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    <title><![CDATA[Le Centre d&#39;Etudes Psycho-Bataves de Jeanpop2 (Cinéma PB)]]></title>
    <link>http://www.jeanpop2.com/categorie-652389.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Cinéma PB&quot; du blog &quot;Le Centre d&amp;#39;Etudes Psycho-Bataves de Jeanpop2&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Thu, 16 Feb 2012 12:46:28 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 16 Feb 2012 12:46:28 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.jeanpop2.com</copyright>            <category>Cinéma PB</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[La solitude de Bel Air : "Drive a crooked road" de Richard Quine]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-la-solitude-de-bel-air-drive-a-crooked-road-de-richard-quine-87815429.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="font-family: georgia,palatino; font-size: 12pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1954, Richard quine n’est pas encore ce cinéaste né un peu trop
    tard, pérpétuateur du <em>musical</em> et de la comédie en queue de pie («&nbsp;My sister Eileen&nbsp;», «&nbsp;How to murder your wife&nbsp;», «&nbsp;Bell book and candle&nbsp;») ni le Pygmalion
    dévoré d’amour de l’irréversible «&nbsp;Strangers when we meet&nbsp;», mais encore l’ancien second couteau de séries B responsable d’une poignée de films dont la critique se débarrasse à coups
    d’&nbsp;«&nbsp;oubliables&nbsp;», au rythme de deux ou trois par an, et qui semble condamné à devoir faire ses preuves.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: georgia,palatino; font-size: 12pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C’est alors qu’il signe la même année deux <em>noirs tardifs</em>
    dont le plus célèbre est «&nbsp;Pushover&nbsp;», variation démotivée sur «&nbsp;Double indemnity&nbsp;» de Wilder. Si ce dernier film possède encore une réputation, légèrement cireuse comme tout
    film ultra-référentiel qui ne s’en cache pas, «&nbsp;Drive a crooked road&nbsp;» semble oublié. Coscénarisé par Blake Edwards, tourné juste auparavant, ce film est pourtant d’une poignante
    subtilité.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/fin-2011-2012/drive-a-crooked-road.jpg" class="CtreTexte" alt="drive-a-crooked-road.jpg" width="493" height="383">
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span style="font-family: georgia,palatino;">Mickey Rooney y joue merveilleusement le rôle d’un
    mécanicien naïf (comme dans l’extravagant «&nbsp;Quicksand&nbsp;» d’Irving Pichel) qu’on fait tomber amoureux d’une femme afin d’utiliser ses dons de conducteur dans un braquage. Scénario dont
    l’argument de base semble assez commun mais voici la différence&nbsp;: dans ce film, pas de «&nbsp;poule&nbsp;» aux lèvres constamment entrouvertes, pas de bar brumeux et grouillant, presque pas
    de cigarettes d’ailleurs, pas de cynique prognathe, menace à l’ombre de son feutre, aucune considération évasive sur une «&nbsp;chienne de vie&nbsp;», pas de trottoir abandonné, de salle de jeu
    ou de boxe, aucun réverbère désossé dans la nuit, pas même de véritable nuit où se perdre mais celle gracieusement décentrée des pavillons de Bel Air, théâtres d’une vie quotidienne de baignades
    et barbecues, mettant en scène des jeunes gens en manches courtes aux réparties gentiment vachardes et qui se disputent le tour de vaisselle à la fin de la soirée. Autrement dit, l’Amérique 50’s
    discrètement opulente du <em>soap opera</em>. A se demander même pourquoi les «&nbsp;méchants&nbsp;», qui ressemblent davantage aux Beach Boys qu’à des affranchis, fomentent un casse puisqu’ils
    semblent vivre dans l’abondance. La police est absente du film, du moins le traverse-t-elle avec des œillères. Une seule fois elle est présentée comme une menace aussitôt évanouie et à la fin du
    film elle s’approche du lieu du crime en ignorant même qu’il a été commis.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: georgia,palatino; font-size: 12pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce film n’est pas «&nbsp;crépusculaire&nbsp;», ni
    «&nbsp;décadent&nbsp;» ou «&nbsp;désespéré&nbsp;», mais sourdement douloureux comme un réveil indésirable, lézardé d’un bout à l’autre par la dignité pathétique du mélodrame. Au dénouement, on
    songe aux déchirants derniers mots d’Eckbert Le Blond dans le conte de Ludwig Tieck («&nbsp;Dans quelle effroyable solitude ai-je passé ma vie&nbsp;!&nbsp;») sauf que le mécanicien ne sait pas sa
    solitude, lui qui croit consoler la fille effondrée sur la plage et ne se réveillera sans doute jamais de cette fantasmagorie sud-califonienne.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 02 Nov 2011 14:27:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8b3f64cd8f56043460dbf7fd9c48c870</guid>
                <category>Cinéma PB</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-la-solitude-de-bel-air-drive-a-crooked-road-de-richard-quine-87815429-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Bob, Bob & Humphrey et le haunter]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-27905877.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-tab-count: 1;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> San Francisco,
    un hôpital. Le Dr Cameron raconte l’histoire d’un homme perdu dans la guerre, entouré de falaises, à une petite fille alitée. Comment va-t-il s’en sortir&nbsp;? La fille s’endort, le médecin
    quitte la pièce. Au moment où il s’apprête à rentrer chez lui, une rose blanche votive à la main, il est appelé pour une urgence&nbsp;: une femme a tenté de se tuer. Trois secondes plus tard il
    admire le visage d’argile de la femme presque morte.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-tab-count: 1;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> Cette scène
    est l’ouverture d’emblée somnambulique de «&nbsp;Where danger lives&nbsp;» de John Farrow (1950). La suite nous montrera le docteur (Robert Mitchum) suivre, mesmérisé, la femme qu’il a rendu à la
    vie (Faith Domergue, brune comme un sourire amer) jusqu’à tuer, du moins se croit-il coupable, le mari de cette dernière (Claude Rains, reptilien comme jamais), qui aura avant de succomber eu le
    temps de porter plusieurs coups de tison à la tête de Mitchum. S’ensuit une fuite, le Mexique pour cible dérisoire, alors que la chaleur se fait étau, que leur relation pourrit sur pied et que
    l’état fébrile du personnage principal insinue la pellicule.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-tab-count: 1;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> Ce film a la
    torpeur en partage avec le genre musical honteusement sous-analysé du <em>haunter</em>. La commotion que subit Cameron (et par analogie, le film) est voisine du désespérément moite qui transpire
    des chefs d’œuvre ululants des Mad Lads, Bounty Hunters, William Penn &amp; The Quakers... Le Dr Cameron, lucide, analyse parfaitement son état physique et par la même occasion définit à son insu
    les symptômes même du <em>haunter</em>&nbsp;: migraine écrasante, respiration ralentie, pupilles dilatées, main paralysée. C’est cette crispation lucide mais impuissante que l’on retrouve
    exemplifiée dans les brumes toxiques du «&nbsp;What she’s done to me&nbsp;» des Mojos&nbsp;: la sensation d’avoir été arraché du confort quotidien pour se réveiller, enchaîné à la chaudière, au
    fond d’une cave.<br>
    <br>
    <img width="443" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/contemporains/faithdomergue10.jpg" height="432" class="CtreTexte"><br></span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-tab-count: 1;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> Poussons la
    comparaison intergénérique plus loin en invoquant une nouveau film, «&nbsp;Ride the pink horse&nbsp;» de Robert Montgomery (1950 également) qui débute là où meurt le précédent&nbsp;: dans la
    poussière mexicaine.</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-tab-count: 1;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> Passons sur
    les intrigues retorses et carnavalesques de ce récit Psycho-Batave en diable pour souligner à la fois une constante et une brisure du genre <em>film noir somnambule</em>&nbsp;: le personnage
    principal (Montgomery) est lui aussi assommé au détour d’une <em>cantina</em> et traversera le dernier quart du film dans un état presque végétatif, mais il sera pris en main par une femme qui
    lui sera <em>bénéfique</em>. Dans ce récit où apparaissent amulettes porte-bonheur et créatures de la poisse que la foule enrubannée enflamme, le héros est guidé par une créature sans âge issue
