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    <title><![CDATA[Le Centre d&#39;Etudes Psycho-Bataves de Jeanpop2 (Uder Mermouch)]]></title>
    <link>http://www.jeanpop2.com/categorie-1246872.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Uder Mermouch&quot; du blog &quot;Le Centre d&amp;#39;Etudes Psycho-Bataves de Jeanpop2&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Thu, 16 Feb 2012 12:46:28 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 16 Feb 2012 12:46:28 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.jeanpop2.com</copyright>            <category>Uder Mermouch</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[La carte Psycho-géographique des USA !!!]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-7278058.html</link>        <description><![CDATA[<p><img alt="" src="http://i33.photobucket.com/albums/d88/jeanpop2/CartepsychogographiqueMermouchEt-3.jpg" />&nbsp;</p>
<p align="center"><strong><font size="4">La voir en plus grand </font><font size="5"><a href="http://s33.photobucket.com/albums/d88/jeanpop2/?action=view&amp;current=CartepsychogographiqueMermouchEt-2.jpg" target="_blank">ici</a></font></strong></p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 28 Nov 2007 14:22:30 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6b3b6a41ddc206e63919e397ef458e18</guid>
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        <title><![CDATA[Schéma étendu du Psycho-Batave]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-7210374.html</link>        <description><![CDATA[<img src="http://i33.photobucket.com/albums/d88/jeanpop2/Schmatendudupsycho-batave.jpg" alt="" />]]></description>
        <pubDate>Fri, 26 Oct 2007 19:31:40 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">650aeebab887fd0f8260ac8dd90e2eee</guid>
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        <title><![CDATA[Schéma de l'organe du Centre d'études Psycho-Bataves]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-7130380.html</link>        <description><![CDATA[<img src="http://i33.photobucket.com/albums/d88/jeanpop2/Schmadelorganeducentredtudespsycho-.jpg" alt="" />]]></description>
        <pubDate>Fri, 21 Sep 2007 12:33:09 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">799c7fed09f39b4e45e50b982592aa38</guid>
                <category>Uder Mermouch</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-7130380-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Alan Vega et Martin Rev, fils de New York et de Babel enfanteront Suicide]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-6871799.html</link>        <description><![CDATA[<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">Ville de New York, Manhattan, quartier du Bowery, milieu des ann&eacute;es 1970, un soir d'&eacute;t&eacute;.</font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"></span><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">L'atmosph&egrave;re est &eacute;touffante, il fait chaud et l'air est si fortement charg&eacute; d'humidit&eacute; qu'&agrave; chaque inspiration on a l'impression d'avoir le visage coinc&eacute; dans un inhalateur qui serait fix&eacute; &agrave; un brumisateur ti&egrave;de et sale. Il se fait tard, la circulation reste intense mais fluide. Les trottoirs sont parcourus par l'habituelle faune de cette heure d&eacute;gueulasse. Petites frappes en jeans moulants, maillots de corps blancs macul&eacute;s de sueur, cha&icirc;nes arbor&eacute;es sur des pectoraux ostentatoires, ils tra&icirc;nent sur les perrons de pierre, la mine agressive. Des nanas passent, vulgaires, remont&eacute;es et tendues comme des crotales pr&ecirc;ts &agrave; attaquer, elles allument vicieusement la feinte passivit&eacute; de pr&eacute;dateur des michetons, ils se retrouveront. Ailleurs, des teenagers surlook&eacute;s, pompes de sports et vestes &eacute;troites, les cheveux en bataille s'attardent. C&agrave; et l&agrave;, quelques noirs en groupes compacts &eacute;changent bruyamment, parlent avec force gesticulations, se vannant savamment les uns les autres. La rumeur de la m&eacute;tropole est impressionnante, il n'est pas encore assez tard pour qu'elle baisse jusqu'&agrave; devenir tol&eacute;rable. Nous sommes dans ce coin de Manhattan situ&eacute; juste au nord de Little Italy, &agrave; l'ouest du East Village et &agrave; l'est de Washington Square d&eacute;j&agrave; infr&eacute;quentable &agrave; cette heure-ci. Ce n'est pas downtown, pas midtown non plus, nous sommes dans l'estomac de Manhattan. On entend parler partout un anglais rapide, truff&eacute; de tournures argotiques, extr&ecirc;mement imag&eacute; et cod&eacute; du c&ocirc;t&eacute; des noirs, plus cinglant et direct du c&ocirc;t&eacute; des italo-am&eacute;ricains qui reluquent depuis les perrons tout ce qui passe. Les 'th' sont prononc&eacute;s 'd' ou au mieux 't', tous les 'r' disparaissent. Toute cette salade humaine, bouge, vibre, d'une mani&egrave;re souple, comme brid&eacute;e, car on sent chez la plupart de ces jeunes hommes, ils ont entre 15 et 25 ans, un cocktail de potentialit&eacute;s explosives qui &agrave; tout moment pourrait s'exprimer autrement que par l'idiome