="2"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un autre Reuben Bell plus riche que notre phr&egrave;re</em></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Reuben Bell officiait comme compositeur et interpr&egrave;te pour le label Murco, enclave Italo-Am&eacute;ricaine dans une r&eacute;gion hautement Psycho-Batave (Allen Toussaint repr&eacute;sente ici la grande figure Psycho-Batave soul, qui &agrave; cette &eacute;poque d&eacute;gaine &agrave; toute vitesse pl&eacute;thore de magnificences concises). Cela signifie que le son des disques Murco s&rsquo;alignait sur la soul tr&egrave;s orthodoxe des disques Goldwax, l&rsquo;orgue en moins et la fameuse nonchalance louisianaise en plus. Il faut entendre par l&agrave; que ces enregistrements balancent entre un classicisme impersonnel ou bien t&eacute;nu de l&rsquo;accompagnement et un investissement extatique de l&rsquo;interpr&egrave;te. Or Reuben Bell, qui ne rompt jamais avec cette essentielle &eacute;conomie, fait n&eacute;anmoins mieux que tous les autres, parce que lui seul imagine tel accord bouleversant, telle note d&eacute;chirante, &agrave; la fa&ccedil;on de Curtis Mayfield, qui modifient le cours naturel de la m&eacute;lodie, et qui signalent chez ces deux-l&agrave; un <em>mani&eacute;risme</em>. Si j&rsquo;en r&eacute;f&egrave;re &agrave; un air canonique de la Deep Soul, &laquo;&nbsp;That&rsquo;s How Strong My Love Is&nbsp;&raquo;, rien n&rsquo;y entrave la progression du chant, l&rsquo;ensemble se meut avec la puissance majestueuse d&rsquo;un fleuve, et c&rsquo;est justement le flow impossible &agrave; endiguer qui fait la beaut&eacute; de la chanson. Il y a quelques mois, j&rsquo;&eacute;coutais l&rsquo;admirable Paulo McCartney d&eacute;crire la composition de son hit &laquo;&nbsp;Jenny Wren&nbsp;&raquo;&nbsp;: il insistait avec humour sur la n&eacute;cessit&eacute; de boucler son couplet avec un accord tr&egrave;s path&eacute;tique, pour rendre la suite &laquo;&nbsp;moins banale&nbsp;&raquo;. Ce timide aveu de mani&eacute;risme s&rsquo;av&egrave;re plus d&eacute;cisif que Paulo ne veut bien le laisser croire. Non seulement la m&eacute;lodie gagne en originalit&eacute;, mais surtout cette torsion, cette recherche d&rsquo;un effet court et path&eacute;tique, se propage ensuite sur tout le spectre de la chanson, et d&egrave;s lors l&rsquo;auditeur se sent aimant&eacute; par cet accord inconvenant, l&rsquo;angoisse l&rsquo;oblige &agrave; en faire tra&icirc;ner la fum&eacute;e durant toute l&rsquo;&eacute;coute de la chanson, et en somme, quelque chose d&rsquo;aussi rare qu&rsquo;une couleur est conf&eacute;r&eacute; &agrave; &laquo;&nbsp;Jenny Wren&nbsp;&raquo;. Ce long d&eacute;tour nous ram&egrave;ne &agrave; Reuben Bell, et &agrave; son chef-d&rsquo;&oelig;uvre, le nocturne &laquo;&nbsp;It&rsquo;s Not That Easy&nbsp;&raquo;. Le g&eacute;nie se manifeste dans la place choisie pour l&rsquo;accord Italo-Am&eacute;ricain&nbsp;: la premi&egrave;re place. Comment est-ce possible&nbsp;? Ne faut-il pas faire pr&eacute;c&eacute;der l&rsquo;accord merveilleux d&rsquo;autres accords plus utilitaires&nbsp;? En v&eacute;rit&eacute;, oui. Mais la s&eacute;quence d&rsquo;accords ici employ&eacute;e est assez br&egrave;ve pour qu&rsquo;on saisisse au plus vite la nature de l&rsquo;accord magn&eacute;tique, et celui-ci, mes amis, occupe la premi&egrave;re position. Chaque retour de la boucle se compare ainsi &agrave; une dague plong&eacute;e dans notre c&oelig;ur. La r&eacute;verb&eacute;ration de la guitare (&laquo;&nbsp;la r&eacute;verb&nbsp;&raquo;) aux notes &eacute;gren&eacute;es mime sans doute l&rsquo;&eacute;coulement du sang, et le crissement presque synth&eacute;tique des cuivres, pur surgissement, formerait le soubresaut. Il s&rsquo;agirait d&rsquo;un crime passionnel, ressass&eacute; dans la m&eacute;moire de sa victime. Et si le chant implorant de Reuben Bell pr&eacute;sente des similitudes avec celui de Tim Hardin en 1969, alors il ne peut &ecirc;tre question que du ressassement d&rsquo;une &acirc;me meurtrie. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman">Reuben Bell a &eacute;galement &eacute;t&eacute; l&rsquo;auteur de&nbsp;: &laquo;&nbsp;You&rsquo;re Gonna Miss Me&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Another Day Lost&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Hummin&rsquo; A Sad Song&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Too Late&nbsp;&raquo;, tous titres magnifiques relevant, eux, d&rsquo;une certaine d&eacute;licatesse du sentiment, d&rsquo;une tristesse bien temp&eacute;r&eacute;e, pour tout dire Italo-Am&eacute;ricaine (l&rsquo;ardeur sentimentale de l&rsquo;Italo-Am&eacute;ricain n&rsquo;est pas r&eacute;fut&eacute;e, mais il faut ajouter la condition qu&rsquo;&agrave; cette ardeur du propos fasse &eacute;cho une construction d&rsquo;envergure, comme dans le pharaonique &laquo;&nbsp;Let It All Out&nbsp;&raquo; de The O&rsquo;Jays). &laquo;&nbsp;It&rsquo;s Not That Easy&nbsp;&raquo; appartient &agrave; un nouveau r&eacute;gime, celui de la violence instantan&eacute;e et aussi <em>verrouill&eacute;e</em> du Psycho-Batave sublime.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman" size="4">