    de nulle part (à supposer que les enluminures de livres de merveilles soient le cadre de nulle part), à laquelle lui-même semble à peine prêter attention&nbsp;; pour preuve, il ne lui demandera
    son prénom qu’aux deux tiers du métrage. Pourtant elle l’aura inlassablement, furtivement veillé depuis le début, comme le montre ce plan où le bien nommé Lucky (Montgomery) s’endort au pied du
    manège sous ses yeux, avant qu’elle n’ajuste son voile pour gagner à son tour le sommeil. La fin sera mélancoliquement asexuée, puisque n’arrivant pas à la remercier (a-t-il seulement eu
    conscience de son rôle salvateur&nbsp;?) il la baise maladroitement sur la joue et rebrousse chemin, la laissant, ultime plan, raconter aux autres mexicaines accourues ce film noir qu’elle aura
    contribué à métamorphoser en conte de fées.<br>
    <br></span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Times New Roman;"><span style="mso-tab-count: 1;"><img width="312" src=
    "http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/contemporains/ride-pink-2.jpg" height="243" class="CtreTexte"><br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> Autre conte de fée, troisième film, et retour à San Francisco. Vincent Parry, accusé à tort du meurtre de sa femme, s’est
    évadé de prison et se retrouve convalescent chez Irene Jansen, qui l’a recueilli hagard au bord de la route, convaincue de son innocence. Le lecteur Psycho-Batave aura bien sûr reconnu «&nbsp;The
    Dark Passage&nbsp;» de Delmer Daves. Peut-être la tête de Parry (Humphrey Bogart), remplie de songes en points d’interrogation sur les coups du sort qu’il traverse presque passivement,
    repose-t-elle sur le même coussin qu’employa Faith Domergue pour étouffer son époux. Peut-être se félicite t-il de ne pas avoir quitté San Francisco pour l’enfer mexicain et une traque
    ininterrompue. Ce qui est certain, c’est qu’il se demande pourquoi cette femme (Lauren Bacall) s’est attachée à son destin et remue ciel et terre pour le disculper. Le dénouement de l’histoire
    appartient littéralement à la légende.</span></span>
  </p><span style=
  "font-size: 12pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: FR; mso-fareast-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><span style=
  "mso-tab-count: 1;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span> A l’appréhension catastrophée de la femme «&nbsp;vénéneuse&nbsp;», les deux derniers films ont
  substitué des adjuvants miraculeux. Le San Francisco que doit à tout prix fuir le couple de «&nbsp;Where danger lives&nbsp;» est la racine du cauchemar. Pour celui de «&nbsp;Dark passage&nbsp;»,
  c’est un cocon. Ce dernier film se déroule dans un état de torpeur proche d’un rêve prénatal, qui nous évoque «&nbsp;I’m hurtin&nbsp;» des Extremes, dont la longueur inusitée marque bien cette
  horreur de l’achèvement, du réveil. Mais finalement, la facilité de tout recommencer (y compris changer de visage, comme le fait Vincent Parry), la lumière au bout du tunnel utérin contrebalancent
  les habituels thèmes pathétiques et font de cette chanson un rare représentant du <em>haunter</em> féerique, réminiscence de ces secondes, coups de gong dans l’éther, où nous n’envisagions pas
  encore de naître.<br>
  <br>
  <a href="http://www.box.net/shared/static/8e1fctbglv.mp3"><span style="font-size: 14pt;">The Mojos - What she's done to me</span></a><br>
  <br>
  <a href="http://www.box.net/shared/static/dlnfoc6nya.mp3"><span style="font-size: 14pt;">The Extremes - I'm hurtin'</span></a></span>]]></description>
        <pubDate>Fri, 13 Feb 2009 21:11:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6802d86f665ca63639dd9046d0d4225b</guid>
                <category>Cinéma PB</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-27905877-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Interview de Marvin Marty]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-3048338.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Le 8 novembre 1973, Marvin Marty, alors tout aur&eacute;ol&eacute; du succ&egrave;s critique et public de son deuxi&egrave;me long-m&eacute;trage, <strong><u>Keep The Wine Alive</u></strong>, accorde une interview &agrave; la revue <em>Herald</em> <em>Tribune</em> qui se fendra pour l&rsquo;occasion d&rsquo;un retentissant suppl&eacute;ment sur le <em>film de cave</em>. L&rsquo;expression, n&eacute;e sous la plume du critique Pauline Kael, figure pour la premi&egrave;re fois en couverture d&rsquo;un magazine et servira d&egrave;s lors de point de ralliement pour plusieurs tendances individuelles et ind&eacute;pendantes du cin&eacute;ma mondial. Marvin Marty se f&eacute;licite de ce que son &oelig;uvre suscite des &eacute;mules et loin de d&eacute;plorer les copies parfois &eacute;hont&eacute;es de l&rsquo;inaugural <strong><u>Afternoon Of The Wine</u></strong>, d&eacute;cr&egrave;te qu&rsquo;un cin&eacute;ma qui ne forme pas s&eacute;rie ou genre n&rsquo;a pas la moindre valeur artistique. Il devient ainsi difficile d&rsquo;amener le cin&eacute;aste &agrave; qualifier lui-m&ecirc;me sa r&eacute;solue alt&eacute;rit&eacute;. D&rsquo;autres s&rsquo;en chargeront qui provoqueront une rupture d&eacute;finitive entre Marvin Marty et la critique. Quand bien m&ecirc;me l&rsquo;&oelig;uvre de Marvin Marty aurait &agrave; conna&icirc;tre d&rsquo;&eacute;tonnantes, souvent stup&eacute;fiantes mutations, il convient d&egrave;s lors de consid&eacute;rer cet entretien de 1973 comme le testament public de son auteur. Le Centre d&rsquo;Etudes Psycho-Bataves est fier de vous en livrer le contenu original, int&eacute;gral et imp&eacute;rissable.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman"><strong>MARVIN MARTY&nbsp;: &laquo;&nbsp;N<font size="4">&rsquo;oubliez pas que le premier naturalisme &eacute;tait une invention d&rsquo;aristocrates... </font>&raquo; </strong></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><strong><font face="Times New Roman"></font></strong></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Comment juges-tu l&rsquo;engouement autour de ce que Kael appelle le film de cave et qui semble prendre souche dans ton premier m&eacute;trage&nbsp;? </font></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font face="Times New Roman" size="3"></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><strong><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></strong>Ecoutez ma petite, je sais bien qu&rsquo;en 1973 nous sommes cens&eacute;s renoncer &agrave; nos vilaines conventions bourgeoises, en particulier cet antique voussoiement, mais la chose me g&ecirc;ne, j&rsquo;ai l&rsquo;impression de me retrouver &agrave; Richmond au milieu d&rsquo;&eacute;tudiants velus et braillards, qui d&eacute;j&agrave; conduisent la voiture parentale parce que voyez-vous, ils &eacute;taient tous issus de milieux ultra-favoris&eacute;s, et ces &eacute;tudiants qui me vouaient une haine farouche se demandaient si la r&eacute;volution par les armes &eacute;tait pr&eacute;f&eacute;rable aux pr&eacute;ceptes du Mahatma Gandhi ou &agrave; l&rsquo;infiltration de type entriste, ce genre d&rsquo;horreur, ma petite, n&rsquo;est pas faite pour me mettre dans de bonnes dispositions, j&rsquo;ai m&ecirc;me une forte envie de vous flanquer une d&eacute;rouill&eacute;e alors que vous en convenez, nous devrions vous et moi faire le In &amp; Out. Mais oublions. Reposez votre question.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Comment jugez-vous l&rsquo;engouement autour de ce que Kael&hellip; </font></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font face="Times New Roman" size="3"></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><strong><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></strong>PAULINE Kael, donnez-lui un pr&eacute;nom, on a le sentiment que vous apostrophez Jean-Pierre Sartre dans un amphith&eacute;&acirc;tre parisien, c&rsquo;est r&eacute;pugnant&nbsp;! Et, avant de continuer, ne dites pas &laquo;&nbsp;m&eacute;trage&nbsp;&raquo;, ni &laquo;&nbsp;sc&eacute;nar&nbsp;&raquo;.