saccad&eacute; de New York. La rue est d'une couleur marronasse plomb&eacute;e, les trottoirs sont d&eacute;gueulasses, la chauss&eacute;e tr&egrave;s in&eacute;gale est couverte des cicatrices de travaux s'&eacute;tant succ&eacute;d&eacute;s sur des d&eacute;cennies, c'est pourquoi les voitures roulent lentement, dans chaque angle c'est le carnaval des ordures. Ici naviguent &agrave; vue tous les d&eacute;soeuvr&eacute;s qui sortent enfin apr&egrave;s l'insupportable journ&eacute;e pass&eacute;e enferm&eacute;s chez leurs parents &ndash; dans des 'tenements' bruyants de cris, de pleurs, de rires d'enfants, de r&eacute;criminations f&eacute;minines dans un italien marqu&eacute; du mezzogiorno &ndash; tous pr&ecirc;ts &agrave; se remonter &agrave; bloc. Ils ont d&eacute;j&agrave; fait passer quelques anxyolitiques ultra costauds avec du whisky bon march&eacute; allong&eacute; de bi&egrave;re. Les noirs tirent nerveusement sur des cigarettes roul&eacute;es tr&egrave;s odorif&eacute;rantes. Les inclassables teenagers ont des regards pleins de parano&iuml;a, les pilules sans doute. </font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3"></font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3"></font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3"></font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3"><img class="CtreTexte" height="298" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/alan_vega___martin_rev.jpg" width="299" /></font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3"></font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">Nous remontons un peu la rue vers Houston Street puis Broadway, dans ce coin qui est un tout petit peu moins orthogonal que le reste de Manhattan. Houston Street marque le d&eacute;but de la zone orthonorm&eacute;e de Manhattan o&ugrave; les rues et les avenues sont num&eacute;rot&eacute;es, les avenues courant du sud vers le nord, les rues les croisant implacablement &agrave; angle droit. Nous d&eacute;bouchons sur Houston, art&egrave;re importante o&ugrave; l'activit&eacute; est maladivement f&eacute;brile &agrave; cette heure. Nous ne nous laissons pas &eacute;tourdir et cheminons sur le trottoir sud au milieu d'ombres en mouvement, croisant dans toutes les encoignures de portes des statues aux poses d&eacute;gingand&eacute;es, certaines autres plus sculpturales contre des poteaux d'indication. En fait nous allons vers la station Broadway-Lafayette o&ugrave; passent de tr&egrave;s nombreuses lignes de m&eacute;tro en provenance et &agrave; destination surtout de Brooklyn, du Bronx et de Harlem. Nous savons que nous y trouverons les deux individus que nous cherchons, chacun provenant de son 'borough' respectif par le m&eacute;tro. Ils se sont donn&eacute;s rendez-vous l&agrave;, &agrave; la sortie de la bouche sur Lafayette. De Brooklyn on peut venir ici directement par les lignes de l'IND: K, F, D et B, du Bronx par les lignes de l'IRT: 4, 5 et 6. La nuit est tomb&eacute;e assez vite, nous ne sommes qu'&agrave; 40&deg; de latitude nord et maintenant cette fausse obscurit&eacute; typiquement urbaine nous entoure. La nuit doit &ecirc;tre somptueusement &eacute;toil&eacute;e plus loin sur Long Island car le ciel est d&eacute;gag&eacute; mais il ne nous pr&eacute;sente ici, au fond des perspectives que nous croisons, qu'un ocre p&acirc;le des plus douteux. L'&eacute;clairage cr&eacute;&eacute; un archipel de macadam et de pierres sur lequel on n'arr&ecirc;te pas d'avancer, un peu effray&eacute; par sa vulgarit&eacute;, son ampleur, on saute de bloc en bloc. Quand on regarde bien ces couloirs, ces corridors que sont ces avenues et ces rues, on se sent pris comme une souris parcourant le fond d'une goutti&egrave;re ou un r&eacute;seau tels que ces d&eacute;dales de laboratoire pour cobayes et l'on ressent tr&egrave;s nettement, si on se laisse un peu trop aller un &agrave; la constatation, une onde d'angoisse sourdre de la nuque et nous parcourir. Sentiment ou sensation commune ici, on sait ce que c'est, on n'est finalement pas plus inquiet que &ccedil;a, on va retrouver dans quelques minutes au croisement avec Broadway, Alan Vega et Martin Rev. </font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"></span><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">Arriv&eacute; au croisement on rep&egrave;re tout de suite Alan Vega qui, sorti de la station, arpente d'une mani&egrave;re si consid&eacute;rable un espace si r&eacute;duit. On le rep&egrave;re non pas &agrave; cause de sa taille qui est modeste mais parce qu'il fume comme un sapeur et qu'&agrave; travers le nuage de fum&eacute;e qui l'entoure il &eacute;mane de son visage une sorte de furie. Son visage est assez rond, il a les pommettes larges, un nez busqu&eacute; et de grands yeux sombres en amande. Un visage qui nous &eacute;voque &agrave; la fois les rives m&eacute;diterran&eacute;ennes du moyen-orient et quelque chose d'ib&eacute;rique. Son ascendance est juive ashk&eacute;naze, des confins de l'Ukraine avec la Pologne et un peu s&eacute;farade, de le p&eacute;ninsule ib&eacute;rique. Il &eacute;mane quelque chose de peu rassurant de son regard et de ses gestes. Il