<p><a href="http://www.box.net/public/static/v2cutzn690.mp3" target="_blank">Reuben Bell - It's not that easy</a></p>
</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman" size="4">
<p><a href="http://www.box.net/public/static/bx1bptism6.mp3" target="_blank">Reuben Bell - Another day lost</a></p>
</font></font></p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 13 Nov 2006 22:39:58 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">b60dba6b631a2a408e2386bfcd3d950e</guid>
                <category>Essais épars</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-4535537-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Notule sur le Northern Surf]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-4112595.html</link>        <description><![CDATA[<font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1"><font size="3">
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><span style="FONT-SIZE: 11pt">Dans quelques-unes des meilleures pages de Nick Tosches, on peut lire l&rsquo;histoire du duo Ming &amp; Ling, dont on ne sait s&rsquo;il a bel et bien exist&eacute; sous une forme une et souveraine, tant il est vrai qu&rsquo;au m&ecirc;me moment coexistaient dans des Etats fort &eacute;loign&eacute;s les uns des autres des formations baptis&eacute;es Ming &amp; Ling. Comme le souligne l&rsquo;auteur, l&rsquo;important r&eacute;side dans le concept de &laquo;&nbsp;p&eacute;quenaud chinois aux costumes bigarr&eacute;s&nbsp;&raquo;, racine commune et suffisante de toutes les incarnations du duo. La musique am&eacute;ricaine, poursuit Nick Tosches, est ainsi travers&eacute;e d&rsquo;un fantastique courant de travestissement qui met en jeu les identit&eacute;s r&eacute;gionales, les tribus et les peuples, et dans cette mascarade, les traits les plus pittoresques &eacute;taient bien s&ucirc;r triomphalement &eacute;lus entre tous. Or, jamais, et cette condition s&rsquo;av&egrave;re providentielle, ce d&eacute;sir de rev&ecirc;tir les frusques mandarines, d&rsquo;agr&eacute;menter les chansons de notations et de sonorit&eacute;s exotiques, ne fit renoncer les musiciens Psycho-Bataves &agrave; ce qu&rsquo;ils avaient invent&eacute;. Notre th&eacute;orie de l&rsquo;Orgue du Fant&ocirc;me sugg&egrave;re que le ph&eacute;nom&egrave;ne pourrait d&eacute;signer une tendance globale des arts narratifs et musicaux britanniques, &agrave; savoir une r&ecirc;verie pu&eacute;rile sur les terreurs &eacute;trang&egrave;res, sp&eacute;cialement orientales, et un attachement puissant aux formes nationales. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt"></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt">
<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<img class="CtreTexte" height="349" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/bumble_bees_-_nebraska-2.jpg" width="500" />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </p>
</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>L&rsquo;homme du Maine &eacute;prouve-t-il son alt&eacute;rit&eacute; de mani&egrave;re plus intense au contact du porteur d&rsquo;eau &eacute;gyptien qu&rsquo;&agrave; celui de son cousin de Californie du Sud&nbsp;? Il semble que les sortil&egrave;ges de l&rsquo;Orgue du Fant&ocirc;me aient trouv&eacute; une expression saisissante &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du territoire am&eacute;ricain, dans les limites d&rsquo;une histoire am&eacute;ricaine, les littoraux d&eacute;veloppant une dynamique l&eacute;gendaire et fabulatrice telle qu&rsquo;entre l&rsquo;Empire britannique et ses colonies. Dans une sym&eacute;trie id&eacute;ale, l&rsquo;Ouest am&eacute;ricain figure ici la contr&eacute;e merveilleuse que l&rsquo;Est r&eacute;v&egrave;lera &agrave; son myst&egrave;re inconscient. Et la musique Surf en sera le moyen. En ses terres, le Surf rev&ecirc;t une signification univoque&nbsp;: de n&rsquo;importe quelle fa&ccedil;on, classique comme celui de The Revels, furieux comme celui de Johnny &amp; The Volumes, sophistiqu&eacute; comme celui de The Beach Boys, le Surf est une manifestation h&eacute;ro&iuml;que d&rsquo;aise, de souplesse et d&rsquo;ivresse. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une musique de f&ecirc;te, fondamentalement, m&ecirc;me lorsqu&rsquo;elle sert de support &agrave; des &eacute;vocations nostalgiques. Le Surf c&eacute;l&egrave;bre. Pour des raisons climatiques, historiques et esth&eacute;tiques, l&rsquo;homme du Maine ne sait pas c&eacute;l&eacute;brer, mais sa longue familiarit&eacute; avec la brume et l&rsquo;angoisse, avec l&rsquo;Oc&eacute;an surtout, noue entre lui et le Surf des liens authentiques, puisque le Surf comporte cela qui ne se d&eacute;couvre qu&rsquo;au seul Surfer et que ne tol&egrave;re absolument pas la culture californienne&nbsp;: une stase inqui&egrave;te, d&eacute;tach&eacute;e de la liesse, de la f&ecirc;te permanente, de la b&eacute;atitude. Alors le Surf n&rsquo;atteint &agrave; la connaissance de lui-m&ecirc;me que par un n&eacute;cessaire d&eacute;tour par o&ugrave; l&rsquo;on ne surfe pas, mais o&ugrave; tout de m&ecirc;me, le voisinage d&rsquo;un Oc&eacute;an nous apprend quelque peu ce qu&rsquo;il est. D&egrave;s qu&rsquo;un embryon de culture lie son destin &agrave; une terre particuli&egrave;re, il ne peut engendrer &agrave; long terme qu&rsquo;une cr&eacute;ation st&eacute;r&eacute;otyp&eacute;e, mais il faut que la culture en question abrite en elle un &eacute;l&eacute;ment inaper&ccedil;u du grand nombre, un &eacute;l&eacute;ment connu des seuls praticiens. Dans le cas du Surf, m&ecirc;me cette stase inqui&egrave;te que nous indiquions ne constitue l&rsquo;exp&eacute;rience que des seuls Surfeurs, et nul musicien californien ne l&rsquo;envisage. L&rsquo;homme du Maine l&rsquo;a envisag&eacute;. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Ce dernier n&rsquo;a pas invent&eacute; une anti-Surf music, en niant les valeurs qui la d&eacute;finissent, il a plut&ocirc;t pris en charge sa part n&eacute;gative et intime. Il a renvoy&eacute; le Surfeur non pas &agrave; son image populaire et &eacute;pique, mais &agrave; son &ecirc;tre contrari&eacute;, entre suspens et contemplation. Deux compositions (il doit n&eacute;cessairement en exister davantage) embl&eacute;matisent ce brusque regain d&rsquo;int&eacute;riorit&eacute;&nbsp;: &laquo;&nbsp;Restless Tides&nbsp;&raquo; par The Infernos et &laquo;&nbsp;Sunset&nbsp;&raquo; par The Monterays. Techniquement, toutes les caract&eacute;ristiques du genre sont invers&eacute;es, sauf, bien s&ucirc;r, la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l&rsquo;Oc&eacute;an, et toute une panoplie imitative (mais qui n&rsquo;est plus la m&ecirc;me)&nbsp;: lenteur du rythme, suites d&rsquo;accords amples, presque planantes, domination des graves, ruptures con&ccedil;ues comme des &eacute;vanouissements, peu de compacit&eacute; dans les sons. Loin du Maine et de la Californie du Sud, mais tenant n&eacute;anmoins plus du premier que de la seconde, la Louisiane, elle aussi, a offert un exemple de ce Surf marginal. Qui d&rsquo;autre que les plus prodigieux rythmiciens au monde, The Meters, pouvaient paradoxalement donner forme &agrave; la quasi-disparition, au murmure, &agrave; la d&eacute;mat&eacute;rialisation, dans &laquo;&nbsp;Stormy&nbsp;&raquo;&nbsp;? Cette musique n&eacute;e dans l&rsquo;Ouest et transfigur&eacute;e dans le Sud peut l&eacute;gitimement &ecirc;tre baptis&eacute;e Northern Surf. </span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 11pt"></span></p>
</font></span></font>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1"></span></font><span style="FONT-SIZE: 11pt"><font face="Times New Roman"></font></span>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><span style="FONT-SIZE: 11pt"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/public/static/zpa400abt9.mp3" target="_blank">The Infernos - Restless tides</a></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><span style="FONT-SIZE: 11pt"><font face="Times New Roman" size="4"><a href="http://www.box.net/public/static/11jrf51cgh.mp3" target="_blank">The Monterays - Sunset</a></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><span style="FONT-SIZE: 11pt"><font face="Times New Roman"><font size="5"><font size="4"><a href="http://www.box.net/public/static/yrasomvkbb.mp3" target="_blank">The Meters - Stormy</a></font>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</font></font></span></p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 09 Oct 2006 21:37:42 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">0cf86cc458ecfc950579d1efab9b3c14</guid>
                <category>Essais épars</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-4112595-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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