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><strong>&hellip; de ce que Pauline Kael appelle le film de cave et qui semble prendre souche dans votre premier long-m&eacute;trage&nbsp;? </strong></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font face="Times New Roman" size="3"></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><strong><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></strong>Le terme est tr&egrave;s int&eacute;ressant, &agrave; condition de laisser de c&ocirc;t&eacute; ses connotations francophiles. Oui, la cave est au centre de ma mise en sc&egrave;ne. C&rsquo;est l&rsquo;ouverture et si l&rsquo;on est attentif &agrave; ce qui s&rsquo;y joue, la vibration principale de l&rsquo;action, je veux dire le mood, est donn&eacute; d&rsquo;embl&eacute;e. En tout cas, tous ces mecs qui filment leur cave et qui font s&rsquo;&eacute;merveiller Pauline Kael, eh bien, il n&rsquo;est pas s&ucirc;r que chez eux, filmer une cave proc&egrave;de d&rsquo;une n&eacute;cessit&eacute; interieure, ils ont sans doute &eacute;t&eacute; boulevers&eacute;s par la premi&egrave;re s&eacute;quence d&rsquo;<strong><u>Afternoon Of The Wine</u></strong>, la puissance visuelle et rythmique de cette s&eacute;quence est, je crois, strictement distincte de son r&ocirc;le dans la narration et la formule que moi et Maurizio avons ainsi &eacute;tablie, apr&egrave;s trois ans de recherche, est tellement captivante que plusieurs peuvent l&rsquo;adapter &agrave; leur mise en sc&egrave;ne. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><strong>Chez vous la cave proc&egrave;de donc d&rsquo;une n&eacute;cessit&eacute; interieure&nbsp;?</strong></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font face="Times New Roman" size="3"></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Je l&rsquo;ignore. Comme mes imitateurs, je traite en virtuose la s&eacute;quence d&rsquo;ouverture, je me d&eacute;brouille ensuite pour que le r&eacute;cit ne trahisse jamais la vibration initiale de la cave. Ce qui ne signifie pas que l&rsquo;apr&egrave;s-cave manque de consistance, non, on pourrait d&eacute;finir l&rsquo;apr&egrave;s-cave comme un &eacute;cho superlatif du moment-cave, un &eacute;cho anormalement enrichi. En tout cas, m&ecirc;me si je suis incapable de vous expliquer pourquoi chez moi et pas chez les autres la cave proc&egrave;de d&rsquo;une n&eacute;cessit&eacute; int&eacute;rieure, je sais qu&rsquo;il en va n&eacute;anmoins ainsi parce que, voyez-vous, j&rsquo;ai cr&eacute;&eacute; cette fichue cave, je l&rsquo;ai cr&eacute;&eacute;e avec Maurizio, les autres ont seulement b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de mon invention&nbsp;!</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; I</span><strong>l est tr&egrave;s rare qu&rsquo;un cin&eacute;aste, d&egrave;s son premier film, d&eacute;couvre lui-m&ecirc;me l&rsquo;image matricielle de son &oelig;uvre. </strong></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font face="Times New Roman" size="3"></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><strong><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></strong>Rien ne dit que mes films futurs prendront la cave pour point de d&eacute;part, mais vous avez raison&nbsp;: les cin&eacute;astes comme moi sont tr&egrave;s rares et puis, m&ecirc;me si le moment-cave doit dispara&icirc;tre, il y aura toujours un substitut de la cave. C&rsquo;est tr&egrave;s important pour moi, cette mystique de la cave, elle me distingue radicalement de mes vils contemporains rousseauistes et de tous ces documentaristes abjects qui estiment que le cin&eacute;ma d&rsquo;aujourd&rsquo;hui doit &ecirc;tre branch&eacute; sur l&rsquo;&eacute;tat du monde et vous vous doutez bien que le monde en question est forc&eacute;ment un pays pauvre, exploit&eacute; et en guerre ou bien un pays riche &agrave; condition qu&rsquo;on en stigmatise la pourriture et l&rsquo;injustice. Alors avant que vous ne me posiez la question, je ne fais pas de cin&eacute;ma engag&eacute; et la cave n&rsquo;est pas une m&eacute;taphore de la conscience moyenne am&eacute;ricaine, non, par ailleurs j&rsquo;ai beaucoup d&rsquo;admiration pour la guerre. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/benutto-2.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><em><font color="#993366">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Marvin Marty quelque semaines avant sa mort</font></em></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><em><font color="#993366"></font></em></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><strong>Vous interdisez toute lecture politique de votre &oelig;uvre&nbsp;? </strong></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font face="Times New Roman" size="3"></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><strong><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></strong>Ainsi que toute lecture symbolique. Ce que je montre doit &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; pour lui-m&ecirc;me, c&rsquo;est une m&eacute;thode de vie, une le&ccedil;on de style et de rythme qui jusque-l&agrave; ont &eacute;t&eacute; surtout illustr&eacute;es par d&rsquo;autres moyens que ceux du cin&eacute;ma. J&rsquo;admire le travail de grands cin&eacute;astes mais ce qu&rsquo;ils ont accompli l&rsquo;est une fois pour toutes, eh oui, j&rsquo;aurais bien aim&eacute; &ecirc;tre Mizogushi, or Mizogushi a d&eacute;j&agrave; exist&eacute; et nul ne peut le lui enlever, le fait d&rsquo;avoir exist&eacute;, m&ecirc;me Marvin Marty qui est adul&eacute; de nos jours, principalement pour de fausses raisons, qui sont n&eacute;anmoins bonnes &agrave; prendre, bref Marvin Marty ferait un bien triste Mizogushi tout simplement parce qu&rsquo;on ne fera pas meilleur Mizogushi que le vrai Mizogushi. Alors cependant je d&eacute;couvre une possibilit&eacute; de faire du cin&eacute;ma totalement neuve puisqu&rsquo;elle m&rsquo;a &eacute;t&eacute; sugg&eacute;r&eacute;e par un g&eacute;nie de la th&eacute;orie musicale que peu de personnes connaissent et qui est aujourd&rsquo;hui tellement constern&eacute; par la marche des &eacute;v&eacute;nements qu&rsquo;il a renonc&eacute; &agrave; toute influence mondiale et se concentre &agrave; pr&eacute;sent sur le meurtre de personnalit&eacute;s du show-business.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><strong>Vous cherchez le salut du cin&eacute;ma en dehors du cin&eacute;ma, &agrave; l&rsquo;image de ceux auxquels vous vous opposez de si vigoureuse mani&egrave;re. </strong></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font face="Times New Roman" size="3"></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><strong><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></strong>C&rsquo;est exact. Il y a en moi un rapport infiniment m&eacute;diat, oblique, au cin&eacute;ma et c&rsquo;est &agrave; croire que l&rsquo;essentiel de ce que je fais consiste en id&eacute;es, en positions philosophiques. Par l&agrave;, vous avez raison de le souligner, je ne suis qu&rsquo;une crapule europ&eacute;enne sans mains et sans sceptre, je me flatte et me paie en discours, je me prends pour un auteur &eacute;galement et je b&acirc;cle certaines parties de mes r&eacute;cits, conscient de la force, de l&rsquo;autorit&eacute; de la mise en sc&egrave;ne. Oui, ce sont des inepties d&rsquo;Europe. Je vous assure que je travaille &agrave; m&rsquo;en d&eacute;tacher. Mais cela prend du temps. Cela exige que l&rsquo;on renonce &agrave; la composition intime de notre d&eacute;sir. Vous savez, je demande &agrave; Dieu chaque jour d&rsquo;&ecirc;tre un bon Am&eacute;ricain, de 1880 disons, il faudrait que je commence &agrave; aligner des films m&eacute;diocres, tout juste charmants, sans me soucier de frapper fort &agrave; chaque plan, sans ce d&eacute;mon qui est le mien de faire de chaque film un diamant brut. J&rsquo;aimerais tant que s&rsquo;instaure une certaine routine qui me permette de respirer le cin&eacute;ma quoique je filme. Howard Hawks le pouvait, lui. Mais comprenez que l&rsquo;&eacute;tat pr&eacute;sent de l&rsquo;industrie cin&eacute;matographique n&rsquo;autorise plus ce libre et d&eacute;sordonn&eacute; d&eacute;veloppement d&rsquo;un temp&eacute;rament g&eacute;nial, elle sanctionne chaque &eacute;chec et commercial et artistique, et puisque nous &eacute;voquions l&rsquo;Europe, je vous dirais que l&rsquo;&oelig;uvre de Balzac, somme parfaite dont les parties sont in&eacute;galement trait&eacute;es, est pour moi exemplaire. Ce type d&rsquo;accomplissement, seuls un temps et un lieu tr&egrave;s pr&eacute;cis l&rsquo;autorisent&nbsp;: il faut la conjonction remarquable de trois facteurs, le cr&eacute;puscule du mage-litt&eacute;rateur romantique, l&rsquo;explosion du lectorat bourgeois, l&rsquo;av&egrave;nement du feuilleton sensationnel, et Balzac se tenait l&agrave;, au milieu de ces trois merveilleuses possibilit&eacute;s historiques, il lui a suffi d&rsquo;introduire le plus beau th&egrave;me du roman&nbsp;: l&rsquo;argent. Marvin Marty a commenc&eacute; le m&eacute;tier en 1971, de quoi dispose-t-il pour reposer son g&eacute;nie imp&eacute;tueux&nbsp;? Rien, rien ne me permet de t&acirc;tonner, d&rsquo;essuyer des rebuffades, d&rsquo;&eacute;chouer, de cumuler les outrances dans tous les registres. Je dois me conformer au profil d&eacute;fini par les critiques europ&eacute;ens&nbsp;: un auteur &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre s&eacute;lective. Notre ami et contemporain Stanley Kubrick, si je le compare &agrave; Howard Hawks, est peut-&ecirc;tre tout aussi g&eacute;nial mais en un sens il est aussi racorni et &eacute;touffant que Flaubert l&rsquo;&eacute;tait lorsqu&rsquo;on le compare &agrave; Balzac. Peu d&rsquo;&oelig;uvres, toutes violemment stylis&eacute;es, frisant le grotesque, r&eacute;v&eacute;lant une haine du moyen et de l&rsquo;anonyme, typique du bourgeois parvenu hant&eacute; par son origine, celui qui veut tant ressembler &agrave; l&rsquo;aristocrate qu&rsquo;il en hyst&eacute;rise ce qu&rsquo;il croit &ecirc;tre sa vision, et je crois qu&rsquo;un v&eacute;ritable aristocrate ne rechigne jamais &agrave; la simple joie de repr&eacute;senter sans aff&eacute;teries les choses de ce monde. Oui, n&rsquo;oubliez pas que le premier naturalisme &eacute;tait une invention d&rsquo;aristocrates.