a les traits marqu&eacute;s, tir&eacute;s et son teint mat clair est terreux, gris, ce qui fait ressortir d'autant plus l'iris noir des ses yeux, qu'il darde un peu partout et dans lesquels on perd les pupilles. Il d&eacute;ambule &agrave; tort et &agrave; travers mais quasiment sur place, il tr&eacute;pigne, portant fr&eacute;n&eacute;tiquement &agrave; ses l&egrave;vres &eacute;paisses une cigarette filtre sur laquelle il tire lourdement. Nous tombons vraiment en arr&ecirc;t face &agrave; ce personnage car il s'agit bien d'un 'character' comme le dit l'anglais, associant en un mot limpide les caract&eacute;ristiques &agrave; la fois physiques et &quot; morales &quot; d'une personne. Nous le connaissons un peu d&eacute;j&agrave;, pour l'avoir vu lors d'une de ses nombreuses prestations dans un des centres ind&eacute;pendants d'artistes plasticiens qu'il fr&eacute;quente, flanqu&eacute; de Martin Rev depuis 1971. Martin Rev vient d'ailleurs d'appara&icirc;tre. D'aspect oppos&eacute; &agrave; celui d'Alan Vega, il est tr&egrave;s grand, poss&egrave;de un visage longiligne encadr&eacute; d'une chevelure boucl&eacute;e hirsute et est habill&eacute; comme un teenager vaguement junky. Il para&icirc;t comme &agrave; son habitude compl&egrave;tement ailleurs, isol&eacute; dans une nonchalance qui, on est port&eacute; &agrave; le croire, cache une grande concentration au contraire de Vega qui &agrave; tous points de vue, poss&egrave;de une f&acirc;cheuse tendance &agrave; se diperser tous azimuts avec une &eacute;nergie tr&egrave;s mal dirig&eacute;e. Il se sont vus et c'est bien s&ucirc;r Vega qui se pr&eacute;cipite vers son bin&ocirc;me et le salue. Tr&egrave;s rapidement ils se mettent &agrave; &eacute;changer intens&eacute;ment tout en se dirigeant d'un train soutenu et quelque peu d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;, vers le Bowery que nous venons de quitter.</font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"></span><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">Les deux sont en contraste autant &agrave; la vie qu'&agrave; la sc&egrave;ne. Lors des quelques prestations fugaces auxquelles nous avons assist&eacute;, l'un &eacute;tait retir&eacute; derri&egrave;re ses machines tandis que l'autre gesticulait aux marges du public, litt&eacute;ralement &agrave; sa face. Il nous faut parler un peu de ces sortes de performances qui ont commenc&eacute; en 1971. Vega vient du vaste monde des arts plastiques, car il est originellement sculpteur. Il y occupait une place qui visiblement ne satisfaisait pas pleinement ses ambitions ou bien plus simplement ne convenait plus &agrave; ses visions. Ce monde &eacute;tait &agrave; cette &eacute;poque un vaste mar&eacute;cage &agrave; la faune tr&egrave;s compl&egrave;te. Comme dans le monde de la musique, les strates de cet &eacute;cosyst&egrave;me pr&eacute;sentent aussi bien de la boue que des hauteurs quasi c&eacute;lestes. Alan Vega semblait croupir quelque part dans ce milieu depuis trop longtemps &agrave; son go&ucirc;t. Il avait v&eacute;cu un temps plus ou moins &agrave; la rue et cohabitait avec d'authentiques squatters dans les nombreux immeubles en &eacute;tat de d&eacute;liquescence plus ou moins avanc&eacute;e qu'offrait la ville de New York. Il avait par ailleurs fond&eacute; une sorte de galerie, qu'il g&eacute;rait, appel&eacute;e <em>The Project of Living Artists </em>dans laquelle il semblait vivre maintenant.</font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"></span><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">Cette vie socialement en marge allait de pair avec une partie non n&eacute;gligeable de l'activit&eacute; des arts plastiques de la ville, qu'on peut qualifier &agrave; juste titre d'underground. Alan Vega en faisait r&eacute;solument partie et vivait donc dans un refus assez radical de ce qu'une majorit&eacute; de ses concitoyens, vivait comme l'<em>american way of life</em>, vue &agrave; travers toute la plan&egrave;te comme le <em>r&ecirc;ve am&eacute;ricain</em>. Alan Vega &eacute;tait fonci&egrave;rement en incompatibilit&eacute; avec cette vision tr&egrave;s normative de la vie, le faisait savoir &agrave; qui voulait bien l'entendre et en cons&eacute;quence vivait assez mal. Si Martin Rev vivait moins radicalement du fait de son temp&eacute;rament peu enclin &agrave; la lutte ouverte, il n'en partageait pas moins le m&ecirc;me d&eacute;go&ucirc;t de ce qu'offrait cette &eacute;poque en terme de standardisation de mod&egrave;le de vie. N'&eacute;tant pas plasticien il ne b&eacute;n&eacute;ficiait pas des m&ecirc;mes entr&eacute;es que Vega dans certains des &eacute;gouts de l'underground. Il vivotait assez tranquillement, dans son non moins d&eacute;labr&eacute; Bronx natal, pr&ecirc;tant ses qualit&eacute;s de musicien, compositeur et interpr&egrave;te lors d'un tas de prestations alimentaires, s'occupant obsessionnellement de ses claviers et de ses bo&icirc;tes &agrave; rythmes. Il jouait notamment du piano &eacute;lectrique pour le groupe <em>Reverend B. </em>qui fr&eacute;quentait avec les <em>New York Dolls, Blondie </em>ou encore <em>Television </em>la galerie de