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><strong>Etes-vous un aristocrate&nbsp;?</strong></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font face="Times New Roman" size="3"></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Je suis un bourgeois. En art aussi, je suis un bourgeois, et ce n&rsquo;est pas si dramatique. J&rsquo;allais vous parler de cet homme, g&eacute;nie de la th&eacute;orie musicale, qui, je vous le r&eacute;p&egrave;te, est avec Maurizio mon guide spirituel. C&rsquo;est un aristocrate am&eacute;ricain, en d&eacute;pit de toute vraisemblance historique, c&rsquo;est m&ecirc;me le plus aristocratique de tous les hommes, du moment que l&rsquo;aristocratie cesse d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;valu&eacute;e selon la propri&eacute;t&eacute; fonci&egrave;re ou les rites de la chevalerie. Un aristocrate depuis au moins cinq si&egrave;cles, &ccedil;a n&rsquo;est gu&egrave;re plus qu&rsquo;un formidable d&eacute;tachement du monde, la plus brave libert&eacute; du go&ucirc;t qui est le sens du naturel, pas celui de la brillance comme on le croit g&eacute;n&eacute;ralement, non le naturel fluide et &eacute;l&eacute;gant. Je ne m&eacute;prise pas du tout l&rsquo;outrance du style, le flamboiement de l&rsquo;imaginaire&nbsp;: je les consid&egrave;re pour ce qu&rsquo;ils sont, un g&eacute;nie bourgeois, le g&eacute;nie du bourgeois malheureux. Mon ami Randall Webb en est fort &eacute;loign&eacute;. Sa th&eacute;orie du Psycho-Batave s&rsquo;articule principalement autour de l&rsquo;imp&eacute;ratif de &laquo;&nbsp;joie harmonique mesur&eacute;e&nbsp;&raquo;, n&rsquo;y voyez pas un paradoxe, car c&rsquo;est une tentative, difficile, de borner le go&ucirc;t, et nul autre qu&rsquo;un aristocrate n&rsquo;a ce genre de souci, vous comprenez. Cette censure est radicalement esth&eacute;tique. Certes, le repli dans l&rsquo;esth&eacute;tique pure a souvent &eacute;t&eacute; analys&eacute; comme une ruse de la raison historique, un geste faussement aristocratique puisqu&rsquo;il consolide la volont&eacute; bourgeoisie de tenir l&rsquo;artiste &eacute;loign&eacute; des probl&egrave;mes pratiques. Je r&eacute;torque &agrave; cela que quand bien m&ecirc;me il y aurait ruse de la raison, il n&rsquo;est pas indigne et contre-nature pour un aristocrate de consentir &agrave; cette r&eacute;cup&eacute;ration, s&rsquo;il s&rsquo;assure ainsi la possibilit&eacute; de toujours cr&eacute;er. Mon ami Randall Webb ne craint pas d&rsquo;&ecirc;tre la pute de quiconque, il accepte d&rsquo;&ecirc;tre un jouet, un hochet, il ne se rebelle pas contre le processus historique qui va &agrave; l&rsquo;encontre d&rsquo;&ecirc;tres tels que lui. Un jour, mon ami Randall Webb sera le plus loyal serviteur de l&rsquo;ordre et des puissants, lui et moi le savons, et nul ne l&rsquo;en bl&acirc;me.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><strong>Quand vous soulignez l&rsquo;influence de Randall Webb sur votre travail, se limite-t-elle &agrave; une r&eacute;f&eacute;rence th&eacute;orique&nbsp;? </strong></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font face="Times New Roman" size="3"></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><strong><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></strong>Je ne laisserai jamais Randall d&eacute;cider de quoi que ce soit sur un tournage&nbsp;! Et encore moins lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;&eacute;criture d&rsquo;un sc&eacute;nario&nbsp;! Randall Webb ne conna&icirc;t ni la rigueur ni la m&eacute;thode, deux qualit&eacute;s h&eacute;las indispensables &agrave; la fabrication d&rsquo;un film. L&rsquo;essentiel chez Randall, c&rsquo;est qu&rsquo;il est un vivier d&rsquo;intuitions esth&eacute;tiques, et il faudra toujours des &ecirc;tres plus raisonnables que lui pour en tirer du solide. Vous savez, Webb se moque bien du film de cave, parce que &ndash;c&rsquo;est ce qu&rsquo;il pense du moins- c&rsquo;&eacute;tait &agrave; pr&eacute;voir, je veux dire que le film de cave, dans l&rsquo;optique de Webb, ce n&rsquo;est gu&egrave;re que le d&eacute;veloppement cin&eacute;matographique du Psycho-Batave. Evidemment, le film de cave ne se r&eacute;sume pas &agrave; cela. Randall et moi, nous nourrissons cependant un projet, de stricte ob&eacute;dience Psycho-Batave cette fois&nbsp;: un film de tapirs. Randall raffole de ce genre d&eacute;suet qui avait fait les beaux jours de l&rsquo;industrie cin&eacute;matographique n&eacute;o-z&eacute;landaise entre 1960 et 1966. J&rsquo;avoue que pour ma part, je tiens <em>Tapir Twist A Gogo</em> pour un film sup&eacute;rieur &agrave;, disons, <em>Andrei Roublev</em>.</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span><strong>Et vous r&eacute;unirez autour de ce projet le casting ambitieux de Keep The Wine Alive&nbsp;? </strong></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><font face="Times New Roman" size="3"></font></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><strong><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span></strong>Ah&nbsp;! Ah&nbsp;! Jon Voight attaqu&eacute; par des tapirs, &ccedil;a ne manque pas d&rsquo;allure&nbsp;!... Pourquoi pas&hellip; Vous souhaiteriez que je vous r&eacute;v&egrave;le la mani&egrave;re dont Marvin Marty a convaincu Gene Hackman, Liv Ulman et Jon Voight de participer &agrave; son film, et surtout comment s&rsquo;y est-il pris pour rester n&eacute;anmoins dans les limites de son budget&nbsp;? Hmm&hellip; Le d&eacute;sir de savoir am&egrave;ne parfois l&rsquo;&ecirc;tre humain&hellip; &agrave; se d&eacute;fausser de ce qui p&egrave;se&hellip; sur ses actions, sur ses paroles&hellip; il recouvre alors une libert&eacute; de man&oelig;uvre stup&eacute;fiante, il &hellip; il se livre, avec fr&eacute;n&eacute;sie, aux transports de celui qui d&eacute;tient le savoir, et ma ch&eacute;rie, c&rsquo;est moi qui le d&eacute;tiens, oui, c&rsquo;est moi qui sais et&hellip; mettez-vous nue, c&rsquo;est la condition, oui, vous devez vous mettre nue et l&agrave;, je parlerai&hellip; vous ne voulez pas&nbsp;?... bien&hellip; vous allez le publier&nbsp;?</font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>&nbsp;&nbsp; O</strong></span><strong>n fera des coupes, M. Marty.</strong></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Oui&hellip; Vous pouvez inventer pour ce qui regarde le casting, je m&rsquo;en fous pas mal &agrave; vrai dire&hellip;Maintenant, vous d&eacute;gagez. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3"></font></p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 19 Jun 2006 00:48:41 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">49a3b81e5fd97168298d3a2d925fcf64</guid>
                <category>Cinéma PB</category>        <comments>http://www.jeanpop2.com/article-3048338-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Marvin Marty et le film de cave]]></title>
        <link>http://www.jeanpop2.com/article-2801861.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><u><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">1. La Naissance </font></span></u></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><u><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman"></font></span></u></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">En 1964, Marvin Marty, adolescent gauche et impopulaire, &eacute;tudie le cin&eacute;ma &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Virginie. Il ne montre gu&egrave;re de disposition pour les comp&eacute;titions sportives, encore moins pour les batailles &eacute;lectorales et ne parvient pas &agrave; int&eacute;grer la moindre fraternit&eacute;&nbsp;: m&ecirc;me &eacute;tudiant de troisi&egrave;me ann&eacute;e, il est rituellement insult&eacute; par les nouveaux venus qui gagnent ainsi le droit de rentrer dans leurs clubs respectifs. Marvin Marty sait au fond de lui-m&ecirc;me que ces rebuffades tendent &agrave; prouver qu&rsquo;il ne finira pas sa vie dans la peau d&rsquo;un <em>square</em> et qu&rsquo;elles le destinent en outre &agrave; devenir une L&eacute;gende dans son Etat natal. C&rsquo;est pourquoi Marvin Marty devient le premier organiste des inoubliables Talismen. Or ceux-ci ne pouvant souffrir sa laideur et son grand &acirc;ge (23 ans) l&rsquo;&eacute;vincent avant l&rsquo;enregistrement du l&eacute;gendaire &laquo;&nbsp;She Was Good&nbsp;&raquo; dont il co-signe n&eacute;anmoins les paroles. Cet &eacute;chec signe le d&eacute;but de son implication totale et effr&eacute;n&eacute;e dans la connaissance et la pratique du cin&eacute;ma. Marvin Marty, qui a tr&egrave;s t&ocirc;t constat&eacute; chez lui l&rsquo;absence de tout charisme, songe combien douce et ferme doit &ecirc;tre la sexualit&eacute; d&rsquo;un metteur en sc&egrave;ne quand on la compare au brusque d&eacute;cha&icirc;nement de la sexualit&eacute; d&rsquo;une L&eacute;gende dans son Etat natal. Cette pens&eacute;e tiendra lieu de consolation et bient&ocirc;t de credo esth&eacute;tique. En 1981, sur le tournage de son dernier long m&eacute;trage <em><u>Have Some More Wine, Suzy Joe</u></em>, Marvin Marty, que la mort va faucher dans quelques mois, d&eacute;clare&nbsp;: &laquo;&nbsp;Oui, l&rsquo;instant Psycho-batave m&rsquo;a toujours fui. A la place, j&rsquo;ai impos&eacute; une rigueur et une concentration, qui, elles, ont au contraire toujours fui mes mod&egrave;les.&nbsp;&raquo; Marvin Marty puise l&rsquo;essentiel de ses r&eacute;f&eacute;rences dans le cin&eacute;ma de la MGM et dans celui de la RKO. Il m&eacute;conna&icirc;t ou affecte de m&eacute;conna&icirc;tre les cin&eacute;mas europ&eacute;en et asiatique, &agrave; l&rsquo;exception de Mario Bava et d&rsquo;Akira Kurozawa. Plus saillant, il se tient &agrave; l&rsquo;&eacute;cart des d&eacute;bats th&eacute;oriques qui passionnent alors ses camarades et pendant que le journal des &eacute;tudiants glose sur Robert Bresson et la morale franciscaine du travelling avant, Marvin Marty, coca&iuml;nomane d&egrave;s l&rsquo;&eacute;t&eacute; 1966, se repa&icirc;t de films de cavalerie et de pirates des Mers du sud. L&rsquo;expression d&rsquo;une &eacute;thique ou d&rsquo;une m&eacute;taphysique, l&rsquo;invention de formes ou de continuums, la r&eacute;v&eacute;lation d&rsquo;un inconscient individuel ou collectif, sont des questions trop difficiles pour Marvin Marty. Le r&eacute;alisateur de <em><u>Sad Was The Wine</u></em> a toujours protest&eacute; avec beaucoup de modestie que son travail consistait surtout &agrave; faire poser la main sur son c&oelig;ur &laquo;&nbsp;mais pas &agrave; la mani&egrave;re des hippies&nbsp;&raquo;. Heureux compatriote d&rsquo;Errol Flynn, Marvin Marty ne dispose pas du moindre concept critique et peine &agrave; composer ses dissertations lors des examens. On lui reproche de ne pas conna&icirc;tre Glauber Rocha et Paul Morrissey, il r&eacute;torque &agrave; ses professeurs que &laquo;&nbsp;ces gars-l&agrave; trouveront la mort &agrave; El Paso, sous le double assaut de Warren Oates et de Victor Mature. Quant &agrave; Francis Truffaut, je ne tol&egrave;re pas qu&rsquo;on fasse confiance &agrave; un type qui parle du nez.&nbsp;&raquo; Afin de d&eacute;crocher son dipl&ocirc;me de fin d&rsquo;&eacute;tudes, Marvin Marty doit r&eacute;ussir au moins son court m&eacute;trage, s&rsquo;il veut rattraper les notes d&eacute;sastreuses obtenues en histoire et th&eacute;orie du cin&eacute;ma. H&eacute;las, l&rsquo;&oelig;uvre est conspu&eacute;e par le jury de professeurs et brocard&eacute;e par la quasi-totalit&eacute; des &eacute;l&egrave;ves. Elle &eacute;nonce pourtant, sur un mode fruste, les pr&eacute;occupations futures de Marvin Marty. On y voit un homme d&rsquo;&acirc;ge m&ucirc;r en jeans et casquette de base-ball descendre avec entrain les quelques marches qui m&egrave;nent &agrave; la cave. L&rsquo;homme &eacute;claire l&rsquo;endroit avec une torche et examine quelques bouteilles. Il para&icirc;t avoir choisi la bonne quand son visage, qui respirait jusque l&agrave; la jovialit&eacute;, devient pensif et grave. Sa femme l&rsquo;appelle, les invit&eacute;s sont arriv&eacute;s. On entend l&rsquo;un d&rsquo;eux dire une plaisanterie, qui amuse beaucoup la ma&icirc;tresse de maison, manifestement nerveuse puisque la plaisanterie est idiote. L&rsquo;homme dans la cave, apr&egrave;s h&eacute;sitation, repose la bouteille, en saisit une autre, puis se recompose un visage affable au moment d&rsquo;ouvrir la porte de la cuisine. </font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">On l&rsquo;a compris, c&rsquo;est dans ce travail d&rsquo;&eacute;tudiant qu&rsquo;appara&icirc;t la s&eacute;quence matricielle et s&eacute;minale du genre cin&eacute;matographique dont Marvin Marty allait &ecirc;tre le fondateur et qu&rsquo;on appellerait plus tard le <strong><em>film de cave</em></strong>. Les ann&eacute;es &agrave; venir verraient Martin Marvy, homme de constance, reprendre en la faisant varier puis s&rsquo;amplifier cette courte s&eacute;quence o&ugrave; s&rsquo;invente un alliage in&eacute;dit et bouleversant de truculence et de m&eacute;lancolie. Ce compos&eacute; d&rsquo;affects trouv&eacute;, Marvin Marty d&eacute;veloppa &agrave; partir de lui de profondes ramifications dans l&rsquo;Histoire, la morale et l&rsquo;esth&eacute;tique. L&rsquo;image ou plut&ocirc;t la s&eacute;quence d&rsquo;images prouva une telle puissance que, par la suite, pas un film de cave, sign&eacute; Marvin Marty ou pas, n&rsquo;osa s&rsquo;en d&eacute;fausser. La projection, donc, suscite un toll&eacute; aupr&egrave;s du jury et des spectateurs. Somm&eacute; de commenter son travail, Marvin Marty avance l&rsquo;id&eacute;e que son film est en priorit&eacute; adress&eacute; aux peuples mexicain et australien, que par cons&eacute;quent il ne peut en vouloir &agrave; &laquo;&nbsp;une bande de p&eacute;d&eacute;s progressifs&nbsp;&raquo; de passer &agrave; c&ocirc;t&eacute; du v&eacute;ritable g&eacute;nie de son cin&eacute;ma. L&rsquo;arrogance de Marvin Marty n&rsquo;impressionne gu&egrave;re et chacun pense avoir affaire &agrave; un sinistre imb&eacute;cile qui n&rsquo;a rien de trouv&eacute; de mieux pour cacher son manque d&rsquo;instruction et sa d&eacute;confiture que d&rsquo;employer des termes pseudo &eacute;sot&eacute;riques. Chacun sauf Maurizio Benutto. Ce dernier, qui enseigne la direction artistique &agrave; un public essentiellement f&eacute;minin, est tout de suite sensible &agrave; l&rsquo;utilisation sup&eacute;rieurement signifiante que fait l&rsquo;&eacute;tudiant du lieu-cave&nbsp;; s&rsquo;il conc&egrave;de &agrave; ses coll&egrave;gues que la narration est insaisissable, il souligne le &laquo;&nbsp;sens aigu et po&eacute;tique du lieu&nbsp;&raquo; qui sourd chez le jeune Marvin Marty et explique que le cin&eacute;ma n&rsquo;a pas encore confi&eacute; sa propre clef au lieu, qui lui apprendrait &agrave; ne d&eacute;pendre que de lui pour enclencher la grande cha&icirc;ne des associations imaginatives, rien n&rsquo;interdisant &agrave; l&rsquo;esprit, bien apr&egrave;s que le lieu est sorti du cadre, &agrave; remplir de ses flux secrets le tableau fait espace. &laquo;&nbsp;En Italie, mes gros messieurs, <em>tout le monde</em> sait cela&nbsp;&raquo;. L&rsquo;amiti&eacute; entre Marvin Marty et Maurizio Benutto est scell&eacute;e &agrave; l&rsquo;issue de la projection. Avec l&rsquo;appui et les conseils de Benutto, Marvin Marty r&eacute;alisera son premier long-m&eacute;trage entre 1967 et 1969. Le professeur italien non seulement prodigue son immense exp&eacute;rience du plateau de cin&eacute;ma mais surtout procure via de tr&egrave;s nombreuses et bonnes relations le n&eacute;cessaire soutien financier. Marvin Marty a l&rsquo;id&eacute;e de r&eacute;unir un casting familial, qui vaudra d&rsquo;ailleurs au film d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;reint&eacute; pour son interpr&eacute;tation approximative. Il s&rsquo;occupe seul de la mise en sc&egrave;ne, du choix des objectifs et du montage, et abandonne &agrave; Maurizio Benutto la lumi&egrave;re et les costumes. Or, comme le confessera ce dernier &laquo;&nbsp;la cave me donnait ses instructions, et j&rsquo;avais toujours &agrave; l&rsquo;esprit l&rsquo;essai de Marvin quand il &eacute;tait &eacute;tudiant&nbsp;&raquo;. Apr&egrave;s avoir fond&eacute; leur propre soci&eacute;t&eacute; de production, <em>Darius Super Movies</em>, dont les capitaux proviennent des hypoth&egrave;ques de Benutto, les deux trouvent un distributeur chez Paramount. En 1971 les spectateurs am&eacute;ricains du monde entier peuvent enfin voir le r&eacute;sultat de trois ann&eacute;es de recherche et de labeur, la premi&egrave;re mise en sc&egrave;ne de Marvin Marty&nbsp;: <strong><em>Afternoon Of The Wine</em></strong>.