Vega. Il faut ajouter que Martin Rev apaisait quelque peu son &ecirc;tre beaucoup moins simple qu'il le laissait para&icirc;tre en faisant un usage assez peu mod&eacute;r&eacute; de s&eacute;datifs opiaci&eacute;s, Vega se r&eacute;f&eacute;rait parfois &agrave; lui en l'appelant malicieusement 'Tree of weed' que l'on traduira librement &laquo;&nbsp;arbre &agrave; came&nbsp;&raquo;. Il faut ajouter &agrave; cela qu'Alan Vega absorbait quant &agrave; lui des quantit&eacute;s non n&eacute;gligeables d'alcool qui ne faisaient qu'exacerber sa col&egrave;re. </font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3"></font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3"></font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3"></font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3"><img class="CtreTexte" height="300" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/suicide_vega_rev-1.jpg" width="480" /></font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3"></font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">Les deux se retrouvaient pourtant sur les m&ecirc;mes sc&egrave;nes &agrave; jouer un spectacle sonore d&eacute;routant et pour le moins nouveau. Certains en &eacute;taient imm&eacute;diatement d&eacute;go&ucirc;t&eacute;s et le faisaient savoir, d'autres fascin&eacute;s et intrigu&eacute;s regardaient et &eacute;coutaient. Ils voyaient, m&eacute;dus&eacute;s, un Alan Vega furibard, hurler des propos n&eacute;o-beat tour &agrave; tour obsc&egrave;nes et enj&ocirc;leurs, comme des slogans d'une nouvelle &egrave;re, alors qu'ils entendaient, quelque part derri&egrave;re lui, provenir des claviers et bo&icirc;tes &agrave; rythmes de Martin Rev, absolument statique et concentr&eacute;, un quasi mur sonore. Ils jouaient rarement plus d'une vingtaine de minutes, le temps que certaines personnes plus exc&eacute;d&eacute;es que les autres commencent &agrave; r&eacute;pondre physiquement aux provocations d'Alan, en lui envoyant tout ce qui se trouvait &agrave; leur port&eacute;e, &agrave; quoi il r&eacute;pondait, tandis que Martin continuait inlassablement &agrave; frapper ses rythmes industriels et nourrir son mur sonore jusqu'&agrave; ce qu'Alan vienne le sortir de son hypnose en lui disant qu'il allait falloir arr&ecirc;ter l&agrave;. Alan Vega avait bel et bien commenc&eacute; &agrave; filer un coton qui pourrait satisfaire &agrave; de nombreux chefs ses vues artistiques. Aussi bien dans son rapport au monde, qu'esth&eacute;tiquement, il y avait l&agrave; quelque chose d'in&eacute;dit dans sa radicalit&eacute;. De rares spectateurs l'avaient compris, il courait des bruits qui commen&ccedil;aient largement &agrave; d&eacute;border le milieu des squats pseudo artistiques et des galeries plus ou moins informelles pour se r&eacute;pandre dans d'autres sph&egrave;res, celles du non moins mar&eacute;cageux milieu de la musique pr&eacute;-punk de ces ann&eacute;es l&agrave;. Un milieu qui caressait l'espoir de transgresser certains canons voire de transmuter le genre. </font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"></span><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">Nous ne nous y &eacute;tions pas tromp&eacute;s, ce que nous avions vu et entendu &eacute;tait bel et bien in&eacute;dit et perfectible. Il &eacute;tait tout &agrave; fait possible que ces deux l&agrave; offrent enfin une r&eacute;ponse musicale &agrave; la putr&eacute;faction g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e des sph&egrave;res aussi bien cr&eacute;atives que civiles. L'association stup&eacute;fiante du ton rockabilly de Vega &agrave; la musique parfaitement m&eacute;canique et hypnotique de Rev, donnait un ensemble rigoureusement conceptuel et transgressif au plus haut point. Beaucoup n'y comprenaient rien, ou ne voulaient rien y voir d'autre que foutoir sonore et d&eacute;foulement psycho-pathologique de Vega. Au fil du temps Vega et Rev sortirent un peu de l'orni&egrave;re des obscures performances 'arty' pour donner des prestations sur des sc&egrave;nes plus ouvertes de Manhattan. Les r&eacute;actions n'&eacute;taient gu&egrave;re diff&eacute;rentes, mais la part des gens interloqu&eacute;s qui faisaient l'effort de s'interroger croissait. C'&eacute;tait une &eacute;poque r&eacute;solument post hippie, l'&eacute;poque du nouveau <em>Max's Kansas City </em>pr&egrave;s d'Union Square, du <em>CBGB</em>, situ&eacute; sur le Bowery, quartier que nous avons travers&eacute; tout &agrave; l'heure. La plupart des gens fr&eacute;quentant ces lieux auraient d&eacute;clench&eacute; chez un citoyen lambda d'&acirc;ge m&ucirc;r une sensation r&eacute;flexe tr&egrave;s animale, m&eacute;lange de peur et de violence physique, un r&eacute;flexe d'autod&eacute;fense. Il n'&eacute;tait pas rare dans ces lieux d'avoir &agrave; enjamber des corps en pleine salle, mais cette faune ne d&eacute;paraillait pas dans le coin. Pour une bonne part on rencontrait pas mal de v&eacute;ritables loques et d&eacute;chets humains &agrave; travers toute l'Am&eacute;rique schizo&iuml;de d'alors. Seulement l&agrave;, se jouait ce que la gestation musicale de cette ville ins&eacute;min&eacute;e