</font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/seventies3.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman" color="#ff0000" size="3"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<font size="2">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Maurizio Benutto (&agrave; gauche) avec Dennis Wilson (en noir) et des amis</font></em></font></span></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><strong><u><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman"></font></span></u></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><strong><u><span style="FONT-SIZE: 14pt"><font face="Times New Roman">2. La Gloire&nbsp;</font></span></u></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><strong><em>Afternoon Of The Wine </em></strong>est un film complexe, qui ne pr&eacute;sente pas la limpidit&eacute; des chefs-d&rsquo;&oelig;uvre ult&eacute;rieurs. A la s&eacute;quence matricielle s&rsquo;est greff&eacute;e le long d&eacute;jeuner au cours duquel le couple d&rsquo;h&ocirc;tes r&eacute;v&eacute;lera le drame qui le mine. La femme s&rsquo;effondre la premi&egrave;re, alors qu&rsquo;on la f&eacute;licite pour sa salade d&rsquo;ananas,<span style="mso-spacerun: yes">&nbsp; </span>puis c&rsquo;est au tour du mari, qui, pendant qu&rsquo;il partage une bi&egrave;re avec ses vieux camarades de chambr&eacute;e, remarque les initiales de son fils grav&eacute;es dans l&rsquo;&eacute;corce d&rsquo;un s&eacute;quoia. Le p&egrave;re, dans un long plan fixe, raconte comment jeune, son propre p&egrave;re l&rsquo;emmenait en for&ecirc;t et lui apprenait &agrave; identifier les empreintes laiss&eacute;es par les renards et les ours&nbsp;; malgr&eacute; toute sa d&eacute;termination, il ne donna jamais satisfaction &agrave; son p&egrave;re&nbsp;; son fils, qui re&ccedil;ut le m&ecirc;me enseignement de son grand-p&egrave;re, se montra plus dou&eacute; et, &agrave; son tour, se chargea d&rsquo;instruire son p&egrave;re&nbsp;; &laquo;&nbsp;moi, conclut le p&egrave;re, je lui laissais m&rsquo;apprendre quelque chose que mon p&egrave;re d&eacute;sesp&eacute;rait de me faire entendre, il n&rsquo;avait pas neuf ans qu&rsquo;il me donnait des le&ccedil;ons comme mon p&egrave;re avant lui, il en savait plus long que moi&hellip; ces foutues empreintes, &agrave; quoi elles peuvent bien lui servir maintenant &hellip; bon dieu j&rsquo;aurais au moins pu lui apprendre quelque chose &hellip;&nbsp;&raquo;. Arc-bout&eacute; sur le processus de refoulement qu&rsquo;il d&eacute;crit, Marvin Marty donne finalement peu de r&eacute;sonance &agrave; l&rsquo;&eacute;pisode de la mort et &agrave; son &eacute;vocation&nbsp;; les invit&eacute;s fonctionnent comme de purs signes de la convivialit&eacute; et pas encore comme des personnes de chair capables de compassion ou de col&egrave;re. La s&eacute;cheresse du dispositif constitue certes un motif durable de fascination pour <strong><em>Afternoon Of The Wine</em></strong> mais Marvin Marty ne mesure qu&rsquo;obscur&eacute;ment les d&eacute;veloppements th&eacute;matiques et picturaux sugg&eacute;r&eacute;s par la cave. D&rsquo;autres le lui r&eacute;v&eacute;leront. En effet, en 1971 et 1972, de jeunes r&eacute;alisateurs comme Vern Matthews, Graham Lemon ou Johnny Bo Lafollette mettent en sc&egrave;ne des drames psychologiques, se d&eacute;roulant dans un cadre de franche convivialit&eacute;, avec notations v&eacute;ristes, chacun prenant source dans une sc&egrave;ne inaugurale qui montre un homme d&rsquo;&acirc;ge m&ucirc;r descendre dans une cave pour y choisir une bouteille de vin. La proximit&eacute; de vision est telle que le grand critique new-yorkais Pauline Kael n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; parler d&rsquo;une &eacute;cole dont le chef de file serait Marvin Marty&nbsp;: &laquo;&nbsp;toutes ses &oelig;uvres, &agrave; leur mani&egrave;re vaporeuse, d&eacute;finissent une zone affective o&ugrave; tous les &eacute;tats du sentiment et la totalit&eacute; des types de passage de l&rsquo;un &agrave; l&rsquo;autre se trouvent rassembl&eacute;s. Ceux qui ne voient l&agrave; qu&rsquo;un nouvel avatar du style McWellback, pour ce qui regarde la conduite du r&eacute;cit et la direction artistique, doivent mieux observer les traits d&rsquo;intensit&eacute; qui jaillissent &ccedil;a et l&agrave;&nbsp;: l&rsquo;anecdote du p&egrave;re, bien s&ucirc;r, mais aussi la couleur criante de la salade d&rsquo;ananas. Au vu de la r&eacute;p&eacute;tition du m&ecirc;me motif liminaire, la descente dans la cave, dans chacune de ces &oelig;uvres, il me para&icirc;t &eacute;vident de d&eacute;signer cette nouvelle &eacute;cole comme celle du <strong><em>film de cave</em></strong>, et je suis s&ucirc;re que la nouveaut&eacute; inaugur&eacute;e par ces &oelig;uvres, trop r&ecirc;che pour le grand public, ne sera recevable que dans dix ans, quand le cin&eacute;ma commercial modifiera ses formules&nbsp;&raquo;. Marvin Marty et Maurizio Benutto entament donc avec certitude la r&eacute;alisation de leur second long-m&eacute;trage, qui sera leur premier chef-d&rsquo;&oelig;uvre&nbsp;: <strong><em>Keep The Wine Alive</em></strong> (1973). Cette fois, l&rsquo;h&eacute;sitation du p&egrave;re (Gene Hackman), au moment de choisir la bouteille, a disparu&nbsp;; son attitude se maintient &eacute;gale, m&ecirc;me apr&egrave;s l&rsquo;aveu, tandis que la femme (Liv Ullmann) pleure dans les bras d&rsquo;une amie&nbsp;; l&rsquo;obstination du p&egrave;re rend celui-ci plus path&eacute;tique et se nourrit de fa&ccedil;on d&eacute;risoire de la b&ecirc;tise de son beau-fr&egrave;re Lyle (Jon Voight), qui ne comprend gu&egrave;re ce qui se passe autour de lui. La cam&eacute;ra voudrait &eacute;pouser l&rsquo;&eacute;galit&eacute; d&rsquo;humeur, &eacute;galit&eacute; factice, du p&egrave;re et multiplie les inserts contemplatifs&nbsp;: la bouteille de vin, la batte de base-ball, le plant de tomates, le cendrier, le linge accroch&eacute; aux fils. Au trembl&eacute; de l&rsquo;image qui caract&eacute;risait <strong><em>Afternoon Of The Wine</em></strong>, <strong><em>Keep The Wine Alive</em></strong> substitue une immobilit&eacute; zen, dont le contact avec l&rsquo;injustice du drame s&rsquo;av&egrave;re tr&egrave;s efficace. Confront&eacute;s au p&egrave;re, tous les invit&eacute;s sont contraints de m&eacute;diter leur rapport affectif &agrave; l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement, ce qui, pour pallier l&rsquo;un des d&eacute;fauts du film pr&eacute;c&eacute;dent, suffit &agrave; leur donner chair. </font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-INDENT: 35.4pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman" size="3">L&rsquo;acteur fran&ccedil;ais Michel Piccoli, alors aux Etats-Unis, se souvient du choc que lui cause la vision de <strong><em>Keep The Wine Alive</em></strong>&nbsp;: &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai moi aussi une cave, et je saisis parfaitement ce qui peut se jouer dans des moments pareils. Marvin Marty l&rsquo;a compris comme d&rsquo;autres mais il a &eacute;t&eacute; le premier &agrave; ordonner cette intuition en termes de spectacle.