par ces temps allait accoucher de plus pertinent. Parmi la cacophonie du moment on pouvait discerner ce qui allait devenir un punk new-yorkais autrement solide que son parodique et minable c&eacute;l&eacute;brissime pendant londonien et surtout des mouvements ou 'vagues' r&eacute;ellement ind&eacute;pendants (qui allaient g&eacute;n&eacute;rer de nouvelles chapelles), embryons de la future <em>new wave </em>et de la symptomatique <em>no wave </em>subtilement d&eacute;structur&eacute;e et noisy. On pourrait &eacute;voquer les <em>Ramones, </em>les <em>Fleshtones, </em>des pesonnalit&eacute;s telles que<em> Richard Hell </em>ou<em> Lydia Lunch </em>etc. Pour ceux qui &eacute;taient trop fatigu&eacute;s, vaincus ou d&eacute;sabus&eacute;s, l'&eacute;poque &eacute;tait ouvertement &agrave; la souillure. Aucune &egrave;re n'avait jamais offert autant d'opportunit&eacute;s et New York &eacute;tait LA ville r&eacute;ceptacle de tout ce que l'Am&eacute;rique comptait de branques, loufoques, d&eacute;magos et m&eacute;galos. D&egrave;s lors, la d&eacute;perdition au coeur de toute cette humanit&eacute; obnubil&eacute;e en marche donnait un spectacle qui n'&eacute;tait pas beau &agrave; voir. Mais la ville poss&eacute;dait un pouvoir autrement positif et indubitable, celui de catalyser. De sorte que le printemps d'une frange de tous ces corps et esprits en lutte r&eacute;gl&eacute;e avec leur temps allait fleurir. Alan Vega et Martin Rev, en &eacute;tant assez frapp&eacute;s pour ne pas dispara&icirc;tre corps et &acirc;mes au milieu de la cohue, allaient faire l'exp&eacute;rience jusqu'&agrave; son terme reg&eacute;n&eacute;rant. Si eux m&ecirc;mes allaient &ecirc;tre marqu&eacute;s par certains pr&eacute;cipices sur lesquels ils s'&eacute;taient pench&eacute;s, leur musique allaient &eacute;merger, d&eacute;finitivement diff&eacute;rente, de cette d&eacute;cennie prolixe en r&eacute;bellions sonores, comme un manifeste syncr&eacute;tique. </font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"></span><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">Leur association avait pris le nom de <em>Suicide</em>, ce que nous consid&eacute;rerons comme une marque ironique d'espoir en ces temps si lugubres. &laquo;&nbsp;<em>Suicide a toujours eu &agrave; voir avec la vie. Mais nous ne pouvions vraiment pas appeler le groupe Life. Alors nous l'avons appel&eacute; Suicide justement parce que nous voulions revendiquer la vie.&nbsp;</em>&raquo; (Alan Vega, 1985). </font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"></span><font size="3"><em><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;">Suicide </span></em><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;">faisait vraiment peur, y compris aux Punks. C'&eacute;tait trop pour eux, trop conceptuel, trop minimaliste, trop loin de cet imm&eacute;diat besoin de satisfaction propre aux toxicomanes, trop plein de ce bruit &eacute;lectrique bizarrement modul&eacute; par un Rev pas du tout d&eacute;monstratif, trop riche de toutes ces r&eacute;f&eacute;rences qui pointaient dans les propos de Vega. Bref, ils nous jouaient des pi&egrave;ces sonores terroristes qui n'&eacute;pargnaient personne. Ce 'primal duo' comme ils aimaient se qualifier eux-m&ecirc;mes avait malgr&eacute; tout suffisamment &eacute;clair&eacute; de sa lumi&egrave;re &eacute;lectrique la vision de certains producteurs qui allaient fonder le label <em>Redstar</em>. Martin Thau et Craig Leon allaient les produire et &eacute;diter leur premier LP &eacute;ponyme &agrave; la fin de l'ann&eacute;e 1977 puis, les manager. </span></font></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"></span></font><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">Cet album de sept titres, inaugurant le label, pr&eacute;sentait les morceaux suivants: <em>Ghost Rider, Rocket U.S.A., Cheree, Johnny, Girl, Frankie Teardrop, Che, </em>fruits d'une &eacute;laboration m&ucirc;rie depuis 1971. Tous ces titres sont devenus des classiques d'une sorte d'avant-garde rare, celle qui ne se vivait pas comme telle. Alan Vega pr&eacute;cisera qu'il n'avait jamais &eacute;t&eacute; question pour lui d'avant garde mais d'un travail litt&eacute;ral de g&eacute;n&eacute;ration du <em>son </em>de New York. Aujourd'hui encore l'&eacute;coute de l'album <em>Suicide </em>reste un choc, constitu&eacute; des arides m&eacute;lodies de Rev, essence r&eacute;miniscente de la fin de l'&egrave;re industrielle occidentale associ&eacute;e &agrave; l'&eacute;piphanie incantatoire rockabilly de Vega. Ce genre de choc que l'on peut vivre en d&eacute;couvrant une personne qu'on c&ocirc;toyait depuis longtemps sans l'avoir remarqu&eacute;e et qu'on dinstigue un beau jour comme un &ecirc;tre extr&ecirc;mement int&eacute;ressant auquel on sait que l'on va s'attacher dangereusement, un retour introspectif dans son &ecirc;tre et sa temporalit&eacute;. </font></span></p>
<p class="Pa1" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 28.5pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"></span><span style="COLOR: black; FONT-FAMILY: &quot;Times New Roman&quot;"><font size="3">Cet opus connu, &agrave; sa sortie, un unanime succ&egrave;s d'estime mais d&ucirc;t attendre la fin des ann&eacute;es 1990 et une r&eacute;&eacute;dition en Grande-Bretagne pour conna&icirc;tre un v&eacute;ritable succ&egrave;s commercial. Or cet album d&egrave;s sa parution en d&eacute;cembre 1977 allait sortir le 'primal duo' des trop pr&eacute;cieux marasmes du rock New Yorkais en l'&eacute;lectrocutant. Cet album allait &ecirc;tre le manifeste choc, la d&eacute;claration p&eacute;remptoire, la th&eacute;rapie lourde d'un ensemble de genres aux cousinages incestueux croulant sous les posture &eacute;gotistes et la mauvaise foi. Il repr&eacute;sentait une ouverture, un destin, des fronti&egrave;res &agrave; redessiner afin d'&ecirc;tre d&eacute;pass&eacute;es &agrave; nouveau. Une sorte d'&eacute;piphanie de ces temps d&eacute;pourvus d'humour et d'esp&eacute;rance. C'est pourquoi il allait pr&eacute;senter m&ecirc;me durant la d&eacute;cennie de cire suivante cette surprenante vitalit&eacute;, cette nouveaut&eacute; saisissante qui perdure jusqu'&agrave; nos jours. Il allait &ecirc;tre l'une des oeuvres les plus nobles de l'histoire du rock, l'une des pierres angulaires de sa r&eacute;&eacute;idification. </font></span></p>
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<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none"><span style="COLOR: black"><font face="Times New Roman" size="3">UDER MERMOUCH, 6 juin 2007</font></span> </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 29 Jun 2007 21:11:11 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9f922c5bd959a09a16dd2a2d64eb319b</guid>
                <category>Uder Mermouch</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-6871799-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Minneapolis-St. Paul, Minnesota abrite un artiste nommé Michael Yonkers dont le souffle puissant nous a atteints]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-6718416.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 36pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman"><font size="4">La ville de Minneapolis forme avec sa voisine St. Paul une entit&eacute; urbaine commun&eacute;ment appel&eacute;e &quot;Twin Cities&quot;. Seule aire urbaine d'envergure nationale de l'Etat du Minnesota, situ&eacute; en marge du 49e parall&egrave;le nord, fronti&egrave;re historique entre le Canada et les Etats-Unis d'Am&eacute;rique. L'Etat est situ&eacute; &agrave; l'ouest de la r&eacute;gion des grands lacs, les temp&eacute;ratures y sont extr&ecirc;mement rigoureuses, glaciales pendant la majeure partie de l'ann&eacute;e, moites durant un rapide &eacute;t&eacute;. Minneapolis-St. Paul la cit&eacute; double se trouve dans un recoin d'une Am&eacute;rique agricole et sauvage &agrave; l'horizon g&eacute;om&eacute;trique dans sa partie sud, barr&eacute;e de montagnes noires d'arbres s&eacute;v&egrave;res au nord. Des espaces plac&eacute;s sous le signe trouble de l'eau qui macule son relief d'innombrables lacs d'un bleu rigide. Des espaces peupl&eacute;s et cultiv&eacute;s par de tenaces et taciturnes luth&eacute;riens d'ascendance germanique ou scandinave. </font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 36pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman"><font size="4">Nous y sommes loin, tr&egrave;s loin des vibrations cacophoniques de la c&ocirc;te est, loin de celles plus proches mais plus erratiques de celles de villes du midwest telles que Chicago ou Detroit, tr&egrave;s loin &eacute;galement de l'univoque s&eacute;r&eacute;nit&eacute; des grandes plaines, tr&egrave;s loin aussi de la torpeur du vieux sud, en aval du Mississippi qui coule pourtant en ces lieux. Ce fleuve qui traverse les deux villes, y est d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s puissant. Le glauque de ses eaux glac&eacute;es, op&egrave;re un constant et tranchant rappel de l'&eacute;crasante hostilit&eacute; min&eacute;rale de ces terres aux citoyens de Minneapolis-St. Paul qui le traversent ou le longent au volant de leurs v&eacute;hicules de m&eacute;tal, puissants et brid&eacute;s. Cette &eacute;vocation est sans appel en tout temps de l'ann&eacute;e et les habitants de ces lieux ne s'y trompent pas, ils se sont r&eacute;sign&eacute;s &agrave; l'ignorer, ils regardent en eux ou se perdent dans des perspectives fuyantes. Minneapolis dont l'&eacute;tymologie est form&eacute;e de la m&ecirc;me racine indienne Dakota 'mni' (eau) qui a donn&eacute; son nom &agrave; l'Etat et de celle grecque de 'polis' (ville), renvoie encore &agrave; la puissance de ces eaux. </font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 36pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman"><font size="4">Ces habitants sont envelopp&eacute;s par le vaste organisme qu'est cette ville-double. Un organisme qui, sans le caract&egrave;re implacable des terres o&ugrave; il est situ&eacute;, s'il n'est pas tout &agrave; fait hostile est hi&eacute;ratiquement indiff&eacute;rent. Un organisme constitu&eacute; d'organes de pierres, d'acier, de b&eacute;ton, s&eacute;par&eacute;s par des voies tir&eacute;es au cordeau que les citoyens parcourent enferm&eacute;s dans l'habitacle de