&nbsp;&raquo; En 1974, autour du casting form&eacute; par Gene Hackman toujours, Meryl Streep et John Cazale, Marvin Marty cr&eacute;e son plus beau film, celui qui reste comme la r&eacute;f&eacute;rence du <em>film de cave</em>&nbsp;: <strong><em>Sad Was The Wine</em></strong>. Il est malais&eacute; aujourd&rsquo;hui de mesurer les r&eacute;percussions esth&eacute;tiques de cette &oelig;uvre tant le cin&eacute;ma mainstream contemporain a fait siens les principaux choix formels qui sont contenus en elle. Marvin Marty a consid&eacute;rablement enrichi son dispositif, tout en se privant de la ficelle m&eacute;lodramatique de l&rsquo;aveu qui assurait la dramaturge des deux &oelig;uvres pr&eacute;c&eacute;dentes. La mort du fils est connue de tous les personnages comme l&rsquo;attestent le portrait et les cierges montr&eacute;s tout de suite apr&egrave;s la s&eacute;quence de la cave. Le fr&egrave;re de Meryl Streep n&rsquo;est plus un idiot, seulement un psychotique, sans doute amoureux de sa s&oelig;ur. Le p&egrave;re donne lieu &agrave; des sc&egrave;nes de com&eacute;die &agrave; la John Ford, lorsqu&rsquo;il est aux prises avec son irascible voisin. Le drame ne progresse pas de mani&egrave;re lin&eacute;aire, mais c&rsquo;est par &eacute;clairs que la d&eacute;tresse du couple nous atteint, souvent par symboles&nbsp;: telle paire de chaussures, tel fanion universitaire aper&ccedil;u dans la cave, un langoureux travelling allant du plat de pommes frites au rebord d&rsquo;une fen&ecirc;tre ouverte en passant par la goutti&egrave;re, et tout culmine dans cette magnifique sc&egrave;ne o&ugrave; Gene Hackman et Meryl Streep dansent au son de &laquo;&nbsp;Please Stay&nbsp;&raquo; de The Cryin&rsquo; Shames, sous la vo&ucirc;te &eacute;toil&eacute;e, avec le rougeoiement des braises du barbecue. La splendeur du film repose justement sur son tempo tr&egrave;s particulier, compos&eacute; d&rsquo;acc&eacute;l&eacute;rations, d&rsquo;abandons et d&rsquo;instants de pl&eacute;nitude, tous les rythmes de la vie. Les spectateurs, la presse puis les Oscars ont amplement consacr&eacute; le film. Jamais plus Marvin Marty ne s&rsquo;approchera &agrave; ce point de la pure abstraction musicale. Min&eacute; par le sentiment de perte et le doute religieux, en proie &agrave; d&rsquo;inqui&eacute;tantes visions qui r&eacute;guli&egrave;rement l&rsquo;obligent &agrave; abandonner son travail (comme cet apr&egrave;s-midi d&rsquo;automne, o&ugrave; se promenant en compagnie d&rsquo;une femme italienne, Marvin Marty voit soudain un gigantesque halt&egrave;re d&eacute;valer la colline et le poursuivre), Marvin Marty op&egrave;re &agrave; partir de <strong><em><u>Leave The Wine On The Table</u></em></strong> (1975) un recentrage sur la psychologie et le dialogue. D&rsquo;une &eacute;criture brutale, torrentielle, le film est enti&egrave;rement tiss&eacute; des monologues des cinq personnages principaux. Chacun d&rsquo;eux en partant d&rsquo;une anecdote va retracer sa vie, ce qu&rsquo;il pense avoir &eacute;t&eacute; sa vie, ce dont cette vie a manqu&eacute; pour &ecirc;tre satisfaisante. Comme chacun est un personnage dans le r&eacute;cit de l&rsquo;autre, le spectateur note les diff&eacute;rences de perception et les aveuglements respectifs au d&eacute;sir d&rsquo;autrui. En fin de repas, c&rsquo;est le fant&ocirc;me du fils disparu qui s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve et prononce la damnation du monde des vivants&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je ne sache pas de civilisation qui n&rsquo;ait ruin&eacute; son accomplissement. Le moment Psycho-batave est pass&eacute;, mais qu&rsquo;avez-vous fait pour le retenir&nbsp;?&nbsp;Non, laissez le vin sur la table&nbsp;! &raquo;. Le film a mis du temps avant d&rsquo;&ecirc;tre appr&eacute;ci&eacute; &agrave; sa juste valeur&nbsp;; les inconditionnels de <strong><em><u>Sad Was The Wine</u></em></strong>, certes se sont raccroch&eacute;s aux pr&eacute;sences de Gene Hackman et de Meryl Streep, mais la virtuosit&eacute; et la musique ont ici c&eacute;d&eacute; le pas &agrave; d&rsquo;aust&egrave;res et d&rsquo;implacables d&eacute;luges verbaux. Aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est la discipline-m&ecirc;me du dipositif, les &eacute;chos subtils entre les monologues, l&rsquo;ampleur th&eacute;matique de chacun d&rsquo;eux qui forcent l&rsquo;admiration.</font></p>
<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/seventies_4.jpg" /></p>
<p><font color="#ff0000"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<font size="2">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</font><font size="1">Le film de cave,&nbsp;seconde g&eacute;n&eacute;ration&nbsp;:&nbsp;Levon Lewiskevic&nbsp;et Andy Melon</font></em></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><font face="Times New Roman"><font size="3"></font></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><font face="Times New Roman"><font size="3">3. </font><strong><u><span style="FONT-SIZE: 14pt">La Chute</span></u></strong></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span style="mso-tab-count: 1">&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </span>Au d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e 1976, le film de cave est devenu le genre majeur du cin&eacute;ma mondial. Outre les Etats-Unis, le Japon, l&rsquo;Italie, l&rsquo;Angleterre, le Danemark, l&rsquo;Australie, l&rsquo;Egypte et le Chili apportent leurs lots de merveilles, qui pour la plupart raflent prix et r&eacute;compenses dans les festivals. Bref, le film de cave est &agrave; la mode, chaque studio veut produire son film de cave, chaque cha&icirc;ne de t&eacute;l&eacute;vision veut sa s&eacute;rie de cave, des chanteurs de vari&eacute;t&eacute; sont impos&eacute;s par la production au g&eacute;n&eacute;rique des films de cave, la presse &eacute;crite consacre des hors-s&eacute;rie tr&egrave;s document&eacute;s au film de cave, m&ecirc;me les compagnies th&eacute;&acirc;trales montent des pi&egrave;ces de cave. Dans ce contexte tapageur, Marvin Marty est l&rsquo;homme le plus sollicit&eacute; de la plan&egrave;te. Seulement, plusieurs ann&eacute;es de coca&iuml;ne ont rendu l&rsquo;homme farouche, hostile &agrave; toute compromission, peu enclin au partage d&eacute;mocratique de ses id&eacute;es. C&rsquo;est pourtant sur le plateau du <em>Saturday Night Live</em>, le 20 juin 1976, que Marvin Marty appara&icirc;t pour la premi&egrave;re fois en public, aux c&ocirc;t&eacute;s de son agent et de son directeur spirituel. L&rsquo;entretien se d&eacute;roule sans accrocs jusqu&rsquo;&agrave; cette innocente question&nbsp;: &laquo;&nbsp;Pensiez-vous que le film de cave allait &ecirc;tre populaire au point que trois films de cave, dont votre dernier, <strong><em><u>Leave The Wine On The Table</u></em></strong>, tr&ocirc;nent au box-office&nbsp;?&nbsp;&raquo;. R&eacute;ponse de Marvin Marty&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je n&rsquo;aime pas le peuple. Je pr&eacute;f&egrave;re les tapirs. Je vous apport&eacute; un calendrier, que j&rsquo;ai fait, o&ugrave; Maurizio Benutto et sa femme posent nus au milieu de tapirs. C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai de mieux &agrave; offrir. Vous m&rsquo;en prenez cent et je vous laisse un tapir royal. Qu&rsquo;en dites-vous&nbsp;? Ne m&rsquo;obligez pas &agrave; vous donner la bastonnade, parce que je ne vous aime pas vous non plus, votre t&ecirc;te ne me revient pas, je suis s&ucirc;r que vos enfants se comportent comme des porcs, ah&nbsp;! finalement vous n&rsquo;aurez pas mon calendrier, amenez-moi le producteur, le pr&eacute;sident de la cha&icirc;ne, je veux leur expliquer que j&rsquo;&eacute;l&egrave;ve une race de tapirs meurtriers, ils me v&eacute;n&egrave;rent et je les aime comme mes fils, une fois entra&icirc;n&eacute;s, nous d&eacute;vasterons des villes et des Etats, nous nous emparerons de la Maison Blanche et alors je t&eacute;l&eacute;phonerai &agrave; Brejnev&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Hm&hellip; Hi Leonid&nbsp;! Fait-on des films de cave en URSS&nbsp;? &hellip; Non&nbsp;? Alors tu peux dire adieu &agrave; tes champs de seigle, barine, car je lance les tapirs meurtriers sur ton pays &hellip; oui, je suis le nouveau Pr&eacute;sident des Etats-Unis &hellip; non, je n&rsquo;ai pas &eacute;t&eacute; &eacute;lu &hellip;il n&rsquo;y a pas de premi&egrave;re Dame, non &hellip; Eh&nbsp;! Tu &eacute;coutes quoi sur ta sono&nbsp;? &hellip;The Talismen&nbsp;! Yeah&nbsp;!... En Russie, tout le monde &eacute;coute The Talismen&nbsp;?!... Non, le groupe s&rsquo;est s&eacute;par&eacute;&hellip; Si je peux les r&eacute;unir&nbsp;? C&rsquo;est impossible, Leonid, ils n&rsquo;ont plus la force ni la conviction &hellip; Je ferai ce que je peux, bye Leonid.&nbsp;&raquo;&nbsp;&raquo;. Marvin Marty sera condamn&eacute; pour obsc&eacute;nit&eacute;s sur la voie publique et atteint &agrave; la s&ucirc;ret&eacute; de l&rsquo;Etat. Sa caution s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve &agrave; 200&nbsp;000 dollars. Les r&eacute;percussions de la perte de contr&ocirc;le de Marvin Marty sur les rentr&eacute;es &eacute;conomiques du film de cave se font sentir au bout d&rsquo;un an. De toute mani&egrave;re, la production devenait aussi pl&eacute;thorique qu&rsquo;elle se noyait sous les clich&eacute;s. Les grands succ&egrave;s du film de cave au box office de l&rsquo;ann&eacute;e 1976 sont tous de m&eacute;diocres redites, de superficiels divertissements, insupportables &agrave; force de stars, de luxe et de patriotisme&nbsp;: <strong><em><u>Land Beyond The Wine</u></em></strong> de Levon Lewiskevic, <strong><em><u>Brave Wine</u></em></strong> de Andy Melon, ou encore <strong><em><u>Wine Me Like I Wine You</u></em></strong> de Johnny Bo Lafollette. Le d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e 1977 voit la sortie du n&eacute;anmoins tr&egrave;s attendu nouveau film de Marvin Marty, <strong><em><u>Wine Killing&nbsp;!