leurs automobiles parce qu'il fait d&eacute;finitivement trop froid dehors et que le chemin &agrave; parcourir pour atteindre la zone industrielle, le bureau ou le rare et contraint lieux de loisirs est toujours trop long. La neutralit&eacute; des &eacute;difices ne perturbe pas le trajet des citoyens de l'unique m&eacute;tropole de cet isol&eacute; septentrion maintenant conquis et parcimonieusement habit&eacute;. Les limites administratives m&ecirc;mes collent &agrave; la raisonnable g&eacute;om&eacute;trie adopt&eacute;e pour mieux cerner et domestiquer le globe. Parall&egrave;les et m&eacute;ridiens, cercles vus par les hommes comme de parfaites droites. Les diagonales sont ignor&eacute;es, tout peut &ecirc;tre vu comme parall&egrave;le ou au mieux tangent. Sur tout cela r&egrave;gne un ciel qui peut &ecirc;tre d&eacute;gag&eacute;, bleu, vierge, simple rappel de l'immensit&eacute; du vide qui nous s&eacute;pare de cette apparente vo&ucirc;te qui ne retient ici aucune chaleur et par lequel arrivent trop souvent d'interminables pr&eacute;cipitations. </font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 36pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman"><font size="4">La ville-double ne siffle ni ne vrombit, elle bat, lentement et lourdement d'un pouls solide et industriel. Un pouls &agrave; l'origine artificiel mais maintenant ineffable pour les &ecirc;tres qui vivent &agrave; son rythme. Les hommes oeuvrent d'un labeur d'insectes au sein de tentaculesques usines ou perch&eacute;s dans les alv&eacute;oles des tours d'affaires des deux downtowns, ils vont et viennent, flux et reflux &agrave; heures fixes de ces organes actifs vers les vastes &eacute;tendues indiff&eacute;renci&eacute;es d'habitations standards qui composent l'essentiel du corps &eacute;tal&eacute; de cette entit&eacute; urbaine. Un tr&egrave;s vaste tissu, fait de cellules labiles, qui pr&eacute;senterait &agrave; un oeil a&eacute;rien une exemplaire hyperplasie. Un nombre non n&eacute;gligeable de ces citadins s'arr&ecirc;tent en chemin et p&eacute;n&egrave;trent dans des d&eacute;bits de boissons o&ugrave; ils s'adonneront jusqu'&agrave; la fermeture &agrave; la substance &eacute;thylique qui les r&eacute;chauffera, les divertira de ce d&eacute;cor ostensiblement indiff&eacute;rent, ils pourront faire tourner quelques disques dans le juke-box et ils pourront prendre le temps de porter un regard sur leurs cong&eacute;n&egrave;res chez qui ils rencontreront comme un reflet...</font></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 36pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman" size="4"></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 36pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman"><font size="4"></font></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 36pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="center"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman"><font size="4"><img class="CtreTexte" height="500" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/michael_yonkers2.jpg" width="461" /></font></font></span><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman"><font size="4"></font></font></span></p>
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<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 36pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman"><font size="4">Quelque part en ces lieux, &agrave; la fin des ann&eacute;es 1960 se trouve un jeune homme discret d'&agrave; peine vingt ans, dont on ne sait quasiment rien. Nous savons cependant ce qu'il fit de son sens de la musique qu'il voulut partager avec les hommes. Ce jeune homme s'appelle Michael Yonkers, il est natif de Minneapolis-St. Paul, nous ne savons duquel des deux p&ocirc;les qu'on ne saurait dissocier. Il joue de plusieurs instruments &agrave; cordes, frapp&eacute;es et pinc&eacute;es. Il &eacute;crit des chansons, les compose et les interpr&egrave;te en compagnie de son jeune fr&egrave;re et d'un ami. Il a des connaissances suffisamment pouss&eacute;es en &eacute;lectronique pour en user dans la gen&egrave;se et le jeu de son expression musicale. Il suit des cours &agrave; l'Universit&eacute; et passe ses loisirs &agrave; jouer ou &agrave; bricoler ses instruments dans la cave de la demeure familiale qu'il a d'ailleurs transform&eacute;e tr&egrave;s humblement en un honorable studio d'enregistrement et de mixage. </font></font></span></p>
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<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 36pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman"><font size="4">Ce jeune homme est d'une taille moyenne pour un am&eacute;ricain de souche anglo-saxonne, il a le visage grave et les traits fins, son corps est d'une robustesse pond&eacute;r&eacute;e, ses cheveux raides qu'il porte longs sont blonds. Souffrant d'une myopie moyenne il porte une paire de lunettes &agrave; verres concaves, assez &eacute;pais, optique de l'&eacute;poque oblige, afin de corriger sa dioptrie trop convergente; de sorte que derri&egrave;re ces verres ses yeux sont un peu lointains, ils portent un regard qu'il a calme, p&eacute;n&eacute;trant et comme retir&eacute; de mani&egrave;re avertie dans certaines profondeurs. </font></font></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 36pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><font face="Times New Roman"><font size="4">Sa musique nous est parvenue derni&egrave;rement. Elle nous est venue de cette Am&eacute;rique dolente, de cette cit&eacute; double, des ann&eacute;es 1968 et 1969, sous la forme d'un album de treize titres, intitul&eacute; <em>Microminiature Love</em>. La substance de cet album est le fruit du travail de Yonkers durant la seconde moiti&eacute; des ann&eacute;es 1960, travail qu'il avait compil&eacute; et pr&eacute;par&eacute; en vue de la sortie d'un album de sept titres &agrave; l'automne 1968 sur le label local <em>Sire</em>. Un ensemble de compositions qu'il jouait un peu partout depuis quelques ann&eacute;es sur diverses petites sc&egrave;nes &agrave; travers sa ville double. Cet album initial n'a jamais vu le jour car pour une raison ind&eacute;termin&eacute;e, l'entente a &eacute;t&eacute; rompue avec ce label et l'album fut remis&eacute; au placard. L'ensemble, qui comprend les sept titres initiaux et six autres enregistr&eacute;s lors d'une unique session dans le home studio de Yonkers au printemps suivant de 1969, a finalement &eacute;t&eacute; exhum&eacute; par le label <em>Destijl </em>et a paru au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000 sous le m&ecirc;me titre <em>Microminiature Love</em>. C'est sous cette forme que son travail nous a atteints et &eacute;blouit. Sans aucune information sur l'homme, nous nous sommes &eacute;tourdis &agrave; l'&eacute;couter nous parler, de si loin et nous atteindre de si pr&egrave;s. Traversant les trente-huit ans nous s&eacute;parant, son travail, s'est adress&eacute; directement &agrave; nos coeurs et &agrave; nos &acirc;mes. De la premi&egrave;re &eacute;coute jusqu'&agrave; ces instants ou nous &eacute;crivons ces lignes, l'oeuvre portant le nom de <em>Microminiature Love</em>, sign&eacute;e Michael Yonkers a imprim&eacute; de sa marque nos coeurs et nos &acirc;mes, s'installant profond&eacute;ment en nous tel un double attentif. Parmi tous ces morceaux aucun ne d&eacute;roge &agrave; l'&eacute;tranget&eacute; contenue caract&eacute;ristique du travail de Yonkers, cette rigoureuse &eacute;conomie dans le rapport fond/forme, armature in&eacute;branlable sur laquelle vient s'exprimer la chair expressive des sons. Nous entendons toujours la voix de t&ecirc;te de Yonkers si lointaine et si finement modul&eacute;e accompagner puissamment un jeu &agrave; la sobri&eacute;t&eacute; tordue frictionnant la rugosit&eacute; de l'accompagnement. Il nous fait don d'un univers sonore d'une richesse et d'une profondeur pr&eacute;cieuses port&eacute;es par une concentration audacieuse sur ses graves propos. Nous avons trouv&eacute; aussi loin que nous ayons eu le loisir de parcourir cette dense mati&egrave;re ressuscit&eacute;e, une m&ecirc;me singuli&egrave;re identit&eacute; s'exprimant, se d&eacute;ployant, se renouvelant sous des arguments diff&eacute;rents dans chaque titre. Nous avons trouv&eacute; de ces choses rares, que le temps n'&eacute;rode pas, les &eacute;l&eacute;ments irr&eacute;ductibles de cette mati&egrave;re qui compose les m&eacute;taux pr&eacute;cieux. </font></font></span><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><font size="4"><font face="Times New Roman"><strong><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black">Uder Mermouch</span></strong><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black">, mai 2007</span></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><font size="4"><font face="Times New Roman"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"></span></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><font size="4"><font face="Times New Roman"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"></span></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><font face="Times New Roman"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><font face="Times New Roman"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><a href="http://www.box.net/shared/static/xychfuukxf.mp3" target="_blank">Michael Yonkers - Boy in the sandbox</a></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><font face="Times New Roman"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><a href="http://www.box.net/shared/static/04z4gugtjt.mp3" target="_blank">Michael Yonkers - Returning</a></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none" align="justify"><font face="Times New Roman"><span style="FONT-SIZE: 14pt; COLOR: black"><a href="http://www.box.net/shared/static/ji15q94pqx.mp3" target="_blank">Michael Yonkers - Puppeting</a></span></font></p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 31 May 2007 13:29:14 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ca05234792fd30c07f2b4927b31ed9b9</guid>
                <category>Uder Mermouch</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-6718416-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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