</u></em></strong>. La stupeur, la consternation sont telles que le film est retir&eacute; de l&rsquo;affiche au bout de six mois d&rsquo;exploitation&nbsp;; dans le m&ecirc;me temps, Maurizio Benutto d&eacute;c&egrave;de d&rsquo;ennui et de col&egrave;re &agrave; la fois. <strong><em><u>Wine Killing&nbsp;!</u></em></strong> sera sa derni&egrave;re contribution au cin&eacute;ma de Marvin Marty et l&rsquo;occasion pour le professeur italien de renouer avec la sensibilit&eacute; de son pays, puisque l&rsquo;action s&rsquo;y d&eacute;roule dans un palais de Milan, o&ugrave;, les critiques l&rsquo;ont tous point&eacute; comme une excessive invraisemblance, des nobles organisent un barbecue. La cave est identique aux autres, et le prince Dulcione incarn&eacute; par Franco Nero porte m&ecirc;me une casquette de base-ball. Le fils disparu est aussi mort au Vietnam et un long flash-back &agrave; la fin du film nous explique comment un aristocrate milanais se retrouve au milieu d&rsquo;une guerre opposant les Am&eacute;ricains aux Vietnamiens (il cherche un talisman, semble-t-il). La suite consiste en une collection tr&egrave;s graphique de tableaux v&eacute;ritables et humains, de courses-poursuites dans les all&eacute;es du palais, de meurtres rituels et de s&eacute;quences &eacute;rotiques avec musique &eacute;lectronique. Le film est port&eacute; par un d&eacute;sir et une puissance manifestes, c&rsquo;est m&ecirc;me la plus belle cr&eacute;ation visuelle de son auteur, mais le lien avec la cave est bris&eacute;, et ce sont les efforts &eacute;tranges de Marvin Marty pour rattacher <strong><em><u>Wine Killing&nbsp;!</u></em></strong> au film de cave qui g&acirc;chent notre plaisir. Pourquoi n&rsquo;avoir pas simplement rompu ces attaches&nbsp;? Faute de s&rsquo;&ecirc;tre interrog&eacute; sur la forme nouvelle &agrave; donner &agrave; ses intuitions, Marvin Marty signe une &oelig;uvre inaboutie, fascinante par endroits mais grotesque en beaucoup d&rsquo;autres. Puis c&rsquo;est le silence. 1977 voit s&rsquo;effondrer l&rsquo;industrie du film de cave&nbsp;: Marvin Marty, dans une impasse, n&rsquo;est plus l&agrave; pour donner l&rsquo;orientation g&eacute;n&eacute;rale et entra&icirc;ne dans sa chute quantit&eacute; de petits auteurs, dou&eacute;s pour l&rsquo;imitation et le consensus, incapables &agrave; eux seuls de relancer la machine. Lemon, Matthews, Melon et les autres cin&eacute;astes entament des reconversions plus ou moins fructueuses&nbsp;dans des genres &agrave; succ&egrave;s. Marvin Marty, lui, se terre obstin&eacute;ment dans sa propri&eacute;t&eacute; de San Bernardino. Peu d&rsquo;informations circulent, certaines photographies le montrent assis sous la v&eacute;randa fixant un point &agrave; lui seul connu, d&rsquo;autres nous le pr&eacute;sentent couch&eacute; sur la pelouse. Nous savons qu&rsquo;ainsi, Marvin Marty essayait de revivre l&rsquo;esprit originel de la cave, en adoptant des postures qui furent celles de ses acteurs, en faisant quotidiennement leurs trajets. Quand fin 1981, apr&egrave;s presque cinq ans de r&eacute;clusion, Marvin Marty annonce qu&rsquo;il tourne un nouveau long-m&eacute;trage, tout Hollywood lui t&eacute;moigne son admiration et sa reconnaissance, mais les producteurs ont investi les gens ailleurs. Peu importe, Marvin Marty peut compter sur la fid&eacute;lit&eacute; de Gene Hackman et de Meryl Streep, Johnny Bo Lafollette s&rsquo;est attel&eacute; au sc&eacute;nario et sert d&rsquo;assistant &agrave; la r&eacute;alisation, la direction artistique est confi&eacute;e au fils de Maurizio Benutto, Maurizio Benutto Jr, de vieux amis comme Michel Piccoli, Jean Pop 2, Kenji Fukasaku viennent saluer le ma&icirc;tre sur le plateau, et le film est r&eacute;alis&eacute; dans un climat d&rsquo;all&eacute;gresse et d&rsquo; &eacute;l&eacute;gie &agrave; la fois. Sorti en 1982, <strong><em><u>Have Some More Wine, Suzy Joe</u></em></strong> pourrait &ecirc;tre le v&eacute;ritable premier long-m&eacute;trage de Marvin Marty&nbsp;: il s&rsquo;agit d&rsquo;une &oelig;uvre modeste et humaniste, o&ugrave; brillent, plus que la technique ou la philosophie, l&rsquo;exp&eacute;rience et la sagesse de son auteur, et m&ecirc;me la vie en personne, pas celle de tel homme ni celle de tous les hommes, mais la vie en tant que force agissante de l&rsquo;univers. A regarder <strong><em><u>Have Some More Wine, Suzy Joe</u></em></strong>, on se fait la r&eacute;flexion que tout cela est bien anodin, que cinq ans de myst&egrave;re, c&rsquo;est bien trop pour une &oelig;uvre aussi l&eacute;g&egrave;re, que tout baigne dans une bizarre impersonnalit&eacute;. Et justement, l&rsquo;impersonnel vis&eacute; par Marvin Marty est bizarre, parce qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute;, parce qu&rsquo;il est un projet, un fantasme d&rsquo;impersonnalit&eacute;, et comment pourrait-il en &ecirc;tre autrement quand cet impersonnel proc&egrave;de d&rsquo;une cave&nbsp;? &laquo;&nbsp;Je vais bien. Gene, Meryl, Johnny Bo et moi allons marcher un peu. On parle de choses et d&rsquo;autres, de ce qui a chang&eacute;. Le film avance, on travaille dessus, et le r&eacute;sultat sera Psycho-batave en diable.&nbsp;&raquo; Le 12 septembre 1982, alors qu&rsquo;il quitte une projection de <strong><em><u>T&eacute;n&egrave;bres</u></em></strong> de Dario Argento, Marvin Marty s&rsquo;&eacute;croule sur le trottoir. Une femme tente de le secourir&nbsp;: &laquo;&nbsp;Ch&eacute;rie, je n&rsquo;ai pas accompli de miracle, mais j&rsquo;ai occup&eacute; mon temps du mieux que j&rsquo;ai pu, et cela seul m&eacute;rite que l&rsquo;on m&rsquo;appelle un homme.&nbsp;&raquo; Marvin Marty d&eacute;c&egrave;de sur le chemin de l&rsquo;h&ocirc;pital. </font></font></p>
<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<img class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/00/28/58/seventies_2.jpg" /></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" color="#ff0000"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<font size="3">&nbsp;&nbsp;</font><font size="2">&nbsp;&nbsp; Marvin Marty en 1969</font></em></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify" align="center"><font face="Times New Roman" color="#ff0000"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"><em></em></span></font><font face="Times New Roman"><u><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></u></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><u><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></u></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><u><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB">Filmographie</span></u><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB">&nbsp;: </span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><strong><em><u><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB">Afternoon Of The Wine</span></u></em></strong><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"> (1971)&nbsp;</span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></font>&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><strong><em><u><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB">Keep The Wine Alive</span></u></em></strong><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"> (1973)
<p><font face="Times New Roman"><strong><em><u><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB">Sad Was The Wine</span></u></em></strong><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"> (1974)&nbsp;</span></font>&nbsp;</p>
</span></font></p>
<p><font face="Times New Roman"><strong><em><u><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB">Leave The Wine On The Table</span></u></em></strong><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"> (1975) </span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><strong><em><u><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB">Wine Killing !</span></u></em></strong><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"> (1977) </span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"></span></font></p>
<p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt; TEXT-ALIGN: justify"><font face="Times New Roman"><strong><em><u><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB">Have Some More Wine, Suzy Joe</span></u></em></strong><span lang="EN-GB" style="FONT-SIZE: 11pt; mso-ansi-language: EN-GB"> (1982) </span></font></p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 23 May 2006 13:32:49 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3f274e245ba955786413e7790bf5f17c</guid>
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